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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2103345

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2103345

mercredi 12 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2103345
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantGARCIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 décembre 2021, le 13 septembre 2022, le 27 janvier 2023, et le 15 mars 2023, M. B Q, M. U C, M. I R, M. M K, M. P A, M. N L,

M. T E, M. S O, Mme B J, M. G F, Mme H D, représentés par Me Garcia, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 octobre 2021 par lequel le maire de Lescar a délivré à la société Machico un permis de construire en vue de l'édification d'un immeuble d'habitation collective comportant 18 logements ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Lescar une somme de 8 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils justifient d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;

- le dossier est incomplet au regard des dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, compte tenu de l'insuffisance de la notice concernant l'organisation et l'aménagement des accès au terrain, de l'article R. 431-9 du même code, compte tenu de ce que le dossier ne précise pas que le terrain ne bénéficie pas d'un accès direct à une voie ouverte à la circulation publique et qu'il n'est pas justifié d'une servitude de passage ni précisé les caractéristiques de cette servitude, et de l'article R. 431-10 du même code, compte tenu de l'insuffisance du document graphique ;

- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme, faute pour la commune d'avoir consulté toutes les personnes et autorités appelées à se prononcer sur le projet ;

- la délibération du 19 décembre 2019 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération de Pau-Béarn-Pyrénées a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal est illégale en tant qu'elle classe les parcelles cadastrées section AH n°1295 et 1297 en zone urbaine ;

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme au regard du risque d'inondation ;

- par voie d'exception, le plan de prévention des risques d'inondation de la commune de Lescar est illégal en tant qu'il ne classe pas les parcelles cadastrées section AH n° 1295 et

n° 1297 en zone rouge ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les articles UBc1, UBc5, UBc8, UBc9 et UBc11 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Pau Béarn Pyrénées ;

- il méconnaît l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article 4. 2.4 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal relatif aux logements sociaux ;

- il méconnaît les articles 3.1 et 3.1.2 du règlement du plan de prévention des risques d'inondation de la commune de Lescar ;

- il est entaché de fraude.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 10 octobre 2022 et le 24 janvier 2023, la commune de Lescar, représentée par Me Boissy, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable en tant qu'elle a été engagée par M. C, M. Q, M. R, M. K, Mme J, M. F et Mme D, en application de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme, dès lors que ces requérants ne justifient pas de leur qualité de riverains du projet querellé à la date d'enregistrement de la requête ;

- les requérants ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;

- les moyens soulevés par M. Q et autres ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense enregistrés le 12 juillet 2022, le 26 janvier 2023, et le 16 mars 2023, la société civile de construction vente Machico, représentée par Me Cachelou, conclut au rejet de la requête, au besoin après avoir fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les requérants ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;

- les moyens soulevés par M. Q et autres ne sont pas fondés.

Un mémoire en défense présenté pour la société Machico a été enregistré le 7 avril 2023.

Un mémoire présenté pour M. Q et autres a été enregistré le 7 avril 2023.

Les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de mettre en œuvre la procédure prévue par l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme au regard des vices tirés de :

- la méconnaissance des articles UBc5 et UBc11 du règlement du plan local d'urbanisme de Lescar ;

- la méconnaissance des dispositions de l'article 3.1.2 du titre II du plan de prévention du risque d'inondation de la commune de Lescar relatives à la végétation, et des dispositions de l'article 4.1.1 du même titre relatives à l'implantation des constructions ; et ont été invitées à émettre des observations.

Des observations présentées respectivement pour la société Machico et pour les requérants ont été enregistrées le 12 juin 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Dumez-Fauchille,

- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,

- et les observations de Me Garcia, représentant M. Q et autres, et de Me Lourme, représentant la société Machico.

Une note en délibéré présentée pour la commune de Lescar a été enregistrée le 16 juin 2023.

Une note en délibéré présentée pour la société Machico a été enregistrée le 19 juin 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 18 octobre 2021, le maire de Lescar a délivré à la société Machico un permis de construire en vue de l'édification d'un immeuble d'habitation collective comportant 18 logements. M. Q et autres demandent l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les fins de non-recevoir opposées par la commune de Lescar et la société Machico :

2. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme : " Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation, du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant. ".

3. Il ressort des pièces du dossier que M. C, M. Q et Mme J ont produit leurs avis de taxe foncière respectifs, pour les années 2020 ou 2021, attestant ainsi de leur qualité de propriétaire du bien dont ils invoquent l'occupation. En revanche, M. R, M. K, M. F et Mme D n'ont produit aucune pièce attestant de leur qualité de propriétaire ou de l'occupation régulière du bien immobilier sur lequel ils fondent leur intérêt pour agir. Par suite, la fin de non-recevoir opposée à ce titre par la commune de Lescar doit être accueillie concernant ces derniers, et écartée en ce qui concerne M. C, M. Q et Mme J.

4. En second lieu, aux termes de l'article L 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L.261-15 du code de la construction et de l'habitation. ".

5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Il appartient ensuite au juge de l'excès de pouvoir de former sa conviction sur la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci.

6. Ainsi qu'il a été dit au point 3, M. R, M. K, M. F et Mme D n'établissent pas leur qualité de propriétaire ou d'occupant régulier du bien immobilier dont ils font respectivement état, de sorte qu'ils ne peuvent être regardés comme justifiant d'un intérêt leur donnant qualité pour agir contre l'arrêté attaqué. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. C et M. Q, propriétaires de maisons sises 2 chemin de Larrec, situées à environ 200 mètres du terrain d'assiette au sud du projet, dont elles sont séparées par des constructions, ne justifient pas par la seule production d'une photographie prise depuis la voie publique, et non depuis leurs propriétés respectives, d'une nuisance visuelle, tandis que le trafic routier créé par le projet, qui compte 18 logements, sur le chemin de Larrec desservant leur propriété est d'une ampleur limitée et insuffisant pour conférer à ces requérants un intérêt leur donnant qualité pour agir contre l'arrêté litigieux. Enfin, l'aggravation du risque d'inondation alléguée par ce projet n'est pas établie. En revanche M. A, M. L et M. E sont propriétaires de maisons sises respectivement aux 5, 6 et 8 du chemin de Larrec et de terrains attenants, à une distance de 100 à 140 mètres du terrain d'assiette du projet et disposant, d'après leur localisation, de perspectives vers les coteaux, tandis qu'il n'est pas établi que les clôtures végétales cernant leurs propriétés sont de nature à obstruer complètement et tout au long de l'année ces vues. Or le projet litigieux, situé au pied de ces coteaux et comportant des bâtiments composés de trois niveaux, est de nature à porter atteinte à de telles perspectives. De même, d'après leur localisation par rapport au terrain d'assiette du projet, ce dernier sera visible depuis certains points des propriétés de Mme J et de M. O, et de nature à porter atteinte à la vue dont ils disposent vers la campagne environnante. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt pour agir des requérants opposée par la commune de Lescar et la société Machico doit être accueillie concernant M. R, M. K, M. F, Mme D, M. C et M. Q, et écartée concernant les autres requérants.

En ce qui concerne le fond du litige :

S'agissant de la légalité de l'arrêté du maire de Lescar du 18 octobre 2021 :

7. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : () c) la localisation et la superficie du terrain ; (). ".

8. Il ressort des pièces du dossier que si le formulaire de demande de permis de construire et la notice qui accompagne cette demande précisent que le terrain d'assiette est composée de deux parcelles cadastrées section AH n°1295 et 1297, présentant une superficie totale de 2 778 m², le plan de situation localisant ce terrain le représente comme incluant également les trois parcelles cadastrées section AH n°1293, 1296 et 1298, qui forment une bande entre le tènement composé des parcelles cadastrées section AH n°1295 et 1297 et la voie publique. Dans les circonstances de l'espèce, eu égard à la très faible superficie que représente ces trois parcelles, et alors que la qualité du pétitionnaire pour déposer une demande de permis de construire sur l'unité foncière constituée par ces cinq parcelles n'est pas sérieusement discutée, il n'est pas établi que la contradiction ainsi relevée était de nature à fausser l'appréciation du service instructeur. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ".

10. Il ressort des pièces du dossier que la notice jointe au dossier de demande de permis de construire précise que l'accès à la parcelle se fait depuis le chemin de Larrec pour les véhicules, et depuis le chemin Marlat pour les piétons, et que les constructions sont desservies par une voie interne d'une largeur de 5,5 mètres. Au surplus, le plan de masse du projet représente la voie interne qui dessert les bâtiments depuis le chemin de Larrec, ainsi que l'accès dédié aux piétons. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier au regard de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme manque en fait.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " () Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. () ".

