mercredi 31 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2200421 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 novembre 2021, M. C D, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 octobre 2021 par lequel la préfète de l'Indre-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et l'a informé qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de son interdiction de retour sur le territoire français.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de l'arrêté attaqué n'est pas établie ;
- cet arrêté est entaché d'une insuffisance de motivation ;
- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;
- le préfet a commis une erreur de droit et une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 janvier 2021, la préfète de l'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Portès.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, né le 3 mars 1955 à Sochi (Russie) déclare être entré irrégulièrement en France le 15 mai 2018. Il a sollicité le 31 mai 2018 son admission au séjour au titre de l'asile. Par décision du 16 novembre 2018, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande. Il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français émise, le 5 février 2019, par la préfète d'Indre-et-Loire qui n'a pas été exécutée. Il a ensuite sollicité un premier réexamen de sa demande d'asile, le 28 mars 2019, rejetée par une décision d'irrecevabilité de l'OFPRA du 16 avril 2019. Le 23 juin 2021, il a sollicité un deuxième réexamen de sa demande d'asile pour lequel l'OFPRA a de nouveau pris une décision d'irrecevabilité le 29 juillet 2021. Par arrêté du 18 octobre 2021, la préfète de l'Indre-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et l'a informé qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de son interdiction de retour sur le territoire français. M. D demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté en litige du 18 octobre 2021 a été signé par Mme B A, préfète de l'Indre-et-Loire. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de cet arrêté ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué mentionne les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il vise notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il mentionne également la décision de l'OFPRA du 16 novembre 2018 rejetant la demande d'asile de M. D, ainsi que les deux décisions d'irrecevabilité opposées à ses demandes de réexamen et la précédente obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet, le 5 février 2019. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de motivation ainsi que celui tiré du défaut d'examen sérieux de sa situation, tel que soulevés, doivent être écartés.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; "
5. Il ressort des pièces du dossier que, par décision du 16 novembre 2018, l'OFPRA a rejeté la demande d'asile de M. D et a rejeté, pour irrecevabilité, ses deux demandes de réexamen, par décisions des 16 avril 2019 et 29 juillet 2021, devenues au demeurant définitives. Ainsi, la reconnaissance de la qualité de réfugié a été définitivement refusé au requérant de sorte que la préfète pouvait prendre l'arrêté en litige en application des dispositions précitées du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 18 octobre 2021.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. D une somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à sera notifiée à M. C D et au préfet de l'Indre-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
M. Rousseau, premier conseiller,
Mme Portès, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2024.
La rapporteure,
Signé
E. PORTES
La présidente,
Signé
S. PERDU La greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet de l'Indre-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026