mercredi 8 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2101899 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COURRECH & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
C une requête et un mémoire, enregistrés le 22 juillet 2021 et le 3 février 2022, M. I Q, Mme O Q, M. et Mme U S, M. P G, Mlle V E, M. L R, M. X M, M. et Mme I D, Mme H Y, M. W T, M. K N et l'association des Côteaux de Juillan, représentés par Me Courrech, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 mars 2021 par lequel le maire de la commune d'Auch a accordé à l'Office public de l'habitat du Gers un permis de construire en vue de l'édification de d'un ensemble immobilier de 44 logements répartis en 6 corps de bâtiments, ensemble la décision du 7 juin 2021 par laquelle cette même autorité a rejeté leur recours gracieux formé contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Auch une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- Ils justifient d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet, en méconnaissance des articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme :
- la notice descriptive est insuffisante quant à la justification des mesures prises pour assurer l'insertion du projet ;
- le plan de masse n'est assorti d'aucune explication et justification d'un aménagement paysager ;
- la pièce PC 6 est dépourvue de représentation de l'accès au projet ;
- le dossier est dépourvu de l'attestation certifiant de la prise en compte régulière du plan de prévention des risques, en méconnaissance de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ;
- la prescription assortissant le permis de construire attaqué relative à l'aménagement de l'aire de présentation dédiée à la collecte des déchets ménagers conduit à l'abaissement de la pente de cette aire, laquelle entraînera nécessairement une plus forte pente de la portion restante, la rendant supérieure aux limites prévues par la règlementation relative aux personnes à mobilité réduite ;
- l'avis du service départemental d'incendie et de secours (SDIS), qui constitue une prescription, est irréalisable dès lors qu'il n'apparaît pas qu'une borne d'incendie permette d'obtenir un débit total de 60 m3/heure existe à moins de 200 mètres de l'immeuble le plus éloigné de la voie publique ; par ailleurs la largeur de la desserte et la dimension de l'aire de retournement sont insuffisantes ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Auch dès lors que la voie de desserte est d'une dimension insuffisante ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme ;
- la gestion des eaux pluviales, assurée par un bassin de rétention dont la surverse se dirigera vers un ruisseau, chargé en hiver et connaissant des débordements à l'origine de dégâts importants, est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article UC 10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Auch dès lors que les plans de coupe et de façade ne permettent pas de s'assurer du respect de la hauteur maximale des bâtiments ;
- il méconnaît l'article UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Auch.
C des mémoires en défense, enregistrés le 23 décembre 2021 et le 16 mai 2022, la commune d'Auch, représentée par Me Heymans, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête de M. et Mme Q et autres ne sont pas fondés.
C des mémoires en défense enregistrés le 22 décembre 2021, le 13 mai 2022 et le 19 mai 2022, l'Office public de l'habitat du Gers, représenté par Me Sire, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête a été présentée en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
-les requérants personnes physiques ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir et l'association des coteaux de Julian ne démontre pas que le dépôt de ses statuts en préfecture est intervenu au moins un an avant l'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire ;
- s'étant vu accorder un permis de construire modificatif, les vices entachant la régularité du permis de construire initial ont été régularisés par ce permis et ne peuvent donc plus être invoqués.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Duchesne,
- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Marti, représentant les requérants, de Me Quevarec, représentant la commune d'Auch et de Me Sire, représentant l'Office public de l'habitat du Gers.
Considérant ce qui suit :
1. C un arrêté du 18 mars 2021, le maire de la commune d'Auch a délivré à l'Office public de l'habitat du Gers un permis de construire en vue de l'édification d'un ensemble immobilier de 44 logements répartis en 6 corps de bâtiments. C décision du 7 juin 2021, cette même autorité a rejeté le recours gracieux formé par M. et Mme Q, M. et Mme S, M. G, Mme E, M. R, M. M, M. et Mme D, Mme Y, M. T, M. N et l'association des coteaux de Julian contre cet arrêté. A derniers demandent l'annulation de cet arrêté et de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 18 mars 2021 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. () ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; () ".