12. Il ressort des pièces du dossier que le projet est desservi depuis le chemin de Larrec, voie publique, par une voie interne prenant son emprise sur les parcelles cadastrées section AH n°1298, 1296 et 1293. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le dossier ne précise pas l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'accéder au projet.

13. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; (). ".

14. Le dossier de demande de permis de construire comporte un document graphique représentant l'insertion du projet dans son environnement, notamment par rapport aux constructions voisines, mais n'y fait figurer que très partiellement l'immeuble projeté. Les autres pièces du dossier de demande, en particulier le plan de situation, la vue aérienne du secteur, les photographies de l'environnement proche et lointain du terrain d'assiette et les plans des façades ne pallient pas cette insuffisance. Toutefois, cette dernière, compte tenu de cet ensemble, n'était pas de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit être écarté.

15. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur. ".

16. Les requérants se bornent à alléguer que la commune de Lescar n'a pas consulté toutes les personnes et autorités appelées en principe à se prononcer sur le projet, sans toutefois les désigner, ce qui ne permet pas au tribunal d'apprécier le bien-fondé de ce moyen.

17. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 151-18 du code de l'urbanisme : " Les zones urbaines sont dites " zones U ". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter. "

18. Si une autorisation de construire ne peut être délivrée que pour un projet qui respecte la réglementation d'urbanisme en vigueur, elle ne constitue pas un acte d'application de cette réglementation. Par suite, un requérant demandant l'annulation d'une telle autorisation ne saurait utilement se borner à soutenir qu'elle a été délivrée sous l'empire d'un document d'urbanisme illégal, quelle que soit la nature de l'illégalité dont il se prévaut. Cependant, la déclaration d'illégalité d'un document d'urbanisme a, au même titre que son annulation pour excès de pouvoir, pour effet de remettre en vigueur le document d'urbanisme immédiatement antérieur. Dès lors, il peut être utilement soutenu devant le juge qu'un permis de construire a été délivré sous l'empire d'un document d'urbanisme illégal - sous réserve, en ce qui concerne les vices de forme ou de procédure, des dispositions de l'article L. 600-1 du même code -, à la condition que le requérant fasse en outre valoir que ce permis méconnaît les dispositions pertinentes ainsi remises en vigueur.

19. Les requérants se bornent à exciper de l'illégalité de la délibération du conseil communautaire de la communauté d'agglomération de Pau Béarn Pyrénées du 19 décembre 2019 portant approbation du plan local d'urbanisme intercommunal, en tant que ce document d'urbanisme classe les parcelles cadastrées section AH n° 1295 et n° 1297 en zone urbaine, sans toutefois alléguer que le permis litigieux méconnaîtrait les dispositions pertinentes antérieures. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.

20. En septième lieu, aux termes de l'article L. 151-43 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme comportent en annexe les servitudes d'utilité publique affectant l'utilisation du sol et figurant sur une liste dressée par décret en Conseil d'Etat. ". Aux termes de l'article R. 151-53 du même code : " Figurent également en annexe au plan local d'urbanisme, s'il y a lieu, les éléments suivants : () 9° Les dispositions d'un projet de plan de prévention des risques naturels prévisibles rendues opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement ; (). ". Aux termes de l'article L. 562-4 du code de l'environnement : " Le plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé vaut servitude d'utilité publique. Il est annexé au plan local d'urbanisme, conformément à l'article L. 153-60 du code de l'urbanisme. (). ". Aux termes de l'article L. 153-60 du code de l'urbanisme : " Les servitudes mentionnées à l'article L. 151-43 sont notifiées par l'autorité administrative compétente de l'Etat au président de l'établissement public ou au maire. / Ceux-ci les annexent sans délai par arrêté au plan local d'urbanisme. A défaut, l'autorité administrative compétente de l'Etat est tenue de mettre le président de l'établissement public compétent ou le maire en demeure d'annexer au plan local d'urbanisme les servitudes mentionnées au premier alinéa. Si cette formalité n'a pas été effectuée dans le délai de trois mois, l'autorité administrative compétente de l'Etat y procède d'office. ".

