mardi 21 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2102003 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | UHALDEBORDE-SALANNE GORGUET VERMOTE BERTIZBEREA |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée sous le n° 2102003 le 1er août 2021, M. B A, représenté par la société civile professionnelle Uhaldeborde-Salanne, Gorguet, Vermote, Bertizberea, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 juin 2021 par lequel le président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours des Pyrénées-Atlantiques l'a exclu de ses fonctions pour une durée de deux ans à compter du 25 juin 2021 ;
2°) de mettre à la charge du service départemental d'incendie et de secours des Pyrénées-Atlantiques une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 27 février 2020 a été pris à la suite d'une procédure irrégulière dès lors que l'avis du conseil de discipline ne mentionne pas la catégorie hiérarchique des représentants du personnel, en méconnaissance de l'article 1er du décret du 8 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il qualifie pénalement d'agression sexuelle les faits reprochés et que la sanction revêt un caractère disproportionné.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2022, le service départemental d'incendie et de secours des Pyrénées-Atlantiques, représenté par Me Paulian, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée sous le n° 2102004 le 1er août 2021, M. B A, représenté par la société civile professionnelle Uhaldeborde-Salanne, Gorguet, Vermote, Bertizberea, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 juin 2021 par lequel le président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours des Pyrénées-Atlantiques a résilié son engagement de sapeur-pompier volontaire à compter du 25 juin 2021 ;
2°) de mettre à la charge du service départemental d'incendie et de secours des Pyrénées-Atlantiques une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 27 février 2020 a été pris à la suite d'une procédure irrégulière dès lors que l'avis du conseil de discipline :
o d'une part, ne permet pas de vérifier :
* que la composition du conseil de discipline était conforme à l'article 5 de l'arrêté portant organisation du conseil de discipline départemental des sapeurs-pompiers volontaires du 29 novembre 2005 ;
* le détail du résultat du vote des membres du conseil de discipline ;
* que le quorum et la majorité simple des suffrages exprimés ont été atteints conformément à l'article 6 du même arrêté ;
o d'autre part, présente une motivation illisible et incompréhensible ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il qualifie pénalement d'agression sexuelle les faits reprochés et que la sanction revêt un caractère disproportionné.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2022, le service départemental d'incendie et de secours des Pyrénées-Atlantiques, représenté par Me Paulian, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;
- le décret n° 2012-521 du 20 avril 2012 ;
- l'arrêté du 29 novembre 2005 portant organisation du conseil de discipline départemental des sapeurs-pompiers volontaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Genty,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- les observations de Me Vermote, représentant M. A, et de Me Haramboure, représentant le service départemental d'incendie et de secours des Pyrénées-Atlantiques.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées n° 2102003 et n° 2102004 présentées par M. A concernent deux sanctions relatives à des mêmes agissements et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
2. M. A, sous-officier détenant le grade de sergent des sapeurs-pompiers professionnels, et affecté au centre d'incendie et de secours de Saint-Jean-de-Luz, y exerçait les fonctions de chef d'agrès à une équipe. Il exerçait également les fonctions de sapeur-pompier volontaire au centre d'incendie et de secours d'Hasparren. Par un arrêté du 3 juin 2021, le président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Pyrénées-Atlantiques l'a exclu de ses fonctions pour une durée de deux ans à compter du 25 juin 2021 pour faute grave. Par un arrêté du même jour, cette même autorité a résilié son engagement de sapeur-pompier volontaire. M. A demande l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 3 juin 2021 portant exclusion temporaire des fonctions :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 532-7 du code général de la fonction publique : " La parité numérique entre représentants des collectivités territoriales et représentants du personnel doit être assurée au sein de la commission administrative paritaire siégeant en formation disciplinaire, au besoin par tirage au sort des représentants des collectivités territoriales au sein de la commission ". Aux termes de l'article 1er du décret du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux, dans sa version applicable au litige : " Le conseil de discipline est une formation de la commission administrative paritaire dont relève le fonctionnaire poursuivi. () Le conseil de discipline comprend en nombre égal des représentants du personnel et des représentants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics. / Siègent en qualité de représentants du personnel les membres titulaires de la commission administrative paritaire appartenant à la même catégorie hiérarchique que l'intéressé. () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 1er du décret du 20 avril 2012 portant statut particulier du cadre d'emplois des sous-officiers sapeurs-pompiers professionnels, dans sa version applicable au litige : " Les sous-officiers de sapeurs-pompiers professionnels constituent un cadre d'emplois de sapeurs-pompiers professionnels non officiers de catégorie C au sens de l'article 13 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée. / Ce cadre d'emplois comprend les grades de sergent et d'adjudant de sapeurs-pompiers professionnels. ".