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. Il ressort des pièces du dossier que la notice descriptive du projet architectural précise que l'ensemble parcellaire du projet est bordé au sud-est, au nord-ouest et au nord-est par un tissu pavillonnaire peu dense datant des années 1970 et se fondant dans la verdure, ainsi qu'au sud-ouest par un muret de soutènement servant d'appui aux plateformes des maisons datant des années 1970 et plus récentes surplombant le terrain pentu du projet. Il se situe à la limite d'un tissu urbain dense en liaison avec le centre-ville au sud et des maisons plus disséminées dans les trames vertes des coteaux au nord ainsi que de l'habitat collectif de trois niveaux. Elle comporte en outre des développements relatifs à l'aménagement de la construction projetée portant sur l'implantation, l'organisation et la composition dans lesquels il est précisé que l'ossature en bois des façades sud, avec une trame régulière de poteaux, s'inspirera des colombages, et les toitures seront inversées (noue centrale) afin de s'intégrer au mieux dans l'environnement et de limiter l'impact visuel pour le voisinage. De même, les murs seront enduits de teinte claire à l'instar du bâti environnant. La description du traitement des espaces libres et plantations permet également de s'assurer des mesures prises pour favoriser l'insertion du projet. Les bâtiments ont été volontairement éloignés à cinq mètres des limites parcellaires afin de diminuer leur impact auprès des riverains. C suite, la notice accompagnant la demande de permis de construire répond aux prescriptions fixées par l'article L. 431-8 du code de l'urbanisme.
5. C ailleurs, il ne résulte pas des dispositions citées au point 2 que le plan de masse doit être assorti d'une justification d'un aménagement paysager. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que le plan de masse indique les arbres maintenus et les arbres qui seront plantés dans le cadre du projet. C suite, ce plan accompagnant la demande de permis de construire répond aux prescriptions fixées par l'article L. 431-9 du code de l'urbanisme.
6. Enfin, il ressort des pièces du dossier, notamment de la notice descriptive du projet architectural, que cette dernière décrit l'accès au terrain situé à l'angle sud-est de la rue d'Angerville, figuré également sur le plan de masse, composé d'une voie longeant un local à vélo et ordures ménagères. Dans ces conditions, le maire n'a pas méconnu les articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de
prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception ; () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que figure au dossier de demande de permis de construire initial, l'attestation prévue par les dispositions précitées, datée du 23 juillet 2020 mais non signée, puis, dans le dossier de demande de permis de construire modificatif, une seconde version au contenu identique, signée et datée du 22 avril 2022, par laquelle l'architecte atteste que " le projet, subordonné au plan de prévention des risques naturels prévisibles au stade de la conception (retrait gonflement des argiles notamment), prend en compte les conditions de ce terrain et les résultats de l'étude de sol. " À supposer que le défaut de signature de cette pièce entraîne son irrégularité, par arrêté du 16 mai 2022, le maire d'Auch a délivré à l'Office public de l'habitat du Gers un permis de construire modificatif dont la demande était notamment accompagnée de la même attestation, datée désormais du 22 avril 2022 et signée. Cet arrêté a donc eu pour effet de régulariser sur ce point l'irrégularité de l'arrêté attaqué. C suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme est inopérant.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". Aux termes de l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Auch, relatif aux accès et à la voirie : " Les accès et voiries doivent permettre l'approche des moyens de défense contre l'incendie et de protection civile ainsi que la circulation des véhicules des services publics. Les voies disposeront d'une largeur de chaussée d'au moins 3,50 m. () Les accès doivent être adaptés à la nature et à l'importance des usages qu'ils supportent et des opérations qu'ils desservent et aménagés de façon à apporter la moindre gêne et le moindre risque pour la circulation publique automobile, cycliste, piétonnière et des personnes à mobilité réduite. () ".
10. En vertu de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
11. Si les requérants soutiennent que les prescriptions assortissant le permis de construire attaqué, selon lesquelles l'aménagement de l'aire de présentation dédiée à la collecte des déchets ménagers devra prévoir, depuis la voirie, une rampe d'accès avec une pente maximale de 2% sur l'ensemble de sa longueur de manière à faciliter la collecte des conteneurs par les services municipaux et minimiser ainsi le stationnement temporaire du véhicule de ramassage sur le domaine public, créeront un danger au motif que l'abaissement de la pente de l'aire de présentation entraînera nécessairement une plus forte pente de la portion restante, la rendant supérieure aux limites prévues par la règlementation relative aux personnes à mobilité réduite et portant atteinte à la sécurité publique, et à supposer que ces aménagements aient pour conséquence l'atteinte invoquée, il ressort du dossier de demande de permis modificatif, en particulier de la notice, que le local destiné aux ordures ménagères et aux vélos est déplacé au droit de l'accès à la parcelle et l'aménagement de l'accès à cette dernière est modifié. Le plan de l'aire de présentation modifiée, fait désormais état d'une pente de 1% dont les effets sur la portion restante ne sont pas contestés. C ailleurs, la circonstance que la destruction d'arbres et d'arbustes et la dépose d'un pylône électrique implanté au bord du site soit rendue nécessaire pour réaliser l'aménagement prescrit est sans incidence sur sa légalité. Dès lors, l'arrêté du maire d'Auch du 16 mai 2022 a donc également eu pour effet de régulariser cette illégalité. C suite, le moyen tiré du caractère irréalisable de cette prescription est inopérant.
12. C ailleurs, il ressort des pièces du dossier que, par un avis du 5 novembre 2020, réitéré le 23 décembre 2020, repris sous forme de prescription, le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du Gers a recommandé que la défense extérieure contre l'incendie soit assurée par un ou deux points d'eau d'incendie permettant d'obtenir un volume total de 60m3 ou 60 m3/h pendant une heure, accessible en tout temps, et à une distance maximum de 200 mètres. Si les requérants contestent le caractère réalisable de cette prescription, ils n'assortissent cette allégation d'aucun élément, alors qu'au demeurant un permis de construire modificatif ayant notamment pour objet d'autoriser l'ajout d'une borne d'incendie au centre du terrain d'assiette du projet, tel qu'indiqué sur le plan de masse au bout de l'aire de contournement, en supplément de la borne existante en entrée de parcelle et distante de 200 m de l'angle opposé de ce terrain, et dont le débit, dans cette configuration modifiée, n'est pas contesté comme étant suffisant à procurer le volume d'eau requis, a été délivré le 16 mai 2022.
13. Ensuite, il ressort des pièces du dossier que l'accès aux constructions projetées est prévu par la rue d'Angerville, d'une largeur variant de 4 m à 4,5 m au droit du terrain d'assiette du projet, et il n'est pas démontré que la largeur de cette voie serait inférieure à celle de 3,50 m. Les circonstances que des véhicules stationneraient sur les bordures et que les voies débouchant sur la rue d'Angerville seraient d'une largeur insuffisante sont sans incidence sur la conformité du projet.
14. En outre, il ressort du plan de masse joint au dossier de demande de permis de construire qu'une voie dessert les différents corps de bâtiments du projet, dont l'extrémité donne sur une aire de retournement. Si les requérants soutiennent qu'elle serait de dimension insuffisante, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'avis du SDIS du Gers, que l'accessibilité aux constructions doit être assurée par des voies " engin " dotées d'une aire de retournement présentant un rayon minimal de 11 mètres, et il n'est pas démontré que cette prescription qui assortit l'arrêté attaqué ne serait pas réalisable.