21. Aux termes du règlement du plan de prévention du risque d'inondation de la commune de Lescar : " Chapitre 2 - Dispositions applicables en zone rouge : La zone rouge dénommée " R " correspond aux secteurs de grand écoulement de la rivière soumis à un aléa fort ou moyen et qui seraient fortement impacté par la rupture d'un ouvrage de protection. Elle correspond également à un secteur d'écoulement des crues soumis à des aléas faibles en zone agricole ou naturelle. Ce secteur couvre la majeure partie des champs d'expansion des crues. Il est donc essentiel de le préserver et de maintenir le libre écoulement de l'eau. Il peut également correspondre à des zones non inondables ou plus faiblement impactées mais où l'accessibilité, par les services de secours en véhicule terrestre, ne peut être assurée pendant l'inondation (). () Chapitre 3 - Dispositions applicables en zone verte : La zone verte dénommée " V " correspond à un secteur d'écoulement des crues soumis à des aléas faibles en zone urbanisée. Dans ces secteurs, l'objectif est d'admettre certains types de constructions prenant en compte l'exposition au risque de façon à ne pas augmenter la vulnérabilité des biens. ".

22. Il résulte de ces dispositions que la définition des zones rouge et verte par le plan de prévention du risque d'inondation est multifactorielle, ne reposant pas sur la seule consistance du risque d'inondation. Ainsi, en se bornant à invoquer la circonstance que le terrain d'assiette du projet, classé en zone verte, jouxte immédiatement une parcelle classée en zone rouge et présentant une cote altimétrique à peu près similaire, et à alléguer, sans le démontrer, que ce terrain fait régulièrement l'objet d'inondations en hiver, les requérants ne démontrent pas que le classement de ce terrain en zone verte de ce plan est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

23. En huitième lieu, aux termes de l'article 3.1.2 du règlement du plan de prévention du risque d'inondation de la commune de Lescar, applicable à la zone verte : " 3.1.2- Autorisation : Les projets nouveaux du présent article peuvent être autorisés sous réserve de ne pas aggraver les risques ou d'en provoquer de nouveaux, d'assurer la sécurité des personnes et limiter ou réduire la vulnérabilité des biens. / A ce titre, les projets autorisés doivent respecter les prescriptions réglementaires du chapitre 4 et les mesures du titre III. () Végétation : Les plantations d'arbres, espacés de plus de 7 mètres sont admises à l'exclusion des arbres caractérisés par la fragilité de leur enracinement (enracinements superficiels) qui risquent d'être emportés et créer des embâcles. / Les haies arbustives. Elles devront être étudiées de façon à leur préserver une transparence maximale à l'écoulement. ". Aux termes du chapitre 4 de ce même règlement : " () Implantation : Les constructions autorisées seront situées de préférence dans la partie la plus élevée du terrain et/ou au plus près des voies les desservant. / L'implantation des bâtiments limitera l'effet d'obstacle à l'écoulement de l'eau. A ce titre : () 2. Afin de limiter l'effet d'obstacle, la plus grande longueur du bâtiment doit être placée dans l'axe des écoulements de l'eau. On évitera les décrochements importants au niveau de l'emprise de la construction (voir schéma ci-dessous). () 3. Le choix d'implantation d'un ensemble de constructions doit prendre en compte la nécessité de conserver une transparence hydraulique en ménageant des espaces libres pour l'écoulement. On tiendra compte du fait que le niveau de crue est rehaussé entre les bâtiments et que la vitesse du courant est augmentée dans les rétrécissements. (). ".

