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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2200955

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2200955

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2200955
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationCHAMBRE 3
Avocat requérantSCPA MENDIBOURE CAZALET GUILLOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 mai 2022 et le 5 juin 2023, Mme B A, représentée par Me Mendiboure, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 10 novembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques a notamment restreint son agrément d'assistante maternelle à deux places ;

2°) de condamner le conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques à lui verser la somme de 7 073,15 euros, à parfaire au jour de la décision à intervenir, au titre de son préjudice économique, et la somme de 7 000 euros au titre de son préjudice moral ;

3°) de mettre à la charge du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa demande indemnitaire était implicite dans son recours gracieux ;

- les griefs qui lui sont faits sont infondés et disproportionnés ;

- elle remplit les conditions posées par les articles L. 421-3 et R. 421-3 du code de l'action sociale et des familles pour bénéficier d'un agrément d'assistante maternelle, de sorte que son agrément ne peut être restreint ; ses qualités professionnelles sont évidentes, comme en témoignent des collègues et des familles ;

- l'illégalité fautive de la décision du 10 novembre 2021 engage la responsabilité du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques ;

- elle a été placée en arrêt de travail à compter du 15 novembre 2021 en raison de troubles anxiodépressifs résultant de cette décision ; depuis son arrêt, elle perçoit 1 371,60 euros d'indemnités journalières par mois, contre une moyenne de revenus d'activité de 2 382,05 euros auparavant, de sorte que son préjudice économique s'élève à 1 010,45 euros par mois ; son préjudice moral, que mettent en évidence les éléments médicaux qu'elle a communiqués, doit être indemnisé à hauteur de 7 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2023, le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête à titre principal et à l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires à titre subsidiaire.

Il fait valoir que :

- les conclusions indemnitaires de la requérante sont irrecevables faute d'avoir été précédées d'une réclamation préalable ;

- les moyens soulevés par Mme A à fin d'annulation de la décision du 10 novembre 2021 ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 18 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 février 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Beneteau,

- et les conclusions de Mme Portès, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, assistante maternelle agréée autorisée à accueillir quatre enfants à son domicile, dont un âgé de plus de dix-huit mois, a fait l'objet, par une décision du 10 novembre 2021, d'une modification de son agrément, réduit à l'accueil à la journée de deux enfants. Elle sollicite l'annulation de cette décision ainsi que la condamnation du département des Pyrénées-Atlantiques à lui verser une somme globale de 14 073,15 euros, à parfaire, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de cette mesure de restriction de son agrément.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'action sociale et des familles : " L'assistant maternel est la personne qui, moyennant rémunération, accueille habituellement et de façon non permanente des mineurs à son domicile ou dans un lieu distinct de son domicile appelé " maison d'assistants maternels " tel que défini à l'article L. 424-1. / () ". L'article L. 421-3 du même code dispose : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. / () L'agrément est accordé à ces deux professions si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne () ". Aux termes de l'article L. 421-4 du même code, dans sa version applicable à l'espèce : " I.- Le nombre d'enfants qu'un professionnel est autorisé à accueillir en sa qualité d'assistant maternel dans le cadre de son agrément est de quatre. / L'agrément initial du professionnel autorise l'accueil de deux enfants au minimum en sa qualité d'assistant maternel, sauf si les conditions d'accueil ne le permettent pas. / Sans préjudice du nombre de contrats de travail en cours d'exécution de l'assistant maternel, le nombre maximal d'enfants pouvant être accueillis simultanément par un professionnel en sa qualité d'assistant maternel est fixé par son agrément. / () ". L'article L. 421-6 de ce code, dans sa version applicable à l'espèce, prévoit que : " () Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. En cas d'urgence, le président du conseil départemental peut suspendre l'agrément. Tant que l'agrément reste suspendu, aucun enfant ne peut être confié. / Toute décision de retrait de l'agrément, de suspension de l'agrément ou de modification de son contenu doit être dûment motivée et transmise sans délai aux intéressés. () ".

3. Il résulte des articles L. 421-3 et L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles qu'il incombe au président du conseil départemental de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis, et de procéder à la suspension, à la modification ou au retrait de l'agrément si ces conditions ne sont pas ou plus remplies. À cette fin, dans l'hypothèse où il est informé de suspicions de comportements susceptibles de compromettre la santé, la sécurité ou l'épanouissement d'un enfant, de la part du bénéficiaire de l'agrément ou de son entourage, il lui appartient de tenir compte de tous les éléments portés à la connaissance des services compétents du département ou recueillis par eux et de déterminer si ces éléments sont suffisamment établis pour lui permettre raisonnablement de penser que l'enfant est victime des comportements en cause ou risque de l'être.

4. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 421-3 du code de l'action sociale et des familles : " Pour obtenir l'agrément d'assistant maternel ou d'assistant familial, le candidat doit : 1° Présenter les garanties nécessaires pour accueillir des mineurs dans des conditions propres à assurer leur développement physique, intellectuel et affectif ; () 3° Disposer d'un logement () dont l'état, les dimensions, les conditions d'accès et l'environnement permettent d'assurer le bien-être et la sécurité des mineurs, compte tenu du nombre d'enfants et des exigences fixées par le référentiel en annexe 4-8 pour un agrément d'assistant maternel () ". Aux termes de l'article R. 421-6 de ce code : " Les entretiens avec un candidat à des fonctions d'assistant maternel ou avec un assistant maternel agréé et les visites à son lieu d'exercice doivent permettre d'apprécier, au regard des critères précisés dans le référentiel figurant à l'annexe 4-8 du présent code, si les conditions légales d'agrément sont remplies ". Cette annexe 4-8 du code de l'action sociale et des familles, relative au référentiel fixant les critères d'agrément des assistants maternels, prévoit qu'il convient de prendre en compte, notamment : " La capacité à percevoir et prendre en compte les besoins de chaque enfant, selon son âge et ses rythmes propres, pour assurer son développement physique, intellectuel et affectif et à mettre en œuvre les moyens appropriés, notamment dans les domaines de l'alimentation, du sommeil, du jeu, des acquisitions psychomotrices, intellectuelles et sociales. () La capacité à poser un cadre éducatif cohérent, permettant l'acquisition progressive de l'autonomie, respectueux de l'intérêt supérieur de l'enfant et des attentes et principes éducatifs des parents, favorisant la continuité des repères de l'enfant entre la vie familiale et le mode d'accueil ; () La capacité à préserver la disponibilité nécessaire vis-à-vis de l'enfant accueilli au regard des tâches domestiques et autres activités personnelles ; () La capacité à mesurer les responsabilités qui sont les siennes vis-à-vis de l'enfant, de ses parents ainsi que des services départementaux de protection maternelle et infantile, en tenant compte de l'apport des réunions d'information préalables et de la formation obligatoire ultérieure prévues à l'article L. 2112-2 du code de la santé publique ; () La capacité à observer une discrétion professionnelle et à faire preuve de réserve vis-à-vis des tiers dans le cadre de son activité professionnelle ; () La connaissance ou la capacité de s'approprier, dans le cadre des réunions d'information obligatoires et de la formation obligatoire ultérieure, les principales règles légales, réglementaires et conventionnelles régissant la profession ; () La compréhension et l'acceptation du rôle d'accompagnement, de contrôle et de suivi des services départementaux de protection maternelle et infantile ; () l'existence de moyens de communication permettant d'alerter sans délai les services de secours, les parents et les services départementaux de protection maternelle et infantile ; () l'affichage permanent, visible et facilement accessible des coordonnées des services de secours, des parents et des services départementaux de protection maternelle et infantile () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que le service de la protection maternelle et infantile a été destinataire, en avril 2021, d'un signalement concernant l'accueil d'un enfant au domicile de Mme A, qui a déclenché une évaluation de son agrément. Une visite à son domicile, par une professionnelle de la mission accueil enfance du département, a été diligentée le 12 mai 2021, suivie d'un entretien avec deux autres professionnelles, le 22 juin 2021. Cette évaluation a conduit au constat, par le département, de manquements professionnels et de postures inadaptées, qui ont justifié l'envoi d'un avertissement à Mme A, le 3 août 2021, et la soumission de son dossier à la commission consultative paritaire départementale.

