mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2200791 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BORDES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 avril 2022, M. D A B, représenté par Me Bordes, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 mars 2022 par lequel la préfète des Landes a rejeté sa demande d'admission au séjour en qualité de salarié ou au titre de la vie privée et familiale, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) subsidiairement, d'enjoindre à la préfète des Landes de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente de la décision un récépissé de demande de titre avec autorisation de travailler ;
3°) à défaut, d'enjoindre à la préfète des Landes de lui délivrer une autorisation de séjour au titre de l'article L. 512-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'abus de droit, dès lors que la préfète des Landes invoque, pour rejeter la demande de titre, une situation qu'elle a elle-même provoqué en ne délivrant à l'intéressé que des autorisations provisoires de séjour sans autorisation de travailler ;
- elle est entachée d'erreur de fait quant aux attaches familiales du requérant au Maroc ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation au regard de l'article
L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 3 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé soulevée ;
- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée en fait ;
- elle est privée de base légale ;
- elle méconnaît les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile concernant sa vie privée et familiale et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de destination :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est privée de base légale ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2022, la préfète des Landes conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A B ne sont pas fondés.
M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 16 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bordes, représentant M. A B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, de nationalité marocaine, est entré en France au mois de février 2013, selon ses déclarations. Il a déposé le 12 novembre 2020 une demande de titre de séjour au titre de la vie privée et familiale et de l'admission exceptionnelle au séjour. Par arrêté du 15 mars 2022, la préfète des Landes a rejeté la demande d'admission au séjour de l'intéressé, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination. M. A B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus d'admission au séjour :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 30 août 2021, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture des Landes, la préfète de ce département a donné délégation à M. Daniel Fermon, secrétaire général de la préfecture, et signataire de la décision attaquée, à l'effet de signer toutes décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception de certaines décisions au nombre desquelles ne figure pas cette dernière. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cette décision manque en fait.
3. En deuxième lieu, la circonstance que la préfète des Landes ait tenu compte, pour prendre la décision attaquée, du fait que M. A B est sans emploi et ne justifie pas de conditions d'existence suffisante, alors que les autorisations provisoires de séjour délivrées à l'intéressé ne permettaient pas à ce dernier de travailler, ne caractérise pas un abus de droit.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que si M. A B, entré en France en 2013, justifie de la présence de sa sœur et son frère en France, ainsi que d'une sœur en Espagne, il n'est pas contesté qu'il est célibataire et sans enfant. S'il réside en France depuis 2013, et démontre y avoir travaillé plusieurs mois en 2015 et 2016, il n'établit pas, par la seule présence de membres de sa fratrie, des promesses d'embauche du 16 octobre 2018, du 28 octobre 2019 et du 7 janvier 2022 et d'attestations du président du club de football de Soustons datant du 22 juillet 2013 et du 18 octobre 2014, d'attaches intenses stables et durables sur le territoire français. Il ne démontre pas davantage être dépourvu d'attaches au Maroc, son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de trente ans, et ce, en dépit du décès de ses parents dans ce pays, respectivement en 1989 et 2006. Dès lors, compte tenu des circonstances de l'espèce, et notamment des conditions de séjour en France de M. A B, la décision attaquée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, la préfète des Landes n'a pas entaché la décision attaquée d'erreur de fait ni n'a fait, en prenant cette dernière, une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " ".
7. M. A B, qui se prévaut d'une promesse d'embauche du 7 janvier 2022, ne remplit pas les conditions requises par les dispositions précitées de l'article 3 de l'accord du 9 octobre 1987, tenant notamment à la présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes. Par suite, la décision attaquée n'a pas été prise en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 3 de l'accord du 9 octobre 1987.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 9 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord () ". Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
9. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaires prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte, mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3, rappelé au point 6 de l'accord franco-marocain prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant marocain souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, au sens de l'article 9 de cet accord. Toutefois, les stipulations de cet accord n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation à un ressortissant marocain qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié.
10. D'une part, M. A B, eu égard à sa nationalité, ne saurait utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en qualité de salarié, à supposer celle-ci invoquée sur ce fondement. Par ailleurs, s'il résulte des dispositions précitées que l'autorité compétente dispose d'un pouvoir de régularisation, M. A B se borne à produire trois promesses d'embauche, datées de 2018, 2019 et 2022. Dès lors, la préfète des Landes n'a pas commis, en s'abstenant de régulariser la situation de M. A B en qualité de salarié, d'erreur manifeste d'appréciation.
11. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. A B, qui a fait l'objet d'une agression en 2017, fait l'objet, depuis lors, d'un suivi régulier pour sa santé psychique, et reçoit à cet égard le soutien moral de membres de sa fratrie. Il doit par ailleurs, dans le cadre de la procédure judiciaire, participer à des opérations d'expertise. Toutefois, M. A B ne justifie pas, par ces seules circonstances, de considérations humanitaires justifiant à titre exceptionnel son maintien sur le territoire français au titre de la vie privée et familiale. Par suite, en prenant la décision attaquée, la préfète des Landes n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
12. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète des Landes aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle de M. A B .
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 2, la décision attaquée n'a pas été signée par une autorité incompétente.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Aux termes de l'article L.613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ".
15. La décision portant refus de titre de séjour se fonde sur ce que l'intéressé, dont un frère et une sœur résident en France et une sœur en Suisse, ne justifie pas de liens personnels et familiaux suffisamment intenses, anciens et stables, ni de conditions d'existence suffisantes, étant à la charge de son frère lui-même sans emploi, sur ce qu'en dépit du décès de ses parents, il n'établit pas être dépourvu d'attaches au Maroc où il a vécu jusqu'à l'âge de 30 ans, et sur ce que le suivi médial dont il fait l'objet, la procédure pénale en cours dans laquelle il est constitué partie civile et son état psychologique ne constituent pas des circonstances exceptionnelles justifiant son maintien en France. Cette décision est donc suffisamment motivée en fait. Par suite, en application des dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision attaquée satisfait elle-même à l'exigence de motivation en fait.
16. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision portant refus de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision attaquée n'a pas été prise sur le fondement d'une décision portant refus de titre de séjour illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.
17. En quatrième lieu, si M. A B invoque la méconnaissance des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile concernant sa vie privée et familiale, il ne précise pas quelles dispositions seraient ainsi méconnues par la décision attaquée. Par suite, le moyen doit être écarté comme insuffisamment étayé en droit.
18. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. /2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
19. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, la décision attaquée n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant fixation du pays de destination :
20. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 2, la décision attaquée n'a pas été signée par une autorité incompétente.
21. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision attaquée n'a pas été prise sur le fondement d'une décision faisant obligation de quitter le territoire français illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.
22. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, la décision attaquée n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. A B doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
24. Le rejet des conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. A B n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction de cette même requête doivent également être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
25. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.".
26. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. A B doivent dès lors être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. D A B et à la préfète des Landes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Genty, première conseillère,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
La rapporteure,
Signé
V. C
Le président,
Signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLON
La greffière,
Signé
A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026