LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2200522

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2200522

jeudi 23 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2200522
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantDUMAZ-ZAMORA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 mars et 5 juillet 2022, Mme A C, représentée par Me Dumaz-Zamora, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 31 janvier 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques a décidé de lui retirer son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'une semaine à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Mme C soutient que :

La décision de retrait de son titre de séjour :

- est insuffisamment motivée ;

- est illégale dès lors qu'elle n'a pu faire valoir ses observations, en méconnaissance de l'article L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 423-3 et L. 423-5 du même code dès lors qu'elle a été contrainte de quitter le domicile conjugal en raison des violences qu'elle subissait de la part de son époux ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation ;

La décision portant obligation de quitter le territoire :

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences disproportionnées qu'elle emporte sur sa situation ;

La décision fixant le pays de destination :

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 juin 2022 et le 30 septembre 2022, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 3 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 2 novembre 2022.

Des pièces présentées pour Mme C ont été enregistrées le 10 novembre 2022.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- et les observations de Me Dumaz-Zamora, représentant Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante marocaine née le 13 décembre 1989 à Midelt (Maroc), s'y est mariée avec M. F E, ressortissant français, le 26 février 2019. Leur mariage a été transcrit dans les registres de l'état civil français le 9 juillet 2019. Le 7 septembre 2019, elle est entrée en France sous couvert d'un visa de long séjour délivré en sa qualité de conjointe de français et elle a obtenu, le 1er avril 2021, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Elle demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 31 janvier 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques lui a retiré son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. ". Aux termes de l'article L. 423-3 de ce code : " Lorsque la rupture du lien conjugal ou la rupture de la vie commune est constatée au cours de la durée de validité de la carte de séjour prévue aux articles L. 423-1 ou L. 423-2, cette dernière peut être retirée. / Le renouvellement de la carte est subordonné au maintien du lien conjugal et de la communauté de vie avec le conjoint qui doit avoir conservé la nationalité française. ". Aux termes de l'article L. 423-5 du même code : " La rupture de la vie commune n'est pas opposable lorsqu'elle est imputable à des violences familiales ou conjugales ou lorsque l'étranger a subi une situation de polygamie. / En cas de rupture de la vie commune imputable à des violences familiales ou conjugales subies après l'arrivée en France du conjoint étranger, mais avant la première délivrance de la carte de séjour temporaire, le conjoint étranger se voit délivrer la carte de séjour prévue à l'article L. 423-1 sous réserve que les autres conditions de cet article soient remplies ".

3. Pour décider de retirer à Mme C le titre de séjour qui lui avait été délivré, le 1er avril 2021, sur le fondement de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a considéré qu'elle ne remplissait plus les conditions posées par cet article dès lors qu'elle était divorcée de son conjoint français depuis le 29 janvier 2020, qu'elle en était séparée définitivement depuis le 7 octobre 2021, et qu'elle n'avait fourni aucun élément de nature à ce que sa situation soit réexaminée. En particulier, il a tenu compte de ce que la requérante n'avait pas réceptionné le courrier qui lui avait été adressé le 22 novembre 2021 l'informant de ce que la décision de retrait était envisagée, et de ce qu'elle ne justifiait ni même n'alléguait que la rupture de la vie commune aurait été causée par des violences conjugales. Le préfet s'est fondé sur les renseignements et les pièces qui lui avaient été communiqués par l'ex époux de l'intéressée, à savoir l'acte de divorce pris le 29 janvier 2020 par le tribunal de première instance de Midelt (Maroc), deux récépissés des " mains courantes " déposées par M. E les 14 janvier 2020 et 7 octobre 2021 signalant l'abandon du domicile conjugal par Mme C, et le procès-verbal établi par un huissier de justice le 16 janvier 2020, constatant le départ de celle-ci du domicile conjugal. Le préfet produit en outre, en défense, un courrier anonyme qui lui a été adressé le 10 août 2020, l'informant du divorce des époux prononcé au Maroc en janvier précédant, et deux courriers de l'ex époux, datés du 19 octobre 2021 et du 24 novembre 2021, ce dernier accompagné de l'acte de divorce, demandant l'annulation du titre de séjour de Mme C.

4. Pour contester la décision en litige, Mme C soutient qu'elle a été contrainte de quitter le domicile conjugal en raison des violences qu'elle subissait de la part de son mari. En réponse aux arguments du préfet en défense, faisant valoir que lorsqu'elle s'est présentée au guichet de la préfecture, le 6 août 2020, avec M. E, afin de solliciter le renouvellement de son titre de séjour, elle s'est abstenue d'évoquer leur récent divorce ou de faire état de quelconques violences, elle indique qu'elle ne pouvait dénoncer des violences conjugales devant son conjoint, dont la présence était requise pour effectuer cette démarche.

5. Mme C produit à l'appui de sa requête un compte rendu de passage aux urgences et la lettre de liaison établis les 11 et 12 janvier 2022 par des psychiatres du service d'accueil et d'admission des urgences du centre hospitalier des Pyrénées. Ces pièces mentionnent son " état anxio-dépressif caractérisé avec idéations suicidaires critiquées mais bien présentes " et d'un " besoin de suivi rapide ". La rubrique dédiée à l'histoire de la patiente, dans le compte rendu de passage aux urgences psychiatriques, relate une arrivée en France depuis trois ans " pour son mari " qui " depuis, interdit de travailler, violence physique ". La requérante produit également la note sociale établie le 14 mars 2022 par l'assistante sociale et le coordonnateur du foyer d'hébergement où elle a été prise en charge à compter du 2 décembre 2021. Les travailleurs sociaux rapportent les éléments portés à leur connaissance par l'intéressée, faisant état de violence verbale à son encontre depuis son arrivée en France de la part de son mari qui lui interdisait de sortir pour consulter un médecin ou pour chercher du travail, de ce qu'elle ne pouvait sortir que pour faire les courses ou aller chercher à l'école les deux enfants issus d'un précédent mariage de son époux, de violences physiques et sexuelles à partir de décembre 2019, de ce qu'elle avait fui le domicile conjugal à plusieurs reprises et avait déposé une main courante mais que, sans solution d'hébergement, elle avait décidé d'y retourner, les violences s'étant ensuite accrues. Les travailleurs sociaux soulignent que face à l'état psychique de Mme C, qui se renfermait sur elle-même, ils l'ont incitée à se rendre aux urgences psychiatriques pour qu'un suivi de son traumatisme psychologique soit mis en place. Ils rapportent les propos de l'intéressée, qui témoignent de ce qu'elle était brisée, de son envie de suicide, de sa difficulté à faire part à sa famille de sa situation de femme divorcée une première fois, ayant laissé un enfant au Maroc et vivant avec un conjoint violent, alors que sa mère voulait qu'elle se remarie avec lui. Enfin, ils soulignent qu'ils observent " les comportements d'une femme qui a été violentée dans son ancienne relation ", " très émotive " et " perdue dans les décisions qu'elle doit prendre ", qui " semble apeurée " et dont " l'état psychique (les) inquiète " bien qu'elle reste " volontaire dans les démarches administratives pour faire évoluer positivement sa situation ". Mme C produit par ailleurs une attestation de la directrice de l'association " Du côté des femmes ", qui établit qu'elle a été reçue à deux reprises lors des permanences du 25 novembre 2021 et du 23 décembre 2021 pour la soutenir dans sa situation de violences conjugales, ainsi que le témoignage d'une de ses cousines, de nationalité française et vivant en région parisienne, qui atteste notamment avoir été informée à de nombreuses reprises par la requérante, par téléphone, des violences verbales et physiques que lui faisait subir son mari, et de ce qu'il lui interdisait formellement de travailler.

6. Mme C produit le procès-verbal de la plainte pour violences conjugales qu'elle a déposée le 8 avril 2022, dans laquelle elle entend revenir sur une précédente plainte déposée le 23 mars 2022 qui comportait des discordances entre ce qu'elle avait dit et ce qui avait été écrit, discordances qu'elle attribue à l'interprétariat, la personne l'ayant accompagnée n'étant pas interprète. Il ressort de ce procès-verbal qu'après un premier épisode violent en octobre 2019, elle a déposé une main courante le 10 décembre 2019 mais que son accompagnatrice, qui avait proposé de conserver en lieu sûr le récépissé de main courante ainsi qu'un certificat médical, les a remis à son mari après qu'elle est rentrée au Maroc, le 7 janvier 2020, en raison de nouvelles violences. Après le divorce à l'amiable prononcé le 27 janvier 2020, elle a été contrainte de rester au Maroc pendant cinq mois en raison de la pandémie de Covid-19, période au cours de laquelle son ex-mari a contacté des connaissances sur place pour qu'ils convainquent Mme C de reprendre la vie commune. Elle a accepté de rentrer en France, le 25 juillet 2020. La situation sanitaire a empêché le couple de se rendre au consulat pour officialiser leur situation matrimoniale. Un épisode de coups portés par son conjoint l'a conduite à se présenter au commissariat en pleine nuit, mais M. E l'a ramenée à la maison avant qu'elle ne dépose plainte. Elle est repartie au Maroc le 16 juillet 2021 en raison de violences régulières qu'elle ne supportait plus, et de ce que son conjoint l'empêchait de travailler. Après son retour au Maroc, dans une situation financière précaire, elle a accepté la demande en mariage d'un autre homme. M. E est alors venu au Maroc où il a porté plainte contre elle et convaincu le nouveau mari de Mme C de ce qu'elle et lui étaient toujours mariés, ce qui a conduit le nouveau conjoint de Mme C à entamer une procédure de divorce. Mme C, confrontée à la honte familiale, a décidé de repartir en France. À son arrivée à Pau, une femme l'a prise en pitié et l'a amenée au commissariat avant qu'elle ne soit prise en charge par une assistante sociale, hébergée à l'hôtel puis en foyer hébergement.

7. Mme C produit enfin le témoignage de son premier mari, père de sa fille restée au Maroc, établi en mars 2022, attestant de ce que, le 15 octobre 2021, il a été contacté par téléphone par M. E pour le convaincre de récupérer leur fille en raison du comportement irrationnel et immoral de Mme C. Elle produit le témoignage d'un de ses voisins à Midelt attestant avoir rencontré M. E alors qu'il allait rendre visite à Mme C, lequel lui avait notamment affirmé " qu'il allait envoyer Mme A C en prison, qu'il poursuivrait de l'ennuyer et de détruire sa vie jusqu'à ce qu'elle devienne clocharde et que personne ne pourrait lui porter atteinte car il portait la nationalité française ". Elle produit le témoignage d'un chauffeur de taxi qui atteste avoir été contacté par M. E lui interdisant de transporter Mme C à l'aéroport et tenant des propos obscènes sur elle.

8. Il ressort de tous ces éléments que si le préfet n'a pas eu connaissance des faits de violence conjugale ayant conduit à la rupture de la vie commune, faute notamment, pour Mme C, d'avoir retiré le courrier l'informant de ce qu'il envisageait le retrait de son titre de séjour, cela résulte de ce qu'à la date à laquelle le courrier a été présenté chez son ex-mari, elle était hébergée en foyer. De plus, le comportement de son ex-mari, ayant porté à la connaissance du préfet tous les éléments ayant fondé la décision en litige, témoigne d'un acharnement à porter atteinte à son ex-épouse, qui accrédite les allégations de Mme C faisant état de violences à son encontre. Enfin, les documents médicaux et la note établie par les travailleurs sociaux du foyer où est hébergée Mme C ne laissent aucun doute sur l'état de détresse psychologique dans lequel cette relation l'a plongée, qui résulte des pressions successives de son ex-mari pour qu'elle accepte, dans un premier temps, de reprendre la vie commune, puis, après son second départ pour fuir les violences conjugales, pour qu'elle soit rejetée par sa famille au Maroc et placée en situation d'extrême précarité. Dans les circonstances de l'espèce, les éléments précités permettent d'établir que la requérante a été victime de violences conjugales de la part de son ex-époux à l'origine de la rupture de la communauté de vie. Par suite, Mme C est fondée à soutenir que le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation et a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 423-3 et L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers.

9. Il y a lieu, dès lors, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, d'annuler la décision du 31 janvier 2022 par laquelle le préfet des Pyrénées-Atlantiques a retiré le titre de séjour de Mme C ainsi que, par voie de conséquence, les décisions l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

10. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ". Le motif d'annulation retenu par le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet des Pyrénées-Atlantiques de délivrer à Mme C un nouveau titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

11. Mme C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Dumaz-Zamora, avocate de Mme C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Dumaz-Zamora de la somme de 1 200 euros.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 31 janvier 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques a décidé de retirer le titre de séjour de Mme C, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet des Pyrénées-Atlantiques de délivrer à Mme C un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'État versera la somme de 1 200 euros à Me Dumaz-Zamora, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Dumaz-Zamora renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, au préfet des Pyrénées-Atlantiques et à Me Dumaz-Zamora.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

Mme Beneteau, première conseillère,

Mme Neumaier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.

La rapporteure,

Signé

A. D

La présidente,

Signé

M. B La greffière,

Signé

P. SANTERRE

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions