LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2200655

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2200655

lundi 18 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2200655
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCABINET CASSEL (SELAFA)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 mars 2022, M. A C, représenté par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 10 janvier 2022, par laquelle le directeur académique des services de l'éducation nationale des Pyrénées-Atlantiques l'a enjoint à inscrire son enfant dans un établissement d'enseignement scolaire public ou privé dans un délai de quinze jours, ensemble la décision du 17 mars 2022 de rejet de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre à la direction académique des services de l'éducation nationale des Pyrénées-Atlantiques, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de réexaminer sa situation et ce, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure sur le fondement de l'article R. 131-16-2 du code de l'éducation car le directeur académique des services de l'éducation nationale des Pyrénées-Atlantiques ne l'a pas informé, à deux reprises, qu'il considérait que le motif invoqué comme faisant obstacle au contrôle n'était pas légitime et qu'il maintenait le contrôle à la date préalablement fixée ; ce défaut d'information a nécessairement exercé une influence sur le sens de la décision ;

- elle méconnaît les articles R. 131-16-2 et R. 131-16-4 du code de l'éducation et est entachée d'une erreur de fait en raison de l'existence d'un motif légitime d'absence ; sa femme et lui ne pouvaient être mis en demeure de scolariser leur enfant dans un établissement, ayant justifié leur indisponibilité par un motif légitime lié à leurs obligations professionnelles pour les deux convocations ; en tout état de cause, leur absence au second contrôle ne saurait leur être reprochée dès lors qu'ils ont accompagné leur demande de report de justificatifs probants ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur de fait en raison de l'inscription de son enfant dans un établissement privé d'enseignement scolaire ; son enfant est inscrite au sein d'un établissement qui ne délivre que des cours à distance ; dès lors, l'enfant B fait déjà l'objet d'une mesure de scolarisation, sous contrôle de cet établissement, si bien que la mise en demeure contestée n'a aucun fondement.

Par courrier du 15 septembre 2022, le rectorat de l'académie de Bordeaux a été mis en demeure de produire ses observations dans un délai de trente jours.

Par une ordonnance du 12 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 novembre 2022.

Un mémoire, présenté par le rectorat de l'académie de Bordeaux, a été enregistré le 23 août 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Corthier ;

- et les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C et Mme E ont déclaré instruire en famille au titre de l'année scolaire 2021-2022, leur fille B née le 11 février 2014. Il a été accusé réception de cette déclaration le 20 septembre 2021. Les intéressés ayant sollicité à deux reprises le report des contrôles pédagogiques prévus le 9 décembre 2021, puis le 7 janvier 2022, ils ont été mis en demeure par décision du 10 janvier 2022 d'inscrire leur enfant dans un établissement d'enseignement scolaire public ou privé dans un délai de quinze jours à compter de sa réception. Le recours gracieux formé contre cette mise en demeure par M. C le 7 février 2022, réceptionné le 9 février suivant, a été rejeté le 17 mars 2022. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler la décision de mise en demeure du 10 janvier 2022, ensemble la décision du 17 mars 2022 de rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'acquiescement aux faits :

2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".

3. A l'appui de sa requête, M. C soutient qu'il a fait part de son indisponibilité, ainsi que celle de la mère de l'enfant B, pour raisons professionnelles aux deux dates de rendez-vous fixés par l'administration et a proposé en retour des dates pour un contrôle à son domicile. Il affirme également n'avoir pas été informés du maintien du second contrôle prévu le 7 janvier 2022. Une copie de cette requête a été communiquée le 24 mai 2022 au rectorat de l'académie de Bordeaux, lequel a été mis en demeure le 15 septembre 2022 de produire un mémoire en défense. Cette mise en demeure est demeurée sans effet. L'inexactitude des faits allégués par M. C ne ressort d'aucune des pièces versées au dossier. Dans ces conditions, le rectorat de l'académie de Bordeaux doit être réputé avoir admis leur exactitude matérielle conformément aux dispositions précitées de l'article R. 612-6 du code de justice administrative.

En ce qui concerne le vice de procédure :

