mercredi 18 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2101836 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | ACHOU - LEPAGE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 juillet 2021 et le 16 septembre 2022, M. C B, représenté par Me Achou-Lepage, demande au tribunal :
1°) d'annuler le certificat, délivré le 28 janvier 2021 par le maire de Messanges à l'indivision A, de non-opposition à la déclaration préalable déposée le 19 novembre 2020 en vue de procéder à la division en deux lots à bâtir de la parcelle cadastrée section AA n° 208, ensemble la décision implicite de rejet née du silence gardé sur le recours gracieux formé à l'encontre de ce certificat ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Messanges une somme de 1 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est recevable ;
- il justifie d'un intérêt à agir contre cette décision en sa qualité de voisin immédiat du terrain d'assiette du projet ;
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 341-1 du code de l'environnement dès lors que l'administration n'a pas été prévenue des travaux quatre mois à l'avance ;
- elle méconnaît l'article R. 425-30 du code de l'urbanisme en raison de l'absence de consultation de l'architecte des Bâtiments de France ;
- elle méconnaît les articles L. 442-10 et R. 442-21 du code de l'urbanisme en ce que la division parcellaire projetée n'a pas recueilli l'accord de la majorité des propriétaires au sein du lotissement ;
- elle méconnaît, enfin, l'autorisation de lotir du 29 juin 2007 et le règlement de lotissement, qui autorisent l'indivision A à lotir onze lots à usage d'habitation au maximum.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 décembre 2021, la commune de Messanges, représentée par Me Anceret, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B une somme de 3 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 19 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 octobre 2022.
Un mémoire a été enregistré le 18 septembre 2023, présenté pour la commune de Messanges.
Un mémoire a été enregistré le 25 septembre 2023, présenté pour M. B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rousseau,
- et les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 28 janvier 2021, le maire de Messanges a délivré à l'indivision A un certificat de non-opposition à déclaration préalable déposée en vue de diviser la parcelle cadastrée section AA n° 208, située 1 allée Verlaine, dans le lotissement " Le Domaine du Coy II ", en deux lots à bâtir. Par la présente requête, M. C B demande l'annulation de ce certificat, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé à l'encontre de cette décision.
2. En application des dispositions de l'article R. 423-24 du code de l'urbanisme, le délai d'instruction de droit commun qui est d'un mois pour les déclarations préalables, est majoré d'un mois lorsque le projet est soumis, dans les conditions mentionnées au chapitre V du titre II du livre IV de la partie réglementaire du code de l'urbanisme, à un régime d'autorisation ou à des prescriptions, prévus par d'autres législations ou réglementations que le code de l'urbanisme. Le territoire de la commune de Messanges étant situé dans le site inscrit des Etangs landais Sud, le projet litigieux de l'indivision A est soumis aux dispositions de l'article L. 341-1 du code de l'environnement et, par conséquent, à un délai d'instruction majoré d'un mois. Dès lors que l'indivision A a déposé une déclaration préalable de division parcellaire en mairie de Messanges le 19 novembre 2020, la décision implicite de non-opposition à cette déclaration est née le 19 janvier 2021, à l'issue du délai d'instruction majoré. Par suite, M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de cette décision implicite de non-opposition, attestée par le certificat du 28 janvier 2021.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 341-1 du code de l'environnement : " Il est établi dans chaque département une liste des monuments naturels et des sites dont la conservation ou la préservation présente, au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, un intérêt général. (). / L'inscription entraîne, sur les terrains compris dans les limites fixées par l'arrêté, l'obligation pour les intéressés de ne pas procéder à des travaux autres que ceux d'exploitation courante en ce qui concerne les fonds ruraux et d'entretien en ce qui concerne les constructions sans avoir avisé, quatre mois d'avance, l'administration de leur intention ".
4. La décision née implicitement le 19 janvier 2021 a pour unique objet d'autoriser la division de la parcelle cadastrée section AA n° 208 en deux lots à bâtir, et non la réalisation de travaux de construction, de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 341-1 du code de l'environnement est inopérant.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 425-30 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans un site inscrit, la demande de permis ou la déclaration préalable tient lieu de la déclaration exigée par l'article L. 341-1 du code de l'environnement. (). / La décision prise sur la demande de permis ou sur la déclaration préalable intervient après consultation de l'architecte des Bâtiments de France ".
