mercredi 13 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2103324 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 3 |
| Avocat requérant | SCP CABINET PERSONNAZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 décembre 2021 et 27 octobre 2023, M. C A, représenté par Me Jambon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Labenne a refusé de lui délivrer un permis de construire en vue de la construction d'une maison individuelle d'une surface de plancher de 112,19 m² sur un terrain situé avenue Jean Lartigau, ensemble la décision rejetant implicitement le recours gracieux formé à l'encontre de cet arrêté ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Labenne, à titre principal, de lui délivrer le permis de construire sollicité et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande, dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) et de mettre à la charge de la commune de Labenne la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée, en l'absence de justification d'une délégation de signature régulièrement publiée au bénéfice de son auteur, a été prise par une autorité incompétente ;
- le refus opposé à sa demande est insuffisamment motivé ;
- le motif de refus est illégal dès lors que la construction en litige ne méconnait pas les dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUI) de la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud ; au jour de la délivrance de l'arrêté, il bénéficiait de deux autorisations écrites de propriétaires riverains selon lesquelles il avait le droit de déboiser sur une distance de 6 mètres par rapport à la limite séparative pour l'un, et de 9 mètres pour l'autre ; l'arrêté est ainsi entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation ;
- par ailleurs, en application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, le maire pouvait lui accorder un permis de construire en l'assortissant d'une prescription spéciale, à savoir l'obligation de respecter une bande de 12 mètres d'espace libre.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 novembre 2022, la commune de Labenne, représentée par Me Miranda, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge du requérant une somme de 2 500 euros, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Un mémoire présenté pour la commune de Labenne a été enregistré le 29 novembre 2023.
Par une ordonnance du 31 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 1er décembre 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Portès,
- les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique,
- les observations de Me Ferrant, substituant Me Jambon, représentant M. A,
- et les observations de Me Dauga, substituant Me Miranda, représentant la commune de Labenne.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a déposé, le 19 avril 2021, une demande de permis de construire en vue de la réalisation d'une maison individuelle à usage d'habitation sur la parcelle cadastrée section A n° 703, située avenue Jean Lartigau, à Labenne (40530). Par arrêté du 28 juin 2021, le maire de la commune de Labenne a refusé de lui délivrer le permis de construire au motif que le terrain d'assiette du projet est situé en zone d'aléa fort de l'atlas départemental du risque incendie de forêt et que l'accord des propriétaires sur le fait de déboiser " sur une largeur de 6 à 9 mètres " ne constitue pas une mesure pérenne de prise en compte de ce risque. M. A a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision du 28 juin 2021, par courrier du 23 août 2021, mais sa demande a été implicitement rejetée. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 juin 2021, ensemble la décision rejetant implicitement son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 4 juin 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la commune de Labenne et transmis au représentant de l'État le 5 juin 2020, le maire de la commune de Labenne a donné délégation de signature à Mme D E, 3e adjointe au maire et signataire de la décision du 28 juin 2021, à l'effet de signer notamment toute autorisation d'occupation des sols et notamment les permis de construire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué mentionne les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement. Il vise notamment le code de l'urbanisme et le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUI) approuvé le 27 février 2020, modifié le 6 mai 2021, et mentionne que le terrain d'assiette du projet est situé en zone d'aléa fort au titre de l'atlas départemental du risque incendie de forêt. Par suite, si l'arrêté ne précise pas en quoi les éléments portant sur l'accord des propriétaires voisins pour déboiser sur une largeur allant de 6 à 9 mètres ne constitueraient pas une " mesure pérenne " en terme de prise en compte de ce risque, les éléments mentionnés permettent au pétitionnaire de contester utilement ce motif.
4. En troisième lieu, aux termes du titre D) intitulé " risque feu de forêt " des dispositions générales du règlement du PLUI de la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud (MACS) : " En zone urbaine et en zone à urbaniser : () Pour les unités foncières situées au sein même de la zone d'aléa fort incendie de forêt : les constructions devront présenter dans un rayon de 12 m un espace libre. Des feuillus pourront être implantés dans ce rayon à condition qu'ils n'empêchent pas le passage d'un véhicule sur une largeur de 6 m minimum. ".
5. Il est constant que le terrain d'assiette du projet en litige se trouve au sein d'une zone constructible mais également dans la zone d'aléa fort du risque d'incendie de forêt. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse PC 2 ter, que la construction projetée ne présente pas un espace libre dans un rayon de 12 mètres en parties nord et est du projet. Par ailleurs, s'il ressort des pièces du dossier que le requérant est titulaire de deux courriers de voisins, établis les 26 octobre 2018 et 10 janvier 2019 l'autorisant, d'une part, à déboiser sur une distance de 9 mètres à partir de la limite de propriété et, d'autre part, à accéder à la parcelle cadastrée section A no 183 et à déboiser sur une distance de six mètres à partir de la limite séparative de la propriété commune avec la parcelle cadastrée section A no 703, ces éléments ne sauraient suffire, en tout état de cause, à permettre le respect, dans un rayon de 12 mètres, d'un espace libre, autour de la construction projetée, exigé par les dispositions précitées. Dans ces conditions, le maire de la commune de Labenne n'a pas méconnu les dispositions précitées du PLUI. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.
6. En quatrième et dernier lieu, en vertu de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
7. Si le requérant soutient que le refus de permis de construire est illégal dès lors que le maire aurait pu délivrer un permis de construire en l'assortissant de prescriptions spéciales, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci a été pris non pas sur le fondement de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme mais sur la méconnaissance du règlement du PLUI. Dans ces conditions, ce moyen ne peut qu'être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 28 juin 2021 et de la décision rejetant implicitement son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par le requérant, n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions aux fins d'injonction de cette même requête ne peuvent également qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Labenne, qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, verse à M. A, une somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
11. Il y a lieu en revanche de mettre à la charge du requérant une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Labenne et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versa à la commune de Labenne une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la commune de Labenne.
Délibéré après l'audience du 21 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
M. Rousseau, premier conseiller,
Mme Portès, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2024.
La rapporteure,
Signé
E. PORTES
La présidente,
Signé
S. PERDU La greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne à la préfète des Landes, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026