mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2101035 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | CHAMBRE 2 |
| Avocat requérant | CABINET FIDAL PAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 avril 2021, M. B A, représenté par Me Dubourdieu, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 août 2020 par laquelle l'inspectrice du travail a autorisé son licenciement, ensemble la décision par laquelle le ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a implicitement rejeté son recours hiérarchique formé contre cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'association Fondation Pommé et de l'Etat le versement des sommes respectives de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- la procédure est entachée d'irrégularité dès lors que l'avis du comité social et économique n'a pas été exprimé au scrutin secret, en méconnaissance de l'article R. 2421-9 du code du travail ;
- le vote du comité social et économique a été exprimé dans des conditions irrégulières ;
- la demande d'autorisation de son licenciement a été présentée à l'inspectrice du travail par une personne n'ayant pas qualité pour agir au nom de son employeur, l'association Fondation Pommé ;
- les faits qui lui sont reprochés sont prescrits en application des dispositions de l'article L. 1332-4 du code du travail ;
- les preuves recueillies sont illicites ;
- la matérialité des faits reprochés n'est pas établie ;
- ce sont les manquements de son employeur à ses obligations qui sont à l'origine des faits reprochés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 11 avril 2022 et le 26 mai 2023, l'association Fondation Pommé, représentée par Me Viala, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2022, la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Aubry,
- les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Viala pour l'association Fondation Pommé.
Des notes en délibéré, présentées pour l'association Fondation Pommé, ont été enregistrées le 10 octobre 2024 et le 14 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 24 août 2020, l'inspectrice du travail relevant de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Nouvelle-Aquitaine a autorisé, à la demande de l'association Fondation Pommé, en charge de la gestion d'une maison de retraite, le licenciement de M. A, qui exerçait, à la date de cette décision, les fonctions d'aide-soignant et était investi du mandat de délégué syndical ainsi que de celui de membre titulaire du comité social et économique. M. A a formé, le 19 octobre 2020, un recours hiérarchique contre cette décision que le ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a implicitement rejeté. M. A demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2411-1 du code du travail : " Bénéficie de la protection contre le licenciement prévue par le présent chapitre, y compris lors d'une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire, le salarié investi de l'un des mandats suivants : 1° Délégué syndical ; 2° Membre élu à la délégation du personnel du comité social et économique / () ". L'article R. 2421-1 du même code prévoit : " La demande d'autorisation de licenciement d'un délégué syndical () d'un membre de la délégation du personnel au comité social et économique interentreprises () est adressée à l'inspecteur du travail dont dépend l'établissement dans les conditions définies à l'article L. 2421-3. / () ".
3. En vertu des dispositions précitées du code du travail, il appartient à l'inspecteur du travail compétent de vérifier la qualité de l'auteur de la demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé qui doit être l'employeur ou une personne ayant qualité pour agir en son nom et habilitée à mettre en œuvre la procédure de licenciement. Toutefois, lorsque la demande d'autorisation de licenciement a été présentée par une personne n'ayant pas qualité pour agir au nom de l'employeur, elle peut être régularisée au cours de son instruction par la production de tout acte ou document, régulièrement établi postérieurement à la saisine de l'inspecteur du travail et avant que celui-ci ne statue, donnant pouvoir au signataire de la demande d'autorisation pour mettre en œuvre la procédure en cause.
4. L'article 9 des statuts de l'association Fondation Pommé prévoit que cette dernière : " () est représentée () dans tous les actes de la vie civile par son président () " et l'article 5 des mêmes statuts prévoit que : " le conseil est investi des pouvoirs les plus étendus pour administrer l'association () ". Il résulte de ces statuts que le président de l'association a le pouvoir de représenter cette dernière devant l'administration, mais qu'ils réservent expressément au conseil d'administration la capacité de décider d'engager notamment toute procédure auprès de l'administration.
5. Il ressort des pièces du dossier que si le président de l'association Fondation Pommé a, par courrier du 31 mars 2020, présenté auprès de l'inspectrice du travail une demande d'autorisation de licencier M. A, le conseil d'administration de cette association n'a mandaté son président que le 26 août 2020, soit postérieurement à la décision attaquée, afin qu'il sollicite auprès de l'administration l'autorisation de licencier l'intéressé. Par suite,
M. A est fondé à soutenir que la demande d'autorisation de son licenciement a été présentée à l'inspectrice du travail par une personne n'ayant pas qualité pour agir au nom de son employeur.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision de l'inspectrice du travail du 24 août 2020 et, par voie de conséquence, la décision par laquelle le ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a implicitement rejeté le recours hiérarchique formé par M. A contre cette décision, doivent être annulées.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
8. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par l'association Fondation Pommé doivent dès lors être rejetées. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la seule charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de l'inspectrice du travail du 24 août 2020 et la décision du ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion portant rejet implicite du recours hiérarchique formé par M. A contre cette décision sont annulées.
Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la requête de M. A sont rejetées pour le surplus.
Article 4 : Les conclusions présentées par l'association Fondation Pommé au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au ministre du travail et de l'emploi et à l'association Fondation Pommé.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Genty, première conseillère,
M. Aubry, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.
Le rapporteur,
L. AUBRY
Le président,
F. DE SAINT-EXUPERY
DE CASTILLONLa greffière,
S. SEGUELA
La République mande et ordonne au ministre du travail et de l'emploi en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026