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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2200659

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2200659

jeudi 14 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2200659
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE 2
Avocat requérantIOSCA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 mars 2022, M. B A, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 17 avril 2019, 17 mars 2020, 28 octobre 2020, 11 novembre 2021, et 19 décembre 2021 ;

2°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " du 26 février 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir.

Il soutient que :

- il n'a pas reçu l'ensemble des informations lors de la constations des infractions, en méconnaissance des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- la réalité des infractions n'est pas établie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2022, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 19 décembre 2021 et la décision référencée " 48 SI " du 26 février 2022 en tant qu'elle invalide son permis de conduire, et au rejet du surplus des conclusions.

Il soutient que ;

- les mentions afférentes à l'infraction commise le 19 décembre 2021 ont été supprimées du relevé d'information intégral de sorte que le solde de points du permis de conduire de M. A est redevenu positif et est actuellement crédité de 4 points ;

- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme C été entendu au cours de l'audience publique, tenue le 14 février 2024 à 11 heures en présence de Mme Yniesta, greffière d'audience.

Les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision référencée " 48 SI ", le ministre de l'intérieur a notifié à M. A la perte de quatre points de son permis de conduire à la suite de l'infraction au code de la route commise le 19 décembre 2021, a rappelé l'ensemble des retraits de points successivement opérés à la suite des cinq infractions relevées à son encontre et a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul. Par la présente requête, M. A demande l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 17 avril 2019, 17 mars 2020, 28 octobre 2020, 11 novembre 2021, et 19 décembre 2021, et par voie de conséquence, la décision prononçant l'invalidation de son permis de conduire.

Sur l'étendue du litige :

2. Il résulte de l'instruction que la décision de retrait de point consécutive à l'infraction commise le 19 décembre 2021 ainsi que la décision référencée " 48 SI " en date du 26 février 2022 ne figurent plus sur le relevé d'information intégrale concernant la situation de M. A. Ainsi, le ministre de l'intérieur doit être regardé comme ayant retiré ces décisions postérieurement à l'introduction de la requête. Il suit de là que les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 19 décembre 2021 et de la décision référencée " 48 SI " du 26 février 2022 sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions aux fins d'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 17 avril 2019, 17 mars 2020, 28 octobre 2020 et 11 novembre 2021 :

En ce qui concerne la réalité des infractions :

3. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route, " La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ". Le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.

4. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. A dont les informations sont issues du système national des permis de conduire, que l'ensemble des décisions de retrait de points contestées ont chacune donné lieu au paiement de l'amende forfaitaire. Si le requérant conteste la réalité de ces infractions, il n'établit ni même n'allègue, pour les infractions en cause, avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de ces infractions ou de l'envoi des avis de contravention non plus qu'une réclamation ayant entrainé l'annulation du titre exécutoire et ne fait, par ailleurs, état d'aucun élément qui serait de nature à remettre en cause l'exactitude de ces mentions. Dans ces conditions, la réalité de ces infractions doit être regardée comme établie.

En ce qui concerne l'information préalable :

5. La délivrance au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à un retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.

6. Lorsqu'une contravention soumise à la procédure de l'amende forfaitaire est constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, il est adressé au contrevenant un avis de contravention, qui comporte une information suffisante au regard des exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, une notice de paiement qui comprend une carte de paiement et un formulaire de requête en exonération. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un appareil électronique sécurisé et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire correspondant à celle-ci, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.

7. Il résulte des mentions du relevé intégral d'information relatif à la situation du permis de conduire de M. A, que les infractions commises les 17 mars 2020 et 11 novembre 2021 ont été constatées par l'intermédiaire d'un radar automatique tandis que celles des 17 avril 2019 et 28 octobre 2020 ont donné lieu à des procès-verbaux établis par voie électronique. En outre, chacune de ces infractions a donné lieu au paiement différé d'une amende forfaitaire. Dans ces conditions, à défaut pour le requérant de démontrer que l'avis de contravention qu'il a nécessairement reçu pour procéder au paiement de l'amende, était erroné ou incomplet, il y a lieu de considérer que l'administration a accompli à son égard l'obligation d'information à laquelle elle était tenue en vertu des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut d'information préalable ne peut être qu'écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions des 17 avril 2019, 17 mars 2020, 28 octobre 2020 et 11 novembre 2021 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. La présente décision, qui rejette les conclusions à fin d'annulation n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par l'intéressé doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 19 décembre 2021 et de la décision référencée " 48 SI " du 26 février 2022, ni sur les conclusions à fin d'injonction correspondantes.

Article 2 : Le surplus de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024

La magistrate désignée,

Signé

F. CLa greffière,

Signé

S. YNIESTA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

No 2200659

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