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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2200220

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2200220

jeudi 14 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2200220
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE 2
Avocat requérantLAGARDE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 février 2022, Mme A B, représentée par Me Lagarde, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 6 décembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a rejeté sa demande de remise totale de sa dette de prime d'activité, laissant à sa charge un indu d'un montant de 218,57 euros.

2°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques la somme de 800 euros sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la somme mise à sa charge résulte d'une erreur de la CAF à qui elle avait transmis à temps l'ensemble des déclarations de ressources ;

- sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées Atlantiques conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que la commission de recours amiable a accordé une remise partielle de 50 % compte tenu de la responsabilité de la CAF à l'origine de l'indu et du quotient familial de l'allocataire de 940 euros au moment où elle a effectué sa demande, mais que l'allocataire ne justifie pas que sa situation se soit notablement dégradée par rapport à celle prise en compte lors de l'examen de son recours, son quotient familial s'élevant actuellement à 1127 euros.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 mars 2022.

Un mémoire présenté pour Mme B, par Me Lagarde, a été enregistré le 8 février 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Florence Madelaigue, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La rapporteure publique, sur sa proposition, a été dispensée du prononcé de ses conclusions à l'audience.

Mme C a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a bénéficié de la prime d'activité à partir du mois d'avril 2017. Elle a déclaré être en arrêt maladie depuis le 20 août 2020 et a mentionné percevoir des indemnités journalières maladie depuis septembre 2020. Par une décision du 25 octobre 2021, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques, a mis à sa charge un indu au titre de prime d'activité d'un montant de 437,13 euros, les indemnités maladie n'étant plus être considérées comme des revenus d'activités à partir du 4ème mois de versement. Mme B a contesté cette décision auprès de la commission de recours amiable afin de demander une remise gracieuse de sa dette, laquelle ne lui a été que partiellement accordée par une décision du 6 décembre 2021. Par sa requête, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal, d'une part, d'annuler cette décision et, d'autre part, de lui accorder une remise totale de sa dette.

2. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". L'article R. 844-1 du code de la sécurité sociale précise : " Ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent lieu en application du 1° de l'article L.842-4 : 6° Les indemnités journalières de sécurité sociale de base et complémentaires, perçues en cas d'incapacité physique médicalement constatée de continuer ou de reprendre le travail, d'accident du travail ou de maladie professionnelle pendant une durée qui ne peut excéder trois mois à compter de l'arrêt de travail [] " Aux termes de l'article L. 845-3 du même code : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur ou sa bonne foi justifie que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

4. Il est constant que l'indu en litige résulte de l'ouverture, à tort, du droit à prime d'activité pour les mois de juin à août 2021, la caisse d'allocations familiales ayant pris en compte comme revenu d'activité des indemnités journalières perçues par la requérante aux mois de mars et avril 2021, alors que ces indemnités ne sont plus assimilées à des revenus d'activité en vertu de l'article R.844-1 du code de la sécurité sociale précité, à compter du 4ème mois de versement, soit en l'espèce à compter de janvier 2021.

5. D'une part, pour contester la décision de remise partielle de dette en litige, Mme B soutient que l'indu provient d'une erreur de la caisse d'allocations familiales dans l'appréciation de ses ressources alors qu'elle a déclaré, tous les trimestres, l'ensemble de ses revenus. Toutefois, une décision rejetant une demande de remise de dette présentée par un bénéficiaire de prime d'activité ne trouve pas sa base légale dans la décision de récupération de cet indu et n'est pas davantage prise pour son application. Par suite, à lui seul, cet argument ne suffit pas pour accorder une remise laquelle dépend essentiellement des capacités contributrices de l'intéressé.

6. D'autre part, et alors que la bonne foi de la requérante n'est pas remise en cause, celle-ci fait valoir que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette. Toutefois, l'intéressée ne produit aucune pièce de nature à attester de ses charges et de ses ressources, de nature à établir qu'elle se trouverait, à la date du présent jugement, dans l'impossibilité de faire face au remboursement de l'indu de prime d'activité restant à sa charge. Dans ces conditions, et alors que lui a été accordée par la décision en litige une remise gracieuse de sa dette à hauteur de la somme de 218, 57 euros, laissant à sa charge la même somme, il n'y a pas lieu de lui accorder une remise supplémentaire de sa dette, alors qu'il lui est par ailleurs possible, si elle le juge utile, de solliciter auprès de la caisse d'allocations familiales la mise en place d'un échéancier plus adapté à sa situation financière. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir qu'elle devrait se voir accorder une remise totale de l'indu en litige.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B, qui demeure donc redevable de l'indu restant à sa charge, doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, la somme dont Mme B demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de la solidarité et de la santé.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.

La magistrate désignée,

Signé

F. CLa greffière,

Signé

S. YNIESTA

La République mande et ordonne au ministre de la solidarité et de la santé en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

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