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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2101102

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2101102

mercredi 17 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2101102
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantFERNANDEZ-BEGAULT

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

Procédure devant le tribunal administratif de Toulouse :

E une ordonnance de renvoi du 22 avril 2021, le président de la 5ème chambre du tribunal administratif de Toulouse a transmis au tribunal administratif de Pau, la requête de Mme D A, enregistrée le 17 janvier 2020, sous le n° 2000308, et un mémoire enregistré le 21 novembre 2020.

Procédure devant le tribunal administratif de Pau :

E cette requête, enregistrée le 28 avril 2021, Mme D A demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre de perception émis à son encontre, le 15 octobre 2019, E l'agence de l'eau Adour-Garonne, pour un montant de 10 362,74 euros correspondant à un trop perçu de rémunération à la suite de sa titularisation, ensemble la décision du 31 octobre 2019 accompagnant ce titre et la décision du 26 décembre 2019 E laquelle le directeur de l'agence de l'eau a rejeté son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au directeur de l'agence de l'eau Adour-Garonne, à titre principal, d'émettre un titre d'annulation totale de l'indu réclamé, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros E jour de retard ; à titre subsidiaire, d'enjoindre à cette même autorité d'émettre un titre d'annulation totale ou partielle de l'indu réclamé, après réexamen de sa situation, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros E jour de retard ;

3°) en tout état de cause, de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme réclamée E le titre de perception litigieux ;

4°) et de mettre à la charge de l'agence de l'eau Adour-Garonne une somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête introduite dans un délai de deux mois à compter de la réception du rejet explicite de sa réclamation exercée auprès du directeur de l'agence est recevable ;

- le titre de perception n'indique pas les bases de liquidation en méconnaissance de l'article 24 du décret n° 2012-1746 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;

- il n'est pas justifié de l'existence, du montant et de l'exigibilité de la créance ;

- l'avis des sommes à payer émis le 15 octobre 2019 valant ordre de recouvré, est illégal en ce qu'il a été pris sur le fondement des dispositions des article 192 et 28 du décret du 7 novembre 2012 qui sont illégales ;

- le titre de perception est privé de base légale en ce qu'il est fondé sur l'application du décret n° 2018-1119 du 10 décembre 2018 et de l'arrêté du 10 décembre 2018, reportant au 1er janvier 2020 l'entrée en vigueur du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP), qui sont illégaux en ce qu'ils ne sont assortis de mesures transitoires alors qu'ils comportent des effets rétroactifs qui remettent en cause la perception de l'indemnité de sujétion spéciale et de la prime de service et de rendement, fusionnées au sein du RIFSEEP, entré en vigueur depuis le 1er janvier 2018 ; le titre de perception doit être annulé en conséquence ;

- à titre subsidiaire, le titre de perception est privé de base légale en ce qu'il est fondé sur l'application de l'article 1er du décret n° 2003-799 du 25 août 2003 qui réserve la perception de l'indemnité de sujétion spéciale aux seuls agents titulaires de la fonction publique et en exclut les agents stagiaires anciennement contractuels en tant qu'il est inconventionnel et méconnaît le principe de non-discrimination tel que défini E la clause 4 de l'accord-cadre annexé à la directive 1999/70/CE du 28 juin 1999, telle qu'interprétée E la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne ; ces dispositions méconnaissent également l'article 225-1 du code pénal en instituant une discrimination fondée sur l'origine ; en tout état de cause, la rémunération moindre d'un agent stagiaire, avant titularisation que celle d'un agent contractuel, méconnaît l'article 6 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyens, les articles 2 et 28 du décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 et l'article 20 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- les décisions contestées sont entachées d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;

- à titre infiniment subsidiaire, la créance résulte d'une carence fautive de l'agence de l'eau qui l'a rémunérée en tant qu'agent contractuel du 29 septembre 2018 au 28 septembre 2019 alors qu'elle a été admise au concours de recrutement des ingénieurs des travaux publics de l'Etat au titre de l'année 2018, corps auquel s'applique le RIFSEEP depuis le 1er janvier 2018 ;

- en tout état de cause, la créance n'est pas exigible dès lors que les sommes versées durant l'année de stage au titre de l'indemnité de sujétion spéciale lui sont dues à hauteur de 50 % à titre anticipé, en application de l'article 1er du décret n° 2003-799 du 25 août 2003 de sorte que le titre de perception est prématuré ;

E des mémoires en défense, enregistrés le 17 avril 2020 et le 13 octobre 2021, l'agence de l'eau Adour-Garonne, représentée E Me Fernandez-Begault, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet au fond, et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, la requête est tardive dès lors que sa demande de remise gracieuse ne constitue aucunement un recours gracieux tendant à l'annulation ou au retrait de la décision attaquée, seul de nature à interrompre le délai de recours ;

- à titre subsidiaire, l'exception d'illégalité du décret n° 2018-1119 et de l'arrêté du 10 décembre 2018 est irrecevable dès lors que l'acte attaqué n'a pas été pris pour leur application et les autres moyens soulevés E Mme A ne sont pas fondés.

E ordonnance du 6 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 juin 2022 à 12 heures.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation du courrier du 31 octobre 2019 E lequel l'agent comptable de l'agence de l'eau Adour-Garonne a notifié à Mme A le titre de perception émis à son encontre le 15 octobre 2019.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution et notamment la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;

- la directive 1999/70/CE du Conseil de l'Union européenne du 28 juin 1999 concernant l'accord-cadre CES, UNICE et CEEP sur le travail à durée déterminée ;

- les arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne C-72/18 du 20 juin 2019 et C-302/11 à C-305/11 du 18 octobre 2012 ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- le décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;

- le décret n° 2018-119 du 10 décembre 2018 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 pris en application de l'article 7 du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat ;

- l'arrêté du 10 décembre 2018 pris en application de l'article 7 du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,

- et les observations de Me Denilauler, représentant l'agence de l'eau Adour-Garonne.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite de sa réussite au concours au titre de l'année 2018, organisé en application de la loi n° 2012-347 du 12 mars 2012 relative à l'accès à l'emploi titulaire et à l'amélioration des conditions d'emploi des agents contractuels dans la fonction publique, à la lutte contre les discriminations et portant diverses dispositions relatives à la fonction publique, dite " de déprécarisation ", Mme A a été nommée E un arrêté du 12 août 2019 en qualité de fonctionnaire stagiaire, dans le corps des ingénieurs des travaux publics de l'Etat, à compter du 29 septembre 2018 en vue de sa titularisation à l'issue d'une période probatoire d'au moins un an. Le 15 octobre 2019, un titre exécutoire a été émis à son encontre, E l'agent comptable de l'agence de l'eau Adour-Garonne, pour un montant de 10 362,74 euros, au titre du trop-perçu lié à sa titularisation. Mme A demande au tribunal l'annulation de ce titre et la décharge en tout état de cause de l'obligation de payer la somme dont le remboursement est réclamé.

Sur la recevabilité :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que E voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

3. Il résulte de l'instruction que le titre exécutoire, émis le 15 octobre 2019, était accompagné d'un courrier du 31 octobre 2019, lequel comportait la mention des voies et délais de recours, et Mme A soutient l'avoir reçu le 6 novembre. Il résulte, en outre, de l'instruction qu'elle a eu connaissance de ce titre au plus tard à la date où elle a exercé un recours gracieux le 26 novembre 2019, réceptionné le 28 novembre. Contrairement à ce que prétend l'agence de l'eau Adour-Garonne en défense, il résulte des termes du courrier du 26 novembre 2019, que celui-ci n'avait pas pour seul objet d'obtenir une remise gracieuse de cette dette. E suite, l'exercice de ce recours gracieux, a interrompu le délai de recours contentieux, et Mme A disposait d'un (nouveau) délai de deux mois pour contester le titre exécutoire à compter de la notification de la décision du 26 décembre 2019 E laquelle le directeur général de l'agence de l'eau Adour-Garonne a rejeté son recours gracieux. Ainsi, sa requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse le 17 janvier 2020 n'est pas tardive. E suite, la fin de non-recevoir invoquée E l'agence de l'eau Adour-Garonne doit être écartée.