6. Il ressort des pièces du dossier que par un bordereau d'envoi n° 2415 signé le 19 novembre 2020, adressé à l'unité départementale de l'architecture et du patrimoine des Landes le 23 novembre 2020, la déclaration préalable de division parcellaire déposée par l'indivision A a été transmise pour consultation de l'architecte des Bâtiments de France. Par suite, tel que soulevé, le moyen tiré de l'omission de cette consultation doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 442-10 du code de l'urbanisme : " Lorsque la moitié des propriétaires détenant ensemble les deux tiers au moins de la superficie d'un lotissement ou les deux tiers des propriétaires détenant au moins la moitié de cette superficie le demandent ou l'acceptent, l'autorité compétente peut prononcer la modification de tout ou partie des documents du lotissement, notamment le règlement, le cahier des charges s'il a été approuvé ou les clauses de nature réglementaire du cahier des charges s'il n'a pas été approuvé. Cette modification doit être compatible avec la réglementation d'urbanisme applicable ". Aux termes de l'article R. 442-21 du code de l'urbanisme : " Les subdivisions de lots provenant d'un lotissement soumis à permis d'aménager sont assimilées aux modifications de lotissements prévues aux articles L. 442-10 et L. 442-11 sauf : (). / b) Lorsque ces subdivisions interviennent dans la limite du nombre maximum de lots autorisés, et résultent d'une déclaration préalable () ".
8. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 29 juin 2007, le maire de Messanges a délivré à l'indivision A une autorisation de lotir un terrain en un maximum de onze lots à bâtir, en vue de créer le lotissement " Le Domaine du Coy II ". Par un arrêté du 23 mars 2010, accordant un permis d'aménager modifiant l'autorisation de lotir initiale, le maire de Messanges a autorisé la création d'un lot à bâtir supplémentaire, portant ainsi le nombre maximum de lots à douze.
9. D'autre part, il n'est pas contesté que la déclaration préalable attaquée du 19 janvier 2021 a pour effet de porter le nombre total de lots à douze. Dès lors, en application des dispositions précitées de l'article R. 442-21 du code de l'urbanisme, la délivrance de l'autorisation de diviser la parcelle cadastrée section AA n° 208 n'était pas soumise à l'acceptation de la majorité qualifiée des propriétaires des autres lots du lotissement. Par suite, le moyen tiré de ce qu'une telle acceptation n'aurait pas été recueillie doit être écarté.
10. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 442-9 du code de l'urbanisme : " Les règles d'urbanisme contenues dans les documents du lotissement, notamment le règlement, le cahier des charges s'il a été approuvé ou les clauses de nature réglementaire du cahier des charges s'il n'a pas été approuvé, deviennent caduques au terme de dix années à compter de la délivrance de l'autorisation de lotir si, à cette date, le lotissement est couvert par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu. () ".
11. Il ressort des pièces du dossier que l'autorisation de lotir en vue de créer le lotissement " Le Domaine du Coy II " a été délivrée à l'indivision A le 29 juin 2007, puis modifiée le 23 mars 2010 afin d'autoriser l'indivision A à lotir en douze lots à usage d'habitation au maximum, et qu'à la date du 23 mars 2020, le plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud, à laquelle la commune de Messanges appartient, approuvé par une délibération du conseil communautaire du 27 février 2020, était en vigueur. Les règles d'urbanisme contenues dans le règlement du lotissement, dont celles figurant à l'article 214 qui répartit la surface maximale d'occupation du sol entre les onze lots d'origine, sont donc devenues caduques le 23 mars 2020. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée du 19 janvier 2021 aurait méconnu l'autorisation de lotir du 29 juin 2007, modifiée le 23 mars 2010, et le règlement de lotissement, doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la présente requête, les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Messanges, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
14. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu que soit mise à la charge de M. B une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Messanges et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera une somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) à la commune de Messanges, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la commune de Messanges et à l'indivision A.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
M. Rousseau, premier conseiller,
Mme Portès, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé
S. ROUSSEAU
La présidente,
Signé
S. PERDULa greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Landes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
D. LECUIX
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026