mercredi 1 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2101557 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COURRECH & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 13 juin 2021, le 20 janvier 2022, les 9 et 24 février 2022, le 10 mars 2022 et le 11 avril 2022, Mme D E et M. A E doivent être regardés comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 6 avril 2021 par lequel le maire de Lit-et-Mixe a fait opposition à la déclaration préalable qu'ils ont déposés en vue de l'extension d'une habitation légère de loisirs, sur un terrain situé 1545 route du Cap de l'Homy, dans le parc résidentiel et de loisirs des Vignes, à Lit-de-Mixe (Landes), ensemble la décision du 7 juin 2021 par laquelle le maire de Lit-et-Mixe a rejeté le recours gracieux qu'ils ont formé contre cet arrêté.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de forme dès lors qu'il ne mentionne pas la possibilité de contester cet arrêté par la voie d'un recours gracieux ;
- en outre, la décision du 7 juin 2021 par laquelle le maire a rejeté le recours gracieux formé contre cet arrêté, est entachée d'un défaut de motivation ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Lit-et-Mixe n'est pas accessible, dans son intégralité et gratuitement, sur le site internet de la commune ;
- l'arrêté attaqué est fondé sur un motif illégal dès lors que le terrain d'assiette du projet d'extension n'est pas classé en secteur Nn par ce même PLU ;
- le PLU de la commune délimite de façon imprécise le secteur Nn, dont le tracé doit être défini au regard du rapport de présentation, lequel prévoit une largeur du secteur Nn comprise entre 20 et 30 mètres, ce qui exclut de cette zone le terrain d'assiette du projet d'extension ;
- enfin, l'arrêté attaqué méconnaît le principe d'égalité dès lors que les travaux d'extension de certains chalets voisins, également situés le long du ruisseau des Vignes, ne se sont pas vus opposer les dispositions du PLU applicables au secteur Nn, et que cette différence de traitement n'est pas en rapport avec l'intérêt écologique et la préservation de l'environnement.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 décembre 2021, les 2 et 25 février 2022 et le 16 mars 2022, la commune de Lit-et-Mixe, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle précise que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Un mémoire, enregistré le 1er janvier 2022, présenté par Mme et M. E, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,
- et les observations de Mme et M. E et de Me Pinson, représentant la commune de Lit-et-Mixe.
Une note en délibéré, présentée par Mme et M. E, a été enregistrée le 21 février 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 6 avril 2021, le maire de Lit-et-Mixe s'est opposé à la déclaration préalable n° DP04015721X0031 déposée le 9 mars 2021 par M. E, en vue de l'extension d'une habitation légère de loisirs (" chalet "), sur un terrain situé 1545 route du Cap de l'Homy, dans le parc résidentiel et de loisirs des Vignes, à Lit-de-Mixe (Landes), sur la parcelle cadastrée section AH n° 218. Par une décision du 7 juin 2021, le maire de Lit-et-Mixe a rejeté le recours gracieux formé par les requérants contre cet arrêté. Par la présente requête, Mme et M. E doivent être regardés comme demandant au tribunal l'annulation de l'arrêté du 6 avril 2021, ensemble la décision du 7 juin 2021 rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du formulaire de déclaration et du plan de masse, signés par les requérants et joints au dossier de déclaration préalable n° DP04015721X0031, produit par la commune, que le projet en litige porte sur l'extension du séjour existant de 4,15 m², d'une chambre de 1,92 m² et d'un auvent de 4,52 m², pour une surface totale de plancher créée de 6,07 m².
3. L'arrêté attaqué est fondé sur le motif tiré de ce que l'extension projetée de l'auvent et du séjour, située sur un terrain classé en secteur Nn de la zone naturelle et forestière par le plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Lit-et-Mixe, n'a pas vocation à assurer une mise en valeur et une fréquentation du milieu naturel, et méconnaît ainsi les dispositions du paragraphe 2 de l'article N2 du règlement du PLU, applicable au secteur Nn de la zone N.
