lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2200741 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | CAZEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 avril 2022, M. D G, agissant en qualité de représentant légal de sa fille, I G, représenté par Me Cazeau, demande au tribunal :
1°) avant dire droit, d'ordonner une expertise médicale afin d'évaluer les préjudices subis par I G et de désigner un expert du ressort de la cour d'appel de Pau pouvant réaliser ses opérations d'expertise dans un lieu proche de son propre domicile ;
2°) d'annuler la décision du 8 février 2022 par laquelle la rectrice de la région académique Nouvelle-Aquitaine a rejeté sa demande indemnitaire préalable ;
3°) de condamner l'Etat à réparer les préjudices subis par I G ;
4°) de rendre le jugement opposable à la caisse primaire d'assurance maladie ;
5°) de réserver les dépens.
Il soutient que :
- la décision du 8 février 2022 est entachée d'un défaut de compétence de l'auteur de l'acte ;
- la responsabilité de l'Etat est engagée dès lors que la chute I G a été causée par une insuffisance dans la surveillance de la cour de récréation et une mauvaise organisation du service, constitutifs d'une faute de service ; le " circlebike " est un jeu manifestement dangereux pouvant potentiellement entraîner des chutes aussi graves que celle subie par I G, ce qui nécessitait une surveillance adéquate alors que ce jeu a été laissé à la disposition des enfants en présence d'un unique surveillant ;
- une expertise médicale doit être ordonnée avant dire droit sur le fondement de l'article R. 621-1 du code de justice administrative afin d'évaluer les préjudices subis par I G qui a subi une intervention chirurgicale pour une fracture médio-diaphysaire fermée du fémur droit en urgence, qui, ayant été plâtrée jusqu'en mai 2021, n'a pas pu être scolarisée pendant plusieurs mois, qui a été privée d'activité sportive jusqu'en novembre 2021 et qui a dû suivre une longue rééducation auprès d'un masseur-kinésithérapeute ;
- il vit à Ispoure et n'a pas de véhicule de sorte qu'il conviendrait de nommer un expert du ressort de la cour d'appel de Pau pouvant réaliser ses opérations d'expertise dans un lieu proche de son propre domicile ;
- la caisse primaire d'assurance maladie est appelée en la cause afin de faire valoir ses droits.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de Bayonne conclut à son absence d'opposition à la désignation d'un expert médical et à ce que soient reçues les réserves émises quant à toute intervention ultérieure de sa part dans la procédure.
Elle soutient que :
- la victime a été prise en charge au titre du risque maladie ;
- elle n'est pas en mesure de chiffrer, même de manière provisoire, ses débours et attend la communication du rapport de l'expert médical pour y procéder.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2023, la rectrice de la région académique Nouvelle-Aquitaine doit être regardée comme concluant à titre principal au rejet des conclusions tendant à l'annulation de sa décision du 8 février 2022 et des conclusions aux fins d'indemnisation et à titre subsidiaire, comme s'en remettant à la sagesse du tribunal pour ce qui concerne l'organisation d'une expertise médicale.
Elle oppose une fin de non-recevoir des conclusions tendant à l'annulation de sa décision du 8 février 2022 tirée de ce que les vices propres dont serait entachée la décision qui a lié le contentieux indemnitaire sont sans incidence sur la solution du litige et soutient, au surplus, que sa décision a été signée par une autorité compétente disposant d'une délégation de signature.