4. E ailleurs, le courrier du 31 octobre 2019 E lequel l'agent comptable de l'agence de l'eau Adour-Garonne a notifié à Mme A le titre de perception émis à son encontre le 15 octobre 2019, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. E suite, les conclusions tendant à son annulation sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur la légalité du titre de perception émis le 15 octobre 2019 :

5. En premier lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012, relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ". Il résulte de ces dispositions que tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit E référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.

6. Il résulte de l'instruction, notamment du titre de perception litigieux, qu'il vise à recouvrer une créance d'un montant de 10 362,74 euros, correspondant aux sommes de 8 289,36 euros et de 2 073,38 euros, en régularisation d'un trop perçu de rémunération intervenu à la suite de la titularisation de l'agent et incluant la rémunération d'octobre 2019. En outre, la lettre d'accompagnement de ce titre, datée du 31 octobre 2019, précise les motifs ayant conduit à l'émission de ce titre, et indique notamment qu'il correspond à la régularisation d'un trop perçu entre la situation de Mme A en sa qualité de fonctionnaire titulaire, et celle d'agent contractuel de droit public. De plus, le bulletin de salaire du mois d'octobre 2019, transmis en même temps que le titre exécutoire, ainsi que le précise la requérante, comporte des indications suffisamment précises et détaillées sur la nature et le montant des sommes réclamées et permet à la requérante de connaître les bases et les éléments de calcul ayant motivé qu'elles soient mises à sa charge. E suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 24 précité du décret du 7 novembre 2012 doit être écarté.

7. En deuxième lieu, si Mme A soutient que l'avis des sommes à payer émis le 15 octobre 2019, valant ordre de recouvrement, est illégal en ce qu'il a été pris sur le fondement des dispositions des article 192 et 28 du décret du 7 novembre 2012 qui seraient elles-mêmes illégales, elle n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'apprécier l'illégalité alléguée.

8. En troisième lieu, il est constant que Mme A a perçu sa rémunération en tant que contractuelle du 29 septembre 2018 au 29 septembre 2019. E l'arrêté du 12 août 2019, elle a ensuite été nommée fonctionnaire-stagiaire à partir du 29 septembre 2018. Le bulletin de salaire de dix pages du mois d'octobre 2019, que Mme A produit, présente le détail du calcul de la différence entre la somme perçue E l'intéressée entre le 29 septembre 2018 et le 29 septembre 2019, correspondant à sa rémunération de contractuelle, et la somme qu'elle aurait dû percevoir en sa qualité de stagiaire sur cette période. Malgré le montant négatif de 8 289,36 euros figurant sur ce bulletin d'octobre 2019, Mme A a perçu une somme de 2 073,38 euros en octobre 2019, afin de ne pas la priver de rémunération, somme également à rembourser, justifiant ainsi d'une somme totale de 10 362,74 euros dont le remboursement est réclamé à Mme A. Au surplus, Mme A ne conteste pas qu'elle avait été rendue destinataire d'un courrier explicatif précisant que la différence ou le " trop-perçu" éventuel (salaire de stagiaire - salaire de contractuel) devra être reversé à l'agence et qu'une simulation financière personnalisée lui a également été transmise en amont de son acceptation du bénéfice du concours. En outre, si Mme A allègue qu'elle aurait dû bénéficier du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de son engagement professionnel, toutefois, l'agence de l'eau ne pouvait mettre en œuvre ce régime indemnitaire alors que " la date limite d'adhésion " avait été reportée et que n'avaient pas été pris les arrêtés ministériels prévus E les articles 2 et 4 du décret visé ci-dessus du 20 mai 2014, précisant notamment le nombre de groupes de fonctions pour le corps des ingénieurs des travaux publics de l'Etat et, pour l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise, les montants minimaux E grades et statuts d'emplois, et les montants maximaux afférents à chaque groupe de fonctions. Enfin, Mme A ne saurait utilement reprocher à son employeur de ne pas avoir mentionné les indemnités journalières qu'elle a perçues pendant la période concernée, dès lors que leur versement est justifié E son congé maternité et non E son statut. E suite, l'administration justifie de l'existence, du montant et de l'exigibilité de la créance de 10 362,74 euros dont le remboursement est réclamé à Mme A E le titre de perception du 15 octobre 2019.

