LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2101130

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2101130

mardi 25 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2101130
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantLEPLAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire en production de pièces et des mémoires enregistrés le 3 mai 2021, le 6 mai 2021, le 29 décembre 2021 et le 16 juin 2022, M. B A, représenté par Me Leplat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures:

1°) d'annuler l'arrêté du 17 novembre 2020 par lequel le maire de Boeil-Bézing a délivré à la société civile immobilière Amasse un permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement comportant neuf lots destinés à la construction de maisons d'habitation ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Boeil-Bézing une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour agir ;

- le dossier de demande de permis d'aménager est incomplet au regard des exigences de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme dès lors qu'il ne permet pas de comprendre l'implantation exacte du projet, que les modalités de collecte des déchets ne sont pas suffisamment précises et que le parti pris architectural est lacunaire ;

- l'avis du service départemental d'incendie et de secours du 28 octobre 2020 est illégal dès lors qu'il ne reprend pas les prescriptions émises dans son avis antérieur du 6 septembre 2020 pour un projet identique ;

- l'arrêté attaqué n'a pas pris en compte l'avis émis le 25 août 2020 par le service chargé de l'eau et de l'assainissement de la communauté de communes du Pays de Nay dès lors que le montant de la participation pour le financement de l'assainissement collectif n'est pas inscrit dans le règlement du lotissement ;

- il méconnaît l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur 1 du plan local d'urbanisme de la commune ;

- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît les articles AU-3, AU-4 et AU-12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Boeil-Bézing.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 octobre 2021, la société civile immobilière Amasse, représentée par Me de Lagarde, conclut au rejet de la requête, subsidiairement à ce qu'il soit sursis à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A une somme de 3000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le recours administratif contre l'arrêté attaqué ne lui a pas été notifié dans un délai de 15 jours, conformément à l'article R.600-1 du code de l'urbanisme ;

- le requérant ne justifie pas être propriétaire du terrain voisin au terrain d'assiette du projet autorisé par l'arrêté attaqué ;

- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 avril 2022, la commune de Boeil-Bézing, représentée par Me Gallardo, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Genty, rapporteure,

- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,

- et les observations de Me Bernal, représentant M. A.

Une note en délibéré, présentée pour M. A, a été enregistrée le 21 avril 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 17 novembre 2020, le maire de Boeil-Bézing a délivré à la société civile immobilière Amasse un permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement comportant neuf lots destinés à la construction de logements à usage d'habitation. M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords et indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) La composition et l'organisation du projet, la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants, le traitement minéral et végétal des voies et espaces publics et collectifs et les solutions retenues pour le stationnement des véhicules ; / c) L'organisation et l'aménagement des accès au projet ; / d) Le traitement des parties du terrain situées en limite du projet ; / e) Les équipements à usage collectif et notamment ceux liés à la collecte des déchets. ".

3. Tout d'abord, contrairement à ce que soutient M. A, il ne résulte pas des dispositions précitées de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme qu'elles doivent préciser l'implantation exacte du projet. Ensuite, si la notice descriptive ne fait pas état des modalités de collecte des déchets, il ressort du plan de composition (PA4) du projet que le site de cette collecte se situe à l'ouest du lotissement, en bordure de la voie de desserte comprise entre les lots 8 et 9, qu'elle est indiquée à l'échelle du plan permettant ainsi d'en déterminer les dimensions, et qu'elle sera délimitée avec des palissades composites. Dès lors, ce document compense utilement l'insuffisance de cette notice sur ce point. Enfin, si M. A soutient que le parti architectural du projet est lacunaire, notamment en ce qui concerne les parties qui s'ouvrent sur les terrains agricoles, il ne précise toutefois pas quels éléments ne figureraient pas dans la notice, et qui auraient pour conséquence une description insuffisante des partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages. Au demeurant, le parti architectural est décrit dans la notice qui présente l'environnement dans lequel le projet s'insère. Par suite, l'arrêté attaqué n'a pas été pris en méconnaissance de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur. ".