4. A supposer que M. A ait entendu invoquer l'irrégularité de l'avis du conseil de disciple qui s'est réuni le 19 mai 2021 pour examiner la sanction disciplinaire envisagée par le président du conseil d'administration du SDIS des Pyrénées-Atlantiques à son encontre, il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire que cet avis devait expressément préciser la catégorie hiérarchique des personnels présents. En outre, il résulte du procès-verbal de cette séance qu'étaient présents cinq représentants du SDIS des Pyrénées-Atlantiques et cinq représentants des sapeurs-pompiers professionnels. Enfin, il résulte du procès-verbal des opérations électorales qui se sont tenues le 6 décembre 2018 que parmi ces derniers, quatre ont été déclarés élus représentants des personnels à la commission administrative paritaire des sapeurs-pompiers professionnels de catégorie C du SDIS des Pyrénées-Atlantiques, et le requérant ne soutient ni n'établit que la cinquième représentante du personnel, dont le grade ne ressort pas des pièces du dossier, n'appartenait pas à sa catégorie hiérarchique. Par suite, l'arrêté attaqué n'a pas été pris à la suite d'une procédure irrégulière.
5. En second lieu, aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur dans sa version applicable au litige : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. () " . Aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors en vigueur dans sa version applicable au litige: " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / () Troisième groupe : - la rétrogradation ; - l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans ; / () ".
6. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
7. Il est reproché à M. A, lors de la garde du 14 février 2021, à l'issue d'une séance de sport accomplie dans le cadre du service, de s'être rendu dans le vestiaire du personnel féminin, prétextant une absence d'eau chaude dans le bloc sanitaire masculin, pour demander à pouvoir y utiliser les douches. La sapeur-pompier volontaire, âgée de 19 ans, présente dans ces locaux et en train de se changer, a répondu favorablement à cette demande sous réserve qu'il attende qu'elle ait elle-même terminé. M. A lui a alors proposé sur le ton de la plaisanterie de prendre leur douche ensemble, ce qu'elle a expressément refusé, l'a saisie pour l'entraîner sous la douche, a tenté de l'embrasser alors qu'elle lui demandait de s'arrêter, et après qu'elle soit parvenue à le repousser et à sortir de la douche, en a profité pour lui toucher la poitrine et les fesses. M. A est ensuite sorti du vestiaire, y est revenu pour informer sa collègue que la panne d'eau chaude avait pris fin, et a définitivement quitté les lieux.
