mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2101902 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LOPES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire en production de pièce et des mémoires, enregistrés le
22 juillet 2021, le 24 juillet 2021 et le 7 décembre 2021, Mme B D, représentée par Me Marbot, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 février 2021 par lequel le maire d'Anglet a délivré à la société civile immobilière AFCB un permis de construire en vue de l'extension d'une maison individuelle, ensemble la décision du 26 mai 2021 par laquelle cette même autorité a rejeté son recours gracieux formé contre cet arrêté ;
2°) d'annuler l'arrêté du 26 octobre 2021 par lequel le maire d'Anglet a délivré à la société AFCB un permis de construire modificatif ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Anglet une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour agir ;
En ce qui concerne l'arrêté du 3 février 2021 :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet au regard des dispositions des articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10 b) et c) du code de l'urbanisme ;
- l'omission dans le dossier de demande de permis de construire d'un cabanon existant et la modification, dans les dossiers de permis modificatifs, du chiffrage des surfaces imperméabilisées qui y est mentionné traduisent une intention frauduleuse ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les articles DC 12, UC 9 et UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet.
En ce qui concerne l'arrêté du 26 octobre 2021 :
- il a été obtenu par fraude ;
- les plans ne sont pas signés par un architecte, en méconnaissance de l'obligation de recours à un architecte ;
- le dossier est incomplet au regard des dispositions des articles R. 431-8, R. 431-9 et
R. 431-10 b) et c) du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense enregistrés le 6 octobre 2021, le 2 février 2022 et le
7 novembre 2022, la société civile immobilière AFCB, représentée par Me Lopes, conclut au rejet de la requête, subsidiairement, à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requérante ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir ;
- les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 1er juin 2022 et le 16 novembre 2022, la commune d'Anglet, représentée par Me Logeais, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les moyens soulevés contre le permis de construire modificatif et les moyens nouveaux dirigés contre le permis de construire initial sont irrecevables en application des articles R. 600-5 et L. 600-5-2 du code de justice administrative ;
- les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté pour Mme D a été enregistré le 24 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumez-Fauchille,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- les observations de Me Marbot, représentant Mme D, de Me Logeais, représentant la commune d'Anglet, et de Me Lopes, représentant la société AFCB.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 3 février 2021, le maire d'Anglet a délivré à la société AFCB un permis de construire en vue de l'extension d'une maison individuelle. Par décision du 26 mai 2021, cette même autorité a rejeté le recours gracieux formé par Mme D contre cet arrêté Par un arrêté du 26 octobre 2021, cette même autorité a délivré au même pétitionnaire un permis de construire modificatif. Mme D demande l'annulation de ces arrêtés et de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 3 février 2021 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme :
" L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et, en l'absence ou en cas d'empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaires d'une délégation, à des membres du conseil municipal. ". Aux termes de l'article L. 2122-29 du même code : " Les arrêtés du maire ainsi que les actes de publication et de notification sont inscrits par ordre de date. / Dans les communes de 3 500 habitants et plus, les arrêtés municipaux à caractère réglementaire sont publiés dans un recueil des actes administratifs dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 5 juin 2020, le maire de la commune d'Anglet a donné délégation à M. A C, adjoint au maire et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet notamment de signer les permis de construire. Par un certificat du septembre 2020, cette même autorité a attesté, d'une part, de l'affichage de cet arrêté au cours de la période du 8 juin au 10 août 2020, d'autre part, et en tout état de cause, de la publication de cet acte au recueil des actes administratifs de la commune. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué manque en fait.
4. En deuxième lieu, la fraude suppose, pour pouvoir être caractérisée, que le pétitionnaire ait procédé à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet. La circonstance qu'un dossier de demande de permis comporterait des mentions erronées ne permet pas par elle-même de caractériser une fraude.
5. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande de permis ne mentionne pas la présence d'un cabanon de jardin d'une emprise au sol de 18 m², et que le chiffrage des surfaces imperméabilisées a été modifié dans le cadre des permis de construire modificatifs. Si cette omission et cette modification ne sont pas sans effet sur l'application des règles d'urbanisme applicables concernant la surface de pleine terre, l'intention délibérée de tromper l'administration sur ce point n'est pas établie. Par suite, le moyen tiré du caractère frauduleux de la demande de permis de construire, à le supposer soulevé, du fait de l'omission de ce cabanon présent sur la parcelle et de la modification ultérieure du chiffrage des surfaces imperméabilisées, doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ".
7. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
8. Par ailleurs, lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure les respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
9. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande de permis de construire initial ne comporte pas de notice. Une telle omission, non compensée par les autres pièces de ce dossier, était de nature à fausser l'appréciation du service instructeur. Le dossier de demande du second permis de construire modificatif, qui a donné lieu à la délivrance de cette autorisation par arrêté du maire d'Anglet du 22 janvier 2022, comporte une notice qui, certes, ne décrit pas l'état initial du terrain. Toutefois, cette lacune est utilement palliée par la photographie figurant dans la notice, ainsi que par le plan de masse de la construction existante, qui localise et mentionne l'espèce des arbres existants sur le terrain d'assiette. A cet égard, la circonstance que le plan de masse qui accompagnait cette demande de permis modificatif ne localise pas à l'identique les arbres représentés sur le plan de masse du permis de construire initial ne fait pas obstacle, par elle-même, à la complétude de cette dernière sur ce point. Le plan de masse du projet représente en outre l'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. Le second permis de construire modificatif est ainsi venu régulariser le vice entachant le permis de construire initial. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme est inopérant.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. () ".
11. D'une part, le plan de masse contenu dans le dossier de demande du permis de construire initial n'est pas coté dans les trois dimensions, sans que cette lacune soit compensée par les plans de façades qui mentionnent les cotes des ouvertures mais non celles de la hauteur des constructions projetées. Par ailleurs, la coupe transversale jointe au dossier présente des cotes de hauteur correspondant seulement aux volumes intérieurs de la construction. Toutefois, cette lacune, susceptible de fausser l'appréciation des services instructeurs quant à l'application des règles de hauteur, a été régularisée par le permis de construire modificatif délivré par arrêté du maire d'Anglet du 22 janvier 2022, dont la demande comportait un plan de masse du projet, coté dans les trois dimensions. La circonstance que la volumétrie du projet a été modifiée entre le permis initial et le second permis de construire modificatif est sans incidence sur la régularisation ainsi opérée.
12. D'autre part, il n'est pas démontré que le projet prévoit la suppression d'arbres qui ne serait pas mentionnée dans le dossier de demande de permis de construire. La circonstance que les plantations existantes ne sont pas représentées de manière identique entre les dossiers procèdent, le cas échéant, d'une correction des plantations existantes d'un permis à l'autre. A supposer que cette correction traduise une méconnaissance par le permis de construire initial du 2e alinéa de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme, celle-ci doit être regardée comme régularisée par le second permis de construire modificatif, dont le plan de masse qui accompagnait la demande localise et identifie chaque arbre existant ou ajouté. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme est également inopérant.
13. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : ()b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; () ".
14. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le profil du terrain sera modifié par le projet, qui consiste en une extension de la maison existante.
15. D'autre part, le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas de document graphique, ce qui n'est compensé par aucune autre pièce de ce même dossier et était de nature, compte tenu des autres lacunes du dossier relevées aux points précédents, à fausser l'appréciation du service instructeur. Toutefois, le dossier relatif à la deuxième demande de permis de construire modificatif comporte, au sein de la notice, un document graphique, lequel ne fait pas apparaître, en revanche, les constructions avoisinantes. Cependant, compte tenu des autres pièces de ce même dossier, en particulier les photographies représentant l'environnement proche et lointain du projet, et de la nature de ce dernier, tenant à une extension prolongeant la maison existante tout en conservant la même hauteur, l'ensemble de ces éléments doit être regardé comme ayant permis au service instructeur d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages. Par suite, dès lors que le second permis de construire modificatif est venu régulariser sur ce point le vice entachant le permis initial, la requérante ne peut utilement invoquer la méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme.
16. En cinquième lieu, aux termes de l'article DC 12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet : " 12.2.1. Règle générale : Le nombre d'aires de stationnement est calculé selon les normes minimales suivantes (le résultat étant arrondi à l'entier supérieur) : - pour les surfaces de plancher à destination d'habitation : 1 place pour 50 mètres carrés. Toutefois pour les logements dont la surface de plancher est supérieure à 100 m², le nombre maximal d'aires de stationnement exigé ne pourra pas être supérieur à 2. / En outre, il est exigé une place-visiteur par tranche de 200 m² de surface de plancher uniquement pour les opérations d'une surface de plancher supérieure à 200 m² (). ". Aucune des dispositions de ce règlement n'interdit que certaines places de stationnement soient en enfilade de places directement accessibles, dès lors que chacune d'elles, affectée au même logement que celle qui en commande l'accès, est effectivement utilisable.
