vendredi 10 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2200542 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | PECASSOU LOGEAIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en production de pièces, enregistrés le 14 mars 2022 et le 6 mai 2022, la société civile Labfimmo, représentée par Me Delhaes, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 octobre 2021 par lequel le maire d'Anglet a accordé à la société par actions simplifiée Foncière Les Pins un permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement comportant quatre lots, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé contre cet arrêté, ainsi que l'arrêté du 24 janvier 2022 par lequel cette même autorité a accordé au même pétitionnaire un permis d'aménager modificatif ;
2°) de mettre à la charge des parties perdantes une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté du 26 octobre 2021 :
- il méconnaît l'article L. 441-4 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît l'article L. 425-6 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les articles DC 3, DC 11.1, DC 12.3 et DC 13 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune d'Anglet ;
- il méconnaît l'article UC 13 du règlement du PLU de la commune d'Anglet ;
- il méconnaît le règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie ;
- il méconnaît l'article 191 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 ;
- le projet nécessitait la réalisation d'une étude sur les conséquences pour l'écosystème et la biodiversité ;
- l'éclairage artificiel prévu par le projet créera une pollution lumineuse pour les tiers et la faune nocturne ;
En ce qui concerne l'arrêté du 24 janvier 2022 :
- il méconnaît l'article L. 441-4 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît l'article L. 425-6 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les articles DC 3, DC 11.1, DC 12.3 et DC 13 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune d'Anglet ;
- il méconnaît l'article UC 13 du règlement du PLU de la commune d'Anglet ;
- il méconnaît le règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie ;
- il méconnaît l'article 191 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 ;
- le projet nécessitait la réalisation d'une étude sur les conséquences pour l'écosystème et la biodiversité ;
- l'éclairage artificiel prévu par le projet créera une pollution lumineuse pour les tiers et la faune nocturne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2022, la société par actions simplifiée Foncière Les Pins, représentée par Me Cambot, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer dans l'attente d'une régularisation, et à ce qu'il soit mis à la charge de la société requérante une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société requérante ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir ;
- les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 février 2023, la commune d'Anglet, représentée par Me Logeais, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code forestier ;
- la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 :
- l'arrêté du préfet des Pyrénées-Atlantiques du 9 novembre 2005 définissant le seuil départemental de surface minimale du massif boisé au-delà duquel une autorisation de défrichement est nécessaire ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Diard,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- les observations de Me Dauga, substituant Me Delhaes, représentant la société Labfimmo, de Me Logeais, représentant la commune d'Anglet, et de Me Coto, substituant
Me Cambot, représentant la société Foncière Les Pins.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 26 octobre 2021, le maire d'Anglet a accordé à la société Foncière Les Pins un permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement comportant quatre lots destinés à la construction de bâtiments à usage d'habitation. Par une décision du 15 février 2021, cette même autorité a implicitement rejeté le recours gracieux formé par la société Labfimmo contre cet arrêté. En outre, par un arrêté du 24 janvier 2022, cette même autorité a accordé au même pétitionnaire un permis d'aménager modificatif. La société Labfimmo demande l'annulation de ces arrêtés et de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 26 octobre 2021 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 441-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis d'aménager concernant un lotissement ne peut être instruite que si la personne qui désire entreprendre des travaux soumis à une autorisation a fait appel aux compétences nécessaires en matière d'architecture, d'urbanisme et de paysage pour établir le projet architectural, paysager et environnemental dont, pour les lotissements de surface de terrain à aménager supérieure à un seuil fixé par décret en Conseil d'Etat, celles d'un architecte au sens de l'article 9 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture ou celles d'un paysagiste concepteur au sens de l'article 174 de la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. ". Aux termes de l'article R. 441-4-2 du même code : " Le seuil mentionné à l'article L. 441-4 est fixé à deux mille cinq cents mètres carrés. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B A, paysagiste concepteur, a apposé sa signature et son cachet à la rubrique dédiée contenue dans le formulaire Cerfa de la demande de permis d'aménager. Le pétitionnaire a ainsi eu recours aux services d'un paysagiste concepteur pour établir le projet architectural, paysager et environnemental. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 441-4 du code de l'urbanisme manque en fait.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-6 du code de l'urbanisme : " Conformément à l'article L. 341-7 du nouveau code forestier, lorsque le projet porte sur une opération ou des travaux soumis à l'autorisation de défrichement prévue aux articles L. 341-1 et L. 341-3 du même code, celle-ci doit être obtenue préalablement à la délivrance du permis. ". Aux termes de l'article L. 341-7 du code forestier : " Lorsque la réalisation d'une opération ou de travaux soumis à une autorisation administrative () nécessite également l'obtention d'une autorisation de défrichement, celle-ci doit être obtenue préalablement à la délivrance de cette autorisation administrative. ". Aux termes de l'article L. 111-2 du même code : " Sont considérés comme des bois et forêts au titre du présent code les plantations d'essences forestières et les reboisements ainsi que les terrains à boiser du fait d'une obligation légale ou conventionnelle. ". Aux termes de l'article L. 341-1 du même code : " Est un défrichement toute opération volontaire ayant pour effet de détruire l'état boisé d'un terrain et de mettre fin à sa destination forestière. / Est également un défrichement toute opération volontaire entraînant indirectement et à terme les mêmes conséquences () ". Aux termes de l'article L. 341-3 du même code : " Nul ne peut user du droit de défricher ses bois et forêts sans avoir préalablement obtenu une autorisation. / () ". Aux termes de l'article L. 342-1 de ce code : " Sont exemptés des dispositions de l'article L. 341-3 les défrichements envisagés dans les cas suivants : / 1° Dans les bois et forêts de superficie inférieure à un seuil compris entre 0,5 et 4 hectares, fixé par département ou partie de département par le représentant de l'Etat, sauf s'ils font partie d'un autre bois dont la superficie, ajoutée à la leur, atteint ou dépasse ce seuil ; / () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du préfet des Pyrénées-Atlantiques du 9 novembre 2005 : " Dans le département des Pyrénées-Atlantiques, le défrichement des bois de superficie inférieure à 2 hectares, sauf s'ils font partie d'un autre bois, dont la superficie ajoutée à la leur, atteint ou dépasse 2 hectares, peut être effectué sans autorisation préalable. ".
5. Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse de l'état initial du terrain d'assiette du projet et des photographies joints au dossier de demande de permis d'aménager, que si ce terrain est planté de 30 arbres de haute tige, dont 28 pins maritimes, il ne fait toutefois pas partie de la forêt du Pignada située à l'est, à une distance d'environ 150 mètres, ou de l'espace boisé situé à l'ouest, à une distance d'environ 80 mètres, dont il est séparé par des parcelles sur lesquelles reposent des constructions, et des voies publiques, et s'étend sur une superficie de 3 160 m², inférieure au seuil de 2 hectares fixé par l'article 1er de l'arrêté du préfet des Pyrénées-Atlantiques du 9 novembre 2005. Il s'ensuit que le défrichement de ce terrain était exempté d'autorisation préalable, en application de l'article L. 342-1 du code forestier. Par suite, l'arrêté attaqué n'a pas été pris en méconnaissance de l'article L. 425-6 du code de l'urbanisme.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 191 de la loi du 22 août 2021 : " Afin d'atteindre l'objectif national d'absence de toute artificialisation nette des sols en 2050, le rythme de l'artificialisation des sols dans les dix années suivant la promulgation de la présente loi doit être tel que, sur cette période, la consommation totale d'espace observée à l'échelle nationale soit inférieure à la moitié de celle observée sur les dix années précédant cette date. / Ces objectifs sont appliqués de manière différenciée et territorialisée, dans les conditions fixées par la loi. ".
7. L'article 191 de la loi du 22 août 2021 précité, qui impose des objectifs au pouvoir réglementaire, notamment aux auteurs des documents d'urbanisme, ne s'impose pas aux autorisations d'utiliser ou d'occuper le sol. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est inopérant.
8. En quatrième lieu, la société requérante ne peut utilement invoquer la méconnaissance du règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie des Pyrénées-Atlantiques, pris le 12 septembre 2016 en application de l'article R. 2225-3 du code général des collectivités territoriales, dès lors que ce règlement relève d'une législation distincte du droit de l'urbanisme et ne s'impose pas aux autorisations d'utiliser ou d'occuper le sol en application du principe de l'indépendance des législations.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article DC 3 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune d'Anglet : " Les voies de desserte doivent, par leurs caractéristiques : / () - permettre l'approche et l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie () ".
10. Il résulte des dispositions du code de l'urbanisme que les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
11. Il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux a recueilli l'avis favorable du service départemental d'incendie et de secours (SDIS), émis le 3 septembre 2021, assorti de plusieurs prescriptions, concernant notamment les conditions d'accessibilité des engins de secours et de lutte contre l'incendie, qui ont été reprises par l'arrêté attaqué. En outre, il n'est pas établi que la voie d'accès au projet ne permettrait pas l'approche et l'utilisation de ces véhicules. Enfin, les dispositions précitées de l'article DC 3 des dispositions communes du règlement du PLU de la commune d'Anglet n'imposent pas de zone de retournement. Par suite, en prenant l'arrêté attaqué, le maire d'Anglet n'a pas fait une inexacte application de ces dispositions.
12. En sixième lieu, aux termes de l'article DC 11.1 des dispositions communes du règlement du PLU de la commune d'Anglet : " La situation des constructions, leur architecture, leurs dimensions, leur aspect extérieur, ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains. ".
13. Il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent une atteinte aux paysages naturels avoisinants, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel de nature à fonder le refus de permis ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
14. Il ressort des pièces du dossier que le secteur d'implantation du projet en litige est principalement constitué de maisons individuelles et de terrains arborés de pins maritimes, arbres de haute tige, et qu'il présente ainsi un intérêt paysager. Cependant, le projet, qui prévoit la réalisation de quatre lots d'une superficie comprise entre 607 à 848 m² chacun, correspondant à la superficie des parcelles voisines, ces lots étant destinés chacun à la construction d'une maison à usage d'habitation, ne présente pas des caractéristiques atypiques en rupture avec le bâti environnant. Dans ces conditions, il n'est pas établi que le projet en litige, dont chaque construction devra être autorisée par un permis de construire, est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants et des paysages naturels ou urbains. Par suite, en prenant l'arrêté attaqué, le maire d'Anglet n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article DC 11.1 des dispositions communes du règlement du PLU de la commune d'Anglet.
15. En septième lieu, aux termes de l'article DC 12 des dispositions communes du règlement du PLU de la commune d'Anglet : " Dans le cas de division en propriété ou en jouissance, les dispositions du présent article s'appliquent à chaque lot. / () 12.3 Normes de stationnement pour les deux roues non motorisées / Les constructions à destination d'habitation, d'hébergement hôtelier, de commerce, de bureaux et de service public ou d'intérêt collectif présentant une surface de plancher supérieure à 300 mètres carrés, doivent comporter un local commun destiné au stationnement des deux roues. / () ".
16. Les dispositions précitées de l'article DC 12 des dispositions communes du règlement du PLU ne sont pas applicables lorsque, comme c'est le cas en l'espèce, le projet n'autorise aucune construction mais seulement l'aménagement d'un lotissement qui fera l'objet d'une division en plusieurs lots, destinés à être bâtis, dont chaque construction devra être autorisée par un permis de construire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est inopérant.
17. En huitième lieu, aux termes de l'article DC 13 des dispositions communes du règlement du PLU de la commune d'Anglet : " () Les aires de stationnement doivent être plantées à raison d'un arbre par tranche de 4 places de stationnement extérieur créées. Ces arbres peuvent être intégrés sous la forme d'un bosquet sur le terrain. / Les arbres de haute tige existants doivent être maintenus ou remplacés. / () ".
18. Il ressort des pièces du dossier que le projet de lotissement autorisé par l'arrêté attaqué prévoit la création de cinq places de stationnement en bordure de la voie d'accès aux différents lots, sans plantation d'arbres aux abords, ainsi que l'abattage de cinq pins maritimes situés sur cette voie et à ses abords, sans être remplacés. Cette décision méconnaît donc les dispositions précitées de l'article DC 13 des dispositions communes du règlement du PLU de la commune d'Anglet. Toutefois, par un arrêté du 24 janvier 2022, le maire d'Anglet a délivré à la société Foncière Les Pins un permis d'aménager modificatif dont l'objet consistait en la plantation de sept arbousiers " tige 16/20 " sur l'aire de stationnement et le long de la voie d'accès. En outre, la société Foncière Les Pins fait valoir, sans être sérieusement contestée sur ce point par la société Labfimmo, que l'arbousier est un petit arbre fruitier de la famille C, également appelé " arbre à fraises ", dont la hauteur se situe entre 5 à 10 mètres, lequel constitue donc un arbre de haute tige. L'arrêté du 24 janvier 2022 a donc eu pour effet de régulariser le vice dont est entaché l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article DC 13 des dispositions communes du règlement du PLU de la commune d'Anglet est inopérant.
19. En neuvième lieu, aux termes de l'article UC 13 du règlement du PLU de la commune d'Anglet : " Dans toute la zone : / Les surfaces de pleine terre doivent être plantées d'arbres ou d'une végétation arbustive et prioritairement associés au paysage du site. / A partir de 100 mètres carrés de pleine terre, au moins un arbre de haute tige doit être planté ou conservé par tranche de 100 mètres carrés de pleine terre. / () En secteur UC2 et UC3 : / Il est exigé qu'au moins 60 % de la superficie du terrain d'assiette du projet soient constitués de pleine terre et fassent l'objet d'un traitement paysager. / () ".
20. Ainsi qu'il a été dit au point 16, le projet litigieux ne prévoit aucune construction mais uniquement l'aménagement d'un terrain en quatre lots à bâtir. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 13 du règlement du PLU de la commune d'Anglet est inopérant.
21. En dernier lieu, si la société requérante soutient que l'arrêté attaqué n'a pas été précédé d'une étude sur les conséquences pour l'écosystème et la biodiversité et que l'éclairage artificiel créera une pollution lumineuse pour les tiers et la faune nocturne, elle n'assortit pas ces moyens de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne la légalité de la décision implicite de rejet du recours gracieux formé contre l'arrêté du 26 octobre 2021 :
22. A supposer que la société requérante ait entendu invoquer au soutien des présentes conclusions les mêmes moyens que ceux soulevés à l'encontre de l'arrêté du 26 octobre 2021, ils doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 2 à 21.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 24 janvier 2022 :
23. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B A, paysagiste concepteur, a également apposé sa signature et son cachet à la rubrique dédiée contenue dans le formulaire Cerfa de la demande de permis d'aménager modificatif. Le pétitionnaire a ainsi eu recours aux services d'un paysagiste concepteur pour établir le projet architectural, paysager et environnemental. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 441-4 du code de l'urbanisme manque en fait.
24. En second lieu, eu égard à l'objet du permis d'aménager modificatif, qui prévoit uniquement la plantation de sept arbousiers sur l'aire de stationnement et le long de la voie d'accès, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 425-6 du code de l'urbanisme, de l'article 191 de la loi du 22 août 2021, des articles DC 3, DC 11.1, DC 12.3 et DC 13 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet, de l'article UC 13 du même règlement, du règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie, de ce que le projet nécessitait la réalisation d'une étude sur les conséquences pour l'écosystème et la biodiversité et de ce que l'éclairage artificiel prévu par le projet créera une pollution lumineuse pour les tiers et la faune nocturne, sont inopérants.
25. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la société Foncière Les Pins, les conclusions aux fins d'annulation de la requête de la société Labfimmo doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
26. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
27. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la société Labfimmo doivent dès lors être rejetées. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de cette dernière des sommes de 1 500 euros au titre des frais exposés respectivement par la commune d'Anglet et la société Foncière Les Pins et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Labfimmo est rejetée.
Article 2 : La société Labfimmo versera respectivement à la commune d'Anglet et à la société Foncière Les Pins une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile Labfimmo, à la commune d'Anglet et à la société Foncière Les Pins.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
F. DIARDLe président,
Signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE
CASTILLONLa greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026