8. Il ressort d'abord des pièces du dossier que M. A a d'emblée reconnu la matérialité des faits qui lui sont reprochés, la circonstance que l'arrêté attaqué les qualifie d'agression sexuelle, correspondant par ailleurs à un délit pénal, étant sans incidence à cet égard. Il ne conteste pas davantage que ces faits sont constitutifs d'une faute. Par ailleurs, quand bien même M. A pensait à tort qu'il existait un jeu de séduction avec sa collègue, n'a pas nié les faits, produit des états de services satisfaisants, n'a jamais été disciplinairement sanctionné, et alors que ces agissements présentaient le caractère d'un acte isolé, ces circonstances ne sont pas de nature à atténuer la gravité des agissements décrits au point précédent dont il s'est rendu coupable, leurs répercussions sur la dignité et l'intégrité psychologique de la victime, mais également sur les fonctions à responsabilité qu'il exerce, lesquelles exigent un devoir de dignité et d'exemplarité, particulièrement envers ses subordonnés et les jeunes sapeurs-pompiers, justifiant ainsi la sanction prononcée dans sa catégorie et son quantum. Par suite, l'exclusion des fonctions de M. A pour une durée de deux ans prononcée par le président du conseil d'administration du SDIS des Pyrénées-Atlantiques ne revêt pas un caractère disproportionné.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 3 juin 2021 portant résiliation d'engagement de sapeur-pompier volontaire :
9. En premier lieu, aux termes de l'article R. 723-77 du code de la sécurité intérieure : " Le conseil de discipline départemental, institué auprès du service départemental d'incendie et de secours, est compétent pour donner un avis sur toutes les questions relatives à la discipline des sapeurs-pompiers volontaires du corps départemental, des corps communaux et intercommunaux d'un grade inférieur à celui de commandant. / Le conseil de discipline comporte un nombre égal de représentants de l'administration et de représentants élus des sapeurs-pompiers volontaires du corps départemental et des corps communaux et intercommunaux du département. Il est présidé par un représentant de l'administration élu en son sein. / Il ne peut comporter de sapeur-pompier volontaire d'un grade inférieur à celui du sapeur-pompier volontaire dont le cas est examiné. / La composition et les modalités de désignation et de fonctionnement du conseil de discipline départemental sont fixées par arrêté du ministre chargé de la sécurité civile. ". Aux termes de l'article 2 de l'arrêté du 29 novembre 2005 portant organisation du conseil de discipline départemental des sapeurs-pompiers volontaires, dans sa version applicable au litige : " Le conseil de discipline départemental des sapeurs-pompiers volontaires est composé de huit membres. Il comprend quatre représentants de l'administration et quatre représentants des sapeurs-pompiers volontaires (). Il est présidé par un représentant de l'administration élu en son sein. Chaque titulaire a un suppléant. ". Aux termes de l'article 5 du même arrêté, dans sa version applicable au litige : " La composition du conseil de discipline départemental des sapeurs-pompiers volontaires tient compte du grade du sapeur-pompier volontaire dont le cas est examiné : () c) Lorsque le sapeur-pompier volontaire concerné est un sous-officier, le conseil de discipline départemental comprend : 2 sous-officiers d'un grade au moins égal à celui du sapeur-pompier volontaire dont le cas est examiné et 2 officiers, dont un au plus relevant du service de santé et de secours médical ; () / En cas d'impossibilité de faire siéger les représentants des sapeurs-pompiers volontaires dans les conditions prévues ci-dessus, le tirage au sort est effectué à partir de listes départementales établies par grade parmi les effectifs du corps départemental ou de listes zonales établies par arrêté du préfet de zone de défense sur proposition du chef d'état-major de sécurité civile, dans le respect des critères prévus précédemment. ". Aux termes de l'article 6 du même arrêté, dans sa version applicable au litige : " Le conseil de discipline départemental ne peut valablement délibérer que lorsque la majorité de ses membres en exercice est présente. / Les avis du conseil sont pris à la majorité simple des suffrages exprimés. Le président a voix prépondérante en cas de partage égal des voix. ".
10. A supposer que M. A ait entendu invoquer l'irrégularité de l'avis du conseil de disciple qui s'est réuni le 19 mai 2021 pour examiner la sanction disciplinaire envisagée par le président du conseil d'administration du SDIS des Pyrénées-Atlantiques à son encontre, et s'il soutient d'abord que cet avis ne permettrait pas de vérifier la composition du conseil, il ne résulte toutefois pas des dispositions précitées de l'article R. 723-77 du code de la sécurité intérieure et de l'arrêté du 29 novembre 2005 qu'elles imposent que l'avis émis par cet organe porte mention de sa composition. Il ressort en tout état de cause des pièces du dossier, en particulier de la lettre du préfet des Pyrénées-Atlantiques du 19 mars 2021 adressée au président du conseil d'administration du SDIS, que le tirage au sort des représentants des sapeurs-pompiers volontaires avait désigné comme titulaires un capitaine, un infirmier chef et deux adjudants-chefs, dont il résulte de la liste de présence de la réunion qu'elle est émargée par ces quatre représentants. Dans ces conditions, la composition du conseil de discipline répondait aux exigences fixées par les dispositions précitées.
