mercredi 20 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2200483 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | GARCIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 mars 2022, M. C A, représenté par Me Garcia, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur du centre hospitalier des Pyrénées a rejeté sa demande de réintégration dans ses anciennes fonctions ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier des Pyrénées de réintégrer M. A dans ses anciennes fonctions dans un délai d'un mois à compter de la date de notification de la présente décision, et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier des Pyrénées la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :
- la procédure disciplinaire de blâme a eu des conséquences négatives sur ses tâches professionnelles en ce qu'il s'est vu retirer certaines missions qui lui avaient été confiées ;
- le changement de fonction crée une dégradation de sa situation professionnelle et constitue une sanction déguisée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2023, le centre hospitalier des Pyrénées, représenté par Me Jacquet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. A, la somme de 3 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête de M. A est irrecevable dès lors que la décision de changement d'affectation comme le changement de tâches justifié par l'intérêt du service constitue une mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours ;
- le requérant n'établit pas en quoi il n'est plus affecté au poste n° 3. Il ne justifie ni de ne plus gérer le système informatique, ni de ne plus réaliser les plannings de présence et n'apporte pas d'éléments établissant en quoi ses fonctions précédentes à la sanction étaient différentes que celles post-sanction ;
- même si la nature de ses missions a évolué, ce changement n'emporte en rien une diminution et responsabilités confiées à son égard ;
- la suppression de la détention des clés n'a aucune incidence sur ses garanties statutaires, de sorte que cette modification de tâches ne lui fait pas grief ;
- la décision de changement de tâches n'est pas une sanction déguisée dès lors que les deux conditions cumulatives ne sont pas remplies : à savoir que l'auteur n'a pas eu l'intention de sanctionner M. A et que la décision a porté atteinte à ses garanties statutaires, à ses prérogatives, à ses responsabilités ou à ses conditions de rémunération ;
- l'administration peut régulièrement décider d'un changement d'affectation d'un agent à raison de son comportement si cette mesure est prise dans l'intérêt du service. En tout état de cause, M. A demeure agent de maîtrise principal au sein du service transport de l'hôpital, seules certaines tâches ne lui sont plus confiées puisque les faits ont conduit l'administration a prononcé un blâme à son encontre.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crassus,
- et les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, agent de maîtrise principal depuis 1987 au centre hospitalier des Pyrénées à Pau, a fait l'objet d'une sanction disciplinaire de blâme prononcée par le directeur des ressources humaines de l'établissement. Suite à cette sanction, M. A a constaté une diminution des tâches professionnelles qui lui ont été confiées. Il a demandé alors à la direction la réintégration de ses tâches dans ses missions. Le 23 février 2022 est née une décision implicite de rejet par laquelle le directeur du centre hospitalier des Pyrénées a refusé la réaffectation de certaines missions à ses fonctions. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier des Pyrénées :
2. D'une part, les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief, constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou de leur contrat ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent de perte de responsabilités ou de rémunération. Le recours contre de telles mesures, à moins qu'elles ne traduisent une discrimination ou une sanction, est irrecevable.
3. D'autre part, une mesure revêt le caractère d'une sanction disciplinaire déguisée lorsque, tout à la fois, il en résulte une dégradation de la situation professionnelle de l'agent concerné et que la nature des faits qui ont justifié la mesure et l'intention poursuivie par l'administration révèlent une volonté de sanctionner cet agent.
4. En premier lieu, ce changement d'affectation, qui n'a entraîné aucune dégradation de la situation professionnelle de M. A, a été opéré pour des motifs tenant à l'intérêt du service et au comportement de ce dernier. Alors même qu'il faisait suite à une sanction disciplinaire de blâme, cette mesure a été motivée exclusivement par l'intérêt du service et ne présente donc pas le caractère d'une sanction déguisée.
5. En second lieu, si ce changement d'affectation s'est traduit par une modification des tâches dévolues à M. A, il n'est pas allégué qu'il aurait été accompagné d'un amoindrissement de ses perspectives de carrière ou d'une perte financière pour l'intéressé. Il n'a pas davantage entraîné pour celui-ci une diminution de ses responsabilités. Enfin, il n'a porté aucune atteinte aux droits et prérogatives que M. A tient de son statut. Par suite, et alors même que la modification de mission a été prise pour des motifs tenant au comportement de M. A, elle présente le caractère d'une mesure d'ordre intérieur, qui ne fait pas grief et n'est donc pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
6. Il résulte de ce qui précède que la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier des Pyrénées doit être accueillie et les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier des Pyrénées, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A une somme de 750 euros au titre des frais exposés par le centre hospitalier des Pyrénées et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera la somme de 750 (sept cent cinquante) euros au centre hospitalier des Pyrénées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. C A et au centre hospitalier des Pyrénées.
Délibéré après l'audience du 15 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Neumaier, conseillère,
Mme Crassus, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 20 mars 2024.
La rapporteure,
Signé
L. CRASSUS La présidente,
Signé
M. SELLES
La greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026