mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2101358 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 2 |
| Avocat requérant | SELARL CABINET CAMBOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 mai 2021 et le 10 octobre 2023, la commune de Biarritz, représentée par Me Cambot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 janvier 2021 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques a fixé le montant du prélèvement de la commune de Biarritz à 595 845,38 euros, ensemble la décision du 25 mars 2021 par laquelle le préfet des Pyrénées-Atlantiques a rejeté son recours gracieux formé contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est privé de base légale, en ce qu'il procède de l'arrêté du 11 décembre 2020 constatant la carence de la commune de Biarritz dans la réalisation de logements sociaux et a fixé le taux de majoration visé à l'article L. 302-9-1 du code de la construction et de l'habitation à 100 %, lequel est illégal, en raison :
* d'un vice de procédure tenant à l'absence d'audition du comité régional de l'habitat et de l'hébergement, et de l'insuffisance de motivation en droit et en fait,
* du défaut de prise en compte du contexte foncier et juridique de la ville et de l'importance des efforts déployés par la commune de Biarritz,
* de l'absence de leviers juridiques à la disposition de la commune,
* du refus de la communauté d'agglomération du Pays basque d'exercer le droit de préemption dont elle est titulaire,
* du défaut d'action du préfet pour compenser le déficit de logements sociaux en dépit du transfert de compétence induit par les arrêts de carence antérieurs,
* et de la disproportion du taux de majoration retenu.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 février 2022 et le 21 février 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête de la commune de Biarritz.
Il soutient que l'arrêté attaqué n'est pas privé de base légale du fait du caractère exécutoire de l'arrêté du 10 décembre 2020, et de ce que les moyens soulevés contre ce dernier arrêté ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 ;
- la loi n° 2006-872 du 13 juillet 2006 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumez-Fauchille,
- et les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 11 décembre 2020, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a prononcé la carence de la commune de Biarritz en matière de logements sociaux, en application de l'article L. 302-9-1 du code de la construction et de l'habitation, assortie d'un taux de majoration du prélèvement sur ressources fiscales à 100 %. Par arrêté du 22 janvier 2021, cette même autorité a fixé le montant du prélèvement de la commune de Biarritz à 595 845,38 euros. Par décision du 25 mars 2021, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a rejeté le recours gracieux formé par la commune de Biarritz contre ce dernier arrêté. Cette dernière demande l'annulation de l'arrêté du 22 janvier 2021 et de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Tout d'abord, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () ; 2°) infligent une sanction ;(). ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. L'arrêté du 11 décembre 2020 rappelé au point 1 vise notamment la loi du
13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains, dans sa version issue de la loi du 11 décembre 2001 portant mesures urgentes de réformes à caractère économique et financier et de la loi du 13 juillet 2006 portant engagement national pour le logement, les articles L. 210-1, L. 422-2 et R. 422-2 du code de l'urbanisme, et les articles L. 302-5 à L. 302-9-2 et
R. 302-14 à R. 302-26 du code de la construction et de l'habitation. Il se fonde sur ce que l'objectif triennal de 756 logements sociaux assigné à la commune de Biarritz pour la période 2017-2019 n'est pas atteint, seuls 131 logements sociaux ayant été réalisés, et sur ce que les éléments avancés par la commune ne suffisent pas à justifier le non-respect de cet objectif. Dès lors, l'arrêté du 11 décembre 2020 satisfait à l'exigence de motivation en droit et en fait prescrite par les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
4. Ensuite, il ne résulte d'aucune disposition législative ou règlementaire que le comité régional de l'habitat et de l'hébergement prenne connaissance de la grille d'analyse à laquelle les services de l'Etat se réfèrent pour constater la carence, ni auditionne le maire ou dispose de ses observations avant d'émettre l'avis prévu à l'article L. 302-9-1 du code de la construction et de l'habitation sur la procédure de constat de carence engagée à l'encontre d'une commune. Par suite, la commune de Biarritz ne peut utilement soutenir qu'elle n'a pas été entendue par le comité régional de l'habitat et de l'hébergement.
5. Par ailleurs, l'arrêté du 11 décembre 2020 fait état des logements sociaux déjà réalisés, des projets à venir et en cours d'étude mentionnés par la commune de Biarritz, de l'absence de résultat lié au transfert du droit de préemption à l'établissement public foncier local du Pays basque, et du caractère coûteux et rare du foncier sur le territoire communal. Eu égard, par ailleurs, à la motivation de l'arrêté rappelée au point 3, le préfet a donc tenu compte dans sa décision du contexte foncier et juridique de cette collectivité et des efforts déployés par elle dans l'exécution de ses compétences pour compenser le déficit en logements sociaux.
6. En outre, aux termes de l'article L. 302-9-1 du code de la construction et de l'habitation : " Lorsque, dans les communes soumises aux obligations définies aux I et II de l'article L. 302-5, au terme de la période triennale échue, le nombre de logements locatifs sociaux à réaliser à l'échelle communale en application du I de l'article L. 302-8 n'a pas été atteint ou lorsque la typologie de financement définie au III du même article L. 302-8 n'a pas été respectée, le représentant de l'Etat dans le département informe le maire de la commune de son intention d'engager la procédure de constat de carence. Il lui précise les faits qui motivent l'engagement de la procédure et l'invite à présenter ses observations dans un délai au plus de deux mois. En tenant compte de l'importance de l'écart entre les objectifs et les réalisations constatées au cours de la période triennale échue, des difficultés rencontrées le cas échéant par la commune et des projets de logements sociaux en cours de réalisation, le représentant de l'Etat dans le département peut, par un arrêté motivé pris après avis du comité régional de l'habitat et de l'hébergement et, le cas échéant, après avis de la commission mentionnée à l'article
L. 302-9-1-1, prononcer la carence de la commune. () ".
7. La commune de Biarritz n'apporte aucun élément de nature à étayer ses allégations tenant à ce qu'elle ne dispose pas de leviers juridiques adaptés, à ce que la communauté d'agglomération du Pays basque refuse d'exercer le droit de préemption dont elle est titulaire, et à ce que le préfet n'a jamais exercé d'action visant à compenser le déficit de logements sociaux en dépit du transfert de compétence induit par les arrêtés de carence successifs prononcés à l'encontre de la commune. Elle ne démontre pas davantage l'ampleur des difficultés auxquelles elle fait face, ni des mesures prises pour respecter ses obligations. Dès lors, le préfet n'a pas, en prononçant la carence de la commune de Biarritz, fait une inexacte application de l'article
L. 302-9-1 du code de la construction et de l'habitation.
8. Enfin, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, la commune requérante n'est pas fondée à soutenir que le taux de majoration à 100% revêtirait un caractère disproportionné.
9. Par suite, la commune de Biarritz n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de l'arrêté du préfet des Pyrénées-Atlantiques du 11 décembre 2020.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de la commune de Biarritz doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
11. D'autre part, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.".
12. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la commune de Biarritz doivent dès lors être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la commune de Biarritz est rejetée.
Article : Le présent jugement sera notifié à la commune de Biarritz et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 9 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Genty, première conseillère,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.
La rapporteure,
V. DUMEZ-FAUCHILLE
Le président,
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026