vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2101974 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
| Avocat requérant | CABINET BOISSY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 29 juillet 2021 et 4 avril 2022, Mme B A, représentée par Me Stinco, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2021 par lequel le président de la communauté de communes du Pays de Villeneuve en Armagnac Landais lui a infligé une sanction d'exclusion temporaire de trois jours dont un jour avec sursis ;
2°) de mettre à la charge de la communauté de communes du Pays de Villeneuve en Armagnac Landais la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision portant exclusion de fonctions à compter du 21 juillet 2021 lui a été notifiée le 22 juillet 2021, soit postérieurement à sa date de prise d'effet ;
- l'arrêté du 2 août 2021 ne se substitue à celui du 21 juillet 2021 que sur les dates d'application de la sanction et n'a pas été valablement retiré comme l'indique l'article 1er ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'elle est placée en congé de maladie prolongé jusqu'au 23 août 2021 ;
- l'administration, qui n'a pas diligenté d'enquête disciplinaire au sein de l'entier service concerné, a manqué à son devoir de loyauté et n'apporte pas la preuve de l'exactitude matérielle des faits ;
- les faits qui lui sont reprochés, tant à l'égard des administrés, que de ses subordonnés et de sa hiérarchie, ne sont pas établis ;
- l'administration a donc commis une erreur manifeste d'appréciation en prononçant à son encontre la sanction contestée.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er février 2022, la communauté de communes du Pays de Villeneuve en Armagnac Landais, représentée par Me Boissy, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- par un arrêté du 2 août 2021 régulièrement notifié à la requérante, l'erreur matérielle entachant l'arrêté contesté du 21 juillet 2021 quant à la date de prise d'effet de la sanction, a été corrigée ;
- les autres moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté par la communauté de communes du Pays de Villeneuve en Armagnac Landais, représentée par Me Boissy a été enregistré le 13 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2017-902 du 9 mai 2017 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique tenue le 14 décembre 2023 à 14 heures :
- le rapport de Mme Quéméner, présidente;
- les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Stinco, représentant Mme A et de Me Boissy, représentant la communauté de communes du Pays de Villeneuve en Armagnac Landais.
Considérant ce qui suit :
1.Mme A, monitrice-éducatrice titulaire de la fonction publique hospitalière à temps complet, a été nommée par voie de détachement, par un arrêté du 1er septembre 2019 du président de la communauté de communes du Pays de Villeneuve en Armagnac Landais, en qualité d'éducatrice de jeunes enfants de seconde classe stagiaire, à compter de cette même date. Depuis le mois de juin 2020, l'intéressée assure, en parallèle de ses fonctions d'animatrice relais des assistantes maternelles agréées, la codirection du centre multi-accueil de Villeneuve de Marsan. A défaut d'avoir pu, dans le contexte particulier lié à la crise sanitaire de Covid-19, suivre la formation obligatoire d'intégration, Mme A a été maintenue en position de stagiaire, par un arrêté du 8 décembre 2020. Par un arrêté du 17 décembre 2020, elle a été reclassée à compter du 1er janvier 2021 dans le cadre d'emploi des éducateurs territoriaux de jeunes enfants, au grade d'éducatrice de jeunes enfants stagiaire. A l'issue d'une procédure disciplinaire engagée à son encontre, Mme A a fait l'objet, par un arrêté du président de la communauté de communes du 21 juillet 2021, d'une sanction d'exclusion temporaire de fonctions, d'une durée de trois jours dont un avec sursis. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur l'étendue du litige :
2.Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Par ailleurs, lorsque que le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet, mais le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
3. En l'espèce, par un arrêté du 2 août 2021 postérieur à l'introduction de la requête, le président de la communauté de communes du Pays de Villeneuve en Armagnac Landais a retiré l'article 2 de l'arrêté litigieux du 21 juillet 2021, qui prévoyait une prise d'effet de la sanction à compter de cette même date, et reporté l'exécution de la sanction à l'issue de la période du congé de maladie dont Mme A bénéficie depuis le 25 mai 2021. Dès lors, les conclusions en annulation de la requête de Mme A doivent désormais être regardées comme dirigées contre l'arrêté du 21 juillet 2021 tel que modifié par l'arrêté du 2 août 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, et ainsi qu'il a été exposé au point 3, la prise d'effet de la sanction en litige ayant été reportée, la tardiveté invoquée par Mme A de la notification de l'arrêté initial est désormais sans incidence sur la légalité de l'arrêté modifié, lequel a été notifié le 3 août 2021 soit à une date antérieure à la date de prise d'effet le 26 août 2021. Dès lors, ce premier moyen sera écarté.
5. En deuxième lieu, la procédure disciplinaire et la procédure de mise en congé de maladie sont des procédures distinctes et indépendantes, et la circonstance qu'un agent soit placé en congé de maladie ne fait pas obstacle à l'exercice de l'action disciplinaire à son égard ni, le cas échéant, à l'entrée en vigueur d'une décision de sanction. Il s'ensuit que la circonstance que Mme A était en congé de maladie ne faisait pas obstacle, en tout état de cause, à l'entrée en vigueur, le 26 août 2021, de la décision du 21 juillet 2021 par laquelle le président de la communauté de communes du Pays de Villeneuve en Armagnac Landais lui a infligé la sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de ses fonctions pour une durée de trois jours. Le moyen tiré de l'erreur de droit sera également écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, applicable à la date de la décision : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. ". Aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors en vigueur : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : Premier groupe : l'avertissement ; le blâme ; l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours (). ".
7. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
8. Pour prendre la sanction litigieuse, le président de la communauté de communes du Pays de Villeneuve en Armagnac Landais s'est notamment fondé sur le comportement adopté par Mme A à l'égard de ses subordonnées, d'une part, et de hiérarchie d'autre part.
9. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de plusieurs témoignages concordants, dont la teneur n'est pas utilement contredite par la production de quatre attestations rédigées par des assistantes maternelles extérieures à la structure, exprimant une appréciation positive de leurs relations avec Mme A, que le comportement de cette dernière à l'égard de certains agents du centre multi-accueil de Villeneuve de Marsan et en particulier de Mme C, est à l'origine de tensions, générant une dégradation du climat au sein du service, et d'une situation de mal-être au travail signalée à la hiérarchie par quatre de ces agents. Il ressort également des pièces du dossier que Mme A, qui estime ne pas bénéficier d'un soutien suffisant de la part de sa hiérarchie, a prévenu tardivement le directeur général adjoint des politiques territoriales de son indisponibilité remettant en cause le calendrier de la cellule d'accueil d'urgence, sans justifier des raisons pour lesquelles elle n'aurait pas été en mesure d'informer plus tôt son administration des contraintes qui étaient les siennes.
10. Si les griefs qui sont reprochés à la requérante, s'agissant du comportement dont elle a fait montre à l'égard des usagers, n'apparaissent pas suffisamment établis par les pièces du dossier, les difficultés exposées au point 9, s'agissant en particulier du mal être au travail exprimé par plusieurs agents et notamment par Mme C, et les conséquences qui ont pu en découler sur les rapports que la requérante entretient avec sa hiérarchie, doivent être regardées comme ayant été déterminantes pour fonder la sanction en litige. Par ailleurs alors que les témoignages produits confirment l'autoritarisme dont Mme A faisait preuve, et que son comportement, qui ne pouvait être assimilé à l'expression de simples maladresses, excédait l'exercice normal du pouvoir hiérarchique visant à faire observer strictement le projet pédagogique de la crèche, la requérante ne saurait utilement justifier ces faits par la mauvaise manière de servir de Mme C, laquelle n'est au demeurant pas établie.
11. Il s'ensuit que le président de la communauté de communes a pu estimer, à bon droit, que les faits reprochés étaient fautifs et de nature à justifier le prononcé d'une sanction à l'égard de Mme A. Par ailleurs, le prononcé d'une sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de trois jours dont un avec sursis n'apparait pas disproportionné au regard de la nature de ces faits.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes du Pays de Villeneuve en Armagnac Landais, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, la somme dont Mme A demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la communauté de communes du Pays de Villeneuve en Armagnac Landais sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté de communes du Pays de Villeneuve en Armagnac Landais sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme B A et à la communauté de communes du Pays de Villeneuve en Armagnac Landais.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.
La présidente du tribunal,
signé
V. QUEMENERLa greffière,
signé
A.STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition :
La greffière,
No 2101974
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026