LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2103068

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2103068

vendredi 3 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2103068
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCHAMBRE 1
Avocat requérantSELARL LANDAVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 novembre 2021 et le 16 mai 2023, Mme B A, représentée par Me Darzacq demande au tribunal :

1°) de condamner solidairement la commune de Mont de Marsan et la communauté d'agglomération Mont de Marsan Agglomération, sur le fondement de dommage de travaux publics, à lui verser la somme de 84 576,11 euros toutes taxes comprises au titre des travaux réparatoires et la somme de 5 004 euros toutes taxes comprises au titre des mesures conservatoires, assorties des intérêts au taux légal ;

2°) de condamner solidairement les mêmes collectivités à lui verser la somme de 400 euros par mois du 1er janvier 2019 au 22 février 2023 soit 50 mois au titre de la perte de loyers, assortis des intérêts au taux légal ;

3°) de condamner les mêmes collectivités au paiement des frais d'expertise ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Mont de Marsan et la communauté d'agglomération Mont de Marsan Agglomération la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a intérêt et qualité à agir eu égard des désordres générés par le défaut de raccordement de la descente d'eaux pluviales sud-ouest de son immeuble lors des travaux de mise en œuvre du réseau d'assainissement unitaire réalisés en 2003 ;

- la prescription quadriennale n'est pas opposable dès lors qu'elle n'a eu la connaissance certaine de l'étendue du dommage qu'en 2021 ;

- les désordres sur sa propriété sont issus d'un dommage de travaux publics, le lien de causalité entre les travaux et le sinistre est établi ;

- l'aggravation des désordres à compter de 2016 provient des travaux réalisés par la régie des eaux dès lors que le raccordement aux eaux pluviales n'a pas été fait correctement ce qui a provoqué un lessivage progressif des sols ;

- elle a droit à la complète réparation notamment au titre des travaux réparatoires, des mesures conservatoires et de la perte de loyer.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 18 mai 2022 et le 2 mai 2023, la communauté d'agglomération Mont de Marsan Agglomération et la commune de Mont de Marsan, représentées par Me Rignault concluent :

- à titre principal au rejet de la requête et oppose une fin de non-recevoir ;

- à titre subsidiaire au rejet de la requête ;

- à ce que soit mis à la charge de Mme A le versement de la somme de 6 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles font valoir que :

- une exception de non-lieu à statuer est opposée en raison du désistement partiel de Mme A ;

- la requérante est dépourvue d'intérêt à agir dès lors qu'elle soutient que les travaux publics réalisés en 2003 sont à l'origine des désordres alors qu'elle n'était pas encore propriétaire à la date de réalisation des travaux ;

- la prescription quadriennale est applicable au litige ;

- les conditions tenant à la responsabilité des collectivités ne sont pas réunies ;

- il n'est pas établi que le dommage constaté puisse être qualifié de dommage de travaux publics ;

- le raccordement entre la descente d'eaux pluviales et le regard relève de la partie privative et sa défectuosité ne peut engager la responsabilité de l'administration ;

- la configuration de la conduite d'évacuation des eaux pluviales dans le sol est de nature à contredire les supputations de l'expert. De plus la régie procédant à la pose d'une nouvelle canalisation n'a pas, en l'absence de branchements existants visibles parvenant à cette canalisation à supputer l'existence d'une conduite enfouie et non raccordée ;

- l'expert n'a pas accompli entièrement sa mission ;

- il est possible que l'intervention des anciens propriétaires soit à l'origine de l'absence de raccordement litigieux ;

- Mme A ne justifie pas du caractère anormal de son préjudice dès lors qu'elle ne s'est pas conformée aux dispositions impératives du règlement sanitaire départemental applicable à la date d'acquisition de son immeuble ;

- il n'y a pas de lien de causalité entre les travaux réalisés en 2003 et le dommage ;

- en tout état de cause, Mme A a commis une série de fautes qui sont à l'origine du dommage, dont l'acquisition d'un bien vétuste, le non-respect des dispositions applicables à l'évacuation des eaux pluviales qui exonère le maître d'ouvrage, et sa double négligence à rechercher les vices affectant son immeuble de sorte que le maître d'ouvrage est exonéré de responsabilité ;

- les conclusions indemnitaires ne sont pas justifiées.

Par un mémoire, enregistré le 19 avril 2023, Mme A, représentée par Me Darzacq, déclare se désister purement et simplement des conclusions tendant à la condamnation de la commune de Mont de Marsan et de la communauté d'agglomération Mont de Marsan Agglomération à lui verser la somme de 84 576,11 euros toutes taxes comprises au titre des travaux réparatoires et à maintenir le surplus de ses conclusions.

Vu :

- l'ordonnance de taxation du 8 juillet 2021 de la cour administrative d'appel de Bordeaux ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Crassus,

- et les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A est propriétaire depuis 2012 d'un bien à usage d'habitation situé à Mont de Marsan. Elle exerce la profession d'avocat au rez-de-chaussée de cet immeuble et loue l'étage. Par arrêté du 20 décembre 2018, le président de Mont de Marsan Agglomération, maire de la commune de Mont de Marsan a mis en demeure Mme A de prendre toutes mesures conservatoires pour garantir la sécurité publique et évacuer les occupants de l'immeuble, frappé de péril imminent. Une expertise a été diligentée par la cour administrative d'appel de Bordeaux et le rapport de M. C a été déposé le 28 juin 2021. Par lettre du 22 octobre 2021, le président de la communauté d'agglomération Mont de Marsan Agglomération, maire de la commune de Mont de Marsan rejetait les demandes préalables indemnitaires de Mme A. Par la présente, Mme A demande la condamnation solidaire de la communauté d'agglomération et de la commune de Mont de Marsan à lui verser la somme de 5 004 euros sur le fondement de la responsabilité sans faute du fait de dommage de travaux publics au titre des mesures conservatoires et la somme de 400 euros sur 50 mois au titre de la perte des loyers.

