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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2101024

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2101024

lundi 23 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2101024
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantPETRIAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Bordeaux le 19 mars 2021, et un mémoire enregistré le 30 septembre 2021, Mme A B, représentée par Me Pétriat, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 juillet 2020 par lequel le président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine a refusé de reconnaître le caractère de maladie professionnelle à la pathologie dont elle est atteinte, ensemble la décision par laquelle cette même autorité a implicitement rejeté son recours gracieux formé contre cet arrêté ;

2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise afin de statuer sur l'existence d'un lien direct, certain et essentiel entre sa pathologie et son activité professionnelle ;

3°) de mettre à la charge de la région Nouvelle-Aquitaine une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé, en méconnaissance du 6° l'article L. 211-2 et de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- sa maladie, qui n'est pas inscrite dans un tableau de maladie professionnelle, présente un caractère professionnel dès lors qu'elle présente un lien direct avec son travail habituel.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 31 août 2021 et le 25 octobre 2021, la région Nouvelle-Aquitaine conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est tardive ;

- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 23 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 23 mars 2022.

Des mémoires présentés pour Mme B ont été enregistrés le 30 mai 2022 et le 21 septembre 2022.

Vu l'ordonnance du président du tribunal administratif de Bordeaux du 9 avril 2021 portant renvoi de la requête au tribunal administratif de Pau.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Genty,

- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,

- et les observations de Me Dumaz Zamora, représentant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, adjointe technique territoriale des établissements d'enseignement de la région Nouvelle-Aquitaine, est affectée au lycée Francis Jammes à Orthez. Par arrêté du 30 juillet 2020, le président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine a refusé de reconnaître le caractère de maladie professionnelle à la pathologie dont elle est atteinte. Mme B a formé un recours gracieux contre cet arrêté successivement auprès du secrétariat de la commission de réforme, puis auprès de cette même autorité. Mme B demande l'annulation de l'arrêté du 30 juillet 2020 et de la décision par laquelle le président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine a implicitement rejeté son recours gracieux formé contre cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'article R. 421-2 du même code dispose que : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet () ". Aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. / Lorsque dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision, sont exercés contre cette décision un recours gracieux et un recours hiérarchique, le délai du recours contentieux, prorogé par l'exercice de ces recours administratifs, ne recommence à courir à l'égard de la décision initiale que lorsqu'ils ont été l'un et l'autre rejetés. ".

3. Il est d'abord constant que l'arrêté attaqué, qui porte la mention des délais et voies de recours, a été notifié à la requérante le 17 août 2020, de sorte que le délai de recours contentieux de deux mois prévu à l'article R. 421-1 du code de justice administrative, qui est un délai franc, a commencé à courir le mardi 18 août 2020 et a expiré le lundi 19 octobre 2020. Il ressort, ensuite, des pièces du dossier, notamment du courrier du secrétariat de la commission de réforme des agents de la fonction publique territoriale du département des Pyrénées-Atlantiques du

10 novembre 2020 adressé à Mme B, que cette dernière a demandé à tort à cette commission, par un courrier daté du 19 septembre 2020, de procéder à un nouvel examen de son dossier. A supposer que le secrétariat de cette commission aurait été tenu de transmettre ce recours gracieux à l'autorité compétente, à défaut pour Mme B d'apporter la preuve de la date de réception de son courrier du 19 septembre 2020, cette dernière doit être regardée comme établie de manière certaine à la date du 10 novembre 2020, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux. Dans ces conditions, ni ce recours gracieux, ni le courrier du 18 novembre 2020, réceptionné le lendemain, par lequel la requérante a adressé un nouveau recours gracieux à l'autorité compétente, n'ont eu pour effet de proroger le délai de recours contentieux. Il suit de là que la requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Bordeaux le 19 mars 2021 était tardive. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée à ce titre par la région Nouvelle Aquitaine doit être accueillie. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation, et subsidiairement, aux fins d'expertise de la requête de Mme B doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

5. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par Mme B doivent dès lors être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la région Nouvelle-Aquitaine.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,

Mme Genty, première conseillère,

Mme Dumez-Fauchille, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2023.

La rapporteure,

Signé

F. GENTY

Le président,

Signé

F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,

Signé

P. SANTERRE

La République mande et ordonne au préfet de la région Nouvelle-Aquitaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition :

La greffière,

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