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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2200582

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2200582

lundi 27 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2200582
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE 3
Avocat requérantSELARL MALTERRE - CHAUVELIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 mars 2022, Mme B A, représentée par Me Malterre, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 17 janvier 2022 par laquelle le président du conseil départemental des Landes a rejeté son recours administratif préalable et confirmé la décision du 21 septembre 2021 refusant de lui renouveler sa carte mobilité inclusion mention " stationnement " ;

2°) de mettre à la charge de la maison landaise des personnes handicapées le versement de la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il lui a été reconnu une incapacité supérieure ou égale à 50% et inférieure à 80% le 10 mai 2019 ;

- elle souffre d'épilepsie, de fibromyalgie et de migraine chronique ; ces pathologies nécessitent une prise en charge particulière ;

- son état de santé s'est aggravé ; elle doit faire des pauses lors de ses déplacements ; elle se fatigue rapidement ;

- elle a déjà bénéficié d'une carte mobilité inclusion mention stationnement jusqu'au 31 octobre 2020 ;

- elle est bénéficiaire de la carte mobilité inclusion mention prioritaire ; la qualité de travailleur handicapé lui a été reconnu.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 avril 2022, le département des Landes conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Le rapport de Mme C été entendu au cours de l'audience publique, tenue le 24 avril 2024 à 14 heures en présence de Mme Strzalkowska, greffière d'audience.

Les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a sollicité le 14 janvier 2021 auprès de la maison landaise des personnes handicapées le renouvellement de sa carte mobilité inclusion mention " stationnement ". Cette demande a été rejetée par une décision du 21 septembre 2021. Par une décision du 17 janvier 2022, le département des Landes a rejeté le recours qu'elle a formé à l'encontre de cette décision. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. D'une part, aux termes du I de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. () 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements ". Aux termes du IV de l'article R. 241-12-1 du même code : " Pour l'attribution de la mention "stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur.".

3. D'autre part, l'annexe à l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles prévoit que : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; - ou la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; - ou la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie () ".

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.

5. Il résulte des dispositions précitées que l'obtention de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement " est subordonnée à la démonstration d'une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspondant à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et pouvant se retrouver chez des personnes présentant, notamment, un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales. Tel est le cas lorsque la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ou a systématiquement recours à une des aides mentionnées pour ses déplacements extérieurs. Il appartient à la personne qui présente devant le juge administratif des conclusions à fin d'annulation d'une décision lui refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement " d'établir, par tous moyens et notamment par la production au tribunal de justificatifs médicaux, même s'ils avaient déjà été produits au cours de l'instruction de la demande par l'administration, qu'elle est atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied.

6. Si le certificat médical joint au formulaire de demande transmis à la maison départementale des personnes handicapées mentionne que l'état de santé de la requérante s'est aggravé, il n'établit pas que son périmètre de marche serait limité à moins de 200 mètres. En outre, ce même certificat précise que Mme A se déplace avec difficultés mais sans aide, en ayant dans le même temps indiqué que cette dernière avait besoin de pauses et d'une aide humaine dans ses déplacements extérieurs. Si Mme A produit néanmoins d'autres certificats médicaux, dont il résulte qu'elle est atteinte depuis 2017 d'une fibromyalgie, ces documents médicaux ne permettent pas de tenir pour établi, en l'état de l'instruction, que cette pathologie est de nature à réduire de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied. Enfin les circonstances invoquées que la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées a évalué son incapacité à un taux inférieur à 80 % et reconnu que la station debout lui était pénible pour l'attribution de la carte de priorité pour personne handicapée et que par deux décisions du 21 septembre 2021 lui ont été attribués la qualité de travailleur handicapé et le bénéfice de l'allocation adulte handicapé, ne sont pas au nombre des critères pris en compte pour accorder le bénéfice de la carte mobilité inclusions mention " stationnement ". Dans ces conditions, et compte tenu des imprécisions et contradictions du dossier de demande, Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 17 janvier 2022 du président du conseil départemental des Landes.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département des Landes, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont Mme A demande le versement au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la maison départementale des personnes handicapées des Landes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2024

La présidente,

V. QUEMENERLa greffière,

A. STRZALKOWSKA

La République mande et ordonne à la préfète des Landes, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition :

La greffière,

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