17. Il ressort des pièces du dossier que le projet consiste en l'extension d'une maison existante d'une surface de plancher de 114 m², portant la surface totale de plancher de la construction à 253 m². En application des dispositions précitées, l'extension envisagée requérait donc la présence de trois places de stationnement, dont une place-visiteur. Le dossier de demande de permis de construire, s'il ne précise pas explicitement le nombre de places de stationnement prévu, fait apparaître une seule place devant la porte de garage, tandis que la présence de cloisons au sein de ce dernier fait obstacle techniquement au stationnement d'un véhicule. Toutefois les pièces accompagnant la seconde demande de permis de construire modificatif fait état de trois places de stationnement, dont une à l'intérieur du garage, les cloisons mentionnées précédemment ayant été supprimées, et deux à l'extérieur. Si l'accès à la place intérieure est commandé par celle située devant la porte de garage, les deux places concernées sont affectées au même logement et aucune disposition du règlement du plan local d'urbanisme n'interdit de telles places en enfilade. Par ailleurs, la circonstance que l'emplacement de cette place intérieure donne accès à une chambre et une salle de bain ne révèle aucune impossibilité technique de réaliser cette place. Par suite, le second permis de construire modificatif délivré par arrêté du maire d'Anglet du 22 janvier 2022 ayant régularisé le vice entachant le permis de construire initial, la requérante ne peut utilement invoquer la méconnaissance de l'article DC12 du règlement du plan local d'urbanisme.
18. En sixième lieu, aux termes de l'article UC9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet : " Emprise au sol des constructions : L'emprise au sol maximale " E " des nouvelles constructions est fixée par rapport à la surface " S " de l'unité foncière du projet selon la formule suivante : () - Si S est égale ou supérieure à 1001 m² : E = 175 + (S-1000) x 0,05 (). ".
19. La règle invoquée par la requérante est applicable aux nouvelles constructions. Par suite, eu égard à l'objet de la demande de permis de construire, qui consiste en une extension d'une construction existante, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article UC9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet est inopérant.
20. En dernier lieu, aux termes de l'article UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet : " Obligations en matière d'espaces libres et de plantations : Dans toute la zone : Les surfaces de pleine terre doivent être plantées d'arbres ou d'une végétation arbustive et prioritairement associés au paysage du site. / A partir de 100 mètres carrés de pleine terre, au moins un arbre de haute tige doit être planté ou conservé par tranche de 100 mètres carrés de pleine terre. Toute tranche commencée donne lieu à l'application de la norme. () En secteur UC2 et UC3 : Il est exigé qu'au moins 60% de la superficie du terrain d'assiette du projet soient constitués de pleine terre et fassent l'objet d'un traitement paysager. (). ". Aux termes du lexique du même règlement : " Un espace peut être qualifié d'espace de pleine terre s'il n'est le support d'aucun aménagement autre que les aménagements propres aux jardins et espaces verts, ni d'aucune construction, aussi bien au-dessus du sol qu'au-dessous du niveau du terrain naturel sur une profondeur de 10 mètres. Il peut en revanche être traversé par des réseaux techniques aériens ou souterrains. ".
21. Le terrain d'assiette du projet se situe en secteur UC3 du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet. Le permis de construire initial mentionne une surface de terrain de 1664 m², une surface imperméabilisée existante de 542 m², et une surface de pleine terre existante de 1122 m². Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le cheminement pour piétons, le cabanon évoqué au point 5 et divers autres aménagements n'ont pas été pris en compte pour le calcul de l'espace de pleine terre, et que les pièces du dossier ne permettent pas de calculer les surfaces imperméabilisées après travaux. En outre, d'après le plan du géomètre-expert diligenté par la société pétitionnaire, la surface de l'unité foncière s'élève à 1642 m², ce qui, en application des dispositions précitées, implique une surface de pleine terre minimale imposée de 985,2 m². A cet égard, certes, il ressort du plan du géomètre-expert que la haie mitoyenne avec la propriété de la requérante est représentée comme implantée majoritairement sur l'unité foncière de la société AFCB. Mais la requérante ne démontre pas, sur la base de la seule preuve de son entretien de cette haie, que la limite rectiligne retenue par le géomètre pour le calcul de la surface serait erronée. Compte tenu des omissions ci-dessus relevées, la règle de la surface minimale de pleine terre fixée par les dispositions précitées doit être regardée comme méconnue par l'arrêté attaqué. Cependant, le dossier de la seconde demande de permis de construire modificatif précise que la surface imperméabilisée après travaux s'élève à 641,5 m², et détaille précisément l'emprise des aménagements et constructions devant être considérées comme des surfaces imperméabilisées au sens du règlement du plan local d'urbanisme, ce qui correspond à une surface de pleine terre de 1000,5 m², soit 60,93% de la surface du terrain d'assiette du projet. Enfin, la requérante ne peut utilement invoquer à l'encontre de l'arrêté attaqué la réalisation de travaux non prévus par le permis, qu'elle a constatés depuis son terrain, une telle circonstance relevant de l'exécution de l'autorisation d'urbanisme et étant sans incidence sur cette dernière. Par suite, compte tenu de la régularisation opérée par l'arrêté du maire d'Anglet du 22 janvier 2022 portant délivrance du second permis de construire modificatif, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB13 du règlement du plan local d'urbanisme doit également être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne la décision du maire d'Anglet du 26 mai 2021 :
22. À supposer que les moyens soulevés au soutien des conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du maire d'Anglet du 3 février 2021 soient également soulevés à l'encontre de la décision attaquée, ils doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 4 à 21.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 26 octobre 2021 :
23. En premier lieu, aux termes de l'article L. 431-1 du code de l'urbanisme : " Conformément aux dispositions de l'article 3 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, la demande de permis de construire ne peut être instruite que si la personne qui désire entreprendre des travaux soumis à une autorisation a fait appel à un architecte pour établir le projet architectural faisant l'objet de la demande de permis de construire. ".
24. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire modificatif présentée le 30 juillet 2021 par la société AFCB, qui a donné lieu à l'arrêté attaqué, comportait, dans l'encart dédié à la signature de l'architecte, un collage du formulaire de demande du permis de construire initial, compte tenu de la stricte identité de signature et de la reproduction d'une formule ne figurant que dans le formulaire de demande de permis de construire initial. En outre, les pièces du projet architectural modifié n'étaient pas signées par l'architecte. Toutefois, eu égard à leur présentation et à leur mise en page, identiques à celles des plans signés du permis de construire initial, et compte tenu de ce qu'ont été produits, à l'appui du second permis de construire modificatif, les mêmes pièces désormais signées, les plans joints au dossier de la première demande de permis de construire modificatif doivent être regardés comme ayant été établis par un architecte. Dans ces conditions, l'intention frauduleuse, alléguée par la requérante, tenant à une volonté de s'exonérer de l'obligation du recours au service d'un architecte, qui était obligatoire dès lors que l'extension de la maison portait sa surface totale à plus de 150 m², n'est pas établie. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le formulaire de demande de permis modificatif et le défaut de signature des plans joints à cette demande procédaient d'une manœuvre frauduleuse du pétitionnaire.
25. D'autre part, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 4 et 5, le moyen tiré du caractère frauduleux de la demande de permis de construire quant à l'omission d'un cabanon et au chiffrage des surfaces imperméabilisées doit être écarté.
26. En deuxième lieu, les moyens tirés de l'incomplétude du dossier au regard des dispositions des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme, tenant à l'absence de notice, à l'insuffisance du plan de coupe et à l'absence de document graphique, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 7 à 15.
27. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le projet modifié comporte trois places de stationnement, dont deux en enfilade. Par suite, en application de ce qui a été dit au point 16, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article DC12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet doit être écarté comme manquant en fait.
28. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le plan de masse du dossier de demande de permis de construire modificatif mentionne une surface de terrain de 1664 m², ce qui est une indication erronée, ainsi qu'il a été dit au point 21, et que n'ont pas été comptabilisés dans la surface imperméabilisée divers aménagements tels que le cheminement pour piétons. Dans ces conditions, la règle de la surface minimale de pleine terre fixée par les dispositions précitées de l'article UC13 du règlement du plan local d'urbanisme doit être regardée comme méconnue par l'arrêté attaqué. Toutefois, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 21, ce vice a été régularisé par le second permis de construire modificatif délivré par l'arrêté du maire d'Anglet du 22 janvier 2022. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme inopérant.
29. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune d'Anglet, les conclusions aux fins d'annulation de la requête de Mme D doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
30. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.".
31. Il résulte de ces dispositions que le paiement des sommes exposées et non comprises dans les dépens ne peut être mis à la charge que de la partie qui perd pour l'essentiel. La circonstance qu'au vu de la régularisation intervenue en cours d'instance, le juge rejette finalement les conclusions dirigées contre la décision initiale, dont le requérant était fondé à soutenir qu'elle était illégale et dont il est, par son recours, à l'origine de la régularisation, ne doit pas à elle seule, pour l'application de ces dispositions, conduire le juge à mettre les frais à sa charge ou à rejeter les conclusions qu'il présente à ce titre. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande présentée par la commune d'Anglet et par la société AFCB sur le fondement de ces dispositions. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de cette seule commune une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par
Mme D et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions aux fins d'annulation de la requête de Mme D sont rejetées.
Article 2 : La commune d'Anglet versera à Mme D une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune d'Anglet et de la société AFCB présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à la commune d'Anglet et à la société civile immobilière AFCB.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Genty, première conseillère,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
V. DUMEZ-FAUCHILLE
Le président,
Signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026