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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2200350

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2200350

jeudi 23 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2200350
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE 3
Avocat requérantDESFARGES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I - Par une requête, enregistrée le 17 février 2022 sous le n° 2200350, Mme C A, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques sur le recours administratif préalable obligatoire qu'elle a formé le 11 février 2021 à l'encontre la décision du 9 février 2021, en tant qu'elle lui notifie un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 3 358,46 euros (IN5 002) ;

2°) de la décharger du remboursement de la somme de 3 358,46 euros réclamée au titre de cet indu ;

3°) d'enjoindre au directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard.

4°) à titre subsidiaire, de lui accorder une remise totale de sa dette ;

5°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve d'une renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable dès lors que la décision prise sur sa demande d'aide juridictionnelle formulée le 2 novembre 2021 est intervenue le 21 décembre 2021 et que sa requête est intervenue dans un délai raisonnable ;

- la décision de la commission de recours amiable est entachée d'un vice de forme dès lors qu'elle ne comporte aucune signature, ; ce vice ne saurait être purgé par la signature du courrier de notification de cette décision ; en outre, l'auteur de ce courrier ne justifie en tout état de cause d'aucune délégation de compétence ou de signature régulièrement publiée ;

- la décision attaquée, prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, est entachée d'un vice de procédure qui l'a privée d'une garantie, en méconnaissance des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- l'action de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques est prescrite dès lors qu'elle apporte la preuve de l'absence de manœuvres frauduleuses ou de fausse déclaration ;

- ni la décision du 9 février 2021, ni celle de la commission de recours amiable, ne comportent un décompte de la créance ;

- les retenues opérées sont illégales en vertu de l'article L. 553-2 du code de l'action sociale et des familles ;

- il n'est pas justifié de l'assermentation de l'agent ayant effectué le contrôle de sa situation ;

- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des droits de la défense ;

- son recours a été rejeté par une personne qui ne justifie d'aucune délégation ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors que la CAF a considéré que les aides familiales qu'elle percevait constituaient un revenu ;

- elle bénéficie du droit à l'erreur dès lors que sa bonne foi est établie ;

- elle se trouve dans une situation précaire.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 mars 2024, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire à son rejet au fond.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que la décision du 9 février 2021 lui a été régulièrement notifiée le 17 juin 2021, la demande d'aide juridictionnelle introduite le 2 novembre 2021 est donc intervenue hors délai ;

- eu égard au caractère réitéré de ses déclarations trimestrielles de ressources erronées et à l'indication d'une date erronée pour le départ du foyer de sa fille, Mme A ne peut bénéficier d'une remise de sa créance.

- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 décembre 2021.

II - Par une requête, enregistrée le 17 février 2022 sous le n° 2200351, Mme C A, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques sur le recours administratif préalable obligatoire qu'elle a formé le 11 février 2021 à l'encontre de la décision du 9 février 2021 du directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques, en tant qu'elle lui notifie deux indus d'aide exceptionnelle de solidarité (INQ 001 et INQ 002) d'un montant total de 200 euros ;

2°) de la décharger du remboursement de la somme de 200 euros réclamée au titre de ces indus ;

3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable dès lors que la décision prise sur sa demande d'aide juridictionnelle formulée le 2 novembre 2021 est intervenue le 21 décembre 2021 et que sa requête est intervenue dans un délai raisonnable ;

- la décision est entachée d'un défaut de motivation en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision, prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, est entachée d'un vice de procédure qui l'a privée d'une garantie, en méconnaissance des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle a été prise en méconnaissance de ses droits de la défense ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors que la CAF a considéré que les aides familiales qu'elle percevait constituaient un revenu ;

- elle bénéficie du droit à l'erreur dès lors que sa bonne foi est établie.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 mars 2024, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire à son rejet au fond.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que la décision lui a été régulièrement notifiée le 17 juin 2021, la demande d'aide juridictionnelle introduite le 2 novembre 2021 est donc intervenue hors délai ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 décembre 2021.

III - Par une requête, enregistrée le 17 février 2022 sous le n° 2200352, Mme C A, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques sur le recours administratif préalable obligatoire qu'elle a formé le 11 février 2021 à l'encontre la décision du 9 février 2021 en tant qu'elle lui notifie un indu de prime d'activité (IM3 001) d'un montant de 2 831,04 euros ;

2°) de la décharger du remboursement de la somme de 2 831,04 euros réclamée au titre de cet indu;

3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

4°) à titre subsidiaire, de lui accorder une remise totale de sa dette ;

5°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve d'une renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable dès lors que la décision prise sur sa demande d'aide juridictionnelle formulée le 2 novembre 2021 est intervenue le 21 décembre 2021 et que sa requête est intervenue dans un délai raisonnable ;

- la décision de la commission de recours amiable est entachée d'un vice de forme dès lors qu'elle ne comporte aucune signature ; ce vice ne saurait être purgé par la signature du courrier de notification, En outre, l'auteur de ce courrier ne justifie d'aucune délégation de compétence ou de signature régulièrement publiée ;

- la décision attaquée, prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, est entachée d'un vice de procédure qui l'a privée d'une garantie, en méconnaissance des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- l'action de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques est prescrite dès lors qu'elle apporte la preuve de l'absence de manœuvres frauduleuses ou de fausse déclaration ;

- ni la décision du 9 février 2021, ni celle de la commission de recours amiable, ne comportent un décompte de la créance ;

- les retenues opérées sont illégales en vertu de l'article L. 553-2 du code de l'action sociale et des familles ;

- il n'est pas justifié de l'assermentation de l'agent ayant effectué le contrôle de sa situation ;

- la décision attaquée a été prise en méconnaissance de ses droits de la défense ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors que la CAF a considéré que les aides familiales qu'elle percevait constituaient un revenu ;

- elle bénéficie du droit à l'erreur dès lors que sa bonne foi est établie ;

- elle se trouve dans une situation précaire.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 mars 2024, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire à son rejet au fond.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que la décision lui a été régulièrement notifiée le 17 juin 2021, la demande d'aide juridictionnelle introduite le 2 novembre 2021 est donc intervenue hors délai ;

- eu égard au caractère réitéré de ses déclarations trimestrielles de ressources erronées et à l'indication d'une date erronée pour le départ du foyer de sa fille, Mme A ne peut bénéficier d'une remise de sa créance.

- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 décembre 2021.

IV - Par une requête, enregistrée le 17 février 2022 sous le n° 2200353, Mme C A, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques sur le recours administratif préalable obligatoire qu'elle a formé le 11 février 2021 à l'encontre de la décision du 9 février 2021 en tant qu'elle lui notifie deux indus de prime exceptionnelle de fin d'année (ING 002 et ING 003) d'un montant total de 381,12 euros ;

2°) de la décharger du remboursement de la somme de 381,12 euros réclamée au titre de ces indus ;

3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve d'une renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable dès lors que la décision prise sur sa demande d'aide juridictionnelle formulée le 2 novembre 2021 est intervenue le 21 décembre 2021 et que sa requête est intervenue dans un délai raisonnable ;

- la décision est entachée d'un défaut de motivation en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision, prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, est entachée d'un vice de procédure qui l'a privée d'une garantie, en méconnaissance des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle a été prise en méconnaissance de ses droits de la défense ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors que la CAF a considéré que les aides familiales qu'elle percevait constituaient un revenu ;

- elle bénéficie du droit à l'erreur dès lors que sa bonne foi est établie.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 mars 2024, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire à son rejet au fond.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que la décision lui a été régulièrement notifiée le 17 juin 2021, la demande d'aide juridictionnelle introduite le 2 novembre 2021 est donc intervenue hors délai ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 décembre 2021.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

-le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

-le code des relations entre le public et l'administration ;

-la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme D été entendu au cours de l'audience publique tenue le 20 mars 2024 à 14 heures en présence de Mme Strzalkowska greffière d'audience.

Les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A est allocataire de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques. Sa situation a fait l'objet d'un contrôle des services de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques en octobre 2020, à la suite duquel il est apparu que l'intégralité de ses ressources et de celles de sa fille n'avaient pas été déclarées entre 2017 et 2018 et que la date du départ du foyer de sa fille était erronée. En conséquence l'intéressée s'est vu notifier par une décision du 9 février 2021 du directeur de la caisse d'allocations familiales un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 12 089,49 euros (INK 003) pour la période de février 2019 à janvier 2021, deux indus d'aide exceptionnelle de solidarité (INQ 001 et INQ 002) d'un montant total de 200 euros pour les mois de mai et novembre 2020, deux indus de prime exceptionnelle de fin d'année au titre des années 2019 et 2020 (ING 003) et (ING 002) pour un montant total de 381,12 euros, un indu, d'aide personnelle au logement (IN5 002) d'un montant de 3 358,46 euros et un indu de prime d'activité (IM3 001) d'un montant de 2 831,04 euros, soit un indu d'un montant total de 18 860,11 euros. Le 11 février 2021, Mme A a formé un recours administratif préalable à l'encontre de la décision du 9 février 2021. Par les présentes requêtes, elle demande au tribunal d'annuler les décisions implicites de rejet nées du silence gardé par la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques sur ce recours en tant qu'il porte sur les indus d'aide personnelle au logement, d'aide exceptionnelle de solidarité, de prime d'activité et d'aide exceptionnelle de fin d'année.

Sur la jonction :

2. Les requêtes enregistrées sous les nos 2200350, 2200351, 2200352 et 2200353 concernent la situation d'un même allocataire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

Sur l'étendue du litige :

3. Aux termes du 1er alinéa de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale ". Aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. () ". Et aux termes de l'article R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement () est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. ". Enfin, l'article L. 412-7 du code des relations entre le public et l'administration dispose que " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement le positionnement de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable se substitue nécessairement à la décision initiale, et elle est seule susceptible d'être déférée au juge.

4. En l'espèce, les décision explicites prises le 11 juin 2021 par la commission de recours amiable sur le recours préalable de Mme A se sont nécessairement substituées aux décisions implicites de rejet de son recours et à la décision initiale du 9 février 2021 lui notifiant les indus en litige. Par suite, les conclusions de la requête doivent être regardées comme dirigées contre les seules décisions du 14 juin 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions confirmant les indus en litige :

5. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. " et aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".

6. Il résulte de l'instruction que les décisions du 14 juin 2021 de rejet du recours administratif préalable obligatoire formé par Mme A à l'encontre des indus en litige, lui ont été notifiées par un courrier recommandé présenté le 17 juin 2021 à l'adresse déclarée par l'intéressée et que le pli est revenu avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Par conséquent, les décisions sont réputées avoir été régulièrement notifiées à l'intéressée le 17 juin 2021. Celles-ci contiennent la mention régulière des voies et délais de recours. Dès lors le délai de recours contentieux de deux mois ouvert à l'encontre de ces décisions était expiré lors du dépôt des demandes d'aide juridictionnelle le 2 novembre 2021. Il s'ensuit que les décisions par lesquelles le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a confirmé le bien-fondé des indus en litige sont devenues définitives. Il y a lieu, par suite, d'accueillir les fins de non-recevoir opposées en défense par la caisse et de rejeter comme irrecevables les conclusions aux fins d'annulation des requêtes de Mme A.

Sur les conclusions subsidiaires tendant à la remise gracieuse des indus :

7. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".

8. Il résulte de l'instruction que les indus en litige proviennent des omissions de déclarations par Mme A, de sommes qu'elle a perçues entre 2017 et 2020 de la part de ses enfants et de son ex-conjoint, qui s'élèvent à un montant d'environ 27 576 euros, des revenus de sa fille qui s'élèvent, pour cette période, à un montant d'environ 41 000 euros, ainsi que d'une déclaration erronée concernant la date du départ du foyer de sa fille. Si Mme A se prévaut de sa bonne foi, elle n'apporte toutefois aucune précision, ni aucune explication permettant de considérer qu'elle ignorait se trouver dans l'obligation de déclarer lesdites sommes à la caisse d'allocations familiales. Eu égard par ailleurs à leur caractère réitéré sur une période de plusieurs années, et à leur montant, ces omissions déclaratives doivent être regardées comme procédant en l'espèce d'une volonté de dissimulation faisant obstacle à toute remise gracieuse de dette.

Sur les conclusions aux fins de remboursement et d'injonction sous astreinte :

9. Le présent jugement qui rejette les conclusions aux fins d'annulation et de remise gracieuse n'implique ni que les sommes en litige qui auraient été prélevées soient remboursées à la requérante, ni qu'il soit procédé au réexamen de sa situation. Il s'ensuit que les conclusions que Mme A présente à ces fins doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

10. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, les sommes dont Mme A demande le versement à son conseil sur le fondement de ces dispositions et de celles de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de Mme A sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 23 mai 2024.

La présidente,

V. DLa greffière,

A STRZALKOWSKA

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

Nos 2200350

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