mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2101645 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | JAMBON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 21 juin 2021 et le 22 novembre 2022,
M. A C, représenté par Me Jambon, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 11 janvier 2021 par lequel le maire de la commune de Lescun s'est opposé à sa déclaration préalable de travaux, ainsi que les décisions implicites de rejet de son recours gracieux et de son recours hiérarchique formés contre cet arrêté ;
2°) d'enjoindre au maire de Lescun de prendre une décision de non-opposition après avoir procédé à une nouvelle instruction de sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme en ce que la construction d'un garage de 20 m² ne peut être qualifiée d'urbanisation ; elle est réalisée en continuité avec un groupe de constructions traditionnelles ou d'habitations existantes d'une part et avec le bourg d'autre part ; le garage est une annexe de taille limitée à la maison du requérant.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 février 2022, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Coto, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 11 janvier 2021, le maire de la commune de Lescun s'est opposé, au nom de l'État, à la déclaration préalable déposée par M. C pour la construction d'un garage d'une superficie de 20 m². M. C a formé le 24 février 2021 des recours gracieux auprès du maire de Lescun et du préfet des Pyrénées-Atlantiques contre cet arrêté.
M. C demande l'annulation de l'arrêté du 11 janvier 2021 et des décisions par lesquelles le maire de Lescun et le préfet des Pyrénées-Atlantiques ont implicitement rejeté ces recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 11 janvier 2021 :
2. Aux termes de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme : " L'urbanisation est réalisée en continuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants, sous réserve de l'adaptation, du changement de destination, de la réfection ou de l'extension limitée des constructions existantes, ainsi que de la construction d'annexes, de taille limitée, à ces constructions () ".
3. L'arrêté attaqué se fonde sur ce que le projet de garage, qui se situe à une distance d'environ 200 m du centre bourg sur une grande parcelle naturelle dépourvue de construction, constitue une extension de l'urbanisation vers des espaces naturels. Il ressort toutefois du contenu de la déclaration préalable, que ce projet consiste en une construction à usage de garage, d'une longueur de 5 m et d'une largeur de 4 m, qui doit être implanté sur le bord opposé de la route qui dessert la maison à usage d'habitation du requérant, dont le terrain d'assiette ne peut accueillir ce garage. Ce dernier doit ainsi être regardé comme une annexe de taille limitée à cette maison, au sens des dispositions précitées de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme. Par suite, l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de droit.
En ce qui concerne la légalité des décisions implicites de rejet des recours gracieux formés contre l'arrêté du 11 janvier 2021 :
4. Les décisions attaquées ne peuvent être regardées comme exemptes du vice relevé au point 3, dont est entaché l'arrêté du maire de Lescun du 11 janvier 2021.
5. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du maire de Lescun du 11 janvier 2021 et les décisions implicites de rejet des recours gracieux formés contre cet arrêté doivent être annulés.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition () ".
7. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction, soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée interdisent d'accueillir cette demande pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
8. Il n'est ni allégué ni établi que les dispositions en vigueur à la date de l'arrêté du maire de Lescun du 11 janvier 2021 s'opposeraient à la déclaration préalable présentée par M. C, et il ne résulte pas de l'instruction que la situation de fait ferait obstacle à la prise d'une décision ne s'opposant pas à cette déclaration. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au maire de Lescun de prendre une décision portant non-opposition à la déclaration préalable présentée par
M. C.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Lescun du 11 janvier 2021 et les décisions implicites de rejet des recours gracieux formés contre cet arrêté sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Lescun de délivrer à M. C une décision de non-opposition à sa déclaration préalable.
Article 3 : L'Etat versera à M. C la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. C et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet des Pyrénées-Atlantiques et à la commune de Lescun.
Délibéré après l'audience du 28 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Genty, première conseillère,
M. Rousseau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
Le rapporteur,
Signé
S. B
Le président,
Signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,
Signé
A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2602574
Le Tribunal administratif de Nîmes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... comme manifestement irrecevable. La demande, qui visait à obtenir la suspension d'une procédure administrative non identifiée et des mesures liées au contradictoire, était dépourvue de toute précision. Le juge a également relevé que, si la requérante entendait contester une procédure judiciaire en cours devant la cour d'appel de Nîmes, ces conclusions relevaient de l'ordre judiciaire et non de la compétence administrative. La décision a été prise sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604347
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête en référé suspension de M. A..., ressortissant béninois, contre un arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour étudiant et l'obligeant à quitter le territoire. Concernant l'obligation de quitter le territoire, le juge a jugé les conclusions irrecevables en raison de l'existence d'une procédure spéciale de recours suspensif prévue à l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sur le refus de séjour, la condition d'urgence n'étant pas contestée, le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment le défaut d'examen particulier et la méconnaissance de l'article L. 422-1 du même code, n'était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La requête a donc été rejetée dans son intégralité.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604358
Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision de rupture de contrat de Mme B... prise par le maire de Léognan. Le juge a relevé que la requérante n'avait pas introduit de requête distincte en annulation, rendant ses conclusions à fin de suspension manifestement irrecevables. Par ailleurs, il a estimé que l'urgence n'était pas caractérisée, l'agent en période d'essai ne bénéficiant pas d'un droit à la poursuite de son contrat et son absence non justifiée à l'entretien préalable ne permettant pas de retenir un préjudice grave et immédiat.
01/06/2026