mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2101562 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 juin 2021 et le 7 mars 2023, Mme C B demande au tribunal d'annuler la décision du 25 mai 2021 par laquelle le président du conseil départemental des Landes a rejeté le recours administratif préalable qu'elle a formé à l'encontre de la décision du 13 novembre 2020 rejetant sa demande d'attribution de la carte mobilité inclusion mention stationnement.
Elle soutient que :
- le doute quant à sa condition médicale devrait lui bénéficier ;
- ainsi que son médecin l'a précisé, elle présente des douleurs permanentes à la marche ;
- la décision est incohérente avec la reconnaissance de sa qualité de travailleur handicapé qui a été retenue sans limitation de durée ;
- les douleurs dont elle souffre sont anciennes et s'aggravent ;
- il n'a pas été tenu compte de ses douleurs à l'épaule droite mentionnées dans l'un de ses derniers échanges de courrier ;
- son état ne cesse d'empirer depuis sa demande ;
- le refus opposé est discriminatoire, dès lors que des personnes possédant des cartes de stationnement marchent mieux qu'elles, et que l'absence de carte la pénalise pour ses activités quotidiennes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2022, le département des Landes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- Mme B ne remplit pas les conditions d'éligibilité pour bénéficier de cette carte ;
- les douleurs à l'épaule évoqués n'entrent pas dans ces conditions d'éligibilité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Le rapport de Mme D été entendu au cours de l'audience publique, tenue le 9 mars 2023 à 14 heures en présence de Mme Dangeng, greffière d'audience.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a demandé le 9 septembre 2020 à la maison landaise des personnes handicapées l'attribution d'une carte mobilité inclusion mention stationnement. Cette demande a été rejetée par une décision du 13 novembre 2020. Par un courrier du 16 décembre 2020, Mme B a formé un recours préalable obligatoire à l'encontre de cette décision, qui a été rejetée par une décision du président du conseil départemental des Landes du 25 mai 2021. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cette dernière décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " I.- La carte "mobilité inclusion" destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. () 3° La mention "stationnement pour personnes handicapées" est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. () ".
3. D'autre part, aux termes du IV de l'article R. 241-12-1 du même code : " () Pour l'attribution de la mention "stationnement pour personnes handicapées" un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur () ". L'annexe à l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles dispose que : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : / La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : / - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou - la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. / (). ".
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre des parties à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.
5. Il résulte des dispositions précitées que l'obtention de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " est subordonnée à la démonstration d'une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspondant à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et pouvant se retrouver chez des personnes présentant, notamment, un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales. Tel est le cas lorsque la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ou a systématiquement recours à une des aides mentionnées pour ses déplacements extérieurs. Il appartient à la personne qui présente devant le juge administratif des conclusions à fin d'annulation d'une décision lui refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " d'établir, par tous moyens et notamment par la production au tribunal de justificatifs médicaux, même s'ils avaient déjà été produits au cours de l'instruction de la demande par l'administration, qu'elle est atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied.
6. Pour rejeter par une décision du 25 mai 2021, la demande de carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " présentée par Mme Lacroze, le président du conseil départemental des Landes a estimé que les pathologies de la requérante, qui souffre d'une lombalgie et de gonarthrose à la jambe droite, ne réduisaient pas actuellement de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied et n'imposaient pas qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. Il ressort du certificat médical du 28 janvier 2021 établi par le docteur E pour être joint à la demande de Mme B que celle-ci souffre de douleurs permanentes qui limitent son périmètre de marche, qu'il évalue néanmoins à 200 mètres avec des douleurs, et qu'elle n'a besoin d'aucune aide particulière pour ses déplacements. Ce certificat confirme celui établi le 4 septembre 2020 par le même praticien selon lequel si Mme B souffre d'un ralentissement moteur, a besoin de pauses, et éprouve des difficultés à se déplacer à l'extérieur, elle n'a toutefois besoin d'aucune aide ou accompagnement. Ainsi, les documents produits, et les différentes pièces à caractère médical ne permettent pas de relever que l'intéressée aurait à ce jour un périmètre de marche inférieur à 200 mètres ou serait dans la nécessité de recourir, pour tous ses déplacements extérieurs, à l'une des aides énumérées par les dispositions citées au point 3. Dans ces conditions, et sans méconnaître les lourdes pathologies dont elle souffre, Mme B ne remplit donc pas les conditions d'attribution de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ". Par suite, il n'y a pas lieu de lui délivrer cette carte.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 25 mai 2021 du président du conseil départemental des Landes et que sa requête doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme C B et au département des Landes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
La présidente,
Signé : V. QUEMENERLa greffière,
Signé : M. A
La République mande et ordonne à la préfète des Landes, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
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