15. Enfin, il ressort des pièces du dossier que la gestion des eaux pluviales est assurée par un bassin de rétention dont la contenance a été augmentée pour se conformer à la décision de non-opposition à déclaration délivrée le 2 août 2021 par le préfet du Gers au titre de la loi sur l'eau. Les dimensions initiales du bassin étaient d'une longueur de 53,5 m, d'une largeur de 6 m et d'un volume de 386 m3. Si les requérants soutiennent que la surverse du bassin donnera dans un ruisseau, chargé en hiver et connaissant des débordements à l'origine de dégâts importants, en particulier, en cas de pluie centennale, et que les habitations avoisinantes seront inondées, ils n'assortissent leurs allégations d'aucun alors qu'il ressort du dossier de déclaration déposée au titre de la loi sur l'eau que ce n'est seulement qu'en cas de pluie centennale, qu'un volume d'eau de 386 m3 déborderait. En tout état de cause, une modification des caractéristiques du bassin de rétention, désormais d'une longueur de 71,5 m, d'une largeur de 7,5 m et d'une capacité de 643,5 m³ a donné lieu à la délivrance du permis de construire modificatif rappelé au point 12, ce qui écarte tout risque de surverse excessive, même en cas de pluie centennale. C suite, l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
16. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable doit respecter les préoccupations d'environnement définies aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement. Le projet peut n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si, par son importance, sa situation ou sa destination, il est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement. A prescriptions spéciales tiennent compte, le cas échéant, des mesures mentionnées à l'article R. 181-43 du code de l'environnement. ".
17. Il résulte de ces dispositions qu'elles ne permettent pas à l'autorité administrative de refuser un permis de construire, mais seulement de l'accorder sous réserve du respect de prescriptions spéciales relevant de la police de l'urbanisme, telles que celles relatives à l'implantation ou aux caractéristiques des bâtiments et de leurs abords, si le projet de construction est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement.
18. Si les requérants soutiennent que le terrain d'assiette du projet accueille des espèces protégées, ils ne l'établissent pas par la seule production d'une étude réalisée le 27 août 2019 par l'association Nature en Occitanie, qui ne précise pas la méthodologie retenue et qui fait état, de façon peu circonstanciée, de l'observation ou de l'écoute de l'alyte accoucheur et du gobemouche noir, espèces protégées. Ils n'établissent pas davantage que le projet, qui s'inscrit dans un secteur déjà urbanisé, aurait d'une manière générale des conséquences dommageables pour l'environnement, les éléments végétalisés du projet étant composés de nombreux arbres propices à l'accueil des oiseaux. Dès lors, le maire n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en ne l'assortissant pas de prescriptions visant à prévenir des conséquences dommageables du projet pour l'environnement.
19. En cinquième lieu, aux termes de l'article UC 10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Auch : " La hauteur d'une construction ne doit pas excéder 10 m soit 3 niveaux (2 étages sur rez-de-chaussée). / Dans les secteurs UC a et UC b, elle sera limitée à 7 m soit 2 niveaux (1 étage sur rez-de-chaussée). () ". Les dispositions générales du règlement précisent que " la hauteur maximale est mesurée à l'égout du toit ou à l'acrotère des constructions à partir de tout point du sol naturel avant les travaux de terrassement et d'exhaussement nécessaires à la réalisation du projet. / Ne sont pas compris dans le calcul de la hauteur maximale : les antennes de télétransmission, les paratonnerres, les souches de cheminées, les rambardes ou autres éléments sécuritaires et les machineries d'ascenseurs ou de ventilation mécanique. ".
20. Il ressort du dossier de demande de permis de construire que le plan de la façade ouest du bâtiment A comporte un point bas situé à la cote +3,50 m B et que le point le plus haut se situe à la cote + 9,55 m B, de sorte que cette façade présente une hauteur de 6,05 m laquelle est donc inférieure à la limite de 7 m applicable en zone UC b. En outre, les repères du terrain naturel situés à la cote +5,25 m, +3,81 m et +2,89 m B sur le plan de masse initial, que les requérants considèrent avoir été déplacés entre deux versions précédentes de ce plan, ont été corrigés dans le dossier de permis de construire modificatif et portés, respectivement à +5,28 m, +3,86 m et +3,00 m B, sans que leur caractère erroné soit établi. Les requérants soutiennent également que les relevés topographiques du terrain naturel figurant sur le plan de masse initial ne correspondent pas à ceux du plan de masse modifié en janvier 2021 s'agissant des façades est et ouest du bâtiment C, et présentant un écart de 10 cm. Il ressort toutefois du dossier de permis de construire modificatif, notamment d'une part de la notice, que l'altimétrie de l'assise du bâtiment C est abaissée de 10 cm, d'autre part des plans de masse et de façade, que les repères du terrain naturel de la façade est sont situés aux cotes -5,13 m, -4,32 m et -3,15 m B, sans que leur caractère erroné ne soit non plus établi. Le point le plus haut de la façade est s'élève ainsi à 6,86 m. F à la façade ouest, les repères du terrain naturel sont situés aux cotes -5,22 m, -4,39 m et -3,89 m B, sans que leur caractère erroné ne soit également établi. Le point le plus élevé de cette façade présente quant à lui une hauteur de 6,95 m. A hauteurs n'excèdent donc pas celle maximale de 7 m. C suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC 10 du règlement du PLU de la commune d'Auch doit être écarté.
