lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2200717 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL EBC AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 avril 2022 et 6 mai 2024, Mme A B dit C, représentée par Me Enard-Bazire, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er décembre 2021 par laquelle la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a rejeté sa demande tendant à l'attribution d'une subvention au titre du dispositif " Ma prime Rénov' " pour des travaux réalisés dans un logement situé 4B chemin de Rebenacq à Buzy, ensemble la décision implicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire formé contre cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'Agence nationale de l'habitat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 23 avril et 16 mai 2024, l'Agence nationale de l'habitat conclut au non-lieu à statuer sur la requête au motif qu'elle a pris le 23 avril 2024 une décision rectificative d'octroi de la subvention à Mme B dit C et que cette subvention lui sera versée au dépôt de sa demande de paiement sur la plateforme dédiée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () ; 3' Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; (). ".
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article L. 412-7 du code des relations entre le public et l'administration : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ". Aux termes de l'article L. 412-5 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration statue sur le recours administratif préalable obligatoire sur le fondement de la situation de fait et de droit prévalant à la date de sa décision, sauf mention contraire dans une loi ou un règlement ". Aux termes de l'article 9 du décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique dans sa version applicable au litige : " L'introduction d'un recours afférent aux décisions relatives à la prime de transition énergétique est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès du directeur général de l'Agence nationale de l'habitat () ".
3. S'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision qui ne peut donner lieu à un recours devant le juge de l'excès de pouvoir qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable, le juge de l'excès de pouvoir doit regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours, qui s'y est substituée.
4. Il résulte des dispositions visées au point 2 que la décision implicite née du silence gardé par l'Anah sur le recours administratif préalable obligatoire présenté le 8 décembre 2021 par Mme B s'est substituée à la décision initialement prise, datée du 1er décembre 2021. Dès lors, les conclusions présentées par M. B doivent être regardées comme dirigées contre la seule décision implicite née du silence gardé par l'Anah.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
5. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, l'Agence nationale de l'habitat a procédé au réexamen du recours administratif formé par Mme B et, par une décision rectificative du 23 avril 2024 qui est produite à l'instance, accordé à la requérante la subvention sollicitée, d'un montant de 3 000 euros. Si l'intéressée fait valoir, que sa requête conserverait un objet, au motif que la subvention ne lui a pas été effectivement versée à ce jour, la décision rectificative l'invitait à finaliser sa demande de versement sur le site dédié, ce qu'elle ne justifie pas avoir fait. Dans ces conditions, la décision implicite de rejet, objet des conclusions aux fins d'annulation de la requête de Mme B ayant été implicitement retirée par celle du 23 avril 2024, et ce retrait ayant acquis un caractère définitif à la date de la présente ordonnance, lesdites conclusions aux fins d'annulation ont perdu leur objet de sorte qu'il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
6. Enfin, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par Mme B dit C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la requête de Mme B dit C.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B dit C est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B dit C et à l'Agence nationale de l'habitat.
Fait à Pau, le 15 juillet 2024.
La présidente du tribunal,
V. QUEMENER
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
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