4. En premier lieu, l'absence de mention dans l'arrêté attaqué de la possibilité de le contester par la voie d'un recours gracieux n'est pas de nature à entacher cet arrêté d'illégalité. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que les requérants ont formé, dans le délai de recours contentieux, un recours gracieux contre l'arrêté attaqué, qui a été rejeté par une décision du 7 juin 2021 du maire de Lit-et-Mixe.
5. En deuxième lieu, aucune disposition ne prévoit que la décision rejetant un recours gracieux doit être motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision du 7 juin 2021, par laquelle le maire de Lit-et-Mixe a rejeté le recours gracieux formé contre l'arrêté attaqué, ne peut qu'être écarté comme inopérant.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 151-2 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme comprend : / 1° Un rapport de présentation ; / () 4° Un règlement ; / () Chacun de ces éléments peut comprendre un ou plusieurs documents graphiques. () ". Aux termes de l'article L. 151-4 du même code : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir () le règlement. / () ". Aux termes de l'article L. 151-8 dudit code : " Le règlement fixe () les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols () ". Aux termes de l'article L. 151-9 de ce code : " Le règlement délimite () les zones naturelles () à protéger. / Il peut () prévoir l'interdiction de construire. / () " et aux termes de l'article L. 152-1 : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions () sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / () ". Aux termes, en outre, de l'article R. 151-9 du même code : " Le règlement contient () la délimitation graphique des zones prévues à l'article L. 151-9 " et aux termes de l'article R. 151-10 : " Le règlement est constitué d'une partie écrite et d'une partie graphique, laquelle comporte un ou plusieurs documents. / Seuls la partie écrite et le ou les documents composant la partie graphique du règlement peuvent être opposés au titre de l'obligation de conformité définie par l'article L. 152-1 ". Aux termes de l'article R. 151-11 dudit code : " Les règles peuvent être écrites et graphiques. / Lorsqu'une règle fait exclusivement l'objet d'une représentation dans un document graphique, la partie écrite du règlement le mentionne expressément. / Tout autre élément graphique ou figuratif compris dans la partie écrite du document est réputé constituer une illustration dépourvue de caractère contraignant, à moins qu'il en soit disposé autrement par une mention expresse ". Aux termes de l'article R. 151-14 de ce code : " Le ou les documents graphiques font apparaître les limites des zones () que le plan local d'urbanisme identifie en application de la présente section " et aux termes de l'article R. 151-17 : " Le règlement délimite, sur le ou les documents graphiques, () les zones naturelles (). / Il fixe les règles applicables à l'intérieur de chacune de ces zones dans les conditions prévues par la présente section ".
7. Par ailleurs, en vertu de l'article N1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Lit-et-Mixe applicable à la zone naturelle et forestière, la construction des parcs résidentiels de loisirs et des habitations légères de loisir est interdite dans cette zone. En outre, aux termes du paragraphe 2 de l'article N2 du même règlement, applicable au secteur Nn de la zone naturelle et forestière : " En dehors des infrastructures traversant la zone, seuls les aménagements assurant une mise en valeur et une fréquentation du milieu naturel sont autorisés ".
8. En l'espèce, si Mme et M. E font valoir que le plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Lit-et-Mixe ne serait pas accessible dans son intégralité sur le site internet de la commune, il n'est pas contesté que le plan de zonage dudit PLU était, à la date de l'arrêté attaqué, librement consultable sur le site internet de la communauté de communes Côtes Landes Nature, qui exerce de plein droit la compétence en matière de plan local d'urbanisme, et dont la commune de Lit-de-Mixe est membre. De plus, il ne résulte d'aucune disposition que la commune, qui n'exerce pas cette compétence, aurait eu l'obligation de rendre accessible le plan de zonage du PLU sur son propre site internet. En outre, si les requérants soutiennent que le document graphique, relatif au plan de zonage du terrain d'assiette du projet en litige, que leur ont communiqués les services de la commune, le 12 avril 2021, porte une mention selon laquelle " les informations contenues sur les cartes ne sont pas contractuelles " et qu'" elles ne peuvent en aucun cas engager la responsabilité de la collectivité ", il n'est pas sérieusement contesté que ce plan constitue un extrait des documents graphiques du règlement du PLU. Enfin, la circonstance que les documents graphiques du règlement du PLU n'ont pas été modifiés, en vue de faire apparaître les nouvelles extensions de constructions réalisées depuis la dernière modification du PLU en 2016, est sans incidence sur leur caractère opposable. Par suite, le moyen tiré de ce que cet extrait des documents graphiques serait dépourvu de caractère réglementaire et ne serait pas opposable aux requérants doit être écarté en toutes ses branches.