Elle soutient que :
- compte tenu de l'imprévisibilité de l'accident, l'Etat, qui a correctement rempli ses obligations d'organisation, d'encadrement et de sécurité en application de l'article D. 321-12 du code de l'éducation, ne peut être reconnu responsable de l'accident, n'ayant commis aucune faute ; le jeu litigieux, dénommé " circlebike Winther ", modèle n° 626.00, a été déclaré conforme à la directive n° 2009/48/CE du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2009 relative à la sécurité des jouets ; ce tricycle pouvant être utilisé par les enfants âgés de 2 à 5 ans, il ne présentait pas, pour une enfant âgée de 5 ans comme I G, un caractère dangereux intrinsèque qui aurait nécessité un renfort du nombre de personnes chargées de sa surveillance ; la cour de récréation, dans laquelle ce jeu était installé, était surveillée par Mme E A, institutrice de l'enfant et par Mme F B, agent territorial spécialisé des écoles maternelle (ATSEM) ; comme tous les autres enfants, I G avait reçu des consignes de sécurité ; I G a chuté seule, après avoir cogné le tricycle contre un poteau, de sorte que sa chute présente un caractère soudain et imprévisible et n'aurait pu être empêchée par les deux surveillantes ; aucun argument invoqué, ni aucune pièce produite ne permettent d'attester du caractère anormal ou insuffisant de la surveillance assurée lorsque la chute I G s'est produite ;
- les surveillantes n'ont pas manipulé I G lui causant des souffrances ou aggravant son dommage ; Mme E A a proposé à I G de regarder sa cuisse mais celle-ci ayant refusé, elle l'a simplement prise sur ses genoux pour calmer ses pleurs ;
- les surveillantes ont appelé les secours ; Mme F B les a bien alertés immédiatement, contrairement à ce qui est allégué par M. G mais ce dernier a souhaité appeler son médecin et a choisi d'y emmener lui-même sa fille ;
- en tout état de cause, M. G ne démontre pas le lien de causalité entre la faute imputée aux surveillantes et la perte d'une chance d'obtenir une amélioration des dommages subis par sa fille ou d'en éviter l'aggravation ;
- à titre subsidiaire, elle ne s'oppose pas à l'organisation de l'expertise médicale demandée par le requérant et s'en remet à l'appréciation du tribunal.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le décret n° 92-850 du 28 août 1992 portant statut particulier du cadre d'emplois des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Corthier ;
- et les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 1er mars 2021, I G, alors âgée de 5 ans, a fait une chute alors qu'elle jouait avec une camarade sur un " circlebike " dans la cour de l'école publique de Saint-Jean-Pied-de-Port au sein de laquelle elle était scolarisée en classe de grande section. Prise en charge par son père qui l'a amenée au centre hospitalier de Saint-Palais, elle a été transportée par hélicoptère vers le centre hospitalier universitaire de Bordeaux le jour-même. Le 2 mars 2021, elle y a subi une intervention chirurgicale pour une fracture médio-diaphysaire fermée du fémur droit. Par courrier du 5 janvier 2022, M. G, agissant en qualité de représentant légal de sa fille mineure, a présenté une demande indemnitaire préalable au ministre de l'éducation nationale. Par courrier du 8 février 2022, la rectrice de la région académique Nouvelle-Aquitaine a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. G demande au tribunal, avant dire droit, d'ordonner une expertise médicale afin d'évaluer les préjudices subis par sa fille, d'annuler la décision du 8 février 2022 par laquelle la rectrice de la région académique Nouvelle-Aquitaine a rejeté sa demande indemnitaire préalable et de condamner l'Etat à réparer les préjudices subis par I G.
Sur la déclaration de jugement commun :
2. Seuls peuvent se voir déclarer commun un jugement rendu par une juridiction administrative les tiers dont les droits et obligations à l'égard des parties en cause pourraient donner lieu à un litige dont la juridiction saisie eût été compétente pour connaître et auxquels, d'autre part, le jugement pourrait préjudicier dans les conditions ouvrant droit de former tierce opposition à ce jugement. Le tribunal administratif serait compétent pour connaître du litige opposant M. G et l'Etat et le présent jugement pourrait préjudicier aux droits de la caisse primaire d'assurance maladie de Bayonne dans des conditions lui ouvrant droit à former tierce opposition. Par suite, les conclusions par lesquelles M. G a demandé que le jugement à intervenir soit déclaré commun à la caisse primaire d'assurance maladie sont recevables et doivent être accueillies.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. En matière indemnitaire, les vices propres qui entachent la décision qui a eu pour objet de lier le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige.
