mercredi 29 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2200748 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | ACHOU - LEPAGE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 avril 2022 et le 12 avril 2023, M. B A, représenté par Me Achou-Lepage, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 octobre 2021 par lequel le maire de Messanges a délivré à M. et Mme C un permis de construire une maison individuelle et une piscine, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé à son encontre ;
2°) et de mettre à la charge de la commune de Messanges une somme de 2 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour agir contre ce permis de construire ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article R. 425-30 du code de l'urbanisme en raison de l'absence de consultation de l'architecte des Bâtiments de France ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet en ce que la notice architecturale, les plans de toiture et les documents graphiques joints ne permettent pas d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement ;
- le dossier de demande de permis de construire est également incomplet dès lors qu'il ne comporte pas d'étude du sol visant à évaluer la capacité du terrain à infiltrer les eaux de pluie ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article II.2.2.4 des règles applicables en zone U du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUI) de la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud (MACS) dès lors que l'habitation n'est pas d'un volume plus important que le garage, et que le projet ne respecte pas le nuancier de couleurs prévu en secteur 3 ;
- il méconnaît, en outre, l'article II.3.1 des règles applicables à la zone U du même PLUI en ce qu'il ne comprend pas 50 % d'espaces libres sur la parcelle ;
- il méconnaît, enfin, l'article II.3.3 de ces règles dès lors que la coupe d'un chêne-liège présent sur le terrain d'assiette du projet n'a pas été spécifiquement autorisée.
Par des mémoires en défense enregistrés les 6 janvier et 15 mai 2023, la commune de Messanges, représentée par Me Anceret, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A une somme de 2 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 janvier 2023, M. et Mme C, représentés par Me Edou, concluent au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A une somme de 1 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font leurs les observations de la commune de Messanges.
Par une ordonnance du 17 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 mai 2023.
Un mémoire présenté pour la commune de Messanges a été enregistré le 18 septembre 2023.
Par un courrier du 19 septembre 2023, les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de retenir les moyens tirés de la méconnaissance des articles III.2.2 et II.2.2.4 des règles applicables à la zone U du PLUI de la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud, ainsi que de faire application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et ont été invitées à émettre des observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rousseau,
- et les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 18 octobre 2021, le maire de Messanges a délivré à M. et Mme C un permis de construire une maison individuelle de plain-pied et une piscine sur la parcelle cadastrée section AA n° 208, située 1 allée Verlaine, dans le lotissement " Le Domaine du Coy II ". M. A, propriétaire de l'un des fonds voisins du projet, a saisi le maire de Messanges d'un recours gracieux reçu en mairie le 10 décembre 2021. Par la présente requête, M. B A demande l'annulation de cet arrêté, ensemble la décision implicite de rejet née du silence gardé sur le recours gracieux formé à l'encontre de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 425-30 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans un site inscrit, la demande de permis ou la déclaration préalable tient lieu de la déclaration exigée par l'article L. 341-1 du code de l'environnement. (). / La décision prise sur la demande de permis ou sur la déclaration préalable intervient après consultation de l'architecte des Bâtiments de France ". Aux termes de l'article R. 423-67 du même code : " () le délai à l'issue duquel l'architecte des Bâtiments de France est réputé avoir émis un avis favorable est de deux mois : / a) Lorsque le projet soumis à permis de construire ou d'aménager est situé dans un site inscrit () ".
3. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de cette décision ou s'il a privé les intéressés d'une garantie. Il appartient au juge administratif d'écarter, le cas échéant de lui-même, un moyen tiré d'un vice de procédure qui, au regard de ce principe, ne lui paraît pas de nature à entacher d'illégalité la décision attaquée. En statuant ainsi, le juge ne relève pas d'office un moyen qu'il serait tenu de communiquer préalablement aux parties.
