mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2100908 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | PECASSOU-CAMEBRAC & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 avril 2021, M. B A, représenté par
Me Benoteau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 décembre 2020 par laquelle le maire de Ciboure lui a signifié son exclusion définitive du marché dominical à compter du 1er janvier 2021, ensemble la décision du 16 février 2021 par laquelle cette même autorité a rejeté son recours gracieux formé contre cette décision ;
2°) d'enjoindre au maire de Ciboure, en application des dispositions de l'article
L. 911-1 ou L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative, de renouveler son abonnement au marché dominical de Ciboure pour l'année 2021 dans un délai de huit jours, et ce, sous une astreinte d'un montant de 150 euros par jour ;
3°) de condamner la commune de Ciboure à lui verser une somme de 1119 euros par dimanche privé d'exploitation à compter du 1er janvier 2021 et jusqu'à sa réintégration au marché de Ciboure, en réparation du préjudice subi du fait de la décision du 16 décembre 2020, cette somme étant assortie des intérêts au taux légal à compter de chaque fin de mois indemnisé et de leur capitalisation ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Ciboure une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision du 16 décembre 2020 :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée en fait, en méconnaissance des articles L. 211-2 et
L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle n'a pas été prise au terme d'une procédure contradictoire, en méconnaissance des articles L. 2224-18 du code général des collectivités territoriales et L. 120-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'erreur de droit, étant fondée sur une norme inexistante ou sur une norme inexactement interprétée ;
- les faits qui lui sont reprochés ne sont pas établis ;
- la sanction de l'exclusion définitive est disproportionnée ;
En ce qui concerne la décision du 16 février 2021 :
- elle est insuffisamment motivée, en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- les faits qui lui sont reprochés ne sont pas établis ;
En ce qui concerne les conclusions indemnitaires :
- il a subi une perte de chiffre d'affaires mensuel de 5 035 euros TTC du fait de son éviction illégale du marché.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 janvier 2022, la commune de Ciboure , représentée par Me Logeais conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le maire de Ciboure pouvait légalement refuser la demande de renouvellement d'abonnement de M. A au titre de l'année 2021 en application du marché de plein vent en date du 28 novembre 2018 ; il peut être procédé à cette substitution de base légale ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- les observations de Me Bergue, représentant M. A, et de Me Arotcarena, représentant la commune de Ciboure.
Une note en délibéré présentée par la commune de Ciboure a été enregistrée le 7 février 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par courrier du 16 décembre 2020, le maire de Ciboure a signifié à M. A, commerçant en vente ambulante, son exclusion du marché dominical de cette commune à compter du 1er janvier 2021. M. A demande l'annulation de cette décision et de celle du
16 février 2021 par laquelle le maire de Ciboure a rejeté son recours gracieux, ainsi que la condamnation de cette collectivité à l'indemniser du préjudice financier qu'il estime avoir subi du fait de cette exclusion.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2224-18 du code général des collectivités territoriales : " () Le régime des droits de place et de stationnement sur les halles et les marchés est défini conformément aux dispositions d'un cahier des charges ou d'un règlement établi par l'autorité municipale après consultation des organisations professionnelles intéressées. ". Aux termes de l'article 5 du règlement du maire de Ciboure du 28 novembre 2018 : " Commission mixte du marché : Pour toutes questions relatives à l'organisation et au fonctionnement du marché (réglementation, aménagements et modernisation, attribution d'emplacements, droits de place, ), le Maire ou son représentant légal, consultera la commission mixte du marché. () Les avis émis par la commission mixte du marché présentent un caractère consultatif, laissant entières les prérogatives du Maire. ". Aux termes de l'article 6 du même règlement : " Nature juridique des emplacements : Quel que soit le type d'emplacement considéré, il concerne une emprise du domaine public communal et de ce fait, l'autorisation de l'occuper ne peut avoir qu'un caractère précaire et révocable. () L'attribution des emplacements relève d'un acte administratif unilatéral du Maire, précisant l'emplacement attribué et le linéaire autorisé, qui confie un droit personnel d'occupation du domaine public. () ". Aux termes de l'article 7 du même règlement : " Conditions d'attribution des emplacements : () 7-4 : Les autorisations d'occupation seront renouvelées tous les ans, lors du renouvellement du contrat d'assurance civile professionnelle. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée, qui prononce à l'égard de
M. A son exclusion définitive du marché, et fait état de la fin de son abonnement au
31 décembre 2020, doit être regardée comme ne faisant pas droit au renouvellement d'occupation sollicité par l'intéressé par courrier du 15 octobre 2020. Il résulte des termes de la décision attaquée que le maire de Ciboure a indiqué qu'il " informe " l'intéressé " que la commission a décidé de [l'] exclure définitivement du marché dominical " et que son " abonnement prendra donc fin le 31 décembre 2020 ". Le maire de Ciboure s'est ainsi estimé lié par l'avis de la commission mixte du marché prévu par les dispositions précitées de l'article 5 du règlement municipal du 28 novembre 2018. Par suite, M. A est fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence négative.
4. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés au soutien des présente conclusions, la décision du maire de Ciboure du 16 décembre 2020 et, par voie de conséquence, celle du 16 février 2020 rejetant le recours gracieux de M. A contre cette première décision, doivent être annulées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
6. La période pour laquelle M. A demande qu'il soit enjoint au maire de Ciboure de renouveler son abonnement, correspondant à l'année 2021 est, à la date de la présente décision, écoulée. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction de la requête de M. A sont devenues sans objet.
Sur les conclusions aux fins d'indemnité :
7. En principe, toute illégalité commise par l'administration constitue une faute susceptible d'engager sa responsabilité, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice direct et certain. La responsabilité de l'administration ne saurait être engagée pour la réparation des dommages qui ne trouvent pas leur cause dans cette illégalité mais découlent directement et exclusivement de la situation irrégulière dans laquelle la victime s'est elle-même placée, indépendamment des faits commis par la puissance publique, et à laquelle l'administration aurait pu légalement mettre fin à tout moment.
8. Aux termes de l'article 12-1 du règlement du maire de Ciboure du 28 novembre 2018 : " Résiliation par la Ville : Après consultation de la commission mixte du marché pour avis, le Maire, suite à un motif d'intérêt général, d'une réorganisation du marché, d'amélioration de la sécurité, de sanctions pour infraction au règlement du marché ou fausses déclarations, pourra être amené à décider de la suppression d'autorisations pour les emplacements attribués et occupés. ".
9. Il résulte de l'instruction que M. A a fait l'objet de plusieurs avertissements de 2013 à 2019, et a fait l'objet, par décision du 10 octobre 2019, d'une suspension de quatre semaines dans l'exploitation de son emplacement au marché dominical de Ciboure. En outre, postérieurement à cette sanction, les mains courantes déposées au cours de l'année 2020 attestent de ce qu'il a continué d'enfreindre le règlement du marché, en particulier en stationnant son véhicule dans des conditions gênantes. Dès lors, l'administration pouvait légalement prendre la même décision que celle du 16 décembre 2020, de sorte que le préjudice invoqué par M. A, tenant à son absence du marché dominical de Ciboure à compter du 1er janvier 2021, ne trouve pas sa cause dans l'illégalité relevée au point 3 mais découle directement et exclusivement de la situation dans laquelle M. A s'est lui-même placé.
10. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner leur recevabilité, les conclusions aux fins d'indemnité de la requête de M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.".
12. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la commune de Ciboure doivent dès lors être rejetées. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de cette dernière une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Les décisions du maire de Ciboure du 16 décembre 2020 et du 16 février 2021 sont annulées.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction de la requête de M. A.
Article 3 : La commune de Ciboure versera à M. A une somme de 1 000 (mille) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la requête de M. A sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Les conclusions de la commune de Ciboure présentées sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : La présente décision sera notifiée à M. B A et à la commune de Ciboure.
Délibéré après l'audience du 7 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère,
M. Rousseau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.
La rapporteure,
Signé
V. C
Le président,
Signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,
Signé
A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026