Sur le désistement partiel :

2. Si, dans sa requête, Mme A a demandé la condamnation de la commune de Mont de Marsan et de la communauté d'agglomération Mont de Marsan Agglomération à lui verser une somme au titre des travaux réparatoires, elle a dans son mémoire enregistré le 19 avril 2023 expressément abandonné ces conclusions. Dès lors, il n'y a plus lieu pour le tribunal que de statuer sur les conclusions indemnitaires liées aux mesures conservatoires liées à l'installation d'un chevalet d'étaiement et sur la perte de loyers à compter du 1er janvier 2019.

Sur le surplus des conclusions à fin d'indemnisation :

3. Même en l'absence de faute, le maître d'ouvrage est responsable à l'égard des tiers des dommages causés à ceux-ci par l'exécution d'un travail public. Le maître de l'ouvrage est également responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut se dégager de sa responsabilité que s'il établit que ces dommages sont imputables à un cas de force majeure ou à une faute de la victime, sans que puisse être utilement invoqué le fait d'un tiers. La victime n'est pas tenue de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'elle subit lorsque le dommage présente un caractère accidentel. Dans le cas d'un dommage causé à un immeuble, la fragilité ou la vulnérabilité de celui-ci ne peuvent être prises en compte pour atténuer la responsabilité du maître de l'ouvrage, sauf lorsqu'elles sont elles-mêmes imputables à une faute de la victime. En dehors de cette hypothèse, de tels éléments ne peuvent être retenus que pour évaluer le montant du préjudice indemnisable. Toutefois, il appartient au tiers, victime d'un dommage de travaux publics de rapporter la preuve du lien de cause à effet entre, d'une part, les travaux publics et, d'autre part, le dommage dont il se plaint.

En ce qui concerne le lien de causalité entre les travaux publics et le dommage :

4. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'immeuble appartenant à Mme A était vétuste et comprenait de nombreuses fissures dont une significative dès l'acquisition de ce bien en 2012. L'expert soutient que dans le cadre des travaux réalisés en 2003, l'absence de raccordement de la descente a engendré un lessivage progressif des sols d'assise de l'angle sud-ouest de l'immeuble, ainsi un mouvement lent de basculement s'est initié depuis. Les travaux postérieurs ont engendré des trépidations et secousses qui ont accéléré le mouvement, toutefois ces travaux ne constituent pas la cause du sinistre. Contrairement à ce que soutient la requérante, l'expert n'établit pas que les travaux de 2003 soient à l'origine du sinistre. S'il reconnaît l'imputabilité de la responsabilité de la régie des eaux, sa mise en cause n'est admise que par défaut. Il résulte également de l'instruction que l'obligation de raccordement aux réseaux d'eaux pluviales et celle de l'entretien des ouvrages privatifs, qui sont à l'origine des désordres, pèsent sur le propriétaire de l'immeuble et non sur le responsable du réseau. Dans ces conditions, il n'est pas établi que les travaux de raccordement d'eaux pluviales réalisés en 2003 dans la rue du bien litigieux soient à l'origine du sinistre. En outre à la date de l'acquisition du bien en 2012, les fissures bien qu'apparentes se sont élargies et amplifiées en 2016 soit plus de 13 ans après l'intervention des travaux publics. Par suite le lien de causalité entre le sinistre et les travaux n'est pas établi.

En ce qui concerne la faute de la victime :

5. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que l'absence de prise de mesures conservatoires suffisantes a participé, après la survenance des désordres à la constitution des préjudices matériels invoqués par la requérante. La circonstance que la requérante ait été contrainte de faire réaliser des mesures conservatoires caractérise une faute de nature à exonérer le maître d'ouvrage de toute responsabilité à son égard.

6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de répondre aux fins de non-recevoir soulevées en défense, les conclusions à fins indemnitaires de Mme A doivent être rejetées.

Sur les dépens :

7. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".

8. Par ordonnance du 8 juillet 2021 la présidente de la cour administrative d'appel, a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expertise réalisée par M. C à la somme de 10 301,75 euros toutes taxes comprises, mise à la charge provisoire de l'Etat. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre cette somme à la charge définitive de Mme A.

Sur les frais liés aux dépens :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Mont de Marsan et la communauté d'agglomération Mont de Marsan Agglomération, qui n'ont pas la qualité de partie perdante, versent à Mme A une somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Mont de Marsan et par la communauté d'agglomération Mont de Marsan Agglomération et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de Mme A tendant à la condamnation de la communauté d'agglomération Mont de Marsan Agglomération et de la commune de Mont de Marsan au versement de la somme de 84 576,11 euros (quatre-vingt-quatre mille cinq cent soixante-seize euros et onze centimes) toutes taxes comprises au titre des travaux réparatoires.

Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.

Article 3 : Les frais et honoraires de l'expertise d'un montant de 10 301,75 euros (dix mille trois cent un euros et soixante-quinze centimes) toutes taxes comprises sont définitivement mis à la charge de Mme A.

Article 4 : Mme A versera à la communauté d'agglomération Mont de Marsan Agglomération et à la commune de Mont de Marsan la somme de 1 500 euros au total sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : La présente décision sera notifiée à Mme B A, à la communauté d'agglomération Mont de Marsan Agglomération et à la commune de Mont de Marsan.

Copie en sera adressée à M. C, expert.

Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

Mme Neumaier, conseillère,

Mme Crassus, conseillère.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 3 mai 2024.

La rapporteure,

L. CRASSUS La présidente,

M. SELLES

La greffière,

M. D

La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions