mardi 21 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2102575 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL SOULIE MAUVEZIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 septembre 2021, le 8 décembre 2022 et le 27 janvier 2023, Mme B C, représentée par Me Oudin, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 juillet 2021 par lequel le président de la communauté de communes Neste Barousse a prononcé sa radiation des effectifs pour abandon de poste ;
2°) d'enjoindre à la communauté de communes Neste Barousse de la réintégrer à la date de notification de l'arrêté attaqué ;
3°) de mettre à la charge de la communauté de communes Neste Barousse une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé en droit ;
- elle n'a pu légalement être radiée dès lors que son état de santé ne lui permettait pas d'appréhender la portée des trois courriers la mettant en demeure de rejoindre son poste.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 juillet 2022 et le 26 janvier 2023, la communauté de communes Neste Barousse, représentée par Me Soulié, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme C une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Des mémoires en production de pièces présentés pour Mme C ont été enregistrés le 22 avril 2023 et le 8 mai 2023.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 14 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Genty,
- et les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, titulaire d'un contrat de travail conclu avec la communauté de communes Neste Barousse en qualité d'adjoint technique territoriale, ne s'est plus présentée à son poste à compter du 1er mars 2021 sans autorisation ni justification. Par des lettres du 4 mars 2021, du 29 mars 2021 et du 11 juin 2021, le président de cet établissement public de coopération intercommunale l'a mise en demeure de rejoindre son poste dans un délai de quarante-huit heures à compter de leur notification, et l'a informée du risque encouru d'une radiation sans procédure disciplinaire préalable. Faute de réponse, par un arrêté du 20 juillet 2021, cette même autorité a radié Mme C des effectifs pour abandon de poste. Cette dernière demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Une mesure de radiation des cadres pour abandon de poste ne peut être régulièrement prononcée que si l'agent concerné a, préalablement à cette décision, été mis en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service dans un délai approprié qu'il appartient à l'administration de fixer. Une telle mise en demeure doit prendre la forme d'un document écrit, notifié à l'intéressé, l'informant du risque qu'il encourt une radiation des cadres sans procédure disciplinaire préalable. Lorsque l'agent ne s'est pas présenté et n'a fait connaître à l'administration aucune intention de reprendre son service avant l'expiration du délai fixé par la mise en demeure, et en l'absence de toute justification d'ordre matériel ou médical présentée par l'agent, de nature à expliquer le retard qu'il aurait eu à manifester une telle intention, l'administration est en droit d'estimer que le lien avec le service a été rompu du fait de l'intéressé.
3. Mme C reconnaît d'abord ne plus avoir exercé ses fonctions, et ne produit aucun certificat médical justifiant son absence durant la période du 1er mars au 20 juillet 2021, date de l'arrêté attaqué. Il ressort ensuite des pièces du dossier que des trois lettres du président de la communauté de communes Neste Barousse mentionnées au point 1, envoyées en recommandé avec accusé de réception à l'intéressée, celles du 4 mars 2021 et 11 juin 2021 ont été retournées à l'expéditeur, assorties de la mention " pli avisé non réclamé " et celle du 29 mars 2021 a été distribuée le 22 avril 2021. Mme C est ainsi réputée en avoir pris connaissance. Au demeurant, les démarches parallèles des services de la communauté de communes pour entrer en contact avec la requérante ou solliciter les médecins traitants sont demeurées vaines. Toutefois, Mme C a fait l'objet, à la demande du docteur A, médecin généraliste, d'une hospitalisation complète sous contrainte en soins psychiatriques à compter du 26 août 2021, postérieurement à l'arrêté attaqué, en application du II.2 de l'article L. 3212-1 du code de la santé publique, dès lors qu'il existait, à la date de son admission, un péril imminent pour sa santé en raison d'une " décompensation psychotique aigüe avec désorganisation, propos de persécution et soliloque ". S'il n'est pas établi que les précédents arrêts de travail dont a bénéficié la requérante étaient justifiés par son état de santé psychique, il résulte, d'une part, d'un certificat du docteur D, médecin psychiatre des hôpitaux de Lannemezan, du 20 septembre 2020 que Mme C était suivie dans son service depuis le mois de juin 2017, d'autre part que la requérante avait déjà fait l'objet de deux hospitalisations sous contrainte au cours des périodes du 22 décembre 2019 au 13 janvier 2020 et du 26 juin 2020 au 16 juillet 2020. En outre, eu égard à la nature de la pathologie pour laquelle l'intéressée a été hospitalisée au mois d'août 2021, qui a notamment pour effet d'entraîner une rupture dans la manière qu'a l'individu d'interagir et de percevoir la réalité, et dont on ne peut exclure qu'elle soit apparue progressivement, notamment durant la période où elle ne s'est pas rendue à son poste, et au regard des différents témoignages de proches de Mme C sur le repli dont a fait preuve la requérante durant la période précédant l'arrêté attaqué, l'intéressée doit être regardée comme se trouvant dans un état mental pathologique qui ne lui permettait pas d'apprécier la portée des courriers la mettant en demeure de reprendre son travail et de prendre les dispositions nécessaires pour y répondre, quand bien même cette justification, reposant sur des éléments existant antérieurement à la date de la décision attaquée, n'a été révélée à la communauté de communes qu'en cours d'instance. Par suite, le président de la communauté de communes Neste Barousse n'a pu légalement radier Mme C des effectifs du personnel pour abandon de poste.
4. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, l'arrêté du président de la communauté de communes Neste Barousse du 20 juillet 2021 doit être annulé.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. () ". Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision. ".
6. Compte tenu du motif d'annulation, retenu au point 3, de l'arrêté du président de la communauté de communes Neste Barousse du 20 juillet 2021, il y a lieu d'enjoindre à cet établissement public de coopération intercommunale, sous réserve d'un changement de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, de réintégrer juridiquement Mme C dans ses effectifs à compter de la date de prise d'effet de sa radiation, et de procéder à la régularisation de sa situation dans le délai de deux mois suivant la date de notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
8. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la communauté de communes Neste Barousse doivent dès lors être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu non plus de faire droit aux conclusions présentées au même titre par Mme C.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du président de la communauté de communes Neste Barousse du 20 juillet 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la communauté de communes Neste Barousse, sous réserve de changement des circonstances de droit ou de fait, de réintégrer Mme C dans ses effectifs à compter de la date de prise d'effet de sa radiation et de procéder à la reconstitution de sa carrière et de ses droits depuis cette date, dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 3 : Les conclusions de la requête de Mme C sont rejetées pour le surplus.
Article 4 : Les conclusions de la communauté de communes Neste Barousse présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la communauté de communes Neste Barousse.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Genty, première conseillère,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
F. GENTY
Le président,
Signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026