5. Si le requérant soutient que l'avis du service départemental d'incendie et de secours des Pyrénées-Atlantiques du 28 octobre 2020 ne reprend pas les prescriptions émises par le même service dans son avis du 6 septembre 2020 sur un autre projet de lotissement qu'il considère comme identique, cette seule circonstance n'entache pas d'irrégularité l'avis du 28 octobre 2020.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 442-6 du code de l'urbanisme : " Le dossier de la demande est, s'il y a lieu, complété par les pièces suivantes : a) Un projet de règlement, s'il est envisagé d'apporter des compléments aux règles d'urbanisme en vigueur ;

() ".

7. Si l'avis du service chargé de l'eau et de l'assainissement de la communauté de communes de Nay du 25 août 2020 indique que le montant de la participation pour le financement de l'assainissement collectif doit être inscrit dans le règlement du lotissement, ce montant n'est pas au nombre des règles d'urbanisme. Par suite, M. A ne peut utilement soutenir que le projet de règlement du lotissement ne précisait pas ce montant.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 151-2 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme comprend : () 3° Des orientations d'aménagement et de programmation, (). Chacun de ces éléments peut comprendre un ou plusieurs documents graphiques. () ". Aux termes de l'article L. 151-6 du même code, dans sa version applicable au litige : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles. () ". Aux termes de l'article L. 152-1 du même code : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation. ".

9. Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation d'un plan local d'urbanisme et, en particulier, en contrarient les objectifs.

10. Il est constant que le plan local d'urbanisme, applicable à la date de l'arrêté attaqué, prévoit une orientation d'aménagement et de programmation dans le secteur 1, d'une surface de plus de 91 000 m², située au nord-est du bourg dans une partie d'une zone classée AUb, au sein de laquelle sont notamment comprises les trois parcelles d'assiette du lotissement en litige, cadastrées section OC n° 194, 259 et 260. Cette orientation comprend notamment un objectif concernant l'habitat qui précise que " les programmes de logements seront harmonieusement distribués entre les différents types d'habitats collectif, individuel groupé et individuel. Les orientations d'aménagement affichées imposent une mixité d'habitat dans les unités foncières situées dans la zone AUb. Cette mixité s'affichera par une répartition de l'habitat par tiers. Les unités foncières de moins de 8000 m² ne sont pas soumises à cette règle, l'obligation de cette mixité resterait limitée. Ainsi, pour certaines parcelles, il est proposé la possibilité d'un habitat mixte dans la mesure où tout type d'habitat est accepté (individuel, individuel groupé ou collectif). " Cet objectif se traduit par un schéma duquel il résulte que la parcelle cadastrée section OC n° 194 est destinée à accueillir de l'habitat individuel, tandis que les parcelles cadastrées section OC n° 259 et n° 260 sont dédiées à l'habitat individuel groupé ou en bande dans leurs parties supérieures et au petit habitat collectif dans leurs parties inférieures.

11. S'il ressort des pièces du dossier, notamment de la notice descriptive jointe à la demande de permis, que le projet de lotissement ne prévoit pas de petit habitat collectif, ni d'habitat individuel groupé sur les parcelles cadastrées section OC n° 259 et n° 260, il ne résulte toutefois pas que la proportion de surface concernée par ces parcelles, qui représente environ 6% de celle du périmètre de l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur 1, soit de nature à contrarier l'objectif de mixité d'habitat de cette orientation. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est incompatible avec l'un des objectifs de l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur 1 du plan local d'urbanisme de la commune de Boeil-Bézing.

12. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".

13. Pour apprécier si les risques d'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, il appartient à l'autorité compétente en matière d'urbanisme, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.

