mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2200940 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 2 |
| Avocat requérant | BERTRAND |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Par un arrêt n° 21BX04326 du 7 avril 2022, la cour administrative d'appel de Bordeaux a annulé l'ordonnance n° 2101884 du 29 septembre 2021 par laquelle le président de la 2ème chambre du tribunal administratif de Pau a rejeté la requête de M. A B et de Mme C B tendant à l'annulation de la décision par laquelle le maire de Sarniguet a implicitement rejeté leur demande de levée de l'interdiction de poursuite des travaux d'implantation provisoire d'ouvrages sur le chemin dénommé " impasse de l'Eglise ", et à la condamnation de cette commune à leur payer la somme de 5000 € en réparation du préjudice subi du fait de cette décision.
Procédure devant le tribunal :
Par une requête enregistrée sous le n°2200940 le 5 mai 2022 et un mémoire et un mémoire en production de pièces, enregistrés le 21 septembre 2023 et le 18 octobre 2023, M. A B et Mme C B, représentés par Me Bertrand, avocat, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) à titre principal, de surseoir à statuer dans l'attente de la décision du juge judiciaire devant statuer sur la propriété du chemin dénommé " impasse de l'Eglise " ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision par laquelle le maire de Sarniguet a implicitement rejeté leur demande de levée de l'interdiction de poursuite des travaux d'implantation provisoire d'ouvrages sur le chemin dénommé " impasse de l'Eglise " ;
3°) de condamner la commune de Sarniguet à leur payer la somme de 5000 € en réparation du préjudice subi du fait de cette décision ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Sarniguet une somme de 2000 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les travaux en cause avaient été convenus avec le syndicat intercommunal d'électrification et d'alimentation d'eau potable de Tarbes nord qui avait informé la commune de Sarniguet de leur nature et de leur caractère provisoire ;
- la décision attaquée constitue un abus de pouvoir manifeste ;
- ils ont subi un préjudice du fait de la résistance abusive de la commune, un préjudice matériel dès lors que la décision attaquée a pour conséquence le creusement sur une plus longue distance de tranchées destinées au passage des canalisations des réseaux d'eau potable et d'électricité desservant leur propriété, et un préjudice moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2023, la commune de Sarniguet conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 2000 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions aux fins d'indemnité présentées par M. et Mme B n'ont pas été précédées d'une demande préalable.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bertrand, représentant M. et Mme B, et D, représentant la commune de Sarniguet.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B sont propriétaires d'une maison à usage d'habitation dans la commune de Sarniguet (Hautes-Pyrénées). Ils ont souhaité revoir le raccordement de leur propriété au réseau public de distribution d'électricité au moyen d'une ligne enterrée. Le syndicat départemental d'énergie des Hautes-Pyrénées projetait de réaliser ce raccordement souterrain au moyen d'une tranchée passant par les parcelles dont M. et Mme B sont propriétaires. Mais à l'occasion du début des travaux, Mme B a refusé l'accès de l'entreprise à sa propriété. Les services du syndicat ont alors décidé de maintenir à titre conservatoire le raccordement aérien au moyen d'un poteau en bois en bordure de la rue du Château qui dessert cette propriété et d'un autre poteau en bois implanté dans l'impasse dite " de l'Eglise ". M. et Mme B soutiennent que le maire de Sarniguet s'est opposé à cette installation provisoire. Par lettre du 18 mars 2021, reçue le 23 mars 2021, le conseil des époux B a demandé à cette autorité de lever l'interdiction de poursuite des travaux d'implantation provisoire d'ouvrages dans l'impasse de l'Eglise. M. et Mme B demandent l'annulation de la décision par laquelle le maire de Sarniguet a implicitement rejeté cette demande, ainsi que la condamnation de cette commune à leur payer la somme de 5000 € en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis du fait de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par lettre du 13 janvier 2022, postérieure à la décision attaquée, le directeur du syndicat départemental d'énergie des Hautes-Pyrénées a relaté au maire de Sarniguet les circonstances du litige. S'il résulte de cette lettre que les travaux provisoires décrits au point 1 ont été réalisés à l'initiative du syndicat, il n'est pas démontré que le maire de Sarniguet en avait été tenu informé et avait donné son accord. Par suite, et en tout état de cause, le moyen tiré de ce que cette autorité était informée de la nature et du caractère provisoire des travaux en cause doit être écarté.
3. En second lieu, la commune de Sarniguet indique en défense que la décision attaquée se fonde sur ce que l'impasse de l'Eglise constitue une dépendance privée de la commune. Si M. et Mme B soutiennent qu'ils sont propriétaires de cette impasse et, qu'en conséquence, le maire de Sarniguet ne pouvait s'opposer à la réalisation des travaux en cause sur ce chemin, ils ne produisent aucune pièce ou acte notarié justifiant de cette propriété, et le litige relatif à l'attribution de cette dernière, qui présente une difficulté sérieuse, relève de la compétence de la juridiction de l'ordre judiciaire, laquelle a d'ailleurs été saisie de cette question.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de surseoir à statuer sur les présentes conclusions dans l'attente du jugement du tribunal judiciaire de Tarbes chargé de trancher le litige relatif à l'attribution de la propriété de l'impasse de l'Eglise.
Sur les conclusions aux fins d'indemnité :
5. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".
6. Il ne résulte pas de l'instruction que les présentes conclusions ont été précédées d'une demande préalable. Dès lors, en application des dispositions précitées de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, ces conclusions sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions aux fins d'indemnité de la requête de M. et Mme B sont rejetées.
Article 2 : Il est sursis à statuer sur le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme B.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Sarniguet.
Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Genty, première conseillère,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
Le rapporteur,
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLON
L'assesseure,
F. GENTYLa greffière,
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière :
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026