4. La décision de rejet de la demande indemnitaire préalable présentée le 8 février 2022 par M. G a eu pour seul effet de lier le contentieux dans le cadre de la présente instance. En demandant la condamnation de l'Etat, le requérant a donné à sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Dans ces conditions, compte tenu de l'objet d'une telle demande, M. G ne peut utilement se prévaloir de vices qui entacheraient la décision du 8 février 2022, par laquelle la rectrice de la région académique Nouvelle-Aquitaine a rejeté sa demande indemnitaire préalable. En tout état de cause, par arrêté du 18 février 2020, la rectrice de la région académique Nouvelle-Aquitaine a donné délégation à M. Xavier Le Gall, secrétaire général de l'académie de Bordeaux, à l'effet de signer notamment les décisions concernant l'organisation et le fonctionnement des établissements scolaires, l'éducation des élèves, la vie scolaire et l'aide aux élèves. Par arrêté du 24 février 2020, la rectrice de la région académique Nouvelle-Aquitaine a donné délégation à Mme Frédérique Salsmann, secrétaire générale adjointe responsable du pôle expertises et services, signataire de la décision du 8 février 2022, à l'effet de signer la correspondance et les documents concernant les questions relevant de sa direction, dont les décisions individuelles défavorables, en cas d'absence ou d'empêchement de M. Xavier Le Gall. Dès lors, le moyen tiré de ce que ces dernières ont été prises par une autorité incompétente est inopérant et, au surplus, manque en fait. Par suite, les conclusions de la requête aux fins d'annulation de la décision du 8 février 2022 de rejet de la demande indemnitaire préalable présentée par M. G ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. D'une part, aux termes de l'article L. 911-4 du code de l'éducation : " Dans tous les cas où la responsabilité des membres de l'enseignement public se trouve engagée à la suite ou à l'occasion d'un fait dommageable commis, soit par les élèves ou les étudiants qui leur sont confiés à raison de leurs fonctions, soit au détriment de ces élèves ou de ces étudiants dans les mêmes conditions, la responsabilité de l'Etat est substituée à celle desdits membres de l'enseignement qui ne peuvent jamais être mis en cause devant les tribunaux civils par la victime ou ses représentants. / Il en est ainsi toutes les fois que, pendant la scolarité ou en dehors de la scolarité, dans un but d'enseignement ou d'éducation physique, non interdit par les règlements, les élèves et les étudiants confiés ainsi aux membres de l'enseignement public se trouvent sous la surveillance de ces derniers. / L'action récursoire peut être exercée par l'Etat soit contre le membre de l'enseignement public, soit contre les tiers, conformément au droit commun. / Dans l'action principale, les membres de l'enseignement public contre lesquels l'Etat pourrait éventuellement exercer l'action récursoire ne peuvent être entendus comme témoins. / L'action en responsabilité exercée par la victime, ses parents ou ses ayants droit, intentée contre l'Etat, ainsi responsable du dommage, est portée devant le tribunal de l'ordre judiciaire du lieu où le dommage a été causé et dirigée contre l'autorité académique compétente. / La prescription en ce qui concerne la réparation des dommages prévus par le présent article est acquise par trois années à partir du jour où le fait dommageable a été commis. ".
6. Il résulte des dispositions de l'article L. 911-4 du code de l'éducation nationale, ayant procédé à la codification de l'article 2 de la loi du 5 avril 1937 que, par dérogation aux principes généraux qui régissent la séparation de l'autorité administrative et de l'autorité judiciaire, la compétence de la juridiction civile s'étend à l'ensemble des cas où le dommage invoqué a sa cause dans une faute d'un membre de l'enseignement, quel que soit, juridiquement, le caractère de cette faute. Les règles normales de compétence ne retrouvent leur empire dans ce domaine que dans le cas où le préjudice subi doit être regardé comme indépendant du fait de l'agent, soit que ce préjudice ait son origine dans un travail public soit qu'il provienne d'un défaut d'organisation du service public de l'enseignement.
7. D'autre part, aux termes de l'article D. 321-12 du code de l'éducation : " La surveillance des élèves durant les heures d'activité scolaire doit être continue et leur sécurité doit être constamment assurée en tenant compte de l'état de la distribution des locaux et du matériel scolaires et de la nature des activités proposées. / L'accueil des élèves est assuré dix minutes avant l'entrée en classe. Le service de surveillance à l'accueil et à la sortie des classes, ainsi que pendant les récréations, est réparti entre les maîtres en conseil des maîtres de l'école. ".
8. Une absence totale de surveillance des élèves constitue un défaut d'organisation du service public de l'enseignement de nature à engager la responsabilité de l'Etat devant le juge administratif.
9. A titre liminaire, il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté que le 1er mars 2021, en jouant avec une camarade au " circlebike ", un vélo circulaire sans pédale disposant de trois sièges et de trois roues, I G a chuté après que ce tricycle a été déséquilibré par un heurt avec un des poteaux du préau de la cour de récréation de son école publique. Au moment de son accident, les deux surveillantes étaient respectivement, pour ce qui concerne Mme F B, agent territorial spécialisé des écoles maternelles, dans la cour en train de surveiller les enfants et pour ce qui concerne Mme E A, enseignante, aux toilettes en train de s'occuper d'un autre enfant. Il est constant qu'aucune des deux surveillantes n'a vu l'accident se produire, ni n'a tenté de l'empêcher mais que Mme B est intervenue immédiatement auprès I G pour s'enquérir de son état. Les autres enfants lui ont décrit l'accident I G et de sa camarade. Mme A est arrivée peu de temps après la chute, au moment où Mme B était en train de proposer à I G, qui pleurait, de s'asseoir. Mme A a proposé à I G de regarder sa cuisse mais cette dernière a refusé. Elle a pris l'enfant sur ses genoux pour l'apaiser et I G s'est calmée. Mme B a contacté le père de l'enfant, M. G. Ce dernier est arrivé à l'école dans les cinq minutes suivant cet appel et a décidé d'emmener sa fille chez son médecin après l'avoir appelé. Mme A a aidé M. G à transporter l'enfant jusqu'à sa voiture et à l'installer sur le siège arrière.
