jeudi 28 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2200219 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 2 |
| Avocat requérant | SELARL SOULIE MAUVEZIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 février 2022, le 27 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Soulié, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 25 novembre 2021 par laquelle le conseil communautaire de la communauté de communes Adour-Madiran a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal ;
2°) d'enjoindre à la communauté de communes Adour-Madiran de classer, par le biais d'une nouvelle délibération, les parcelles cadastrées section OA n°179, 180 et 181 sur le territoire de la commune de Trouley-Labarthe en zone U1D dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement à venir ;
3°) de mettre à la charge de la communauté de communes Adour-Madiran une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la délibération attaquée a été adoptée à l'issue d'une procédure irrégulière, en méconnaissance des articles L. 2121-11 et L. 5211-1 du code général des collectivités territoriales, de l'article R. 123-11 du code de l'environnement et de l'article L. 153-12 du code de l'urbanisme ;
- la délibération, en tant qu'elle classe les parcelles en cause en zone N4B est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 31 août 2022 et le 19 mai 2023, la communauté de communes Adour-Madiran, représentée par Me Le Corno, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumez-Fauchille,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Le Corno, représentant la communauté de communes Adour-Madiran.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 25 novembre 2021, le conseil communautaire de la communauté de communes Adour-Madiran a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal. M. B demande l'annulation de cette délibération.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 153-12 du code de l'urbanisme : " Un débat a lieu au sein de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale et des conseils municipaux ou du conseil municipal sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables mentionné à l'article L. 151-5, au plus tard deux mois avant l'examen du projet de plan local d'urbanisme. / Lorsque le plan local d'urbanisme est élaboré par un établissement public de coopération intercommunale, le débat prévu au premier alinéa du présent article au sein des conseils municipaux des communes membres est réputé tenu s'il n'a pas eu lieu au plus tard deux mois avant l'examen du projet de plan local d'urbanisme. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le projet de plan local d'urbanisme intercommunal a été arrêté par délibération du conseil communautaire de la communauté de communes Adour-Madiran du 17 décembre 2019. Le débat en conseil communautaire sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables s'est tenu lors de la séance du 17 octobre 2019, de sorte que l'exigence selon laquelle ce débat doit avoir au lieu au plus tard deux mois avant l'arrêté du projet de plan local d'urbanisme est respectée. Par ailleurs, il ne résulte pas des dispositions précitées que le débat au sein des conseils municipaux des communes membres de l'établissement public de coopération intercommunale doit intervenir postérieurement au débat en conseil communautaire. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que les communes ont été mises dans l'impossibilité d'organiser un tel débat au sein de leur conseil municipal respectif. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 153-12 du code de l'urbanisme manque en fait.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 123-1 du code de l'environnement :
" L'enquête publique a pour objet d'assurer l'information et la participation du public ainsi que la prise en compte des intérêts des tiers lors de l'élaboration des décisions susceptibles d'affecter l'environnement mentionnées à l'article L. 123-2. Les observations et propositions parvenues pendant le délai de l'enquête sont prises en considération par le maître d'ouvrage et par l'autorité compétente pour prendre la décision. ". Aux termes de l'article R. 123-11 du même code : " I. Un avis portant les indications mentionnées à l'article R. 123-9 à la connaissance du public est publié en caractères apparents quinze jours au moins avant le début de l'enquête et rappelé dans les huit premiers jours de celle-ci dans deux journaux régionaux ou locaux diffusés dans le ou les départements concernés. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que l'enquête publique, qui s'est déroulée du 15 février au 19 mars 2021, a fait l'objet d'un avis publié dans les journaux régionaux La Dépêche du midi, Sud-Ouest et La Nouvelle République des Pyrénées, respectivement le 28 janvier 2021 et le 16 février 2021. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des formalités de publication prescrites par les dispositions précitées de l'article R. 123-11 du code de l'environnement manque également en fait.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 5211-1 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du chapitre Ier du titre II du livre Ier de la deuxième partie relatives au fonctionnement du conseil municipal sont applicables au fonctionnement de l'organe délibérant des établissements publics de coopération intercommunale, en tant qu'elles ne sont pas contraires aux dispositions du présent titre. () Pour l'application des articles L. 2121-11 et L. 2121-12, ces établissements sont soumis aux règles applicables aux communes de 3 500 habitants et plus. ". Aux termes de l'article L. 2121-10 du même code : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est transmise de manière dématérialisée ou, si les conseillers municipaux en font la demande, adressée par écrit à leur domicile ou à une autre adresse. ". Aux termes de l'article L. 2121-11 du même code : " Dans les communes de moins de 3 500 habitants, la convocation est adressée trois jours francs au moins avant celui de la réunion () ". Aux termes de l'article L. 2121-12 du même code : " () Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs. En cas d'urgence, le délai peut être abrégé par le maire sans pouvoir être toutefois inférieur à un jour franc. () ".
7. En application de l'article L. 5211-1 du code général des collectivités territoriales, la communauté de communes Adour-Madiran est soumise au délai de convocation du conseil communautaire de cinq jours francs fixé par l'article L. 2121-12 du même code. Dès lors, M. B ne peut utilement soutenir que le délai de convocation des conseillers communautaires ne respecte pas le délai fixé par l'article L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales. En tout état de cause, outre la mention dans la délibération, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, de ce que les conseillers communautaires ont été convoqués le
17 novembre 2011, la communauté de communes Adour-Madiran justifie de ce que la convocation a été envoyée par courrier électronique aux conseillers communautaires, tandis que les documents tenant lieu de notice explicative étaient accessibles via le lien numérique contenu dans le courrier, avisant ainsi les conseillers communautaire de la mise en ligne de ces documents. Par ailleurs, le requérant ne produit aucun élément au soutien de ses allégations selon lesquelles ces conseillers n'auraient pas consenti à ce que cette convocation leur soit envoyée de manière dématérialisée. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la convocation du conseil communautaire au regard des articles L. 5211-1, L. 2121-11 et L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales manque en fait.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. ".
9. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer, en conséquence, le zonage et les possibilités de construction. L'appréciation à laquelle se livrent les auteurs du plan ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait fondée sur des faits matériellement inexacts ou si elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Pour apprécier la légalité du classement d'une parcelle en zone A, le juge n'a pas à vérifier que la parcelle en cause présente, par elle-même, le caractère d'une terre agricole et peut se fonder sur la vocation du secteur auquel cette parcelle peut être rattachée, en tenant compte du parti urbanistique retenu ainsi que, le cas échéant, de la nature et de l'ampleur des aménagements ou constructions qu'elle supporte. Ce classement doit cependant être justifié par la préservation du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles de la collectivité concernée, à plus forte raison lorsque les parcelles en cause comportent des habitations voire présentent un caractère urbanisé.
10. Le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme intercommunal comporte notamment les orientations de mettre en œuvre un projet de territoire durable et économe en espace, en particulier en densifiant les tissus bâtis existants, et de promouvoir un développement économique durable s'appuyant sur les spécificités locales, notamment en protégeant et en pérennisant les espaces agricoles prenant en compte l'usage des sols et de leurs évolutions dans le temps. Il ressort des pièces du dossier que les parcelles cadastrées section OA n°179,180 et 181 dans la commune de Trouley-Labarthe sont dépourvues de construction, à usage agricole, et prolongent un plus vaste secteur cultivé à l'est. Si ces parcelles forment un tènement bordé au nord, au sud et à l'ouest de parcelles bâties, ces dernières relèvent d'un secteur supportant des constructions diffuses, de sorte qu'elles n'appartiennent pas à un secteur urbanisé. Par suite, et en dépit de ce que les parcelles en cause sont raccordées aux réseaux et desservies par une voie publique, la délibération attaquée portant approbation du plan local d'urbanisme intercommunal, en tant qu'il classe les parcelles en cause en zone agricole, n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
12. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. B, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction de cette même requête ne peuvent, par suite, qu'être également rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
14. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. B doivent dès lors être rejetées. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de ce dernier une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la communauté de communes Adour-Madiran et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la communauté de communes Adour-Madiran une somme de
1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la communauté de communes Adour-Madiran.
Délibéré après l'audience du 12 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.
La rapporteure,
Signé
V. DUMEZ-FAUCHILLE
Le président,
Signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026