mercredi 17 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2100692 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MARBOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires et des pièces complémentaires, enregistrés le 17 mars 2021, le 16 décembre 2021, le 17 décembre 2021 et le 20 janvier 2022, Mme B D, représentée par Me Marbot, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le courriel du 12 novembre 2020 par lequel son administration l'a informée, d'une part, de son ajournement à l'issue de l'examen de son dossier par la commission administrative paritaire centrale (CAPC) pour l'avancement au choix au grade d'adjoint administratif principal de première classe (AAP1) au titre de l'année 2021, et d'autre part, de son classement, tant au niveau de son établissement, le groupement de soutien de la base de défense (GDBdD) de Toulouse-Tarbes-Castres, qu'au niveau de la CAPC, ainsi que les arrêtés du 6 octobre 2020 et du 1er avril 2021 de la ministre des armées portant inscription au tableau d'avancement et l'arrêté du 6 octobre 2020 de la ministre des armées portant nomination à ce grade des agents inscrits au tableau d'avancement, ensemble la décision rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au ministre des armées de procéder à son inscription au tableau d'avancement au grade d'AAP1 au titre de l'année 2021, ainsi qu'à la reconstitution de sa carrière ;
3°) et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le courriel du 12 novembre 2020 est entaché d'une insuffisance de motivation, en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- en outre, les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation, l'administration ne démontrant pas que les agents inscrits au tableau d'avancement avaient des mérites supérieurs aux siens ;
- elles sont également entachées d'illégalité dès lors qu'elle est victime d'une discrimination syndicale, en méconnaissance des dispositions de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 23 novembre 2021, le 4 janvier 2022 et le 3 février 2022, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Elle précise que :
- à titre principal, les conclusions à fin d'annulation du courriel du 12 novembre 2020 sont irrecevables dès lors que cet acte n'a pas le caractère d'une décision faisant grief ;
- en outre, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 6 octobre 2020 portant nomination des agents inscrits au tableau d'avancement ne peuvent qu'être rejetées dès lors que cet arrêté a été abrogé par un arrêté du 1er avril 2021, publié au bulletin officiel des armées du 21 avril 2021 ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés ;
- enfin, par un arrêté du 14 décembre 2021 de la ministre des armées, Mme D a été inscrite sur la liste d'aptitude pour la nomination au choix dans le corps des secrétaires administratifs du ministère de la défense au titre de l'année 2022, corps relevant de la catégorie B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2006-1760 du 23 décembre 2006 ;
- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 ;
- le décret n° 2016-580 du 11 mai 2016 ;
- le décret n° 2017-1419 du 28 septembre 2017 ;
- l'instruction n° 310815/ARM/SGA du 11 juin 2020 relative à l'exercice du droit syndical au ministère des armées ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Missonnier, substituant Me Marbot, représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D est fonctionnaire de l'Etat, titularisée dans le corps des adjoints administratifs du ministère de la défense depuis le 1er novembre 2000, au grade d'adjointe administrative principale de deuxième classe (AAP2) depuis le 1er janvier 2011. Elle est affectée, depuis le 1er septembre 2016, sur le poste d'opérateur magasinier - gestion des matériels, au sein de l'antenne de Tarbes du groupement de soutien de la base de défense (GDBdD) de Toulouse-Tarbes-Castres. En outre, elle bénéficie, depuis le 20 mars 2018, d'une décharge d'activité de service à temps partiel pour exercer une activité syndicale, fixée à 70 % d'un temps complet depuis 1er février 2020. Par un courriel du 12 novembre 2020, son administration l'a informée, d'une part, de son ajournement à l'issue de l'examen de son dossier par la commission administrative paritaire centrale (CAPC) pour l'avancement au choix au grade d'adjoint administratif principal de première classe (AAP1) au titre de l'année 2021, et d'autre part, de son classement, tant au niveau de son établissement, le GDBdD de Toulouse-Tarbes-Castres, qu'au niveau de la CAPC.
