mercredi 18 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2101996 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | NERAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 juillet 2021 et 8 août 2023, Mme A, représentée par Me Neraud, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler les résultats du mouvement des cadres A de la direction départementale des finances publiques (DDFIP) des Landes, publiés le 2 juin 2021, en tant que sa demande d'affectation fonctionnelle à la trésorerie de Saint-Vincent-de-Tyrosse est rejetée, le courriel du 11 mai 2021 par lequel la responsable du service des ressources humaines de la DDFIP des Landes l'a informée de ce qu'elle ne pouvait participer au mouvement local de mutation et enfin, le courriel du 1er juillet 2021 par lequel le directeur départemental des finances publiques des Landes l'a informée de ce qu'elle était déjà affectée géographiquement à Saint-Vincent-de-Tyrosse ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'économie, des finances et de la relance, à titre principal, de procéder à son affectation fonctionnelle à la trésorerie de Saint-Vincent-de-Tyrosse et ce, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et ce, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
3°) et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne le courriel du 11 mai 2021 :
- l'administration doit apporter la preuve que ce courriel a été signé par une autorité qui disposait d'une délégation régulière de signature, explicite et publiée ;
En ce qui concerne le tableau publié le 2 juin 2021 et les courriels des 11 mai et 1er juillet 2021 :
- ce tableau et ces courriels sont illégaux dès lors que l'administration n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- ils ont été pris en méconnaissance des notes du 5 juin 2020 et du 26 avril 2021 relatives au mouvement local des agents et de l'article 60 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- ils sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- ils sont entachés d'un détournement de pouvoir et sont fondés sur une différence de traitement illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 novembre 2022, le ministre de l'économie, des finances de la relance conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, et à titre subsidiaire à son rejet.
Il fait valoir, à titre principal, que les conclusions à fin d'injonction sont irrecevables dès lors qu'il n'appartient pas au juge de se substituer à l'administration et de lui adresser des injonctions et, à titre subsidiaire, que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Portès,
- les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, qui réside à Josse (40230), a été recrutée en 2011 dans le corps des inspecteurs des finances publiques. A compter du 1er septembre 2017, elle a été affectée à la mission départementale risques et audit de la direction départementale des finances publiques (DDFIP) des Landes, située à Mont-de-Marsan. A compter du 1er septembre 2018, elle a été affectée géographiquement dans les locaux du centre des finances publiques de Dax, tout en restant fonctionnellement rattachée à la mission départementale risques et audit de la DDFIP des Landes, puis, à compter du 1er septembre 2020, Mme A a été affectée géographiquement à la trésorerie de Saint-Vincent-de-Tyrosse, tout en restant rattachée à la mission départementale risques et audit de la DDFIP des Landes. Par courriel du 7 mai 2021 adressé à la division des ressources humaines, Mme A a demandé à être rattachée fonctionnellement à la trésorerie de Saint-Vincent-de-Tyrosse, dans le cadre du mouvement de mutation local, avec effet au 1er septembre 2021. Par courriel du 11 mai 2021, la responsable du service des ressources humaines l'a informée de ce qu'elle ne pouvait participer au mouvement local de mutation. Par des courriels du 19 mai 2021 et du 25 mai 2021, Mme A a demandé au directeur départemental des finances publiques des Landes de réexaminer sa demande d'affectation mais les résultats du mouvement des cadres A de cette DDFIP, publiés le 2 juin 2021, ne mentionnaient pas Mme A. Par un courriel du 1er juillet 2021, le directeur départemental des finances publiques lui a confirmé qu'elle était déjà affectée à Saint-Vincent-de-Tyrosse et n'avait, ainsi, pas à participer au mouvement de mutation pour y rester affectée. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation des résultats du mouvement des cadres A de la DDFIP des Landes publiés le 2 juin 2021, des courriels du 11 mai 2021 et du 1er juillet 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen soulevé uniquement à l'encontre du courriel du 11 mai 2021 :
2. Il ressort des pièces du dossier que le courriel en date du 11 mai 2021 émane de la responsable du service des ressources humaines et correspondante sociale et handicap de la direction départementale des finances publiques (DDFIP) des Landes. Ce courriel se borne à indiquer à la requérante qu'elle ne peut participer au mouvement local de mutation en précisant que " l'application ALOA ne vous permettant pas de demander un service sur lequel vous êtes déjà positionnée " mais que sa demande serait tout de même transmise au directeur départemental des finances publiques des Landes. Ce courrie1 n'avait donc pas à être signé par ce dernier. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de ce courriel ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne les moyens soulevés pour contester l'ensemble des résultats du mouvement de mutation et les courriels attaqués :
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'administration a pris en compte la situation particulière de Mme A, déjà affectée géographiquement à la trésorerie de Saint- Vincent de-Tyrosse. Par suite, le moyen tiré de ce que l'administration n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de la requérante doit être écarté.
4. En deuxième lieu et, d'une part, aux termes des dispositions de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984, alors en vigueur : " I. - L'autorité compétente procède aux mutations des fonctionnaires en tenant compte des besoins du service. II. - Dans toute la mesure compatible avec le bon fonctionnement du service et sous réserve des priorités instituées à l'article 62 bis, les affectations prononcées tiennent compte des demandes formulées par les intéressés et de leur situation de famille. Priorité est donnée : () 2° Au fonctionnaire en situation de handicap relevant de l'une des catégories mentionnées aux 1°, 2°, 3°, 4°, 9°, 10° et 11° de l'article L. 5212-13 du code du travail ; () "
5. D'autre part, aux termes du point 1. A) II. de l'instruction annuelle du
26 avril 2020 relative aux mutations des inspecteurs des finances publiques au
1er septembre 2021 : " la durée de séjour entre 2 mutation locale est fixée à 2 ans " Aux termes du point 2. A) II. de la même instruction : " Le délai de séjour est ramené à 1 an pour les agents susceptibles de bénéficier d'un rapprochement familial ou d'une priorité handicap. Dans ce cas, seuls les vœux prioritaires pourront être demandés " Enfin, aux termes du point 3.1.1 intitulé " Priorité pour l'agent en situation de handicap " de l'instruction annuelle sur les mutations et première affectations des inspecteurs des Finances publiques, au titre de l'année 2021 : " La priorité ne s'applique qu'à un seul département. Elle permet l'accès à un département dans le mouvement national et à une commune dans le mouvement local ".
6. Il ressort des pièces du dossier que la requérante a été géographiquement affectée, à compter du 1er septembre 2020, à la trésorerie de Saint-Vincent-de-Tyrosse en tant que " chargée de mission et de travaux d'expertise ", dans le cadre d'une priorité liée à son handicap, tout en restant rattachée à la mission départementale risques et audit de la DDFIP des Landes. Elle a ensuite demandé, par un mail du 7 mai 2021, à être rattachée fonctionnellement à cette trésorerie dans le cadre du mouvement local de mutation de 2021. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment du point 3.1.1 précité de l'instruction annuelle sur les mutations en premières affectations des inspecteurs des Finances publiques au titre de l'année 2021, que la priorité liée au handicap en matière de mutation n'a vocation à jouer que sur l'affectation géographique dans un département et non sur des fonctions. Dans ces conditions, la requérante ne peut utilement se prévaloir dans la présente requête de la priorité dont elle bénéficie en raison du handicap dont elle est atteinte pour obtenir une affectation fonctionnelle à Saint-Vincent-de-Tyrosse. Par suite, les moyens tirés de ce que l'administration a méconnu les dispositions précitées et aurait commis une erreur d'appréciation, doivent être écartés.
7. En troisième et dernier lieu, et au vu de ce qui précède, il n'est nullement établi et il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les résultats et courriels attaqués seraient entachés d'un détournement de pouvoir ou révèleraient une différence de traitement illégale. Par suite, ces moyens, au demeurant assortis d'aucune précision, doivent être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de ses conclusions à fin d'annulation, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation des résultats du mouvement des cadres A de la direction départementale des finances publiques des Landes publiés le 2 juin 2021, du courriel du 11 mai 2021 et du courriel du 1er juillet 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A n'implique aucune mesure d'exécution. Ses conclusions à fin d'injonction doivent par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la requérante une somme que celle- ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C épouse A et au ministre de l'économie, des finances de la relance.
Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques des Landes.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
M. Rousseau, premier conseiller.
Mme Portès, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
E. PORTES
La présidente,
signé
S. PERDU La greffière,
signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances de la relance, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026