mardi 26 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2101686 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MARCEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 juin 2021 et le 6 mars 2023, Mme D B, représentée par Me Marcel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 mai 2021 par laquelle le maire de Tarbes a rejeté sa demande de placement en congé de longue maladie et l'a maintenue en congé de maladie ordinaire du 27 juillet 2020 au 1er février 2021 ;
2°) d'enjoindre au maire de Tarbes de la placer en congé de longue maladie à compter du 27 juillet 2020 pour une durée de six mois ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Tarbes une somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- le maire a méconnu sa compétence en s'estimant lié par l'avis du comité médical du
4 mai 2021 ;
- la décision attaquée et l'avis du comité médical du 4 mai 2021 sont entachés d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2022, la commune de Tarbes conclut à ce que, ayant invité la requérante à saisir le comité médical supérieur, le tribunal surseoit à statuer dans l'attente de l'avis de cette instance.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que la décision est susceptible d'impliquer le prononcé d'office d'une injonction sur le fondement de l'article L. 911-1 ou L. 911-2 du même code.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de collectivités territoriales ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- l'arrêté du 30 juillet 1987 relatif à la liste indicative des maladies pouvant ouvrir droit à un congé de longue maladie ;
- l'arrêté du 14 mars 1986 relatif à la liste des maladies donnant droit à l'octroi de congés de longue maladie ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Genty,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Marcel, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, adjoint technique titulaire depuis le 1er août 2019, exerce ses fonctions au sein des services de la commune de Tarbes. Par une décision du 6 mai 2021, le maire de Tarbes a rejeté sa demande d'octroi d'un congé de longue maladie et l'a maintenue en congé de maladie ordinaire du 27 juillet 2020 au 1er février 2021. Mme B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-19 du code général de collectivités territoriales : " Le maire peut donner, sous sa surveillance et sa responsabilité, par arrêté, délégation de signature : / 1° Au directeur général des services et au directeur général adjoint des services de mairie ; / () ".
3. Par un arrêté du 15 juillet 2020, le maire de Tarbes a donné délégation à M. C A, directeur général des services de la commune de Tarbes et signataire de la décision attaquée, à l'effet de signer notamment les documents mentionnés dans les arrêtés de délégation des adjoints et conseillers municipaux délégués en cas d'absence ou d'empêchement de leur part.
Toutefois, alors que la requérante le conteste, la commune n'établit pas l'existence d'un arrêté de délégation de l'adjoint ou du conseiller municipal délégué en charge du personnel ou des ressources humaines. Par suite, la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente.
4. En second lieu, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Le fonctionnaire en activité a droit : ()3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. ()". Aux termes de l'article 4 du décret du 30 juillet 1987, pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa rédaction applicable au litige : " Le comité médical est chargé de donner à l'autorité compétente, dans les conditions fixées par le présent décret, un avis sur les questions médicales soulevées par () l'octroi et le renouvellement des congés de maladie (). Il est consulté obligatoirement pour : () b) L'octroi et le renouvellement des congés de longue maladie ou de longue durée ; (). "
5. Pour rejeter la demande de Mme B sollicitant l'octroi d'un congé de longue maladie à compter du 27 juillet 2020, la décision attaquée, après avoir repris in extenso l'avis défavorable émis le 4 mai 2021 par le comité médical départemental, a tiré la conséquence pure et simple que l'intéressée devait être maintenue en congé de maladie ordinaire pour la période du
27 juillet 2020 au 1er février 2021. Quand bien même le maire de Tarbes n'avait pas accès aux données médicales de l'agent, en se bornant à prendre acte de l'avis du comité médical précédemment mentionné, cette autorité a méconnu sa compétence qu'il tenait de la loi en s'estimant lié par cet avis qui ne revêtait qu'un caractère consultatif.
6. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner le dernier moyen de la requête, la décision du maire de Tarbes du 6 mai 2021 doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. () ". Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision. ".
8. L'annulation de la décision du maire de Tarbes du 6 mai 2021 implique seulement, eu égard aux motifs d'annulation retenus, qu'il soit enjoint à cette même autorité de prendre une nouvelle décision, après une nouvelle instruction de la demande de Mme B, dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Tarbes une somme de 1500 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du maire de Tarbes du 6 mai 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Tarbes de prendre une nouvelle décision, après une nouvelle instruction de la demande de Mme B, dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Tarbes versera à Mme B une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à la commune de Tarbes.
Délibéré après l'audience du 19 décembre 2023 à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Genty, première conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
F. GENTY
Le président,
Signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026