24. Tout d'abord, le plan de masse représente, en limite est du terrain d'assiette, cinq arbres distants entre eux de moins de 7 mètres, en méconnaissance des dispositions précitées du plan de prévention du risque d'inondation, la notice précisant seulement sur ce point que " les espaces verts communs seront plantés d'arbres de haute tige et de végétation arbustive d'essences locales conformément au PLUI ". Ensuite, concernant l'implantation des bâtiments, les dispositions précitées du règlement du plan de prévention du risque d'inondation ne prescrivent pas, mais recommandent seulement une implantation des constructions dans la partie la plus élevée du terrain. Dès lors, la circonstance que les bâtiments A et B du projet sont implantés dans la partie ouest du terrain, qui présente une altimétrie légèrement inférieure à celle de la partie est, ne méconnaît pas le règlement du plan de prévention du risque d'inondation. Par ailleurs, contrairement à ce qu'indique la société Machico, la règle relative à l'implantation des bâtiments dans l'axe de l'écoulement des eaux est applicable au projet litigieux, lequel se trouve en zone d'aléa violet clair. Toutefois, les requérants ne démontrent pas le sens d'écoulement de l'eau, de sorte qu'ils ne sont pas fondés à soutenir que les bâtiments ne sont pas implantés dans l'axe d'écoulement. Par suite, les requérants sont seulement fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît le règlement du plan de prévention du risque d'inondation de la commune de Lescar, en tant que ce document prescrit la plantation d'arbres distants d'au moins 7 mètres.

25. En neuvième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". Aux termes de l'article UBc1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Pau Béarn Pyrénées - " Types d'occupation ou d'utilisation des sols interdits. Dans l'ensemble de la zone sont interdites : - les constructions, installations et aménagements qui, par leur nature, leur importance ou leur aspect, seraient incompatibles avec le caractère du voisinage ou susceptibles de porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique ; () ".

26. Le terrain d'assiette, situé en zone verte du plan de prévention du risque d'inondation, se caractérise par un aléa faible au risque d'inondation. La seule circonstance qu'il prenne place à proximité d'une zone rouge et que des maisons du secteur ont déjà été inondées ne saurait suffire à établir l'ampleur du risque d'inondation des parcelles ni à caractériser une atteinte portée par le projet à la sécurité des riverains. A cet égard, les allégations des requérants tenant à une inondation à chaque hiver de ces parcelles ne sont pas démontrées par la production de photographies non datées et non localisées. Enfin, si la réalisation du projet conduira nécessairement à artificialiser les sols, ne laissant que 36% d'espace de pleine terre, il ressort des pièces du dossier, en particulier du dossier de demande de permis de construire, que sont prévus un bassin de rétention et un ouvrage de régulation par refoulement calibré, dont les requérants n'établissent ni même n'allèguent qu'ils ne suffiraient pas à compenser cette artificialisation des sols. Par suite, l'arrêté attaqué n'a pas été pris en méconnaissance des dispositions précitées de l'article UBc1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Pau Béarn Pyrénées, et n'est pas non plus entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

27. En dixième lieu, aux termes de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Le règlement national d'urbanisme est applicable aux constructions et aménagements faisant l'objet d'un permis de construire, d'un permis d'aménager ou d'une déclaration préalable ainsi qu'aux autres utilisations du sol régies par le présent code. / Toutefois les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à R. 111-19 et R. 111-28 à R. 111-30 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu. ".

28. La commune de Lescar étant dotée d'un plan local d'urbanisme, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme est inopérant.

29. En onzième lieu, aux termes de l'article UBc5 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Pau Béarn Pyrénées : " Implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur une même propriété. Les baies des pièces principales et des bureaux ne doivent être masquées par aucune partie d'immeuble qui, à l'appui de ces baies, serait vue sous un angle de plus de 45° au-dessus du plan horizontal. / Sous réserve des dispositions ci-dessus, la distance minimum entre deux constructions non contiguës est fixée au quart de la somme de leurs hauteurs. / Cette distance ne peut être inférieure à 2 mètres, excepté pour les bassins et piscines non couverts. ".

30. Il ressort des pièces du dossier que le projet comporte deux ensembles bâtis, A et B, lesquels se décomposent chacun en deux parties, reliées entre elles par une coursive au premier étage, desservie depuis le rez-de-chaussée par un escalier et vers laquelle les façades présentent des ouvertures. Compte tenu de cet unique lien architectural, en sus d'une dalle commune, reliant les deux parties de chaque bâtiment, ces dernières doivent être regardées comme constituant des constructions non contigües, soumises au respect de la règle minimale de distance rappelée au point précédent. Dès lors que les deux parties qui composent chacun des " bâtiments " A et B s'élèvent à plus de 5,5 m, la distance d'environ 2,5 m qui les sépare est inférieure au quart de leur hauteur cumulée. Par suite, l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions précitées de l'article UBc5 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Pau Béarn Pyrénées.

