mercredi 12 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2200128 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CAROLINE LAVEISSIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 janvier 2022, Mme B A, représentée par Me Savary-Goumi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er décembre 2021 par laquelle le président du centre communal d'action sociale de Soorts-Hossegor n'a pas reconnu imputable au service son accident survenu le 9 août 2021 ;
2°) d'enjoindre au centre communal d'action sociale de Soorts-Hossegor de reconnaître l'imputabilité au service de son accident survenu le 9 août 2021 ;
3°) d'enjoindre au centre communal d'action sociale de Soorts-Hossegor de la placer en congés pour invalidité temporaire imputable au service, avec prise en charge des soins, frais médicaux et pharmaceutiques à compter du 9 août 2021 ;
4°) à défaut, d'enjoindre au centre communal d'action sociale de Soorts-Hossegor de statuer à nouveau sur sa demande d'imputabilité au service de l'accident du 9 août 2021, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à venir ;
5°) de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de Soorts-Hossegor une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le choc qu'elle a subi lors d'une réunion de travail le 9 août 2021 est constitutif d'un accident de service ;
- aucune faute personnelle ne peut lui être reproché ;
- elle a droit, en conséquence au CITIS et à la prise en charge de l'ensemble des soins en lien avec l'accident et les frais médicaux et pharmaceutiques.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2022, le centre communal d'action sociale de Soorts-Hossegor, représenté par Me Laveissière, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il existe des circonstances particulières de nature à détacher l'accident du service ;
- la décision attaquée pouvait également être fondée sur un autre motif tiré de ce que les propos tenus par le président du centre communal d'action sociale lors de la réunion de service du 9 août 2021 n'ont pas excédé l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumez-Fauchille,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Savary-Goumi, représentant Mme A, et de Me Proust, représentant le centre communal d'action sociale de Soorts-Hossegor.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, attachée principale dans le cadre d'emplois des attachés territoriaux, est directrice de l'établissement d'hébergement des personnes âgées dépendantes Les magnolias à Soorts-Hossegor. À la suite d'une réunion tenue le 9 août 2021, à laquelle assistaient notamment le président du centre communal d'action sociale de Soorts-Hossegor, Mme A a déposé le 12 août 2021 une demande de reconnaissance de l'imputabilité au service d'un accident dont elle a dit avoir été victime lors de la réunion du 9 août 2021. Par décision du 1er décembre 2021, le président du centre communal d'action sociale (CCAS) de Soorts-Hossegor a refusé de faire droit à cette demande. Mme A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 21 bis I et II de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. / II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. ".
3. Un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant cet événement du service, le caractère d'un accident de service. Constitue un accident de service un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien entre un agent et son supérieur hiérarchique, ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent.
4. Mme A soutient qu'elle a été victime d'un accident de service sur son lieu de travail, le 9 août 2021, du fait d'une réunion de service qui s'est tenue, notamment, avec son supérieur hiérarchique, le président du CCAS, et un agent qui lui est subordonné. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de cette réunion, destinée à résoudre des problèmes d'effectif et d'organisation, ainsi que de régler des difficultés relationnelles entre Mme A et ce dernier agent, Mme A est ressortie éprouvée, et a bénéficié, à compter du 12 août 2021, d'arrêts de travail successifs pour syndrome dépressif.
5. Il résulte des termes de la décision attaquée que, pour rejeter la demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident du 9 août 2021, le président du CCAS s'est fondé sur l'existence de circonstances particulières, de nature selon lui à détacher l'accident du service, et tenant à la rupture du dialogue, dans les mois précédents, entre l'intéressée et la cadre de santé de l'établissement. Toutefois de telles circonstances ont trait à l'organisation même du service, et étaient d'ailleurs l'objet de la réunion du 9 août 2021. Il ne résulte par ailleurs ni de la décision attaquée, ni même des écritures en défense de la commune, que le président du CCAS de Soorts-Hossegor ait entendu, en relevant de telles circonstances, caractériser une faute personnelle de la requérante. Les circonstances particulières invoquées dans l'acte attaqué ne sont en conséquence pas susceptibles de détacher la maladie de Mme A du service. Par suite, la décision attaquée méconnaît l'article 21bis de la loi du 13 juillet 1983.
6. L'administration peut néanmoins faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif de droit ou de fait autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
7. Le CCAS de Soorts-Hossegor soutient, en défense, que la décision attaquée pouvait être également légalement fondée sur le motif tiré de ce que les propos tenus par son président lors de la réunion du 9 août 2021 n'excédaient pas l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Il ressort des témoignages concordants produits par le CCAS que, si s'est manifestée au cours de cette réunion une certaine tension tenant au caractère conflictuel de la relation de travail entre la requérante et la cadre de santé, et auquel le président du CCAS cherchait justement à remédier par la restauration du dialogue entre les deux protagonistes, les propos tenus par ce dernier, et rapportés par la requérante, pour maladroits qu'ils soient, n'étaient pas particulièrement dirigés à son encontre et ne visaient pas à l'inciter au départ. Et il en ressort, en tout état de cause, que ces propos n'ont pas excédé l'exercice du pouvoir hiérarchique.
8. Toutefois, alors même que le motif ainsi invoqué aurait pu, à lui seul, fonder légalement la décision attaquée, et que la substitution ne priverait la requérante d'aucune garantie procédurale, il n'y a pas lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de faire droit à la substitution de motif sollicitée par le CCAS de Soorts-Hossegor.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la décision du président du CCAS de Soorts-Hossegor doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
10. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. () ". Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. () ".
11. Compte tenu du moyen qui fonde l'annulation de la décision en litige, le présent jugement implique seulement que le président du CCAS de Soorts-Hossegor prenne une nouvelle décision sur l'imputabilité au service de l'accident subi par Mme A, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, en application des dispositions précitées de l'article L. 911-2 du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
12. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
13. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par le centre communal d'action sociale de Soorts-Hossegor doivent dès lors être rejetées. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de ce dernier une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du président du centre communal d'action sociale de Soorts-Hossegor du 1er décembre 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au président du centre communal d'action sociale de Soorts-Hossegor de prendre une nouvelle décision sur l'imputabilité au service de l'accident subi par Mme A, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le centre communal d'action sociale de Soort-Hossegor versera à Mme A une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par le centre communal d'action sociale de Soort-Hossegor sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre communal d'action sociale de Soorts-Hossegor.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Quéméner, présidente,
Mme Genty, première conseillère,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2023.
La rapporteure,
Signé
V. DUMEZ-FAUCHILLE
La présidente,
Signé
V. QUEMENER
La préLa greffière,
Signé
A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026