14. Si le requérant soutient que l'ampleur du projet en litige, cumulé avec d'autres projets de construction prévus à proximité, conduit à artificialiser les sols de façon excessive, aggravant ainsi les effets du ruissellement pluvial sur le risque d'inondation et sur la sécurité de la population résidant dans le secteur, il ne démontre pas que les dispositifs d'évacuation des eaux pluviales au moyen de puisards pour les parties communes, d'espaces verts filtrants et d'ouvrages à réaliser par les acquéreurs des lots sur leurs propres terrains auraient une capacité insuffisante. Par ailleurs, la seule circonstance qu'aucune étude hydrogéologique n'a été réalisée préalablement à la demande de permis ne démontre pas davantage le risque d'atteinte à la sécurité et à la salubrité publique. Par ailleurs, le projet attaqué prévoit la collecte des eaux usées par le biais d'un collecteur propre au lotissement raccordé sur le réseau d'assainissement collectif de la commune, prévues par le chapitre 3 du programme des travaux du lotissement Crouzet du 12 juillet 2018 modifié le 7 août 2019. Il ressort des pièces du dossier que le service chargé de l'eau et de l'assainissement de la communauté de communes de Nay a émis le 25 août 2020 un avis favorable sur ce dispositif sous réserve du respect de certaines normes techniques pour le raccordement au réseau collectif. Enfin, M. A ne peut utilement soutenir que le terrain d'assiette du projet ne serait pas raccordé au réseau public d'assainissement en raison de la caducité de la convention de projet urbain partenarial, dès lors que l'arrêté attaqué n'a pas été pris en application de cette convention, ni n'en constitue la base légale. Par suite, l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

15. En sixième lieu, aux termes de l'article AU3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Boeil-Bézing : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie et de collecte des déchets ménagers. En particulier, les caractéristiques des voies en impasse ouvertes au public doivent permettre aux véhicules de faire aisément un demi-tour. Les voies en impasse ne peuvent dépasser une longueur de 80 mètres, mesurée à l'axe de la voie. Il peut également être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celles des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu notamment de la posiiton des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. () Les voies nouvelles devront prévoir une circulation sécurisée des véhicules, des deux roues et des piétons ainsi que le stationnement des véhicules. ". Pour l'application de règles relatives à la desserte des terrains, la conformité d'un immeuble aux prescriptions d'un plan local d'urbanisme s'apprécie non par rapport à l'état initial de la voie mais en tenant compte des prévisions inscrites dans le plan local d'urbanisme à l'égard de celle-ci et des circonstances de droit et de fait déterminantes pour leur réalisation.

16. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'accès au lotissement par le nord-ouest se situe à hauteur de l'extrémité de la rue des Magnolias. Le requérant ne peut utilement soutenir que la voie qui prolonge cette rue ne serait pas conforme à l'article AU3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Boeil-Bézing, lequel n'a pas vocation à s'appliquer aux voies de desserte interne du lotissement. D'autre part, à supposer que la création d'une voie permettant également l'accès au lotissement par le sud-ouest depuis la rue des coteaux ne soit pas certaine dès lors qu'elle est mutualisée avec un projet de lotissement dont la réalisation est hypothétique, que la largeur de cette voie ne permette pas le croisement de deux véhicules, qu'elle ne soit pas carrossable et que sa création nécessite des travaux de déplacement d'un poteau électrique et de traitement de la voirie pour lesquels il n'existe aucune garantie de leur exécution, M. A ne démontre toutefois pas que le lotissement serait insuffisamment desservi par le seul accès existant par la rue des Magnolias, qui est à double sens et dont les caractéristiques sont adaptées au trafic consécutif à sa création. Par suite, l'arrêté attaqué n'a pas été pris en méconnaissance des dispositions précitées de l'article AU3 du règlement du plan local d'urbanisme.

