mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2101388 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
| Avocat requérant | PICARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 mai 2021, M. A D, représenté par Me Picard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 octobre 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Hautes-Pyrénées a révisé son droit au revenu de solidarité active et mis à sa charge un indu d'un montant de 9 146,28 euros pour la période de septembre 2017 à septembre 2020 ;
2°) à titre principal, d'annuler totalement la dette d'un montant de 9 146,28 euros, et subsidiairement de la réduire à hauteur de la moitié du montant mis à sa charge ;
3°) de condamner solidairement la caisse des allocations familiales des Hautes-Pyrénées et le département des Hautes-Pyrénées à lui rembourser les sommes prélevées sur ses allocations dépassant la moitié du montant de la dette initiale ;
4°) et de mettre solidairement à la charge de la caisse d'allocations familiales des Hautes-Pyrénées et du département des Hautes-Pyrénées, la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le caractère frauduleux ne peut être établi dès lors qu'il ne parle ni n'écrit le français, ne réside plus à Aureilhan et les cartes grises ne sont traditionnellement pas reconnue comme une preuve de propriété ;
- il n'est pas établi qu'il serait de mauvaise foi ;
- le président du conseil départemental a commis une erreur d'appréciation s'agissant de la précarité de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 décembre 2022, le département des Hautes-Pyrénées au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que M. D n'a adressé au département aucun recours administratif préalable ;
- les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 décembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique, après tenue le 9 mars 2023 à 14 heures, en présence de Mme Dangeng, greffière d'audience.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. D perçoit le revenu de solidarité active depuis 2012. A la suite d'un contrôle, ayant mis en évidence que ce dernier avait repris une vie commune avec sa compagne depuis au moins, le 1er mars 2016, la caisse d'allocations familiales des Hautes-Pyrénées a régularisé sa situation et lui a notifié, par un courrier du 28 octobre 2020, un indu de revenu de solidarité active, qualifié de frauduleux, d'un montant de 9 146,28 euros, pour la période de septembre 2017 à septembre 2020. Par la présente requête, M. D demande au tribunal l'annulation de la décision du 28 octobre 2020 et de sa dette en se prévalant de sa bonne foi de la précarité de sa situation.
Sur la contestation du bien-fondé du l'indu de revenu de solidarité active :
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige. En cas d'annulation par le juge de la décision ordonnant la récupération de l'indu, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision.
3. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". L'article L. 262-3 du code précité dispose que : " La fraction des revenus professionnels des membres du foyer et le montant forfaitaire mentionné au 2° de l'article L. 262-2 sont fixés par décret. (). L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. () ". Enfin, aux termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple. ".
4. Il résulte de ces dispositions que, pour le bénéfice du revenu de solidarité active, le foyer s'entend du demandeur, ainsi que, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin et des enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge qui remplissent les conditions précisées par l'article R. 262-3 du code de l'action sociale et des familles. Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue. Une telle vie de couple peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges.
5. M. D soutient que le caractère frauduleux de ses déclarations ne peut être établi dès lors qu'il ne vit pas avec son épouse et que le changement qui a été déclaré tardivement est sans incidence sur le droit à perception du revenu de solidarité active dans la mesure où il vivait en célibataire. Toutefois, il résulte de l'instruction que, d'une part, s'il n'est pas contesté que le requérant ne maîtrise pas la langue française et se fait aider par son fils pour effectuer les démarches administratives, le caractère réitéré de la déclaration de l'adresse de sa compagne sur les documents administratifs, alors même que son fils maîtrise la langue française, ne peut être regardée comme une " erreur " et ne permet pas de conclure à la bonne foi de l'intéressé. D'autre part, la seule production par le requérant d'une facture Engie, dont il est mentionné que le contrat a été établi le 29 juillet 2020 soit peu de temps avant la mesure en litige, ne permet de tenir pour établi l'absence de vie commune avec son épouse, ni ne contredit utilement le rapport de contrôle de l'agent assermenté de la caisse d'allocations familiales dont les constatations font foi jusqu'à preuve du contraire. Par suite, c'est à bon droit que le département des Hautes-Pyrénées a considéré que les intéressés constituaient un foyer au sens des dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles. La caisse d'allocations familiales des Hautes-Pyrénées, puis le département des Hautes-Pyrénées étaient ainsi fondés à mettre à la charge de M. D l'indu de revenu de solidarité active contesté. Il s'ensuit que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions tendant à l'annulation de la décision 28 octobre 2020 doivent être rejetées.
Sur la demande de remise gracieuse :
6. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que dans les conditions définies au présent article, par les collectivités définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne fou ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ".
7. Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou missions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
8. Il résulte de ce qui a été exposé au point 5 que la bonne foi de M. D ne peut être retenue dans les circonstances de l'espèce. Il s'ensuit que les conclusions tendant à ce que lui soit accordée la remise gracieuse totale ou partielle de sa dette en raison de la précarité de sa situation ne peuvent en tout état de cause qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacles à ce que soit mise à la charge solidaire de la caisse d'allocations familiales des Hautes-Pyrénées et du département des Hautes-Pyrénées qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, la somme que demande le conseil de M. D au titre de ces dispositions et de l'article 37-2° de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à la caisse d'allocations familiales des Hautes-Pyrénées, et au département des Hautes-Pyrénées.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
La présidente,
Signé : V. QUEMENERLa greffière,
Signé : M. B
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026