6. Il ressort des termes de la décision litigieuse du 10 novembre 2021 que la restriction apportée à l'agrément dont disposait Mme A en qualité d'assistante maternelle, passant de l'accueil de quatre enfants, dont un de plus de dix-huit mois, à deux enfants, est fondée sur des difficultés de positionnement professionnel qui ont entraîné l'arrêt de l'accueil d'un enfant. La décision relève que les conseils donnés par Mme A sont apparus inadaptés, générant de l'insécurité pour l'enfant et pour sa famille, notamment par la remise aux parents d'une grille d'observation orientant vers un diagnostic médical spécifique. Elle mentionne, en outre, que malgré les différents contacts avec le service mission accueil enfance/protection maternelle et infantile depuis 2016, Mme A n'a pas identifié ce service comme partenaire et interlocuteur professionnel lorsqu'elle se trouvait en difficulté dans l'accueil, et que les conditions de sécurité ne sont pas toujours respectées, notamment en matière de couchage et de prise de biberon, conditions dont l'intéressée ne mesure pas toujours l'importance. Enfin, il est reproché à Mme A de ne pas tenir à jour certaines déclarations obligatoires, en l'espèce les fiches de liaison.

7. Mme A conteste la matérialité des faits qui lui sont reprochés. Toutefois, si elle soutient que le signalement dont elle a fait l'objet est totalement isolé, alors qu'elle travaille dans le domaine de la petite enfance depuis quinze ans, elle ne conteste pas avoir remis aux parents à l'origine du signalement une grille d'observation réalisée par une association ayant pour objet le soutien aux enfants en situation de handicap et à leurs familles, grille d'observation dont elle avait été elle-même destinataire à titre privé. Elle ne conteste pas non plus avoir reconnu, devant la commission consultative paritaire, s'être " embourbée avec une maman qui avait besoin de soutien " et " n'avoir pas su le faire ni (se) faire aider ". Il ressort par ailleurs du rapport d'entretien réalisé le 22 juin 2021 qu'interrogée quant à la possibilité et au devoir de solliciter le service de protection maternelle et infantile en cas de difficulté, Mme A a reconnu ne pas y avoir pensé, ce qu'elle ne conteste pas davantage. Si elle fait valoir qu'elle aurait identifié le mal-être de l'enfant, en particulier l'angoisse provoquée par l'accueil du matin, et qu'elle aurait proposé à la famille de suspendre provisoirement cet accueil, cette circonstance, à la supposer établie, ne suffit pas à invalider le constat de ce qu'elle n'a pas fait la preuve de sa capacité à mesurer les responsabilités qui sont les siennes vis-à-vis de l'enfant, de ses parents ainsi que des services départementaux de protection maternelle et infantile, à observer une discrétion professionnelle et à faire preuve de réserve vis-à-vis des tiers dans le cadre de son activité professionnelle, ainsi qu'à comprendre et accepter le rôle d'accompagnement, de contrôle et de suivi des services départementaux de protection maternelle et infantile.

8. S'agissant du respect des conditions de sécurité, si Mme A soutient qu'elle a changé un lit non homologué dès que le service de la protection maternelle et infantile avait relevé sa non-conformité, et s'il ressort des pièces du dossier qu'elle a communiqué au service la photographie d'un nouveau lit, elle n'apporte aucune pièce susceptible de remettre en cause le constat, porté à la connaissance du président du conseil départemental par le signalement effectué par des parents en avril 2021, de la persistance de l'utilisation d'un lit en fer forgé. En se bornant à souligner que l'agente départementale, lors de la visite inopinée du 12 mai 2021, n'a pas cru bon de vérifier par elle-même la conformité du lit, alors qu'il ressort du rapport de visite que Mme A a seulement accepté de recevoir cette agente dans le jardin, la requérante n'établit pas que les griefs qui lui sont faits sont infondés. Au surplus, ainsi qu'il a été mentionné au point 3, il résulte des dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles, ainsi que des dispositions citées précédemment des articles L. 421-3 et L. 421-6 du même code, qu'il incombe au président du conseil départemental de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis et de procéder au retrait ou à la restriction de l'agrément si ces conditions ne sont plus remplies, et que pour ce faire, les services de la protection maternelle et infantile du département procèdent au contrôle des pratiques professionnelles des assistants maternels, de sorte que ces derniers sont dans l'obligation de se soumettre à un tel contrôle. Par suite, alors qu'il ressort des pièces du dossier que Mme A n'a pas permis à l'agente diligentée par les services de la protection maternelle et infantile de contrôler les conditions d'accueil des enfants, elle ne peut faire grief au conseil départemental de n'avoir pas procédé à une telle vérification, qu'il s'agisse aussi bien du lit que des croquettes animales accessibles aux enfants.