2. Par un arrêté du 6 octobre 2020 de la ministre des armées, abrogé et remplacé par un arrêté du 1er avril 2021 ayant le même objet, Mme D n'a pas été inscrite au tableau d'avancement au grade d'AAP1 au titre de l'année 2021. En outre, par un arrêté du 6 octobre 2020, la ministre des armées a prononcé les nominations à ce grade, à compter du 1er janvier 2021, des agents inscrits au tableau d'avancement. Enfin, par une décision du 18 janvier 2021, le directeur du centre ministériel de gestion (CMG) de Bordeaux a rejeté le recours gracieux formé par la requérante. Par la présente requête, Mme D doit être regardée comme demandant au tribunal l'annulation du courriel du 12 novembre 2020, des arrêtés du 6 octobre 2020 et du 1er avril 2021 portant inscription au tableau d'avancement, et de l'arrêté du 6 octobre 2020 portant nomination au grade d'AAP1 au titre de l'année 2021, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux.
Sur l'exception de non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 6 octobre 2020 portant nomination au grade d'AAP1 au titre de l'année 2021 :
3. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le recours formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
4. Si le ministre des armées soutient que l'arrêté du 6 octobre 2020 portant nomination au grade d'adjoint administratif principal de première classe (AAP1) au titre de l'année 2021 aurait été abrogé par un arrêté du 1er avril 2021 ayant le même objet, il ne produit pas ce dernier arrêté et se borne à produire l'arrêté du même jour portant inscription au tableau d'avancement. En outre, il ne justifie pas de la publication régulière au bulletin officiel des armées de l'arrêté du 1er avril 2021 portant nomination d'agents à ce grade, lequel arrêté n'est pas librement consultable sur le site internet du ministère des armées. Dès lors, il n'est pas établi que l'arrêté du 6 octobre 2020 portant nomination n'aurait reçu aucune exécution pendant la période durant laquelle il était en vigueur, et il n'est pas davantage établi qu'il aurait été abrogé par une décision devenue définitive. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer soulevée par la ministre des armées doit être écartée.
Sur la fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre le courriel du 12 novembre 2020 :
5. Il ressort des pièces du dossier que le courriel du 12 novembre 2020, adressé à Mme D par son administration, se borne à informer l'intéressée des résultats de l'examen de son dossier par la commission administrative paritaire centrale (CAPC) pour l'avancement au choix au grade d'adjoint administratif principal de première classe (AAP1) au titre de l'année 2021. Dès lors, les conclusions de Mme D sont dirigées contre un acte purement informatif, non susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la ministre des armées doit être accueillie et les conclusions de Mme D tendant à l'annulation de cet acte doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation des arrêtés du 6 octobre 2020 et du 1er avril 2021 portant inscription au tableau d'avancement et de l'arrêté du 6 octobre 2020 portant nomination :
6. En premier lieu, et d'une part, aux termes de l'article 58 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa version en vigueur jusqu'au 28 février 2022, dont les dispositions ont été abrogées et codifiées, à compter du 1er mars 2022, à l'article L. 522-18 du code général de la fonction publique : " () l'avancement de grade a lieu, selon les proportions définies par les statuts particuliers, suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : / 1° Soit au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents. () ". Aux termes de l'article 12 du décret du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'Etat : " Le tableau d'avancement prévu à l'article 58 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée est préparé, chaque année, par l'administration en tenant compte notamment : / 1° Des comptes rendus d'entretiens professionnels () ; / 2° Des propositions motivées formulées par les chefs de service, notamment au regard des acquis de l'expérience professionnelle des agents au cours de leur carrière ; / () ". En outre, aux termes de l'article 13 du même décret : " Les fonctionnaires sont inscrits au tableau par ordre de mérite. Les candidats dont le mérite est jugé égal sont départagés par l'ancienneté dans le grade ". Par ailleurs, aux termes de l'article 3 du décret du 23 décembre 2006 relatif aux dispositions statutaires communes applicables aux corps d'adjoints administratifs des administrations de l'Etat : " Les corps d'adjoints administratifs des administrations de l'Etat comprennent le grade d'adjoint administratif classé dans l'échelle de rémunération C1, le grade d'adjoint administratif principal de 2e classe classé dans l'échelle de rémunération C2 et le grade d'adjoint administratif principal de 1re classe classé dans l'échelle de rémunération C3. / () ". Aux termes de l'article 10-2 du décret du 11 mai 2016 relatif à l'organisation des carrières des fonctionnaires de catégorie C de la fonction publique de l'Etat, dans sa version applicable au litige : " Peuvent être promus dans un grade situé en échelle de rémunération C3 par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement établi, au choix, après avis de la commission administrative paritaire, les agents relevant d'un grade situé en échelle de rémunération C2 ayant au moins un an d'ancienneté dans le 4e échelon et comptant au moins cinq ans de services effectifs dans ce grade ou dans un grade doté de la même échelle de rémunération d'un autre corps ou cadre d'emplois de catégorie C ou dans un grade équivalent si le corps ou cadre d'emplois d'origine est situé dans une échelle de rémunération différente ou n'est pas classé en catégorie C ".