9. En quatrième lieu, aux termes du III de l'article 7 du décret visé ci-dessus du 20 mai 2014 dans sa version en vigueur avant l'intervention du décret visé ci-dessus du 10 décembre 2018 : " Nonobstant les dispositions de l'article 1er, un arrêté des ministres chargés de la fonction publique et du budget énumère également : / 1° Les corps et emplois qui, E dérogation au II du présent article, bénéficient des dispositions du présent décret au-delà du 1er janvier 2017 et, au plus tard, soit le 1er juillet 2017, soit le 1er septembre 2017, soit le 1er janvier 2018, soit le 1er janvier 2019 ; () ". L'arrêté du 27 décembre 2016, dans sa version en vigueur avant l'intervention de l'arrêté du 10 décembre 2018, fixe la " date limite d'adhésion " au régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP), au 1er janvier 2018 pour le corps des ingénieurs des travaux publics de l'Etat.

10. Mme A, qui prétend que la créance contestée trouve son origine dans le report de l'entrée en vigueur du RIFSEEP pour le corps des ingénieurs des travaux publics de l'Etat se prévaut, E la voie de l'exception, de l'illégalité du décret du 10 décembre 2018, qui a modifié la date limite de mise en œuvre de ce régime indemnitaire pour certains corps, en ajoutant la date du 1er janvier 2020 dans l'énumération figurant au 1° du III de l'article 7 du décret précité du 20 mai 2014. Elle se prévaut également de l'illégalité de l'arrêté du 10 décembre 2018 qui reporte la date limite d'adhésion audit régime indemnitaire au 1er janvier 2020 pour le corps des ingénieurs des travaux publics de l'Etat, alors que l'arrêté du 27 décembre 2016 l'avait fixée au 1er janvier 2018. Toutefois, la créance réclamée à Mme A, qui ne trouve son fondement que dans la régularisation de la situation administrative d'un agent contractuel acquérant la qualité de fonctionnaire, n'a pas pour base légale les dispositions ainsi contestées relatives au régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP) et le titre exécutoire contesté n'a pas davantage été pris pour l'application de ces dispositions, qui ne peuvent donc avoir pour effet de rétroactivement remettre en cause sa situation financière définitivement acquise. E conséquent, le moyen est inopérant.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 6 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen : " La loi est l'expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement, ou E leurs représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents. ". E ailleurs, aux termes de l'article 20 de la loi visée ci-dessus du 13 juillet 1983 alors en vigueur : " () Le montant du traitement est fixé en fonction du grade de l'agent et de l'échelon auquel il est parvenu, ou de l'emploi auquel il a été nommé. / La rémunération des agents contractuels est fixée E l'autorité compétente en tenant compte des fonctions exercées, de la qualification requise pour leur exercice et de l'expérience de ces agents. Elle peut tenir compte de leurs résultats professionnels et des résultats collectifs du service. () ". Aux termes de l'article 2 du décret visé ci-dessus du 7 octobre 1994 : " Les fonctionnaires stagiaires sont soumis aux dispositions des lois du 13 juillet 1983 et du 11 janvier 1984 susvisées et à celles des décrets pris pour leur application dans la mesure où elles sont compatibles avec leur situation particulière et dans les conditions prévues E le présent décret. ". Et aux termes de l'article 28 du même décret : " Sauf disposition contraire du statut particulier, le fonctionnaire stagiaire qui a la qualité de fonctionnaire titulaire peut opter pour le maintien, pendant la période de stage, du traitement indiciaire auquel il avait droit dans son corps, cadre d'emplois ou emploi d'origine, dans la limite supérieure du traitement auquel il peut prétendre lors de sa titularisation. ".

12. Mme A était fonctionnaire stagiaire pendant la durée du stage préalable à sa titularisation et ne pouvait pas bénéficier, E conséquent, de la rémunération prévue pour les contractuels. E ailleurs, si elle se prévaut des dispositions précitées de l'article 28 du décret du 7 octobre 1994, celles-ci sont applicables aux seuls fonctionnaires titulaires effectuant un stage préalable à l'intégration dans un autre corps, et non aux anciens agents non titulaires de droit public devenus stagiaires. E conséquent, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

13. Elle se prévaut, E ailleurs, E la voie de l'exception, de l'illégalité des dispositions de l'article 1er du décret visé ci-dessus du 25 août 2003, qui dispose que : " Les () ingénieurs des travaux publics de l'Etat () bénéficient, dans la limite des crédits ouverts à cet effet, d'une indemnité spécifique de service. / Cette indemnité leur est versée l'année civile suivant celle correspondant au service rendu E les agents concernés. Cependant, les agents qui ne bénéficient pas de versement d'indemnité une année donnée peuvent prétendre, dès cette année-là, à des versements anticipés dans la limite des crédits disponibles. Les versements anticipés au titre d'une année donnée ne peuvent excéder 50 % de ce à quoi ils pourraient prétendre au titre des droits acquis cette même année. ". Toutefois ces dispositions ne constituent pas la base légale du titre de recette contesté et ce titre n'a pas davantage été pris pour l'application de ces dispositions. Dès lors, le moyen tiré de l'exception d'illégalité ne peut qu'être écarté, y compris dans sa branche fondée sur la méconnaissance des dispositions de l'article 225-1 du code pénal. Enfin, Mme A, qui était en contrat à durée indéterminée de droit public avant son intégration dans la fonction publique, ne peut utilement se prévaloir des dispositions de la clause 4 de l'accord-cadre sur le travail à durée déterminée conclu le 18 mars 1999 entre les organisations interprofessionnelles à vocation générale (CES, UNICE, CEEP) annexé à la directive visée ci-dessus du 28 juin 1999, qui proscrit les discriminations au détriment des travailleurs à durée déterminée E rapport aux travailleurs à durée indéterminée. Elle n'est pas davantage fondée à soutenir que la créance n'était pas exigible dès lors que les sommes versées durant l'année de stage au titre de l'indemnité de sujétion spéciale lui sont dues à hauteur de 50 % à titre anticipé, en application de l'article 1er du décret n° 2003-799 du 25 août 2003.

14. En dernier lieu, Mme A a été nommée fonctionnaire stagiaire à compter du 28 septembre 2018 E un arrêté du 12 août 2019. Or la requérante, qui savait nécessairement dès 2018 que sa titularisation entraînerait l'existence d'un trop-perçu, eu égard aux nombreux échanges avec son administration, a reçu le 25 juillet 2019 la simulation lui permettant de connaître le montant du trop-perçu à cette date. Ce délai de dix mois, qui sépare la date du début de stage et la transmission à l'agent de ces éléments, ne constitue pas une carence de l'administration de nature à engager sa responsabilité. Dans ces conditions, la requérante, qui était consciente de la régularisation négative d'une ampleur importante à effectuer, n'est pas fondée à soutenir que la somme mise à sa charge résulte d'une carence de l'agence de l'eau Adour-Garonne.

15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et de décharge présentées E Mme A doivent être rejetées, ainsi que, E voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.

Sur les frais liés au litige :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'agence de l'eau Adour-Garonne, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A une somme à verser à la partie défenderesse sur ce même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées E l'agence de l'eau Adour-Garonne au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, et à l'agence de l'eau Adour-Garonne.

Délibéré après l'audience du 26 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Perdu, présidente,

Mme Duchesne, conseillère,

M. Diard, conseiller.

Rendu public E mise à disposition au greffe le17 mai 2023.

La rapporteure,

Signé : M. C

La présidente,

Signé : S. PERDU La greffière,

Signé : M. B

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

Signé : M. B

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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