31. En douzième lieu, aux termes de l'article UBc8 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Pau Béarn Pyrénées : " Aspect extérieur des constructions et aménagement de leurs abords. Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. / Le projet peut être refusé ou être accepté en fonction des spécificités architecturales locales. ().1. Dispositions pour les bâtiments remarquables et exceptionnels () ; 2. Dispositions pour les autres constructions : Généralités : l'aspect des bâtiments doit être inspiré des constructions traditionnelles des centres anciens. Des formes architecturales d'expression contemporaine pourront également être autorisées si elles s'insèrent harmonieusement dans le paysage environnant ou si les projets proposent des gabarits supérieurs aux bâtiments traditionnels adjacents. () Façades : () La couleur des façades sera de teinte naturelle, correspondant aux teintes traditionnelles locales (voir nuancier ci-annexé) hormis pour les communes disposant d'études historiques et patrimoniales et de cahiers coloristiques. () Les menuiseries reprendront des teintes traditionnelles locales (voir nuancier ci-annexé) hormis pour les communes disposant d'études historiques et patrimoniales et de cahiers coloristiques. / L'utilisation de couleurs hors nuancier (façade et menuiserie) sera autorisée de façon dérogatoire, dès lors que le pétitionnaire apportera la démonstration de son utilité dans le parti architectural choisi. ".

32. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le secteur dans lequel prend place le terrain d'assiette du projet présente un caractère plan et supporte des maisons individuelles à un étage, de formes variées et sans harmonie particulière. Si ce terrain borde au nord un coteau qui comporte un espace boisé, le secteur ne présente pas, dans son ensemble, de qualité paysagère ou architecturale particulière auquel le projet porterait atteinte. Alors que la hauteur de ce dernier est sensiblement supérieure à celles des constructions avoisinantes, en raison d'un étage supplémentaire, sa volumétrie décomposée en plusieurs parties atténue son aspect massif, de sorte qu'il ne crée pas de rupture d'harmonie avec les constructions existantes. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que l'aspect des bâtiments projetés ne s'inspirent pas des constructions traditionnelles des centres anciens, les dispositions précitées de l'article UBc8 du règlement du plan local d'urbanisme autorisent également des formes architecturales contemporaines.

33. D'autre part, le dossier de demande de permis de construire prévoit, pour les façades du projet, un enduit de couleur " blanc lumière " et, pour les menuiseries, l'emploi d'un aluminium de couleur blanche. Or le blanc lumière pour les façades et le blanc pour les menuiseries sont au nombre des couleurs répertoriées par le nuancier annexé au règlement du plan local d'urbanisme intercommunal. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article UBc8 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Pau Béarn Pyrénées.

34. En treizième lieu, aux termes de l'article UBc9 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Pau Béarn Pyrénées : " Le coefficient de biotope fixe l'obligation de maintenir ou de créer des surfaces non imperméabilisées ou éco-aménageables sur l'unité foncière : coefficient de pleine terre, surface au sol artificialisée mais végétalisée, toiture et murs végétalisés A ce titre, le coefficient de pleine terre (continuité avec la terre naturelle, disponible au développement de la flore et de la faune) est fixé à 0,30. ".

35. La notice précise que les espaces de pleine terre représentent 995 m², soit plus de 30 % du terrain d'assiette du projet, lequel comporte, ainsi qu'il a été dit au point 8, en sus des parcelles mentionnées dans le formulaire de demande de permis de construire, d'une superficie totale de 2778 m², les trois parcelles cadastrées section AH n° section AH n°1293, 1296 et 1298 qui présentent, d'après les données du site Géoportail, accessible tant aux juges qu'aux parties, une superficie globale de 22 m². Le calcul approximatif réalisé par les requérants ne permet pas d'établir l'inexactitude de cette mention portée dans la notice. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UBc9 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Pau Béarn Pyrénées manque en fait.

36. En quatorzième lieu, aux termes de l'article UBc11 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Pau Béarn Pyrénées : " Tout terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée, soit directement, soit par l'intermédiaire d'une servitude de passage aménagée sur les fonds voisins dans les conditions fixées par l'article 682 du Code civil. / Les accès et les voies doivent présenter des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie, de la protection civile et de la collecte des ordures ménagères. / Voies : Voies ouvertes au public : - pour les voies à double sens, l'emprise de la chaussée aura une largeur minimale de 5 mètres. - pour les voies à sens unique, l'emprise de la chaussée aura une largeur minimale de 3,5 mètres. Voies privées : à partir de 3 logements desservis, l'emprise de la voie aura une largeur minimale de 5 mètres. ".

37. Pour l'application de règles relatives à la desserte des terrains, la conformité d'un immeuble aux prescriptions d'un plan local d'urbanisme s'apprécie non par rapport à l'état initial de la voie mais en tenant compte des prévisions inscrites dans le plan local d'urbanisme à l'égard de celle-ci et des circonstances de droit et de fait déterminantes pour leur réalisation.

38. Il ressort des pièces du dossier que le projet est desservi par le chemin de Larrec, voie ouverte au public, à double sens de circulation. Or, si cette voie présente, au droit de l'accès au terrain d'assiette du projet, une largeur supérieure à 5 mètres, la chaussée comporte des rétrécissements ponctuels, de sorte que son emprise, dont le lexique du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal indique qu'elle ne comprend que la plateforme de roulement, en sus d'une éventuelle bande cyclable, ne présente pas, ce que reconnaît d'ailleurs la commune, la largeur minimale exigée par les dispositions de l'article UBc11 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal. La commune et la société pétitionnaire ne peuvent utilement invoquer l'existence d'un emplacement réservé le long du chemin de Larrec, destiné à l'élargissement de cette voie, en l'absence d'autre circonstance de droit ou de fait déterminante dans la réalisation de cet élargissement. Par suite, l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de l'article UBc11 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Pau Béarn Pyrénées.

39. En quinzième lieu, le règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Pau Béarn Pyrénées comporte un plan des secteurs de renforcement de mixité sociale, incluant en zone verte le terrain d'assiette du projet litigieux, ce qui implique une obligation en matière de logement locatif social s'élevant à un taux de 30% du nombre de logements total du programme. Toutefois, le même règlement fixe des seuils de déclenchement de la servitude de mixité sociale en fonction de l'opération projetée, lequel s'agissant des immeubles d'habitation collective, est de 1 800 m² de surface de plancher potentielle ou équivalente, ou l'équivalent de 30 logements. Or, il ressort des pièces du dossier que le projet autorisé par l'arrêté litigieux comporte 18 logements et une surface de plancher de 1259,84 m². Ce dernier n'est donc pas soumis à la servitude de mixité sociale rappelée précédemment. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de l'article 4.2.4 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Pau Béarn Pyrénées, relatif aux logements sociaux.

40. En seizième lieu, si les requérants soutiennent que le plan de masse matérialise l'accès de la voie interne du projet sur le chemin de Larrec alors que cet accès est prévu au droit des parcelles cadastrées section AH n°1293, 1296 et 1298, et non directement sur la voie publique, ainsi qu'il a été dit au point 8, l'unité foncière du projet litigieux doit être regardée comme intégrant ces trois parcelles dans l'emprise du terrain d'assiette du projet. Dès lors, l'accès à ce dernier doit être regardé comme étant situé au droit du chemin de Larrec. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché de fraude.

41. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, (), estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé par un permis modificatif peut, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, surseoir à statuer jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation. Si un tel permis modificatif est notifié dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. ".

42. Les vices relevés aux points 24, 30 et 38 qui entachent l'arrêté attaqué sont susceptibles d'être régularisés par un permis de construire modificatif sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme. Dès lors, il y a lieu de faire application de ces dispositions et de surseoir à statuer sur les présentes conclusions jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois suivant la date de notification du présent jugement en vue de la régularisation du permis de construire litigieux.

D E C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du maire de Lescar du 18 octobre 2021 jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la date de notification du présent jugement en vue de la régularisation du permis de construire délivré à la société Machico par la délivrance d'un permis de construire modificatif.

Article 2 : Les conclusions des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'à la fin de l'instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B Q, à la commune de Lescar et à la société civile de construction vente Machico.

Délibéré après l'audience du 13 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,

Mme Genty, première conseillère,

Mme Dumez-Fauchille, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2023.

La rapporteure,

Signé

V. DUMEZ-FAUCHILLE

Le président,

Signé

F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLON

La greffière,

Signé

A. STRZALKOWSKA

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition :

La greffière,

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