4. Il est constant que la commune de Messanges est classée dans le site inscrit des " étangs landais sud ". Si la commune allègue que la demande de permis de construire déposée par les époux C le 9 août 2021 a été soumise à la consultation de l'architecte des Bâtiments de France, les pièces versées au débat ne suffisent pas à l'établir. Toutefois, il résulte des dispositions précitées de l'article R. 425-30 que l'architecte des Bâtiments de France rend un avis simple qui ne lie pas le maire, de sorte que le vice dans le déroulement de la procédure consultative n'a pas exercé d'influence sur le sens de la décision prise par cette autorité. Par ailleurs, ce vice n'a pas privé le public d'une garantie dès lors que l'arrêté attaqué a été affiché en mairie à compter du 22 octobre 2021 et soumis au contrôle de légalité. Au surplus, la commune de Messanges verse aux débats la capture d'écran du bordereau d'envoi n° 1856 du 12 août 2021 par lequel elle a adressé à l'unité départementale de l'architecture et du patrimoine des Landes, la demande de permis de construire. En vertu des dispositions précitées de l'article R. 423-67 du code de l'urbanisme, l'architecte des Bâtiments de France est réputé avoir émis un avis favorable à l'issue d'un délai de deux mois à compter de la saisine de cette unité dont il relève. Par suite, le moyen tiré de l'absence de consultation de l'architecte des Bâtiments de France doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; () / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; () ".
6. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
7. Il ressort des pièces du dossier que si la notice architecturale jointe à la demande de permis de construire déposée par M. et Mme C se borne à préciser, s'agissant de l'état initial du terrain, que le projet est implanté sur un terrain de 666 m² au profil plat, elle comporte également une vue aérienne et un plan de masse du terrain avant travaux qui permettent d'identifier précisément la végétation et les éléments paysagers existants. Cette notice architecturale précise également la distance d'implantation du projet par rapport aux limites qui séparent la parcelle en cause des deux parcelles voisines et indique les partis retenus en matière d'architecture, de matériaux et de traitement paysager visant à assurer l'insertion du projet dans son environnement. La vue aérienne de l'état initial du terrain ainsi que les documents graphiques donnant une vue sur le projet depuis l'angle nord-ouest et l'avenue Francis Arné montrent la proximité des habitations qui l'entourent, pour ce que la densité de la végétation représentée permet d'en laisser voir, la maison du requérant apparaissant par ailleurs clairement sur les documents photographiques de l'environnement proche et lointain. Les plans de coupe de la façade nord et de la façade ouest du projet précisent que l'accès des véhicules se fera par une dalle latérale et une rampe d'accès en béton, que le terrain sera clôturé par un portail automatisé et que le cheminement des piétons sera revêtu d'un platelage en bois. Enfin, si le plan de toiture ne précise pas le degré de la pente du toit du projet, cette information, qui n'est pas au nombre de celles dont les dispositions précitées du code de l'urbanisme imposent la mention dans la notice descriptive du projet, figure sur le plan de coupe BB' du projet. Par suite, eu égard notamment à la surface de plancher créée de 135 m² et aux éléments précédemment évoqués, le moyen doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 22 des dispositions générales du règlement du PLUI de la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud (MACS) : " Dans les secteurs concernés par l'aléa nappe sub-affleurante et identifiés à " sensibilité très forte" du risque d'inondation par remontées de nappe établies à partir des éléments du porté à connaissance de l'Etat pour la communauté de communes à la date d'établissement du PLUI ou à partir des éléments déjà recensés dans les PLU : () / • Le plancher des constructions autorisées doit être surélevé de 0,30 m par rapport à la côte du terrain naturel. / Il est possible de déroger à cette règle sous condition de fournir une étude de sol hydrogéologique démontrant clairement dans ses conclusions la prise en compte du risque de remontée de nappe phréatique dans le projet ou l'absence d'aléa ". Aux termes de l'article III.2.2 des règles relatives à la zone U du même PLUI, dans sa rédaction applicable au litige : " () La gestion des eaux pluviales doit systématiquement être réalisée sur l'unité foncière dans les zones urbanisées et à urbaniser. L'infiltration des eaux pluviales sur l'unité foncière constitue le mode privilégié de gestion des eaux pluviales, sauf contraintes techniques avérées. / Pour les communes dotées d'un schéma directeur des eaux pluviales, les aménagements doivent être réalisés dans le respect du zonage pluvial et du Règlement de l'organisme compétent. / Pour les autres communes, les eaux pluviales doivent être infiltrées sur la parcelle (). / (). / Dans les secteurs identifiés par le BRGM comme présentant une très forte sensibilité au phénomène de remontée de nappes, c'est-à-dire l'ensemble des zones figurant au plan 3.2.9 relatif aux risques du présent PLUI, il appartient au pétitionnaire pour tout projet de justifier le mode de gestion retenu (stockage ou infiltration) à travers des études de sols évaluant la capacité du sol à infiltrer les eaux pluviales. () ".
