vendredi 28 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2102952 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 2 |
| Avocat requérant | BARNABA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 novembre 2021 et le 8 mars 2023, M. D A, représenté par Me Barnaba, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 juin 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a retiré six points de son permis de conduire et l'a informé de la perte de validité de ce permis, ainsi que la décision par laquelle cette même autorité a implicitement rejeté son recours gracieux formé contre cette décision ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à la restitution de son permis de conduire et à la reconstitution des points retirés par la décision du 16 juin 2021, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à venir, et ce, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
3°) et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée du 16 juin 2021 a été signée par une autorité incompétente ;
- cette décision a été prise en méconnaissance de l'article L. 223-1 du code de la route dès lors que la réalité de l'infraction au code de la route relevée le 28 juillet 2020 n'est pas acquise puisqu'il a interjeté appel du jugement du tribunal correctionnel de Pau du 23 mars 2021 prononçant sa condamnation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C été entendu au cours de l'audience publique, tenue le 30 mars 2023 à 14 heures en présence de Mme Dangeng, greffière d'audience.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 16 juin 2021, le ministre de l'intérieur a retiré six points du permis de conduire de M. A et a informé ce dernier de la perte de validité de son titre de conduite pour solde de points nul. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision, ainsi que la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté son recours gracieux formé le 9 août 2021.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article R. 634-1 du code de justice administrative : " Dans les affaires qui ne sont pas en état d'être jugées, la procédure est suspendue par la notification du décès de l'une des parties ou par le seul fait du décès, de la démission, de l'interdiction ou de la destitution de son avocat. Cette suspension dure jusqu'à la mise en demeure pour reprendre l'instance ou constituer avocat. ".
3. Par un mémoire, enregistré le 8 mars 2023, le conseil de M. A a informé le tribunal du décès de ce dernier le 28 décembre 2022. A cette même date, l'affaire était en état d'être jugée. Il s'ensuit qu'il y a lieu de statuer sur le présent litige.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. / () / La réalité de l'infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ". Par ailleurs, l'article L. 225-1 du code de la route fixe la liste des informations qui, sous l'autorité et le contrôle du ministre de l'intérieur, sont enregistrées au sein du système national des permis de conduire. En particulier, le 6° de cet article prévoit l'enregistrement dans ce système " de toutes décisions judiciaires à caractère définitif en tant qu'elles portent restriction de validité, suspension, annulation et interdiction de délivrance du permis de conduire, ou qu'elles emportent réduction du nombre de points du permis de conduire ainsi que de l'exécution d'une composition pénale ".
5. Il résulte de ces dispositions que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention d'une condamnation pénale devenue définitive.
6. M. A justifie avoir interjeté appel, le 29 mars 2021, de la condamnation prononcée à son encontre par le tribunal correctionnel de Pau le 23 mars 2021, alors qu'elle n'avait pas acquis un caractère définitif. Il s'ensuit que la réalité de l'infraction du 28 juillet 2020, qui est à l'origine de cette condamnation, ne peut être regardée comme définitive au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la décision de retrait de six points afférente à l'infraction du 28 juillet 2020 étant illégale, le solde de points attaché au permis de conduire de M. A n'était pas nul à la date de la décision en litige. Il s'ensuit que, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen soulevé par M. A, celui-ci est fondé à demander l'annulation de la décision du 16 juin 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que, par voie de conséquence, de la décision implicite de rejet née du silence gardé par la même autorité sur son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
8. Si l'annulation de la décision du ministre de l'intérieur invalidant le permis de conduire de M. A ainsi que de la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté son recours gracieux implique en principe que le ministre restitue les points irrégulièrement retirés ainsi que le titre de conduite sous réserve qu'il soit encore valide, il en va différemment lorsque, comme en l'espèce, le décès du requérant est intervenu en cours d'instance, circonstance qui impose le rejet des conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 16 juin 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidation du permis de conduire de M. A est annulée ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux formé à son encontre.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au conseil de M. D A, à Me Barnaba, et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.
La présidente,
Signé
V. QUEMENERLa greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière
Signé : M. B
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026