9. Par ailleurs, aucune disposition ne prévoit que la partie écrite du règlement d'un plan local d'urbanisme doit préciser la délimitation des zones que le PLU identifie, cette délimitation devant seulement apparaître sur les documents graphiques du règlement, en application des dispositions précitées des articles R. 151-14 et R. 151-17 du code de l'urbanisme. En outre, si le rapport de présentation explique les choix retenus par les auteurs du PLU pour justifier la délimitation d'un secteur Nn, large de 20 à 30 mètres, en vue d'assurer la conservation du ruisseau des Vignes, par un éloignement de l'urbanisation, seuls la partie écrite et les documents composant la partie graphique du règlement sont opposables aux autorisations d'urbanisme, en application des dispositions précitées des article L. 152-1 et R. 151-10 du même code. Enfin, si le règlement du PLU identifie les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées en zone N, la délimitation de cette zone n'a pas le caractère d'une règle faisant exclusivement l'objet d'une représentation dans un document graphique que la partie écrite du règlement devrait mentionner expressément, en application de l'article R. 151-11 du code de l'urbanisme.
10. En quatrième lieu, il ressort de l'extrait du document graphique du règlement du PLU cité au point 8 du présent jugement, relatif au plan de zonage du terrain d'assiette du projet en litige, opposable aux requérants, que la partie nord et ouest de la parcelle du projet, incluant la construction existante, est classée en zone Ut constructible, réservée à l'hébergement touristique (camping, caravanage, parc résidentiel de loisir), et que la partie sud et est de cette parcelle, située entre la construction existante et le ruisseau des Vignes, est classée en secteur Nn de la zone N, correspondant aux zones naturelles à protéger en raison de leur intérêt écologique. Il ressort, en outre, clairement de ce document graphique, malgré l'indication du numéro de la parcelle qui masque partiellement le zonage, que la limite entre la zone Ut et le secteur Nn est située au droit de la façade sud-est de la construction. Dès lors, le projet d'extension de l'auvent et du séjour, au sud-est de la construction existante, est situé sur la partie du terrain classée en secteur Nn, dans lequel ne sont autorisés, en vertu des dispositions précitées du paragraphe 2 de l'article N2 de la zone, que les aménagements assurant une mise en valeur et une fréquentation du milieu naturel, en dehors des infrastructures traversant la zone.
11. A cet égard, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de l'absence, dans un certificat d'urbanisme qui leur a été délivré le 23 novembre 2010 en application de l'ancien POS applicable, ou dans le cahier des règles d'usage et d'habitation du parc résidentiel de loisirs des Vignes, de toute mention d'un classement interdisant le projet en litige.
12. Par suite, le motif fondant l'arrêté attaqué n'est entaché ni d'erreur de droit ni d'erreur dans l'appréciation des dispositions précitées du paragraphe 2 de l'article N2 de la zone naturelle et forestière du règlement du PLU.
13. En dernier lieu, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de ce que des extensions auraient été réalisées en secteur Nn sur certaines parcelles voisines, en méconnaissance du principe d'égalité.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme et M. E à fin d'annulation de l'arrêté du 6 avril 2021 par lequel le maire de Lit-et-Mixe a fait opposition à la déclaration préalable qu'ils ont déposés en vue de l'extension d'une habitation légère de loisirs, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme et M. E une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Lit-et-Mixe et non compris dans les dépens, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme et M. E est rejetée.
Article 2 : Mme et M. E verseront à la commune de Lit-et-Mixe une somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, à M. A E et à la commune de Lit-et-Mixe.
Délibéré après l'audience du 8 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
Mme Duchesne, conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er mars 2023.
Le rapporteur,
Signé : F. BLa présidente,
Signé : S. PERDULa greffière,
Signé : M. C
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Signé : M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026