9. La commune de Messanges n'étant pas dotée d'un schéma directeur des eaux pluviales, les dispositions précitées soumettent un pétitionnaire à deux obligations différentes en vue de lutter contre le risque d'inondation dans les secteurs très fortement sensibles au risque d'inondation par remontée de nappe phréatique : d'une part, le plancher de la construction projetée doit être surélevé de 0,30 mètre par rapport à la cote du terrain naturel ; d'autre part, le choix, entre stockage et infiltration, du mode de gestion des eaux pluviales sur la parcelle doit être justifié par des études de sols évaluant la capacité du sol à infiltrer les eaux pluviales. Il ressort du plan des risques de la commune de Messanges, annexé au PLUI de la communauté de communes MACS, que la parcelle d'assiette du projet de M. et Mme C se situe dans un secteur de nappes sub-affleurantes et identifié comme étant à " sensibilité très forte " au risque d'inondation par remontées de nappe. Il ressort également de la coupe BB' jointe au dossier de la demande de permis de construire que le plancher de la construction projetée est surélevé de 0,30 mètre par rapport au terrain naturel de sorte que l'étude hydrogéologique pour déroger à la règle de construction en-dessous de 0,30 mètre ne peut être exigée. En revanche, il ne ressort pas des pièces du dossier que les pétitionnaires ont justifié par une étude de sols le choix de la gestion des eaux de pluie par infiltration, laquelle s'imposait en application des dispositions précitées de l'article III.2.2 des règles relatives à la zone U du PLUI. Par suite, en délivrant le permis de construire attaqué, le maire a méconnu les dispositions précitées du règlement du PLUI.
10. En quatrième lieu, aux termes du point 2.2 " adaptation au sol et volume " du II.2 des règles relatives à la zone U du règlement du PLUI de la communauté de communes MACS, dans sa rédaction applicable au litige : " Les annexes seront autant que possibles intégrées aux volumes principaux de la construction ou du bâtiment ". Aux termes des règles pour les secteurs de degré 3 fixées par l'article II.2.2.4 des règles relatives à la zone U du même règlement : " () Volumétrie / Les constructions et les annexes présenteront une volumétrie simple à angles droits, sauf configuration atypique du terrain (parcelle en triangle). / Les volumes seront hiérarchisés : l'habitation sera d'un volume plus important que le garage ou le poolhouse, par exemple. Les faîtages des constructions seront perpendiculaires ou parallèles entre eux. / Colorations / Jusqu'à deux couleurs différentes de façade sont admises à condition que la seconde couleur serve : / - à différencier différents volumes d'une même construction, / - à souligner les encadrements des fenêtres, porche en renfoncement ".
11. Il ressort des pièces du dossier que la maison projetée comporte un garage intégré au volume principal de la construction, ce que les dispositions précitées du point 2.2 du II.2 des règles relatives à la zone U du règlement du PLUI permettent. En revanche, dès lors qu'il est constant que le projet retient une couleur gris perle pour le bardage de la façade ouest et une couleur gris foncé référencée RAL 7022 pour le pignon nord, il méconnaît les dispositions applicables aux secteurs de degré 3 fixées par l'article II.2.2.4 précité.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article du II.3.1 des règles relatives à la zone U du règlement du PLUI de la communauté de communes MACS, dans sa rédaction applicable au litige : " Dans les secteurs de mixtes et à vocation résidentielle repérés au document graphique 3.2.2, il sera exigé pour certains secteurs la conservation en espace de pleine terre : () Sont interdits dans les espaces en pleine terre : () / les terrasses ; (). / Le taux minimal de surface aménagée en pleine terre sur l'assiette de projet est de : () / 50% des espaces libres restants* dans les secteurs où l'emprise au sol est égale ou inférieure à 80%. () / L'espace libre restant s'entend comme la surface restante après soustraction de l'emprise au sol maximale autorisée (ESPACE LIBRE RESTANT = SURFACE DE L'ASSIETTE DU PROJET - EMPRISE AU SOL MAXIMALE AUTORISEE) ".