7. Il résulte de ces dispositions que l'avancement de grade au choix par inscription à un tableau d'avancement ne constitue pas un droit mais se fonde sur l'analyse, par l'autorité administrative, de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle respectifs des agents remplissant les conditions statutaires pour en bénéficier. Le juge de l'excès de pouvoir exerce un contrôle restreint des mérites professionnels comparés des agents inscrits et non-inscrits à un tableau d'avancement.
8. D'autre part, aux termes de l'article 23 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version en vigueur jusqu'au 28 février 2022, dont les dispositions ont été abrogées et codifiées, à compter du 1er mars 2022, aux articles L. 212-1 et suivants du code général de la fonction publique : " I. - Sous réserve des nécessités du service, le fonctionnaire en position d'activité ou de détachement qui, pour l'exercice d'une activité syndicale, bénéficie d'une décharge d'activité de services ou est mis à la disposition d'une organisation syndicale, est réputé conserver sa position statutaire. / II. - Le fonctionnaire qui bénéficie, depuis au moins six mois au cours d'une année civile, de l'une des mesures prévues au I et qui consacre la totalité de son service à une activité syndicale a droit, dès la première année, à l'application des règles suivantes : / () 3° Lorsqu'il réunit les conditions fixées par le statut particulier de son corps ou cadre d'emplois pour bénéficier d'un avancement de grade au choix, ce fonctionnaire est inscrit, de plein droit, au tableau d'avancement de grade, au vu de l'ancienneté acquise dans ce grade et de celle dont justifient en moyenne les fonctionnaires titulaires du même grade relevant de la même autorité de gestion et ayant accédé, au titre du précédent tableau d'avancement et selon la même voie, au grade supérieur. / III. - Le fonctionnaire occupant un emploi à temps complet qui bénéficie de l'une des mesures prévues au I et qui consacre une quotité de temps de travail au moins égale à 70 % et inférieure à 100 % d'un service à temps plein à une activité syndicale est soumis au II. / IV. - Par dérogation à l'article 17, le fonctionnaire occupant un emploi à temps complet qui bénéficie de l'une des mesures prévues au I du présent article et qui consacre une quotité de temps de travail au moins égale à 70 % et inférieure à 100 % d'un service à temps plein à une activité syndicale a droit à un entretien annuel avec l'autorité hiérarchique dont il relève, sans être soumis à une appréciation de sa valeur professionnelle. / () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 28 septembre 2017 relatif aux garanties accordées aux agents publics exerçant une activité syndicale : " En application des dispositions de l'article 23 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, le fonctionnaire qui, bénéficiant d'une mise à disposition ou d'une décharge d'activité de service, consacre une quotité de temps de travail égale ou supérieure à 70 % d'un service à temps plein à une activité syndicale est soumis aux dispositions du présent décret. / () ". Aux termes de l'article 15 du même décret : " () / IV. - Le compte rendu de l'entretien d'accompagnement est établi, signé et adressé par le responsable des ressources humaines à l'agent dans un délai maximal d'un mois. Il ne peut comporter aucune appréciation de sa valeur professionnelle. () ". Enfin, aux termes de l'article 4.4.1.2 de l'instruction n° 310815/ARM/SGA du 11 juin 2020 relative à l'exercice du droit syndical au ministère des armées, applicable aux représentants syndicaux titulaires de décharges de service à partir de 70 % d'un temps complet : " Les avancements de grade des fonctionnaires s'effectuent automatiquement sur la base de l'avancement moyen du corps auquel ils appartiennent, calculé au niveau ministériel sur la base de l'année N-1 ".
9. Il est constant que Mme D, adjointe administrative principale de deuxième classe (AAP2) depuis le 1er janvier 2011, remplit les conditions d'ancienneté, fixées par les dispositions précitées de l'article 10-2 du décret n° 2016-580 du 11 mai 2016, pour être nommée au choix, après inscription au tableau d'avancement, au grade d'adjoint administratif principal de première classe (AAP1), grade classé dans l'échelle de rémunération C3. Cependant, il ressort des pièces du dossier que la requérante occupe un emploi à temps complet et bénéficie, depuis le 20 mars 2018, d'une décharge d'activité de service à temps partiel pour exercer une activité syndicale, fixée à 70 % d'un temps complet depuis le 1er février 2020, c'est-à-dire depuis au moins six mois lors de l'établissement du tableau d'avancement au titre de l'année 2021. Ainsi, en application des dispositions précitées de l'article 23 bis de la loi du 13 juillet 1983, elle ne peut pas être soumise, à l'occasion de l'entretien annuel auquel elle a droit avec son autorité hiérarchique, à une appréciation de sa valeur professionnelle. Dès lors, l'autorité administrative ne peut pas apprécier les mérites professionnels de Mme D au titre de l'année 2020, nonobstant les résultats des comptes rendus de ses entretiens professionnels réalisés au titre des années précédentes, et la requérante ne peut pas bénéficier d'un avancement de grade au choix fondé sur l'analyse de sa valeur professionnelle.
10. Par ailleurs, il résulte des dispositions précitées de l'article 23 bis de la loi du 13 juillet 1983 que Mme D doit, le cas échéant, être inscrite de plein droit au tableau d'avancement au grade d'AAP1, au vu de l'ancienneté acquise dans le grade d'AAP2 et de celle dont justifient en moyenne les fonctionnaires titulaires du même grade relevant du ministère des armées et ayant accédé, au titre du précédent tableau d'avancement et selon la même voie, au grade supérieur d'AAP1.
11. En l'espèce, la requérante a été nommée dans le grade d'AAP2 à compter du 1er janvier 2011 et justifiait ainsi, au 1er janvier 2021, de 10 ans d'ancienneté dans ce grade. La circonstance que le grade d'adjoint administratif de 1ère classe a été supprimé par le décret n° 2016-580 du 11 mai 2016, que les agents titulaires de ce grade ont été reclassés dans le grade d'AAP2 et que les nouveaux agents, qui auraient auparavant eu vocation à être titularisés dans le grade d'adjoint administratif de 1ère classe, ont été directement titularisés dans le grade d'AAP2, n'est pas de nature, contrairement à ce que soutient la requérante, à la placer dans une situation inégalitaire par rapport à ces agents et à lui faire bénéficier d'une ancienneté plus importante dans le grade d'AAP2.
12. Par ailleurs, le ministre des armées soutient en défense, sans être contesté, que l'ancienneté moyenne des fonctionnaires relevant du ministère des armées, ayant accédé au grade d'AAP1, est de 11 à 19 ans pour 60 % de ces agents. Dans ces conditions, Mme D n'établit pas qu'elle devait bénéficier, de plein droit, compte-tenu de l'avancement moyen des agents du même corps, de l'inscription au tableau d'avancement au grade supérieur au titre de l'année 2021.
13. Par suite, il n'est pas démontré et il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les arrêtés du 6 octobre 2020 et du 1er avril 2021 de la ministre des armées portant inscription au tableau d'avancement, l'arrêté du 6 octobre 2020 portant nomination au grade d'AAP1 au titre de l'année 2021 et la décision rejetant le recours gracieux formé par Mme D, sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation.
14. En second lieu, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que Mme D, qui a d'ailleurs bénéficié d'une nomination au choix dans le corps des secrétaires administratifs du ministère de la défense au titre de l'année 2022, corps relevant de la catégorie B, a été victime de discrimination syndicale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme D doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
16. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions présentées en ce sens par Mme D ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme D demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 26 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
Mme Duchesne, conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2023.
Le rapporteur,
Signé : F. ALa présidente,
Signé : S. PERDULa greffière,
Signé : M. C
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Signé : M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026