21. En dernier lieu, aux termes de l'article UC11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Auch : " Les constructions ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites naturels ou urbains et doivent satisfaire aux recommandations architecturales de la ZPPAUP si besoin. / Une bonne insertion dans le site sera recherchée par l'implantation de la construction, son adaptation au terrain, son aspect extérieur et sa volumétrie. ".
22. Il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire que le terrain d'assiette du projet, d'une superficie de plus de 15 000 m², se situe à l'extérieur du centre ancien de la commune et de tout périmètre de protection patrimoniale, dans un secteur urbanisé composé en majorité d'habitations pavillonnaires, sans exclure tout immeuble collectif. Ce secteur, plus densément bâti au sud et à l'est, ne revêt toutefois pas un intérêt particulier et l'architecte des Bâtiments de France, dans son avis émis le 3 mai 2022 sur la demande de permis modificatif, postérieur à la date de l'arrêté attaqué mais révélant une situation existant à cette date, a relevé que le projet n'est pas situé dans le champ de visibilité d'un monument historique. C ailleurs, le parti architectural retenu pour le projet en litige, et plus particulièrement les volumes et l'implantation des bâtiments, le choix des matériaux et la plantation d'arbres de hautes tiges permettent d'assurer leur insertion au sein du bâti environnant. Enfin, s'agissant spécifiquement des recommandations émises par l'architecte des Bâtiments de France, notamment sur l'emploi de teintes plus sombres, cet avis n'est pas devenu prescriptif et, en tout état de cause, les murs seront enduits de la couleur des sables locaux, les menuiseries seront en PVC clair et les volets coulissants seront peints en couleur gris clair, teintes qui se fondent dans l'environnement. C suite, en prenant l'arrêté attaqué, le maire d'Auch n'a pas fait une inexacte application de l'article UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme de cette commune.
En ce qui concerne la légalité de la décision du 7 juin 2021 :
23. A supposer que M. et Mme Q et autres aient entendu invoquer à l'encontre de la décision attaquée les mêmes moyens que ceux soulevés au soutien des conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 18 mars 2021, ils doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 2 à 22.
24. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par l'Office public de l'habitat du Gers, les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. et Mme Q et autres doivent être rejetées.
Sur frais liés au litige :
25. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Il résulte de ces dispositions que le paiement des sommes exposées et non comprises dans les dépens ne peut être mis à la charge que de la partie qui perd pour l'essentiel. La circonstance qu'au vu de la régularisation intervenue en cours d'instance, le juge rejette finalement les conclusions dirigées contre la décision initiale, dont le requérant était fondé à soutenir qu'elle était illégale et dont il est, par son recours, à l'origine de la régularisation, ne doit pas à elle seule, pour l'application de ces dispositions, conduire le juge à mettre les frais à sa charge ou à rejeter les conclusions qu'il présente à ce titre.
26. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par les requérants doivent dès lors être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu non plus de faire droit aux mêmes conclusions présentées par la commune d'Auch et l'Office public de l'habitat du Gers.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme Q et autres est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune d'Auch et de l'Office public de l'habitat du Gers présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. I Q, à la commune d'Auch et à l'Office public de l'habitat du Gers.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Duchesne, conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2023.
La rapporteure,
signé
M. DUCHESNE
Le président,
signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,
signé
M. J
La République mande et ordonne au préfet du Gers en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026