jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2200034 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BAZIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 janvier 2022, M. A C, représenté par Me Bazin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 décembre 2021, par lequel le préfet des Hautes-Pyrénées a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour, lui a notifié obligation de quitter le territoire français avec un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Bazin sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. C soutient que :
Sur la décision de refus de titre de séjour :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est fondée sur des faits matériellement inexacts ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 2-2 du décret n° 2008-900 du 3 septembre 2008 dans la mesure où cet article ne prévoit pas que la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour est conditionnée à la possession d'un titre de séjour mention " étudiant " en cours de validité ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles n'ont pas vocation à s'appliquer à la situation de M. C dès lors que parmi les conditions nécessaires pour obtenir le titre de séjour " passeport talent-chercheur " il est nécessaire d'être titulaire d'un master, ce qui n'est pas le cas de M. C ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur le fondement de l'article 2-2 du décret n° 2008-900 du 3 septembre 2008, lequel dispose que les autorités françaises doivent délivrer une autorisation provisoire de séjour dès lorsqu'un ressortissant gabonais justifie de l'obtention d'une licence professionnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur le fondement de l'article 6 du décret n° 2003-963 dans la mesure où elle indique que M. C a demandé le 31 août 2021 la délivrance d'un titre de séjour " auto-entrepreneur " alors qu'il s'était simplement renseigné sur les modalités de délivrance d'un tel titre ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur l'obligation de quitter le territoire français
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est fondée sur des faits matériellement inexacts ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation sur le fondement des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision fixant le pays de destination
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation sur le fondement des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par deux mémoires, enregistrés le 18 mai 2022 et le 3 juin 2022, le préfet des Hautes-Pyrénées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 23 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 27 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République gabonaise relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Paris le 2 décembre 1992, publiée par le décret n° 2003-963 du 3 octobre 2003 ;
- la convention d'établissement entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République gabonaise, signée à Libreville le 11 mars 2022, publiée par le décret n° 2004-684 du 8 juillet 2004 ;
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République gabonaise relatif à la gestion concertée des flux migratoires et au codéveloppement, signé à Libreville le 5 juillet 2007, publié par le décret n° 2008-900 du 3 septembre 2008 ;
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République gabonaise relatif aux échanges de jeunes professionnels, signé à Libreville le 24 février 2010, publié par le décret n° 2010-448 du 3 mai 2010 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, né le 28 septembre 1992 au Gabon, de nationalité gabonaise, est entré en France le 22 septembre 2015, alors âgé de 22 ans, muni d'un passeport délivré par les autorités gabonaises valable du 13 août 2015 au 13 août 2020 et d'un visa long séjour " étudiant " valable pour plusieurs entrées en France durant une période d'un an à compter du 18 septembre 2015. Il a bénéficié d'une première carte de séjour en qualité d'étudiant à compter du 20 septembre 2016 d'une durée d'un an, renouvelée à compter du 4 décembre 2017 d'une même durée. Le 17 janvier 2018, inscrit en licence professionnelle à l'IUT de Tarbes, il a déposé une demande de changement de statut au profit d'un titre de séjour " mention travailleur temporaire ". En 2019, il s'est inscrit au sein d'une autre licence professionnelle à l'université de Pau et des pays de l'Adour et a demandé, le 3 septembre 2019, le renouvellement de son titre de séjour mention " étudiant " arrivé à expiration le 3 décembre 2018. Sa demande a été classée sans suite le 16 octobre 2020. Le 14 juillet 2020, M. C a demandé la délivrance d'un titre de séjour mention " étudiant ", sa formation de licence professionnelle ayant été prorogée jusqu'en décembre 2020 en raison de la crise sanitaire. Par courriel du 24 novembre 2020, M. C a informé la préfecture qu'il souhaitait demander une autorisation provisoire de séjour. Le 27 avril 2021, lors d'un rendez-vous en préfecture, il a déposé sa demande de titre de séjour " demandeur d'emploi " et " étudiant en recherche d'emploi " auprès de la préfecture. Par arrêté du 13 décembre 2021, réceptionné le 14 décembre 2021, le préfet des Hautes-Pyrénées a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour, lui a notifié obligation de quitter le territoire français avec un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'autorité compétente
2. Il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 28 décembre 2020, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hautes-Pyrénées, le préfet de ce département a donné délégation à Mme Sibylle Samoyault, secrétaire générale de la préfecture et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'État dans le département dont la signature des mesures prévues par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées ont été prises par une autorité incompétente manque en fait.
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour
3. En premier lieu, M. C soutient que la décision attaquée est fondée sur des faits matériellement inexacts dans la mesure où l'arrêté contesté indique qu'il ne serait pas venu retirer son titre de séjour portant la mention étudiant en 2018 alors qu'il se serait rendu en préfecture comme demandé. En outre, l'arrêté contesté précise que sa demande de titre de séjour étudiant présentée le 3 septembre 2019 a été rejetée car son dossier était incomplet alors que le document manquant était justement le titre de séjour non délivré par la préfecture. Enfin, l'arrêté contesté mentionne que le requérant aurait fait une demande de titre de séjour " auto-entrepreneur " alors qu'il n'aurait fait que se renseigner sur cette modalité de délivrance d'un titre de séjour. Or, d'une part, il ressort des pièces du dossier que par messagerie du 26 septembre 2019, à la suite du dépôt de sa demande de titre du 3 septembre 2019, l'instructeur en charge de son dossier lui a demandé les raisons pour lesquelles il n'était pas venu retirer la carte de séjour valable jusqu'au 3 décembre 2018. En réponse, par messagerie du 13 janvier 2020, M. C se borne à demander un rendez-vous afin d'expliquer en détail sa situation mais ne conteste pas l'absence de retrait de son titre de séjour. D'autre part, par messagerie du 16 octobre 2020, M. C a été informé que sa demande était classée sans suite. L'arrêté contesté n'indique pas que ce refus est fondé par l'absence de communication de ce titre, lequel n'était au demeurant plus valable depuis septembre 2019. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que sa demande de titre de séjour étudiant aurait été refusée sur ce fondement. En conséquence, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir d'erreurs de fait entachant la légalité de la décision attaquée pour en demander l'annulation en tant que cette décision se fonde sur l'absence de retrait de son titre de séjour mention étudiant délivré le 4 décembre 2017. Enfin, il ressort des pièces du dossier que par courriel du 31 août 2021, M. C a sollicité la préfecture en l'absence de retour de sa part et a demandé s'il était possible d'avoir un titre de séjour mention auto-entrepreneur car il possède un restaurant à Tarbes. Le fait que cette question ait été interprétée comme une demande de titre par la préfecture alors que le requérant soutient qu'il ne souhaitait qu'obtenir une information est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dans la mesure où la préfecture a bien examiné ses demandes de titre présentées sur d'autres fondements. Par suite, le requérant ne peut utilement se prévaloir d'erreurs de fait entachant la légalité de la décision attaquée pour en demander l'annulation en tant qu'il n'a pas demandé de titre de séjour auto-entrepreneur.
4. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article 10 de la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République gabonaise relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Paris le 2 décembre 1992 et publiée par le décret n° 2003-963 du 3 octobre 2003 : " Pour tout séjour sur le territoire français devant excéder trois mois, les ressortissants gabonais doivent posséder un titre de séjour. Pour tout séjour sur le territoire gabonais devant excéder trois mois, les ressortissants français doivent posséder un titre de séjour. Ces titres de séjour sont délivrés conformément à la législation de l'Etat d'accueil. ". Aux termes de l'article 2.2 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République gabonaise relatif à la gestion concertée des flux migratoires et au codéveloppement, signé à Libreville le 5 juillet 2007 et publié par le décret n° 2008-900 du 3 septembre 2008 : " Une autorisation provisoire de séjour d'une durée de validité de neuf (9) mois renouvelable une fois est délivrée au ressortissant gabonais qui, ayant achevé avec succès, dans un établissement d'enseignement supérieur habilité au plan national, un cycle de formation conduisant à la licence professionnelle ou à un diplôme au moins équivalent au master, souhaite compléter sa formation par une première expérience professionnelle. Pendant la durée de cette autorisation, son titulaire est autorisé à chercher et, le cas échéant, à exercer un emploi en relation avec sa formation et assorti d'une rémunération au moins égale à une fois et demi la rémunération mensuelle minimale en vigueur en France. A l'issue de la période de validité de l'autorisation provisoire de séjour, l'intéressé pourvu d'un emploi ou titulaire d'une promesse d'embauche, satisfaisant aux conditions ci-dessus, est autorisé à séjourner en France pour l'exercice de son activité professionnelle, sans que soit prise en considération la situation de l'emploi. ".
5. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ; () ". Aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " L'étranger titulaire d'un document de séjour doit, en l'absence de présentation de demande de délivrance d'un nouveau document de séjour six mois après sa date d'expiration, justifier à nouveau, pour l'obtention d'un document de séjour, des conditions requises pour l'entrée sur le territoire national lorsque la possession d'un visa est requise pour la première délivrance d'un document de séjour. ".
6. Il ressort de ces dispositions que le ressortissant gabonais, entré régulièrement en France et y séjournant, souhaitant bénéficier d'une autorisation provisoire de séjour doit justifier, lors de sa demande de délivrance de cette autorisation, de la possession d'un titre de séjour en cours de validité ou de la présentation d'une demande de renouvellement dans les délais fixés par les dispositions de l'article R. 431-5 précitées Or, il ressort des pièces du dossier que le 3 septembre 2019, M. C a demandé le renouvellement de son titre de séjour mention " étudiant " arrivé à expiration le 3 décembre 2018. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait les dispositions de l'article 2-2 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République gabonaise relatif à la gestion concertée des flux migratoires et au codéveloppement, signé à Libreville le 5 juillet 2007 et publié par décret n° 2008-900 du 3 septembre 2008.
7. En troisième lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation sur le fondement de l'article 2-2 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République gabonaise relatif à la gestion concertée des flux migratoires et au codéveloppement, signé à Libreville le 5 juillet 2007 et publié par décret n° 2008-900 du 3 septembre 2008 doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux développés au point 6.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger titulaire d'une assurance maladie qui justifie soit avoir été titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " délivrée sur le fondement des articles L. 422-1, L. 422-2 ou L. 422-6 et avoir obtenu dans un établissement d'enseignement supérieur habilité au plan national un diplôme au moins équivalent au grade de master ou figurant sur une liste fixée par décret, soit avoir été titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent-chercheur " délivrée sur le fondement de l'article L. 421-14 et avoir achevé ses travaux de recherche, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " d'une durée d'un an dans les cas suivants : 1° Il entend compléter sa formation par une première expérience professionnelle, sans limitation à un seul emploi ou à un seul employeur ; 2° Il justifie d'un projet de création d'entreprise dans un domaine correspondant à sa formation ou à ses recherches. ".
9. Il ressort des pièces du dossier que le 27 avril 2021, M. C a déposé en préfecture une demande de titre de séjour mention " demandeur d'emploi " ou mention " étudiant recherche d'emploi ". Ce dernier fondement de délivrance d'un titre de séjour est régi par les dispositions de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées. Ainsi que le souligne le requérant, il ne peut bénéficier des dispositions de cet article, n'étant pas titulaire d'un diplôme de niveau équivalent à celui de master. Par suite, le fait que le préfet ait apprécié la demande de titre de séjour de M. C sur ce fondement est sans incidence sur la légalité de la décision.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 4 de la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République gabonaise relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Paris le 2 décembre 1992 et publiée par le décret n° 2003-963 du 3 octobre 2003 : " Pour un séjour de plus de trois mois, les ressortissants français à l'entrée sur le territoire gabonais et les ressortissants gabonais à l'entrée sur le territoire français doivent être munis, outre des pièces mentionnées à l'article 1er ci-dessus et notamment du visa de long séjour, des justificatifs prévus aux articles 5 à 8 ci-après, en fonction de la nature de leur installation. ". Aux termes de l'article 6 de la même convention : " Les ressortissants de chacune des Parties contractantes désireux d'exercer sur le territoire de l'autre une activité professionnelle industrielle, commerciale, artisanale doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'avoir été autorisés à exercer cette activité par les autorités compétentes de l'Etat d'accueil. ".
11. Il ressort de ces stipulations qu'elles concernent la situation des ressortissants gabonais à l'entrée sur le territoire français. Par suite, M. C, séjournant en France depuis le 22 septembre 2015 et entré sur le territoire français avec un visa long séjour étudiant ne peut utilement s'en prévaloir pour demander l'annulation de la décision contestée.
12. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. /2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
13. Si M. C soutient que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la mesure où il n'a plus d'attache familiale au Gabon et que sa seule famille est représentée par son frère, résidant sur le territoire français, il ressort toutefois des pièces du dossier que son père, sa mère et sa sœur résident au Gabon.. M. C réside en France depuis sept ans et a vécu au Gabon jusqu'à ses vingt-ans. Il se déclare célibataire. Par suite, compte tenu des circonstances de l'espèce et notamment des conditions de séjour en France de M. C, et alors même que son frère, sa tante, son cousin et sa cousine vivent en France, la décision attaquée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français
14. Le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux développés au point 3.
15. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux développés au point 13.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination
16. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux développés au point 13.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
17. Par voie de conséquence du rejet des conclusions d'annulation, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
18. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
Sur les frais de l'instance :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la préfecture des Hautes-Pyrénées, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. C demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet des Hautes-Pyrénées.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Beneteau, première conseillère,
Mme Corthier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
La rapporteure,
Signé
Z. D
La présidente,
Signé
M. B
La greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026