9. S'agissant du grief lié à l'installation d'un enfant, calé entre des coussins, pour boire le biberon, il ressort des pièces produites à l'instance que Mme A a reconnu, lors de la visite inopinée du 12 mai 2021, comme au cours de l'entretien du 22 juin 2021, avoir procédé ainsi, ponctuellement, pour une enfant de quinze mois ou pour des " grands qui finissent le biberon du petit déjeuner sur le canapé ". Le témoignage de la mère d'une enfant, produit à l'instance par l'intéressée, confirme, au demeurant, cette pratique, même si elle énonce qu'elle a permis à son enfant " de gagner en autonomie ". Enfin, la requérante ne conteste pas utilement ne pas avoir renseigné exhaustivement les fiches de liaison. Si Mme A produit de nombreuses attestations, qui lui sont favorables, de familles lui ayant confié la garde d'enfants, ainsi que de collègues assistantes maternelles, ces attestations concernent des périodes de garde non datées, dont le caractère récent n'est pas établi. Au surplus, ces attestations, quand bien même elles révèlent la confiance que lui accordaient certains parents, qui louent notamment le respect des règles d'hygiène et de sécurité, ne permettent pas, à elles seules, de remettre en cause tant les faits rapportés au président du conseil départemental par le signalement, que les constatations effectuées par le service dans le cadre de l'évaluation administrative réalisée au cours des mois de mai et juin 2021.

10. En outre, il ressort des pièces du dossier, notamment d'un précédent rapport d'évaluation effectué le 24 août 2020 par une agente du service de la protection maternelle et infantile, après une visite à domicile, que le constat avait déjà été fait qu'il était nécessaire que Mme A ouvre une " réflexion sur sa posture professionnelle, en particulier dans l'analyse et le respect de la place de chacun, parent et professionnel ". Ce rapport soulignait alors que sa " remise en question (restait) timide, voire inexistante ". Après cette évaluation, le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques avait refusé d'accorder à Mme A une dérogation de capacité d'accueil de cinq places en faisant alors valoir une difficulté liée à son positionnement professionnel. Il ressort enfin de la lettre du 23 septembre 2021 par laquelle cette autorité a informé Mme A de la saisine de la commission consultative paritaire départementale qu'entre 2017 et 2020, la requérante avait fait l'objet de six signalements émanant de collègues ou de parents, dont trois avaient déclaré son licenciement, mettant en exergue des propos et des comportements inappropriés envers les enfants et les parents, et que ses obligations professionnelles en matière de déclarations, à savoir les fiches de liaison, lui avait déjà été rappelées, en 2018. La commission consultative paritaire départementale, réunie le 15 octobre 2021, a d'ailleurs émis un avis favorable à huit voix pour, deux contre, à la restriction de l'agrément de Mme A de quatre à deux enfants.

11. Il résulte de ce qui précède que, comme le fait valoir le conseil départemental, les éléments sur lesquels se fonde la décision litigieuse ne sont pas basés sur de simples allégations, mais sur les éléments recueillis au cours de l'enquête administrative, qui ont souligné les difficultés de positionnement professionnel de l'intéressée, son incapacité à identifier le service de la protection maternelle et infantile comme partenaire et interlocuteur professionnel, et certains manquements aux règles de sécurité, comme aux obligations en matière de déclarations obligatoires. Mme A n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause la matérialité des faits qui lui sont reprochés. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige reposerait sur des faits matériellement inexacts doit être écarté.

12. En second lieu, une décision par laquelle un président de conseil départemental restreint l'agrément d'un assistant maternel, même si elle est prise, comme dans le cas de l'espèce, en considération du comportement professionnel de l'intéressée, ne constitue pas une sanction disciplinaire. Par suite, le moyen tiré de ce que cette modification revêtirait un caractère disproportionné eu égard aux manquements reprochés à la requérante est inopérant.

13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de la décision du 10 octobre 2021 ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

14. Il résulte de ce qui précède que le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques n'a commis aucune illégalité en procédant à la restriction de l'agrément de Mme A et, par suite, aucune faute de nature à engager la responsabilité du département. Il suit de là que les conclusions indemnitaires présentées par la requérante ne peuvent qu'être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense.

Sur les frais du litige :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département des Pyrénées-Atlantiques, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques.

Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Madelaigue, présidente,

Mme Beneteau, première conseillère,

Mme Foulon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.

La rapporteure,

A. BENETEAU

La présidente,

F. MADELAIGUE

La greffière,

S. SEGUELA

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition :

La greffière,

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