10. En premier lieu, M. G se fonde sur un défaut d'organisation par l'équipe éducative de la surveillance des enfants pendant la récréation et sur le caractère dangereux du " circlebike " mis à la disposition des enfants. Il n'est pas contesté que M. G n'entend pas mettre en cause la faute personnelle des membres de la communauté éducative. Ces comportements fautifs allégués se rattachent donc à la mise en œuvre de l'organisation du service public de l'enseignement et relèvent, par suite, de la compétence de la juridiction administrative.
11. En deuxième lieu, si ni l'heure de l'accident, ni le nombre des enfants présents dans la cour de récréation au moment de la chute I G ne sont précisés par les parties, il n'est pas soutenu ni même allégué par le requérant que les deux surveillantes auraient été en nombre insuffisant, au regard de celui des enfants dont elles avaient la charge, afin d'assurer leur surveillance dans des conditions normales lors de l'accident subi par I G. Les circonstances qu'au moment de la chute, une des deux surveillantes ait été absente, en train de s'occuper d'un autre enfant dans les toilettes de l'école, et que l'autre surveillante n'ait pas vu la chute I G alors qu'il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté qu'elle était présente dans la cour à quelques mètres de distance de cet enfant, ne peuvent être regardées comme constitutives d'un défaut d'organisation du service public de l'enseignement. De même, M. G n'est pas fondé à soutenir que les circonstances qu'une surveillante ait pris I G sur ses genoux peu de temps après l'accident puis l'ait amenée et installée dans la voiture de son père afin qu'il se rende chez son médecin révèleraient une faute dans l'organisation du service public de l'enseignement de nature à engager la responsabilité de l'Etat dès lors qu'il n'est pas contesté que cette surveillante a ainsi réconforté l'enfant sans aggraver son préjudice et a respecté le choix du père quand à la prise en charge de sa fille. Enfin, la circonstance que l'autre surveillante n'aurait pas appelé les secours, ce qui est contesté par la rectrice de la région académique Nouvelle-Aquitaine qui n'établit pas pour autant la réalité de cet appel, est sans incidence sur la reconnaissance d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat dès lors qu'il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté que M. G est arrivé sur les lieux dans les cinq minutes suivant l'appel effectué par cette surveillante immédiatement après l'accident et qu'il a souhaité amener par ses propres moyens sa fille auprès de son médecin. Il s'en suit que M. G n'est pas fondé à se prévaloir, du fait des modalités de surveillance de sa fille dans la cour de récréation lors de son accident, d'un défaut d'organisation du service public de l'enseignement de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
12. En dernier lieu, il résulte de l'instruction que lors de sa chute, I G utilisait avec une camarade un " circlebike ", modèle n° 626, de la marque Winther, acquis en janvier 2019, qui fait l'objet d'une déclaration par son fabricant de conformité avec les dispositions de la directive n° 2009/48/CE du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2009 relative à la sécurité des jouets. Cette catégorie de vélo circulaire à trois roues a été conçue pour une utilisation en milieu scolaire afin d'une part, de développer la coordination des enfants de 2 ans à 6 ans grâce à ses roues multidirectionnelles et d'autre part, de favoriser la coopération entre ses utilisateurs qui poursuivent un but en commun. La rectrice de la région académique Nouvelle-Aquitaine soutient, sans être contestée, que les enfants de l'école publique de Saint-Jean-Pied-de-Port, dont I G, ont été formés, au préalable, à la bonne utilisation de ce tricycle alors que le requérant se borne à affirmer sans l'établir que ce modèle de cycle serait dangereux. Dans ces conditions, M. G n'est pas fondé à se prévaloir, du fait de la mise à disposition de ce " circlebike " aux enfants de l'école publique de Saint-Jean-Pied-de Port, d'un défaut d'organisation du service public de l'enseignement de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. G n'est pas fondé à soutenir que l'Etat aurait commis une faute dans l'organisation du service public de l'enseignement de nature à engager sa responsabilité. Par suite, les conclusions de la requête aux fins d'indemnisation ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins de désignation d'un expert médical :
14. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête aux fins d'indemnisation, n'appelle aucune mesure d'expertise médicale. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions de la requête tendant à ordonner une expertise médicale afin d'évaluer les préjudices subis par I G et à désigner un expert du ressort de la cour d'appel de Pau pouvant réaliser ses opérations d'expertise dans un lieu proche du domicile de la victime.
Sur les frais de l'instance :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. G demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
16. Par ailleurs, à défaut de dépens engagés en l'espèce, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne pourront également qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse primaire d'assurance maladie.
Article 2 : Les conclusions de la requête de M. G sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. D G, à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et à la caisse primaire d'assurance maladie de Bayonne.
Copie en sera adressée à la rectrice de la région académique Nouvelle-Aquitaine et de l'académie de Bordeaux.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Corthier, conseillère,
Mme Crassus, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
La rapporteure,
Z. CORTHIER
La présidente,
M. SELLES
La greffière,
M. DANGENG
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026