17. En septième lieu, aux termes de l'article AU4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Boeil-Bézing, dans sa version applicable au litige : " A l'aval du projet, le débit et la qualité des eaux devront être identiques à ceux qui préexistaient à l'opération. / Pour ce faire, le pétitionnaire réalisera à sa charge des dispositifs de rétention ou d'infiltration des eaux pluviales sur le terrain d'assiette du projet. Ils doivent permettre de réguler les débits reçus des surfaces imperméabilisées avant dispersion sur le sol ou rejet sur le domaine public ou dans le milieu hydraulique superficiel. / Ces dispositifs (tranchées drainantes, puits d'infiltration, réservoirs, noues, bassins de rétention, chaussées poreuses, ) doivent prévoir le cheminement de l'eau sur le terrain en cas de dysfonctionnement des ouvrages ou de débordement résultant d'évènements pluvieux exceptionnels. Les excédents devront être orientés vers des secteurs de moindre vulnérabilité. Le projet pourra être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales (concernant par exemple le dimensionnement des ouvrages de rétention ou d'infiltration) dès lors que les risques induits sur les personnes et les biens seraient excessifs. ".

18. D'une part, ainsi qu'il a été dit au point 14, le requérant n'établit pas que les mesures prévues en matière d'évacuation des eaux pluviales seraient insuffisantes. D'autre part, il résulte de la délibération du conseil communutaire de la communauté de communes du Pays de Nay du 28 juin 2018 portant approbation du schéma directeur et du zonage des eaux pluviales, qui est postérieure au 4 juin 2013, date d'approbation du plan local d'urbanisme applicable au litige, que les parcelles servant de terrain d'assiette du projet de lotissement sont classées dans la catégorie des zones " favorables a priori à l'infiltration des eaux de pluie ", laquelle est assortie d'une prescription tendant notamment à la réalisation d'une reconnaissance hydrogéologique du terrain pour tout aménagement portant sur une unité foncière d'une superficie totale supérieure à 2 000 m². Toutefois, il ne résulte pas de l'article AU4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Boeil-Bézing, et il ne ressort pas des pièces du dossier que ce document d'urbanisme, dans sa version applicable au litige, renvoie ou comporte en annexe la délibération rappelée précédement qui imposerait que les dispositifs d'évacuation des eaux pluviales respectent cette prescription. Par suite, en délivrant le permis d'aménager attaqué, le maire de Boeil-Bézing n'a ni fait une inexacte application, ni méconnu l'article AU4 du règlement du plan local d'urbanisme.

19. En dernier lieu, aux termes de l'article AU 12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Boeil-Bézing, dans sa version applicable au litige : " Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions et installations nouvelles doit être assurée en dehors des voies () ". Aux termes du VI de l'article VI des dispositions générales du même règlement relatif au stationnement automobile : " Pour l'aménagement des places de stationnement, couvertes ou à l'air libre, sont prescrites les dimensions minimales ci-après : / -places aménagées perpendiculairement à la voie de desserte: / longueur : 5 mètres () ".

20. D'une part, il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de composition (PC4), que deux places destinées aux visiteurs sont prévues en bordure de la voie A de desserte des lots. Ces places ne peuvent donc être regardées comme étant aménagées sur la voie dédiée à la circulation, ou susceptibles de constituer un obstacle à cette dernière. D'autre part, si le même plan indique que deux places de stationnement aménagées perpendiculairement à la voie de desserte A sont affectées au lot n°9, elles occupent un emplacement d'une longueur de 4 mètres jusqu'à la limite de bande enherbée de ce lot, augmentée d'un mètre supplémentaire débordant légèrement sur le trottoir, lui-même d'une largeur de 2,15 mètres. Dans ces conditions, ces emplacements n'empiètent pas sur la voie de circulation et présentent une longueur de 5 mètres. Par suite, contrairement à ce que soutient le requérant, l'arrêté attaqué n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article AU 12 du règlement de la commune de Boeil-Bézing.

21. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la SCI Amasse, les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. A doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

22. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

23. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent dès lors être rejetées. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de ce dernier des sommes de 1 500 euros au titre des frais exposés respectivement par la commune de Boeil-Bezing et par la société Amasse, et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : M. A versera respectivement à la commune de Boeil-Bézing et à la société Amasse la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B A, à la commune de Boeil-Bézing et à la société civile immobilière Amasse.

Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,

Mme Genty, première conseillère,

Mme Dumez-Fauchille, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2023.

La rapporteure,

Signé

F. GENTY

Le président,

Signé

F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,

Signé

A. STRZALKOWSKA

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions