mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2102115 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 17 août 2021 et les 23 et 25 août 2022, M. E A demande au tribunal d'annuler la décision du 4 août 2021 par laquelle le président du conseil départemental des Landes a rejeté le recours administratif préalable qu'il a formé à l'encontre de la décision du 23 mars 2021 rejetant sa demande de renouvellement de sa carte mobilité inclusion mention " stationnement ".
Il soutient qu'il est atteint d'un handicap de naissance et porte des chaussures adaptées pour se déplacer, que sa marche est lente et sa station debout pénible.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2022, le département des Landes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- M. A ne remplit pas les conditions d'éligibilité pour bénéficier de cette carte ;
- le certificat du docteur B du 16 août 2021, postérieur à la décision attaquée, ne peut être pris en compte.
Un mémoire, présenté par M. A, a été enregistré le 22 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue le 9 mars 2023 à 14 heures en présence de Mme Dangeng, greffière d'audience :
- le rapport de Mme D ;
- les observations de M. A, qui confirme ses écritures, en précisant notamment qu'il porte des chaussures thérapeutiques classe B, sans lesquelles il ne peut pas marcher ; que s'il n'a pas de canne il a toujours eu du mal à se déplacer ; que son pied bot nécessite 5 cm de hauteur de compensation ; que son état et ses difficultés à se déplacer ne sont pas améliorées de sorte que le refus de renouveler la carte précédemment attribuée n'a pas de sens.
Le département des Landes n'étant pas représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a demandé le 13 janvier 2021 à la maison landaise des personnes handicapées le renouvellement de sa carte mobilité inclusion mention " stationnement ". Cette demande a été rejetée par une décision du 23 mars 2021. Le 29 mars 2021, M. A a formé un recours préalable obligatoire à l'encontre de cette décision, qui a été rejeté par une décision du président du conseil départemental des Landes du 4 août 2021. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 4 août 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " I.- La carte "mobilité inclusion" destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. () 3° La mention "stationnement pour personnes handicapées" est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. () ".
3. D'autre part, aux termes du IV de l'article R. 241-12-1 du même code : " () Pour l'attribution de la mention "stationnement pour personnes handicapées" un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur () ". L'annexe à l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles dispose que : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : / La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : / - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou - la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. / ().".
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre des parties à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.
5. Il résulte des dispositions précitées que l'obtention de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " est subordonnée à la démonstration d'une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspondant à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et pouvant se retrouver chez des personnes présentant, notamment, un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales. Tel est le cas lorsque la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ou a systématiquement recours à une des aides mentionnées pour ses déplacements extérieurs. Il appartient à la personne qui présente devant le juge administratif des conclusions à fin d'annulation d'une décision lui refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " d'établir, par tous moyens et notamment par la production au tribunal de justificatifs médicaux, même s'ils avaient déjà été produits au cours de l'instruction de la demande par l'administration, qu'elle est atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied.
6. Pour demander l'annulation de la décision lui refusant le renouvellement de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", M. A expose qu'il présente un pied-bot congénital bilatéral appareillé et qu'il ressent des douleurs sévères à la marche. Il résulte du rapport médical de révision d'invalidité établi à la suite d'un examen médical en date du 20 octobre 2020, qu'outre le handicap déjà décrit, le requérant présente un déhanchement avec une jambe gauche plus courte de 5 centimètres et que son handicap s'est aggravé en raison d'une hernie discale opérée le 3 août 2020. Il produit par ailleurs, à l'appui de sa requête, un certificat médical établi le 16 août 2021 par le docteur B, lequel, au regard des principes rappelés au point 4, peut être pris en compte pour apprécier ses droits à la date du jugement, qui mentionne que son état de santé nécessite le renouvellement de sa carte mention " stationnement " et que son périmètre de marche est " au mieux " de 200 mètres. Dans ces conditions, et alors qu'il n'est pas contesté en défense par le département que l'état de santé de M. A, s'aggrave, sa situation peut être regardée comme répondant à l'une des conditions fixées par les dispositions mentionnées ci-dessus du code de l'action sociale et des familles pour le renouvellement de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " et tenant à la réduction importante de sa capacité et de son autonomie de déplacement à pied.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 4 août 2021 du président du conseil départemental des Landes lui refusant le renouvellement la carte de stationnement pour personnes handicapées.
8. Enfin, dans le présent plein contentieux, il appartient au tribunal de fixer lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. En l'espèce, eu égard au motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre au président du conseil départemental des Landes de renouveler la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 4 août 2021 du président du conseil départemental des Landes refusant à M. A le renouvellement de la carte mobilité inclusion mention " stationnement " est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au président du conseil départemental des Landes de renouveler la carte mobilité inclusion mention " stationnement ", de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au département des Landes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
La présidente,
Signé : V. QUEMENERLa greffière,
Signé : M. C
La République mande et ordonne à la préfète des Landes, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
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Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026