13. Il ressort du document graphique 3.2.2., annexé au PLUI, que la parcelle de M. et Mme C se situe dans un secteur présentant une mixité des fonctions sommaires, et qu'en vertu du document graphique 3.2.5, annexé à ce même PLUI, l'emprise au sol maximale des constructions y est limitée à 40 % de la superficie du terrain d'assiette. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la superficie de la parcelle d'assiette du projet litigieux mesure 666 m² et, une fois retranchée l'emprise au sol maximale de 266,4 m², l'espace libre restant y est de 399,6 m², ce qui aboutit à une surface en pleine terre de 199,8 m² au minimum. Dès lors que le projet litigieux prévoit une surface en pleine terre s'élevant à 208 m², respectant ainsi les dispositions précitées, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article II.3.1 précité doit être écarté.
14. En sixième lieu, l'article II.3.3 des règles applicables en zone U du règlement du PLUI de la communauté de communes MACS dispose que : " Dans les espaces libres, les plantations existantes doivent être maintenues ou remplacées par des plantations équivalentes. () ". Par ailleurs, ce même article définit des règles particulières applicables à la commune de Soorts-Hossegor aux termes desquelles : " En application du 2° alinéa de l'article L.151-19 du code de l'urbanisme, tous travaux ayant pour effet de détruire un espace planté d'arbres d'essences locales ou familières du paysage local le pin maritime, le pin parasol, le chêne pédonculé, le chêne-liège ou le cyprès de Lambert et non soumis à un régime d'autorisation doivent faire l'objet d'une autorisation préalable conformément à l'article R.421-23 du code de l'urbanisme. Toute coupe d'un arbre appartenant à l'une des essences précitées est donc soumise à autorisation ".
15. Dès lors que les règles de l'article II.3.3 précité imposant la délivrance d'une autorisation préalable à la coupe de tout arbre d'essence local ne s'appliquent qu'à la commune de Soorts-Hossegor, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'elles auraient été méconnues par l'arrêté attaqué qui concerne une parcelle située sur le territoire de la commune de Messanges. Le moyen manque en droit.
16. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est fondé à obtenir l'annulation de l'arrêté du 18 octobre 2021.
Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
17. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du même code : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
18. Il résulte de ces dispositions que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
19. Les illégalités relevées aux points 9 et 11, tirées de l'absence d'étude de sols justifiant du choix de la gestion des eaux de pluie par infiltration et de la méconnaissance des règles pour les secteurs de degré 3 fixées par l'article II.2.2.4 des règles relatives à la zone U du règlement du PLUI de la MACS, sont susceptibles d'être régularisées par un permis de régularisation sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme. Dès lors, il y a lieu de faire application de ces dispositions et de surseoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de cinq mois suivant la date de notification de la présente décision, en vue de la régularisation du permis de construire du 18 octobre 2021.
D É C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du maire de Messanges du 18 octobre 2021, jusqu'à l'expiration d'un délai de cinq mois à compter de la date de notification de la présente décision en vue de la régularisation du permis de construire délivré à M. et Mme C.
Article 2 : Les conclusions des parties sur lesquelles il n'est pas expressément statué par la présente décision sont réservées jusqu'à la fin de l'instance.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B A, à la commune de Messanges et à M. et Mme C.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
M. Rousseau, premier conseiller,
Mme Portès, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
S. ROUSSEAU
La présidente,
Signé
S. PERDU
La greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026