11. Il résulte ensuite de la liste de présence de la réunion du conseil de discipline du 19 mai 2021 que huit membres étaient présents, dont quatre représentants de l'administration et quatre représentants des sapeurs-pompiers volontaires. Le quorum de la majorité des membres exigé par les dispositions précitées de l'article 6 de l'arrêté du 29 novembre 2005 pour la validité des délibérations était dès lors atteint.
12. Par ailleurs, il ne résulte d'aucune disposition législative ou règlementaire que le procès-verbal du conseil de discipline devait préciser le nombre de voix exprimées.
13. Enfin, si le requérant soutient que la motivation de l'avis du conseil de discipline est illisible et incompréhensible, il ne résulte d'aucune disposition législative ou règlementaire que cet avis doive être motivé. Au demeurant, la circonstance que la motivation de l'avis en cause est difficilement lisible demeure sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors que le sens de l'avis est, quant à lui, clairement exprimé et lisible. Par suite, la décision attaquée n'a pas été prise au terme d'une procédure irrégulière.
14. En second lieu, aux termes de la charte nationale du sapeur-pompier volontaire prévue à l'article L. 723-10 du code de la sécurité intérieure et figurant à l'annexe 3 prévue pour l'application de l'article D. 723-8 de ce code, le sapeur-pompier volontaire s'engage notamment
" à servir avec honneur, humilité et dignité et à avoir un comportement irréprochable lorsque je porte la tenue de sapeur-pompier ", " à œuvrer collectivement avec courage et dévouement " et " à faire preuve de discrétion et de réserve dans le cadre du service ". Aux termes de l'article R. 723-6 du code de la sécurité intérieure : " L'engagement de sapeur-pompier volontaire est subordonné aux conditions suivantes : () 4° S'engager à exercer son activité de sapeur-pompier volontaire avec obéissance, discrétion et responsabilité, dans le respect des dispositions législatives et réglementaires et notamment de la charte nationale du sapeur-pompier volontaire ; () ". Aux termes de l'article R. 723-40 du même code, dans sa version applicable au litige : " L'autorité de gestion peut, après avis du conseil de discipline départemental, prononcer contre tout sapeur-pompier volontaire : 1° L'exclusion temporaire de fonctions pour six mois au maximum ; 2° La rétrogradation ; 3° La résiliation de l'engagement. ".
15. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un sapeur-pompier volontaire ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
16. L'arrêté attaqué se fonde sur les agissements de M. A décrits au point 7. Ainsi qu'il a été dit au point 8, leur matérialité et leur caractère fautif ne sont pas contestés. Eu égard à la nature des fonctions exercées par M. A et aux obligations déontologiques qui s'imposent aux sapeurs-pompiers volontaires, à la gravité des faits reprochés, à la solidarité et à la confiance entre les sapeurs-pompiers qu'exigent les fonctions exercées, et alors même que la manière de servir du requérant a été estimée satisfaisante par sa hiérarchie jusqu'au prononcé de la sanction en litige, la résiliation de l'engagement de M. A décidée par l'arrêté attaqué ne revêt pas non plus un caractère disproportionné.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation des requêtes de M. A doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
18. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
19. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent dès lors être rejetées. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de ce dernier une somme globale de
1 500 euros au titre des frais exposés par le SDIS des Pyrénées-Atlantiques et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2102003 et n° 2102004 de M. A sont rejetées.
Article 2 : M. A versera au service départemental d'incendie et de secours des Pyrénées-Atlantiques une somme globale de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au service départemental d'incendie et de secours des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Genty, première conseillère,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
F. GENTY
Le président,
Signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition :
La greffière,
N°s 2102003,2102004
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026