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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2101265

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2101265

mercredi 26 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2101265
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCHAMBRE 3
Avocat requérantSELARL LAMOURET LAHITETE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement avant-dire droit du 28 septembre 2023, le tribunal, après avoir donné acte du désistement de la requête de Madame E épouse F et annulé les décisions implicites de rejet des recours gracieux formés par M. G et autres, a sursis à statuer sur les conclusions de la requête de M. G, M. D, Mme D, Mme C et Mme A, aux fins d'annulation de l'arrêté du 16 octobre 2020 par lequel le maire de la commune de Mimizan a délivré à la société à responsabilité limitée Villas Zelia un permis de construire en vue de la surélévation d'une maison, de la création d'une terrasse en bois ainsi que d'une piscine et son local technique, ainsi que l'arrêté du 21 mars 2023 par lequel cette même autorité a délivré à ce même pétitionnaire un permis de construire modificatif.

Par un mémoire enregistré le 3 avril 2024 et des pièces complémentaires enregistrées le 25 avril 2024, la société à responsabilité limitée Villas Zelia, représentée par Me Wattine, produit l'arrêté du 3 avril 2024 par lequel le maire de Mimizan lui a délivré un permis de construire modificatif et conclut au rejet de l'ensemble des conclusions présentées par les requérants.

Par un mémoire d'observations enregistré le 25 avril 2024, M. G, M. D, Mme D, Mme C et Mme A concluent aux mêmes fins que leur requête introductive d'instance.

Ils soutiennent que :

- à la lecture de la notice descriptive n° 04 du dossier de demande de permis de construire modificatif, il apparait que la toiture continuera à ne couvrir que le seul volume devant devenir habitable au dernier niveau du bâtiment nouveau et non l'ensemble de la construction ;

- l'arrêté du 3 avril 2024 autorise, en méconnaissance de l'article II-2-1 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Mimizan, une toiture ne contenant pas l'entier volume habitable de la construction.

Par un mémoire, enregistré le 17 mai 2024, la commune de Mimizan, représentée par Me Lamouret, conclut au rejet de l'ensemble des conclusions présentées par les requérants.

Un mémoire présenté pour la société à responsabilité limitée Villas Zelia a été enregistré le 4 juin 2024.

Par une lettre en date du 5 juin 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce qu'il n'appartient pas à la juridiction administrative d'ordonner la démolition d'une construction.

Des observations en réponse à ce moyen d'ordre public ont été présentées pour la société à responsabilité limitée Villas Zelia le 5 juin 2024.

Des observations en réponse à ce moyen d'ordre public ont été présentées pour la commune de Mimizan le 6 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Portès,

- les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique,

- et les observations de Me Rebecca représentant M. G et autres.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 16 octobre 2020, le maire de la commune de Mimizan a délivré à la société Villas Zelia un permis de construire valant permis de démolir en vue de la surélévation d'une maison existante, la création d'une terrasse en bois, d'une clôture, d'une piscine et de son local technique. Par un arrêté du 21 mars 2023, cette même autorité a délivré au même pétitionnaire un permis de construire modificatif portant sur la modification de l'emprise au sol par l'effet du rattachement à l'unité foncière d'une parcelle, sur les dimensions de la surface de la piscine, sur la suppression d'un auvent en façade sud, sur le traitement des façades du local technique et sur l'aménagement des places de stationnement. Par un jugement avant-dire droit du 28 septembre 2023, le tribunal a sursis à statuer sur les conclusions de la requête de M. G et autres aux fins d'annulation de ces arrêtés des 16 octobre 2020 et 21 mars 2023. Par un arrêté du 3 avril 2024, le maire de la commune de Mimizan a délivré à la société Villas Zelia un permis de construire modificatif en vue de régulariser le vice retenu par le tribunal dans son jugement avant-dire droit du 28 septembre 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article II-2-1 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Mimizan : " () La toiture devra contenir le volume habitable de la construction : les excroissances en toiture (type " chiens assis " ou autres petits volumes habitables) sont interdits. () ".

3. Lorsqu'une autorisation d'urbanisme a été délivrée en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance de l'autorisation, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'une autorisation modificative dès lors que celle-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédée de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Elle peut, de même, être régularisée par une autorisation modificative si la règle relative à l'utilisation du sol qui était méconnue par l'autorisation initiale a été entretemps modifiée ou si cette règle ne peut plus être regardée comme méconnue par l'effet d'un changement dans les circonstances de fait de l'espèce.

4. Il ressort des pièces du dossier que par arrêté du 3 avril 2024, le maire de la commune de Mimizan a délivré à la société Villas Zelia un permis de construire modificatif pour la fermeture de l'auvent en R+2 sur le bâtiment situé rue des Cormorans, la modification des toitures des bâtiments, la démolition d'un abri de jardin remplacé par un auvent et la modification de la façade ouest des bâtiments. Toutefois, il ressort du dossier de demande de permis de construire modificatif et notamment du plan de coupe intitulé " PCmod " que la toiture située au-dessus de la terrasse de la construction projetée, en façade sud du bâtiment, ne couvre toujours pas l'intégralité du volume habitable mais uniquement la terrasse sous toit de la construction, qui ne saurait être regardée comme un volume habitable de la construction au sens des dispositions précitées du PLU. Ainsi, cet arrêté ne régularise pas le vice dont étaient entachés les arrêtés des 16 octobre 2020 et 21 mars 2023 au regard de l'article II-2-1 du règlement du PLU de la commune de Mimizan.

5. Il résulte de ce qui précède que les requérants sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 16 octobre 2020 par lequel le maire de la commune de Mimizan a délivré à la société à responsabilité limitée Villas Zelia un permis de construire en vue de la surélévation d'une maison, de la création d'une terrasse en bois ainsi que d'une piscine et son local technique ainsi que l'arrêté du 21 mars 2023 par lequel cette même autorité a délivré à ce même pétitionnaire un permis de construire modificatif.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

6. Il n'appartient pas au juge administratif d'ordonner la démolition d'une construction. De telles conclusions sont irrecevables et doivent, en tout état de cause, être rejetées.

Sur frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. G et autres, qui n'ont pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Mimizan et la société à responsabilité limitée Villas Zelia demandent au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

8. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Mimizan la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. G et autres et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 16 octobre 2020 par lequel le maire de la commune de Mimizan a délivré à la société à responsabilité limitée Villas Zelia un permis de construire en vue de la surélévation d'une maison, de la création d'une terrasse en bois ainsi que d'une piscine et son local technique, et l'arrêté du 21 mars 2023 par lequel cette même autorité a délivré à ce même pétitionnaire un permis de construire modificatif sont annulés.

Article 2 : La commune de Mimizan versera à M. G et autres la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B G, à la commune de Mimizan et à la société Villas Zelia.

Délibéré après l'audience du 12 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Madelaigue, présidente,

M. Roussel Cera, premier conseiller.

Mme Portès, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.

La rapporteure,

E. PORTES

La présidente,

F. MADELAIGUE La greffière,

P. SANTERRE

La République mande et ordonne à la préfète des Landes, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition :

La greffière,

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