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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2200581

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2200581

jeudi 23 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2200581
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSP AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 15 mars 2022 et le 24 février 2023, M. B A E représenté par Me Pather, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 26 mars 2021, par laquelle le préfet des Hautes-Pyrénées a rejeté sa demande de carte de résident présentée le 26 novembre 2020 en sa qualité de réfugié ;

2°) de mettre à la charge du préfet des Hautes-Pyrénées la somme de 1 500 euros à verser à Me Pather sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation sur le fondement de l'article L. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit sur le fondement de l'article R. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la demande de condamnation de l'Etat au paiement des frais irrépétibles est maintenue, la remise le 15 février 2023 de la carte de résident sollicitée en date du 23 janvier 2023 étant une décision favorable intervenant postérieurement à l'introduction de sa requête et à la communication de ses écritures au préfet.

Par ordonnance du 7 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 novembre 2022.

Un mémoire en défense présenté par le préfet des Hautes-Pyrénées a été enregistré le 1er mars 2023, postérieurement à la date de la clôture de l'instruction.

M. A E a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 mai 2022.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'arrêt du 30 octobre 2020 n° 20008425, par lequel la Cour nationale du droit d'asile a reconnu la qualité de réfugié à M. B A.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A E, né le 21 janvier 1988 au Soudan, de nationalité soudanaise, est entré sur le territoire français selon ses déclarations en juillet 2018 alors âgé de trente ans. Par une décision du 30 octobre 2020, la Cour nationale du droit d'asile lui a accordé le statut de réfugié. Il a déposé une demande de carte de résident en sa qualité de réfugié auprès du préfet des Hautes-Pyrénées, lequel lui a remis, le 26 novembre 2020, un récépissé l'autorisant à travailler, valable jusqu'au 25 mai 2021. Le 15 février 2023, le préfet des Hautes-Pyrénées a remis au requérant la carte de résident sollicitée, délivrée le 23 janvier 2023. M. A E demande l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande née le 26 mars 2021.

Sur le non-lieu à statuer :

2. Si avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai de recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.

3. Il ressort des pièces du dossier que le 23 janvier 2023, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet des Hautes-Pyrénées a délivré à M. A E une carte de résident d'une durée de dix ans, remise au requérant le 15 février 2023. Cette décision expresse favorable, correspondant à la demande du requérant, vaut implicitement et nécessairement retrait de la décision implicite de rejet attaquée. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de cette décision implicite de rejet sont devenues, dans ces conditions, sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les frais de l'instance :

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. A E à ce titre.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A E.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A E, à Me Pather et au préfet des Hautes-Pyrénées.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 2 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

Mme Beneteau, première conseillère,

Mme Corthier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2023.

La rapporteure,

Signé

Z. D La présidente,

Signé

M. C

La greffière,

Signé

P. SANTERRE

La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

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