4. Aux termes de l'article L. 131-10 du code de l'éducation : " () L'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation doit au moins une fois par an à partir du troisième mois suivant la déclaration d'instruction par les personnes responsables de l'enfant prévue au premier alinéa de l'article L. 131-5, faire vérifier d'une part, que l'instruction dispensée au même domicile l'est pour les enfants d'une seule famille et, d'autre part, que l'enseignement assuré est conforme au droit de l'enfant à l'instruction tel que défini à l'article L. 131-1-1. / () Le contrôle est prescrit par l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation selon des modalités qu'elle détermine. Il est organisé en principe au domicile où l'enfant est instruit. Les personnes responsables de l'enfant sont informées, à la suite de la déclaration annuelle qu'elles sont tenues d'effectuer en application du premier alinéa de l'article L. 131-5, de l'objet et des modalités des contrôles qui seront conduits en application du présent article. () Lorsque les personnes responsables de l'enfant ont refusé, sans motif légitime, de soumettre leur enfant au contrôle annuel prévu au troisième alinéa du présent article, elles sont informées qu'en cas de second refus, sans motif légitime, l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation est en droit de les mettre en demeure d'inscrire leur enfant dans un établissement d'enseignement scolaire public ou privé dans les conditions et selon les modalités prévues au septième alinéa. () ". Aux termes de l'article R 131-16 du même code : " Le directeur académique des services de l'éducation nationale fixe la date et le lieu du contrôle qui est organisé, en principe, au domicile où l'enfant est instruit. ". Aux termes de l'article R. 131-16-2 du même code : " Lorsque les personnes responsables de l'enfant ont été avisées, dans un délai ne pouvant être inférieur à un mois, de la date et du lieu du contrôle et qu'elles estiment qu'un motif légitime fait obstacle à son déroulement, elles en informent sans délai le directeur académique des services de l'éducation nationale qui apprécie le bien-fondé du motif invoqué. Lorsque le motif opposé est légitime, le directeur académique des services de l'éducation nationale en informe les personnes responsables de l'enfant et organise à nouveau le contrôle dans un délai qui ne peut être inférieur à une semaine. / Lorsque le motif opposé n'est pas légitime, il informe les personnes responsables de l'enfant du maintien du contrôle. ". Enfin, aux termes de l'article R. 131-16-4 du même code : " En cas de refus de contrôle sans motif légitime, le directeur académique des services de l'éducation nationale rappelle aux personnes responsables de l'enfant l'obligation de se soumettre aux contrôles prévus à l'article L. 131-10 ainsi que la mise en demeure et les sanctions attachées à son inexécution dont elles sont susceptibles de faire l'objet en cas de second refus sans motif légitime. ".

5. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

6. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 6 décembre 2021, l'administration de l'éducation nationale a informé M. C et Mme E qu'elle ne tenait pas pour légitime le motif avancé par les intéressés, le 8 novembre 2021, pour justifier de leur impossibilité de se rendre au contrôle pédagogique initialement prévu le 9 décembre suivant à 10 h 00, et les a convoqués, en conséquence, à un second rendez-vous le 7 janvier 2022 à 13 h 30. Les intéressés ont réitéré leur motif initial pour refuser de déférer à cette seconde convocation, informant l'administration, le 22 décembre 2021, qu'ils ne pourraient pour des raisons professionnelles se rendre à ce contrôle pédagogique et transmettant, à cet effet, des pièces justificatives. En réponse, l'administration les a mis en demeure, par courrier du 10 janvier 2022, d'inscrire leur enfant dans un établissement d'enseignement scolaire public ou privé dans un délai de quinze jours à compter de la réception de ce courrier en se fondant sur leurs deux refus, sans motif légitime, au contrôle de leur enfant. Or, il est constant que M. C et Mme E n'ont pas été informés par l'administration de son refus de reconnaissance du caractère légitime de ce motif, et du maintien en conséquence du second contrôle, en méconnaissance de la procédure prévue à l'article R. 131-16-2 du code de l'éducation précité. Ce vice de procédure doit être regardé comme ayant été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision et comme ayant privé les intéressés d'une garantie. Il s'ensuit que M. C est fondé à se prévaloir d'un vice de procédure entachant d'illégalité la mise en demeure contestée du 10 janvier 2022, ensemble le rejet de son recours gracieux.

7. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 10 janvier 2022 du directeur académique des services de l'éducation nationale des Pyrénées-Atlantiques, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

8. Eu égard au motif d'annulation exposé au point n° 6, l'annulation de la décision du 10 janvier 2022 du directeur académique des services de l'éducation nationale des Pyrénées-Atlantiques implique que l'administration réexamine la situation de la fille de M. C et Mme E, après avoir diligenté, le cas échéant, un contrôle de l'instruction en famille dans des conditions régulières. Il y a lieu d'enjoindre au recteur de l'académie de Bordeaux de réexaminer la situation de la fille de M. C et Mme E, sous réserve d'un changement de circonstances de fait ou de droit, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La décision du 10 janvier 2022 du directeur académique des services de l'éducation nationale des Pyrénées-Atlantiques, ensemble la décision du 17 mars suivant portant rejet du recours gracieux présenté par M. C, sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint à la rectrice de l'académie de Bordeaux de réexaminer la situation de la fille de M. C et de Mme E, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à M. C une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Bordeaux.

Délibéré après l'audience du 24 août 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

Mme Neumaier, conseillère,

Mme Corthier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2023.

La rapporteure,

Signé

Z. CORTHIERLa présidente,

Signé

M. SELLES

La greffière,

Signé

M. D

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions