mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2200672 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires et des pièces complémentaires, enregistrés les 31 mars 2022, 18 et 23 avril 2022, 4 mai 2022, 1er, 2 et 3 juin 2022, et 1er et 15 juillet 2022, Mme C A doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'indu d'aide personnalisé au logement d'un montant de 816,51 euros mis à sa charge par la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques au titre de la période de juillet à septembre 2015 ;
2°) d'annuler la décision du 20 avril 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales lui a notifié un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 213,51 euros pour le mois d'avril 2022 ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques de lui restituer les sommes retenues sur ses prestations et de procéder à un versement compensatoire.
Elle soutient que :
- le premier indu d'aide personnalisée au logement résulte de l'expulsion de son logement qui a été annulée par la cour d'appel de Bordeaux en 2017 ; la somme doit donc lui être restituée ;
- la caisse d'allocations familiales avait procédé à l'effacement de sa dette dans le cadre d'une procédure devant le tribunal des affaires de sécurité sociale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 avril 2024, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- l'indu d'aide personnalisée au logement généré pour le mois d'avril 2022 a été annulé ;
- l'indu d'aide personnalisée au logement pour la période de juillet à septembre 2015 a été soldé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique tenue le 24 avril 2024 à 14 heures, en présence de Mme Strzalkowska, greffière d'audience.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A a bénéficié de l'aide personnalisée au logement versée par la caisse d'allocations familiales de la Gironde puis, à la suite de son déménagement, par la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques. Cette dernière l'a informée le 31 décembre 2020 d'un indu antérieur d'aide personnalisée au logement d'un montant de 816,51 euros pour la période du 1er juillet au 30 septembre 2015 (IN5/002). Par ailleurs, par une décision du 20 avril 2022, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques l'a rendue redevable d'un indu d'aide personnalisée d'un montant de 213,51 euros au titre du mois d'avril 2022 (IN5 001). Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant l'annulation de ces indus.
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnalisée au logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. D'une part, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'article L. 821-2 du même code : " Les aides personnelles au logement sont accordées au titre de la résidence principale ". L'article L. 823-12 du même code dispose : " Les aides personnelles au logement cessent d'être dues à partir du premier jour du mois civil au cours duquel les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies. () ". L'article R. 824-14 de ce code dispose : " Lorsque le bail a été résilié et que l'occupant du logement s'acquitte d'une indemnité d'occupation et des charges fixées par le juge, le versement de l'aide est maintenu durant la période où l'occupant s'acquitte de l'indemnité et des charges fixées, et jusqu'au départ effectif de l'occupant. ".
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. ". Et aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. A défaut, l'organisme payeur peut, dans des conditions fixées par décret, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir dues soit au titre des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation, soit au titre des prestations mentionnées à l'article L. 168-8 ainsi qu'aux titres II et IV du livre VIII du présent code, soit au titre du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles. () ".
En ce qui concerne l'indu d'aide personnalisée au logement de 816,51 euros (IN5/002) :
5. Il résulte de l'instruction que, par courrier du 31 décembre 2020, la caisse d'allocations familiales de la Gironde a transmis à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques une créance qu'elle détenait à l'encontre de Mme A, d'un montant de 816, 51 euros, correspondant à un trop versé d'allocation d'aide personnalisée au logement au titre des mois de juillet à septembre 2015 et dont le recouvrement a résulté de prélèvements sur les prestations servies de mars à novembre 2021.
6. Mme A soutient qu'elle ne doit pas cet indu d'aide personnalisée au logement au motif qu'elle a obtenu de la cour d'appel de Bordeaux l'annulation de la procédure de résiliation d'office du bail relatif au logement dont elle a été expulsée. Toutefois, si aux termes de l'arrêt rendu le 16 janvier 2017, la cour d'appel de Bordeaux a infirmé le jugement du tribunal judiciaire de Bordeaux du 12 juin 2015 prononçant la résiliation du bail et ordonnant l'expulsion des lieux en fixant une indemnité d'occupation, cette décision de justice n'a pas pour effet de remettre en cause le bien-fondé de l'indu qui résulte de l'inoccupation effective du logement de juillet à septembre 2015, laquelle n'est pas contestée par la requérante. Par suite, Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de cet indu.
En ce qui concerne l'indu d'aide personnalisée au logement de 213,51 euros (IN5 001) :
7. Par un courrier du 20 Avril 2022, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a informé Mme A que l'allocation d'aide personnalisée au logement d'un montant de 213,51 euros lui a été versée à tort pour le mois d'avril 2022.
8. Il résulte de l'instruction que cet indu a résulté de la mise à jour automatique de la situation de Mme A qui avait déclaré être au chômage sans en justifier. Toutefois, les prélèvements effectués en mai et juin 2022 par la caisse d'allocations familiales pour récupérer cet indu, pour des montants respectifs de 56 euros et 157, 51 euros, ont été corrigés par la reconstitution des droits de Mme A, ce dont elle a été informée par un courrier du 2 juin 2022. Cette correction s'est traduite par une rectification des versements au bailleur de la requérante en juin 2022, consistant à ajouter aux droits du mois courant le montant des droits d'avril et mai 2022 (213, 51 X 2, soit 427, 02 euros) déduction faite d'une somme de cent euros déjà versée, ce qui apparait clairement sur l'attestation de paiement versée à l'instance, établie par la caisse d'allocations familiales à la demande de la requérante le 1er juillet 2022. Il s'ensuit que l'indu n'existe plus à ce jour. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur la demande de Mme A tendant à son annulation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction tendant à ce qu'il soit enjoint à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques de restituer à Mme A les sommes retenues sur ses prestations et de procéder à un versement compensatoire ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A en tant qu'elles concernent un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 213,31 euros au titre du mois d'avril 2022.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme C A et à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.
La présidente,
V. QUEMENERLa greffière,
A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
No 2200672
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026