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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2200548

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2200548

lundi 27 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2200548
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE 3
Avocat requérantDE LANGERON

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 mars 2022 et le 22 avril 2024, sous le n° 2200548, Mme D B et M. A C, représentés par Me De Langeron, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 février 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a mis à sa charge un indu au titre de l'allocation de logement sociale, du revenu de solidarité active et de la prime d'activité pour un montant de 1 501,62 euros, ensemble la décision du 6 décembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques a confirmé l'indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 318 euros mis à sa charge ;

2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de prononcer le remboursement des sommes qui auraient dû lui être versées depuis le prononcé de la décision contestée, assorties des intérêts au taux légal avec capitalisation sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la décision a été prise par une autorité incompétente ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- la procédure contradictoire prévue aux articles L. 212-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration a été méconnue ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 avril 2024, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 janvier 2021.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 janvier 2021.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 mars 2022 et le 22 avril 2024, sous le n° 2200549, M. A C et Mme D B, représentés par Me De Langeron, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 mars 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a mis à leur charge un indu au titre du revenu de solidarité active pour un montant de 410,44 euros, ensemble la décision du 6 décembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques a confirmé l'indu de prime d'activité d'un montant de 514,37 euros mis à sa charge ;

2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de prononcer le remboursement des sommes qui auraient dû lui être versées depuis le prononcé de la décision contestée, assorties des intérêts au taux légal avec capitalisation sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridictionnelle.

Ils soutiennent que :

- la décision a été prise par une autorité incompétente ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- la procédure contradictoire prévue aux articles L. 212-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration a été méconnue ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 avril 2024, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 janvier 2021.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 janvier 2021.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Le rapport de Mme E été entendu au cours de l'audience publique, tenue le 24 avril 2024 à 14 heures en présence de Mme Strzalkowska, greffière d'audience.

Les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B et M. C sont bénéficiaires de l'allocation de logement sociale, du revenu de solidarité active et de la prime d'activité. Par une décision du 8 février 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a mis à leur charge un indu au titre de l'allocation au logement sociale, du revenu de solidarité active et de la prime d'activité d'un montant de 1 501,62 euros. Par une décision du 11 mars 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales leur a notifié un indu supplémentaire au titre du revenu de solidarité active et de la prime d'activité pour un montant de 410,44 euros. Ils ont saisi la commission de recours amiable d'un recours dirigé contre les indus d'allocation de logement social et de prime d'activité. Par deux décisions du 6 décembre 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a confirmé, après avis de la commission de recours amiable du 3 décembre 2021, le bien-fondé de ces deux indus. Par les présentes requêtes, Mme B et M. C demandent au tribunal d'annuler l'ensemble de ces décisions.

Sur la jonction des requêtes :

2. Les deux requêtes, ci-dessus visées, concernent la situation des mêmes allocataires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, par suite, de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'étendue du litige :

3. En matière de contentieux sociaux, l'exercice d'un recours contentieux relatif au bien-fondé de l'indu est subordonné à l'exercice préalable d'un recours administratif préalable auprès du président du conseil départemental. Par conséquent, la décision prise par l'autorité compétente après l'exercice de ce recours préalable, qui se substitue à la décision initiale, est seule susceptible d'être contestée.

4. Par les décisions du 6 décembre 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales s'est prononcé, à la suite des avis du 3 décembre 2021 de la commission de recours amiable sur les indus d'allocation de logement sociale et prime d'activité. Par l'effet du recours administratif préalable obligatoire, ces décisions se sont substituées aux décisions des 8 février et 11 mars 2021. Il s'ensuit que les conclusions dirigées contre les décisions du 8 février et du 11 mars 2021 sont irrecevables et doivent être rejetées.

5. Il en résulte que les moyens tirés du non-respect des dispositions des articles L.211-2 et L.121-1 du code des relations entre le public et l'administration, en tant qu'ils sont invoqués à l'encontre des décisions des 8 février et 11 mars 2021, doivent être écartés comme inopérants pour ce motif.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la régularité des décisions :

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : /1° Les contestations des décisions prises par l'organisme payeur au titre des aides personnelles au logement ou des primes de déménagement ; /2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ". Aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. / () ".

7. Si Mme B et M. C soutiennent que les décisions de rejet de leurs recours administratifs ont été prises par une autorité incompétente. Toutefois, et d'une part, il résulte de l'instruction que les avis de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques du 3 décembre 2021 ont été signés par son président, lequel avait ainsi nécessairement compétence ce faire. D'autre part les courriers du 6 décembre 2021, confirmant les indus en litige après avis de la commission de recours amiable ont été signés par le directeur de l'organisme compétent. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions en litige doit être écarté.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou règlementaire ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

9. Il résulte de l'instruction que les avis du 3 décembre 2021 de la commission de recours amiable, notifiés aux requérants par les décisions du 6 décembre suivant confirmant les indus, indiquent que les indus ont pour origine une incohérence entre les ressources déclarées trimestriellement par M. C, et précisent les périodes concernées. Elles mentionnent par ailleurs les dispositions des articles L. 843-1 du code de la sécurité sociale et R. 822-17 du code de la construction et de l'habitation qui fondent les décisions de récupérer les indus. Par suite, ces décisions sont suffisamment motivées en droit et en fait de sorte que le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le bien-fondé des indus :

10. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, de prime d'activité ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige. En cas d'annulation par le juge de la décision ordonnant la récupération de l'indu, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision.

11. Mme B et M. C, qui ne contestent pas l'existence d'une discordance entre les revenus perçus et les sommes déclarées trimestriellement, se bornent à faire valoir que les indus résultent d'une erreur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques qui n'a pas pris en considération le courrier qui lui a été adressé le 23 décembre 2019. Toutefois, à supposer même que les requérants soient de bonne foi, cette circonstance est sans incidence sur le bien-fondé des indus en litige, lesquels résultent de la prise en compte des ressources qu'ils ont effectivement perçues et de l'incidence de cette prise en compte sur leurs droits au bénéfice des allocations en litige. Par suite les décisions ne sont pas entachées d'une erreur d'appréciation, de sorte que ce moyen sera écarté.

12. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B et M. C ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions du 6 décembre 2021 par lesquelles le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques a confirmé, sur avis de la commission de recours amiable, les indus d'allocation de logement sociale et de prime d'activité mise à leur charge.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

13. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation des requêtes de Mme B et M. C, n'implique aucune mesure d'exécution, de sorte que les conclusions aux fins d'injonction doivent être également rejetées.

Sur les frais liés au litige :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par Mme B et M. C, qui a dans la présente instance, la qualité de partie perdante, sur le fondement de ces dispositions et de celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de Mme B et M. C sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et Mme D B, au département des Pyrénées-Atlantiques et à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2024.

La présidente,

V. QUEMENERLa greffière,

A. STRZALKOWSKA

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

N°s 2200548

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