jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2200406 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL SAVARY-GOUMI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 24 février 2022, 21 avril 2022, et 7 juillet 2022, M. A D représenté par Me Savary-Goumi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2022, par lequel la préfète des Landes a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a notifié obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre à la préfète des Landes de lui délivrer le titre de séjour demandé sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète des Landes de réexaminer sa situation au regard du droit au séjour, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé provisoire de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la préfète des Landes la somme de 1 200 euros à verser à Me Savary-Goumi sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
Sur la décision de refus de titre de séjour
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré d'une violation des droits de la défense sur le fondement de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'article L. 121 du code des relations entre le public et l'administration et l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article L. 114-1 du code de la sécurité intérieure et de l'article 47 du code civil ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur l'obligation de quitter le territoire et la décision fixant le pays de renvoi
- du fait de l'illégalité de la décision de refus d'admission au séjour, la décision d'obligation de quitter le territoire sera annulée par voie de conséquence pour défaut de base légale ;
- du fait de l'illégalité de la décision de refus d'admission au séjour, la décision fixant le pays de renvoi sera annulée par voie de conséquence pour défaut de base légale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mars 2022, la préfète des Landes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 9 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 octobre 2022.
En application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées par courrier du 28 décembre 2022 que la solution du litige était susceptible d'être fondée, en partie, sur le moyen soulevé d'office tiré de ce qu'il n'y avait pas lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 janvier 2022 de la préfète des Landes, rejetées par le dispositif de l'arrêt de la cour administratif de Bordeaux du 27 septembre 2022 n° 22BX00968, revêtu de l'autorité de la chose jugée.
M. D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 mars 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le jugement du 7 mars 2022 n° 2102671, par lequel le tribunal administration a rejeté la requête de M. D tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle la préfète des Landes a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour présentée le 21 janvier 2020 ;
- l'arrêt du 27 septembre 2022 n° 22BX00968, par lequel la cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté la requête de M. D tendant à l'annulation du jugement n° 2102671 du 7 mars 2022 du tribunal administratif de Pau.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Mali sur la circulation et le séjour de personnes, signée à Bamako le 26 septembre 1994 ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2007-1205 du 10 août 2007 relatif aux attributions du ministre des affaires étrangères, des ambassadeurs et des chefs de poste consulaire en matière de légalisation d'actes ;
- le décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 relatif aux modalités de vérification d'un acte de l'état civil étranger ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D, de nationalité malienne, est né, selon ses déclarations, le 31 décembre 2001 au Mali, Il est entré sur le territoire français irrégulièrement en novembre 2017, alors mineur selon ses déclarations. Par ordonnance de placement provisoire du 27 février 2018, il a été confié à la protection de l'enfance en tant que mineur étranger non accompagné. En exécution d'un jugement du 5 mars 2018 du tribunal de grande instance de Mont-de-Marsan, il a été pris en charge par le département des Landes au titre de l'aide sociale à l'enfance. Le 21 janvier 2020, à sa majorité, il a déposé une demande de délivrance d'un titre de séjour " étudiant " sur le fondement de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version antérieure au 1er mai 2021. Par courrier du 25 janvier 2021, la préfète des Landes a rejeté sa demande et l'a invité à formuler des observations. Par courrier du 4 février 2021, M. D a présenté des observations. Par un arrêté du 28 janvier 2022, la préfète des Landes a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a notifié obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. D demande l'annulation de cet arrêté.
Sur le non-lieu à statuer :
2. Aux termes de l'article 1355 du code civil : " L'autorité de la chose jugée n'a lieu qu'à l'égard de ce qui a fait l'objet du jugement. Il faut que la chose demandée soit la même ; que la demande soit fondée sur la même cause ; que la demande soit entre les mêmes parties, et formée par elles et contre elles en la même qualité ".
3. Par une requête enregistrée le 5 octobre 2021 sous le n° 2102671, M. D a demandé au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration sur sa demande du 21 janvier 2020, par laquelle la préfète des Landes a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Par un jugement du 7 mars 2022, le tribunal a rejeté sa requête. Par une requête enregistrée le 28 mars 2022 sous le n° 22BX00968, M. D a demandé à la cour administrative d'appel de Bordeaux d'une part, d'annuler ce jugement, et d'autre part, à titre principal, de prononcer un non-lieu à statuer sur sa demande et à titre subsidiaire, d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète des Landes a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour du 21 janvier 2020. Par un arrêt du 27 septembre 2022, notifié postérieurement à l'introduction de la présente requête, la cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté sa requête tendant à l'annulation de ce jugement et de l'arrêté du 28 janvier 2022 de la préfète des Landes. La cour a considéré que les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet présentées par le requérant dans sa requête devaient être regardées comme dirigées contre l'arrêté du 28 janvier 2022, par lequel la préfète des Landes a explicitement rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. D, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai d'un mois et a fixé le pays de renvoi. La cour a examiné la légalité de la décision portant refus du titre de séjour au regard des dispositions des articles L. 435-1, L. 435-3, L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 47 du code civil. Or, dans le cadre de la présente requête, M. D se fonde sur les mêmes causes juridiques que celles examinées par la Cour relatives au rejet de sa demande de titre de séjour présentée sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il y a lieu de considérer que la présente instance comporte la même demande, la même cause et les mêmes parties que celle présentée devant la cour. Dès lors, en application du principe de l'autorité de la chose jugée, le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 28 janvier 2022 de la préfète des Landes par une nouvelle requête qui a le même objet que la demande rejetée par l'arrêt du 27 septembre 2022 de la cour, devenu définitif. Par suite, les conclusions de M. D tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 janvier 2022 de la préfète des Landes sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 28 janvier 2022, par lequel la préfète des Landes a explicitement rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. D, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai d'un mois et a fixé le pays de renvoi ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. D, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions à fin d'injonction de cette même requête.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée.
Sur les frais de l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la préfète des Landes, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. D demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. D.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Me Savary-Goumi et à la préfète des Landes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Beneteau, première conseillère,
Mme Corthier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
La rapporteure,
Signé
Z. C
La présidente,
Signé
M. B
La greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026