jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2102284 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BOURDON & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 31 août 2021 et le 2 mai 2022, l'association Les Boutons d'Or de Bigorre, représentée par Me Bourdon et Me Brengarth, avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler le courrier en date du 16 août 2021 par lequel le recteur de l'académie de Toulouse leur a notifié la carence de l'établissement d'enseignement privé hors contrat Les Boutons d'Or de Bigorre sur certains aspects de la gestion administrative et de la partie pédagogique constatée suite à un contrôle opéré le 25 mars 2021;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 € en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable, la décision attaquée faisant suite au rapport fait grief à la requérante qui devra fermer son lieu d'enseignement à la suite de l'exécution des mises en demeure faites aux parents ;
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- il existe un principe de liberté de l'enseignement et d'association résultant de l'application de textes fondamentaux tant nationaux qu'internationaux : préambule de la constitution de 1946, déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948 ; protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'établissement dispense un enseignement conforme à l'objet de l'instruction obligatoire définie par l'article L. 131-1-1 du code de l'éducation permettant d'atteindre les attendus du socle commun à l'âge de 16 ans et la décision attaquée est donc entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2022, le recteur de l'académie de Toulouse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la décision en date du 16 août 2021 ne constitue pas une décision faisant grief de sorte que la présente requête soit irrecevable ;
- l'administration était tenue de mettre en demeure les parents d'élèves qui étaient scolarisés dans cet établissement de les inscrire dans un autre établissement ;
- la décision est en tout état de cause suffisamment motivée ;
- aucune disposition n'impose que l'acte querellé soit soumis à une obligation de signature : en outre, M. D A disposait d'une délégation de signature régulière ;
- les manquements relevés suite à la mise en demeure sont tous établis ;
- aucune pression n'a été exercée sur l'école par les services académiques, de sorte que la décision ne porte pas atteinte au principe de liberté d'association ;
- la liberté d'enseignement n'a pas été méconnue dès lors que le code de l'éducation donne au recteur les moyens d'assurer un contrôle quant à son exercice ;
- enfin, la liberté d'association n'a pas été méconnue dès lors que la mesure en litige n'a pas, en elle-même, remis en cause l'existence de l'association.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution, et son Préambule ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et son premier protocole additionnel ;
- la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;
- la déclaration universelle des droits de l'homme ;
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sellès, présidente-rapporteure,
- les conclusions de M. Clen, rapporteur public,
- les observations de Me Brengarth, représentant l'association Les boutons d'or de Bigorre ;
- et les observations de Mmes B et Delpeyroux, représentant le recteur de l'académie de Toulouse.
Considérant ce qui suit :
1. L'établissement d'enseignement privé hors contrat Les Boutons d'Or de Bigorre, situé dans la commune de Bagnères-de-Bigorre, fondé en 2014 et accueillant une école maternelle et une école élémentaire, a fait l'objet de plusieurs contrôles par les services du rectorat de l'académie de Toulouse, dont le dernier a été organisé le 25 mars 2021 et a donné lieu à un rapport établi le 16 août 2021 en conclusion duquel le recteur a constaté la carence de l'établissement sur certains aspects de la gestion administrative et de la partie pédagogique, et dont la notification a indiqué à la directrice de l'école en cause, d'une part, sa transmission à l'autorité compétente en ce qui concerne les manquements sur la santé et la sécurité des élèves, d'autre part, que ces manquements feront l'objet d'un signalement au procureur de la République et de mises en demeure aux parents d'inscrire leurs enfants dans un autre établissement. L'association Les Boutons d'Or de Bigorre, dont l'activité principale consiste en la gestion de cet établissement, demande l'annulation de cette décision.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le recteur de l'académie de Toulouse :
2. En l'espèce, le rapport du recteur de l'académie de Toulouse en litige, en date du 16 août 2021 notifie à la directrice de l'école Les Boutons d'Or de Bigorre les résultats du contrôle opéré dans l'établissement le 25 mars 2021. Ce courrier énonce que, sur la base des éléments y figurant, et devant la persistance de l'intéressée à ne pas se conformer aux exigences règlementaires en matière de gestion administrative, de respect du droit à l'éducation et du contenu de l'instruction obligatoire au sein de l'établissement, il effectuait un signalement aux services du procureur de la République et, à ce titre, mettrait ensuite immédiatement en demeure les parents des élèves scolarisés dans son établissement d'inscrire leur enfant dans un autre établissement dans un délai de quinze jours.
3. Ainsi, dès lors que ce courrier a pour seul objectif d'informer l'école de la saisine du procureur et de la mise en demeure des parents d'élèves d'inscrire les enfants alors scolarisés aux Boutons d'or de Bigorre dans un autre établissement en application des dispositions de l'article L. 442-2 du code de l'éducation, celui-ci constitue un acte de la procédure et ne présente donc pas le caractère d'une décision faisant, par elle-même, grief à l'association requérante. Seul l'aboutissement de la procédure consistant, en l'espèce, en la saisine du procureur et la mise en demeure des parents d'élève d'inscrire leur enfant dans un autre établissement, faites par la décision du 18 août 2021, est susceptible de contestation devant le juge si l'association requérante s'y croit fondée.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de cette lettre sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
5. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par l'association Les Boutons d'Or de Bigorre doivent dès lors être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de l'association Les Boutons d'Or de Bigorre est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Les boutons d'or de Bigorre et
au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Beneteau, première conseillère,
Mme Neumaier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
La présidente-rapporteure,
signé
M. C
L'assesseure,
signé
A. BENETEAULa greffière,
signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026