jeudi 3 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2101510 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DIALLO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 juin 2021 et le 22 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Diallo, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 avril 2021 par laquelle le directeur opérationnel en charge du niveau opérationnel de déconcentration (NOD) " Les Pays de l'Adour " de La Poste a prononcé à son encontre la sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de 18 mois.
2°) et de statuer ce que de droit quant aux dépens.
Il soutient que la sanction prononcée à son encontre est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2022, la société La Poste, représentée par Me Moretto, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de M. A une somme de 2 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la sanction est justifiée et que le moyen soulevé par M. A n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984, portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, applicable aux agents titulaires de La Poste ;
- la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 relative à l'organisation du service public de La Poste et de France Télécom ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Duchesne,
- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Milhomme, représentant La Poste.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est agent de La Poste depuis 1993 et exerce les fonctions de facteur à Saint-Etienne de Baigorry. Par une décision du 26 novembre 2020, le directeur opérationnel en charge du niveau opérationnel de déconcentration (NOD) " Les Pays de l'Adour " de La Poste, a suspendu M. A de ses fonctions et, par une décision du 2 avril 2021, dont la légalité est contestée dans la présente requête, cette même autorité a prononcé à son encontre la sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de 18 mois.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des dispositions de l'article 28 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations du fonctionnaire alors applicable : " Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l'exécution des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l'ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public (). ". Il résulte de ces dispositions que tout fonctionnaire est tenu de se conformer aux ordres qu'il reçoit de ses supérieurs hiérarchiques, sauf si ces ordres sont manifestement illégaux et de nature, en outre, à compromettre gravement un intérêt public. Aux termes de l'article 29 de cette même loi : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. ". Aux termes de l'article 66 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat alors applicables : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes. / Premier groupe : / - l'avertissement ;/ - le blâme. / Deuxième groupe : / - la radiation du tableau d'avancement ;/- l'abaissement d'échelon ; / - l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de quinze jours ; / - le déplacement d'office. / Troisième groupe : / - la rétrogradation ; / - l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de six mois à deux ans. () ".
3. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
4. Pour prononcer l'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de dix-huit mois fermes, infligée à M. A, le directeur opérationnel des " Pays de l'Adour " a estimé que le comportement de l'intéressé était constitutif d'une faute disciplinaire en raison de manquements graves et réitérés à l'obligation d'obéissance hiérarchique et aux règles relatives à la protection de la santé, aux motifs que le 20 août 2020, M. A a refusé à trois reprises de distribuer du courrier sur un point de distribution dont il assurait déjà la distribution des colis, et a tenu des propos injurieux à l'endroit de son supérieur hiérarchique en le qualifiant de " lèche-cul ". Il lui est également reproché de s'être présenté sur son lieu de travail, soit sans porter de masque chirurgical rendu obligatoire au titre des mesures prises pendant la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19, soit doté d'une protection insuffisante.
5. M. A, qui ne conteste pas la matérialité des faits qui lui sont reprochés, soutient qu'il a perçu la consigne relative à la distribution du courrier comme une punition dans un environnement professionnel déjà décrit comme présentant des dysfonctionnements, dès lors qu'il était déjà tenu, en plus de sa tournée quotidienne (courriers et colis), de s'acquitter de la distribution des colis de la tournée dite " partageable ", attribuée à l'une de ses collègues, et qu'il a souhaité ainsi dénoncer le comportement manifesté par son supérieur à son égard, notamment caractérisé par des provocations quotidiennes, ainsi que l'ambiance " délétère " qui régnait dans ce bureau de poste. Il soutient, en outre, que le refus de distribuer le courrier visait à éviter que deux véhicules se trouvent au même endroit au même moment, alors que le foyer pour lequel il a refusé la distribution ne faisait pas partie de sa tournée habituelle. Toutefois, de telles circonstances, à les supposer établies, ne sauraient, à elles seules, faire regarder les instructions données comme constituant un ordre manifestement illégal. En tout état de cause, M. A ne démontre ni même n'allègue avoir été effectivement amené à dépasser sa durée journalière normale de travail ou à modifier le circuit habituel de sa tournée.
6. Par ailleurs, M. A soutient qu'il a signalé dès le mois de juillet 2020 à sa hiérarchie qu'il était asthmatique et ne pouvait porter de masque chirurgical. Il ressort de la décision du CHSCT du 25 août 2020 que le masque est obligatoire en point de contact avec les usagers sauf contre-indication établie par un certificat médical du médecin du travail. Il ressort également des pièces du dossier que M. A produit une ordonnance de traitements datée du 4 mars 2020, un premier certificat médical du 2 septembre 2020, établi par le médecin remplaçant de son médecin traitant, confirmant l'impossibilité de l'utilisation des masques chirurgicaux en raison d'un asthme allergique important et un second certificat, du 7 septembre 2020, dont la teneur n'a pas été validé par le médecin du travail.
7. En admettant même que le médecin du travail ait porté une appréciation erronée sur ces certificats médicaux, lesquels pouvaient, eu égard à leur contenu, établir l'existence d'une contre-indication au port du masque, en tout état de cause, les autres faits reprochés à M. A, commis le 20 août 2020, sont fautifs et de nature à justifier le prononcé à son encontre d'une sanction disciplinaire.
8. Cependant, eu égard au contexte professionnel décrit et au caractère isolé des faits reprochés à l'intéressé, commis le 20 août 2020, et compte tenu de l'éventail large de sanctions dont disposait l'autorité disciplinaire, la sanction infligée consistant en une exclusion de fonctions pour une durée de dix-huit mois sans sursis, privative de rémunération, sanction la plus grave du troisième groupe des sanctions pouvant être prononcées, présente dans les circonstances de l'espèce, un caractère disproportionné.
9. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 2 avril 2021.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par La Poste au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
11. Par ailleurs, M. A ne justifie pas avoir exposé des dépens dans la présente instance, et à supposer qu'il ait entendu se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ses conclusions ne sont pas chiffrées, de sorte qu'elles doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du directeur opérationnel en charge du niveau opérationnel de déconcentration (NOD) " Les Pays de l'Adour " de La Poste du 2 avril 2021 est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la société La Poste.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Quéméner, président,
Mme Duchesne, conseillère
M. Diard, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 août 2023.
La rapporteure,
Signé :M. DUCHESNE
La présidente,
Signé :V. QUEMENERLa greffière,
Signé :M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026