mercredi 22 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2200968 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SP AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 mai et 15 décembre 2022, M. D B, représenté par Me Pather, demande au tribunal :
1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 avril 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas d'exécution d'office ;
3°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) et de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Pather, avocat de M. B, de la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation, en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, et cette insuffisance ne permet pas de s'assurer de l'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière, dès lors qu'en méconnaissance des dispositions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale et de l'article L. 114-1 du code de la sécurité intérieure, le fichier de traitement d'antécédents judiciaires (TAJ) n'a pas été consulté par une personne individuellement désignée et spécialement habilitée par le représentant de l'Etat ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que sa présence sur le territoire français ne constitue pas une menace grave et actuelle pour l'ordre public ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale consacré par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour qui en constitue le fondement ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale consacré par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui en constitue le fondement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2022, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il précise que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les observations de Me Dumaz-Zamora, substituant Me Pather, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né le 19 juin 1996 à Nador (Maroc), est entré irrégulièrement sur le territoire français, en avril 2013, et a été confié à l'aide sociale à l'enfance du département des Pyrénées-Atlantiques. Deux titres de séjour temporaire lui ont été délivrés au titre de la période du 10 février 2016 au 31 août 2017. Par un premier arrêté du 10 mars 2018, le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a obligé à quitter le territoire français, sur le fondement des dispositions des 1° et 4° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version alors en vigueur, a fixé à trente jours le délai de départ volontaire et a fixé le pays de renvoi. Par un second arrêté du 22 juillet 2019, le préfet des Pyrénées-Atlantiques l'a de nouveau obligé à quitter le territoire français, sur le fondement des mêmes dispositions, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a fixé le pays de renvoi. Le requérant a sollicité, le 3 juillet 2020, la délivrance d'un titre de séjour auprès des services de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques. Par un arrêté du 8 avril 2022, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 8 avril 2022.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 juin 2022. Par suite, il n'y a plus lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté attaqué pris dans son ensemble :
4. L'arrêté attaqué mentionne les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application, en particulier les articles L. 412-5, L. 423-23, L. 435-1 et L. 611-1, L. 611-3, L. 612-1 et L. 721-4 de ce code, ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. En outre, il expose les circonstances de faits propres à la situation personnelle du requérant, en particulier ses conditions d'entrée et de séjour sur le territoire français, les précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet, son interpellation et son placement en garde à vue par les services de la police nationale le 7 avril 2022, les faits intervenus en 2017, 2018 et 2019 pour lesquels l'intéressé est défavorablement connu des services de police et la situation de concubinage dont il se prévaut. Par ailleurs, il ne ressort pas des termes de cet arrêté que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B. En particulier, contrairement à ce qui est allégué par le requérant, il ressort des termes de cet arrêté que le préfet a examiné la demande d'admission exceptionnelle au séjour de l'intéressé au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation des décisions attaquées et du défaut d'examen sérieux de la situation de l'intéressé doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :
5. En premier lieu, aux termes de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale : " I. - Dans le cadre des enquêtes prévues à l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995, aux articles L. 114-1, L. 114-2, L. 211-11-1, L. 234-1 et L. 234-2 du code de la sécurité intérieure et à l'article L. 4123-9-1 du code de la défense, les données à caractère personnel figurant dans le traitement qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes, à l'exception des cas où sont intervenues des mesures ou décisions de classement sans suite, de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenues définitives, ainsi que des données relatives aux victimes, peuvent être consultées, sans autorisation du ministère public, par : / () 5° Les personnels investis de missions de police administrative individuellement désignés et spécialement habilités par le représentant de l'Etat. () ". En vertu de l'article L. 114-1 du code de la sécurité intérieure, certaines décisions peuvent être précédées d'enquêtes administratives et peuvent donner lieu à la consultation de traitements automatisés de données à caractère personnel relevant de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification. Ce même article précise que : " () / V. - Il peut être procédé à des enquêtes administratives dans les conditions prévues au second alinéa du I du présent article pour la délivrance, le renouvellement ou le retrait d'un titre ou d'une autorisation de séjour sur le fondement de l'article L. 234-1, L. 235-1, L. 425-4, L. 425-10, L. 432-1 ou L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou des stipulations équivalentes des conventions internationales ainsi que pour l'application des articles L. 434-6, L. 511-7, L. 512-2 et L. 512-3 du même code ".
6. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour est fondée sur la circonstance que M. B est défavorablement connu des services de police et que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public, caractérisée notamment par des faits de détention non autorisée de stupéfiants à deux reprises en 2017, de dégradation ou détérioration du bien d'autrui commise en réunion, menace de mort avec ordre de remplir une condition et conduite d'un véhicule sans permis en 2018, et des faits d'usage illicite de stupéfiants et de rébellion commis en 2019. Il ressort des pièces du dossier que ces informations ont été apportées au préfet des Pyrénées-Atlantiques par la consultation du fichier du traitement d'antécédents judiciaires (TAJ), sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale, et que M. B a également fait l'objet de condamnations, inscrites au bulletin n° 2 de son casier judiciaire, par le tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan le 21 juillet 2018, à une peine d'un mois d'emprisonnement avec sursis, et par le tribunal correctionnel de Bayonne le 9 janvier 2020, à une peine d'un mois d'emprisonnement, pour les faits précités commis respectivement en 2018 et 2019. Dès lors que les dispositions citées ci-dessus du code de la sécurité intérieure prévoient la possibilité que certains traitements automatisés de données à caractère personnel soient consultés au cours de l'enquête conduite par l'administration dans le cadre de ses pouvoirs de police, préalablement à la délivrance d'un titre de séjour, la circonstance que l'agent ayant procédé à cette consultation n'aurait pas été, en application des dispositions également citées ci-dessus du code de procédure pénale, individuellement désigné et régulièrement habilité à cette fin, si elle est susceptible de donner lieu aux procédures de contrôle de l'accès à ces traitements, n'est pas, par elle-même, de nature à entacher d'irrégularité la décision prise sur la demande de titre de séjour présentée par M. B. Par suite, le moyen tiré du vice entachant la procédure à l'issue de laquelle l'arrêté a été pris, ne peut qu'être écarté.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 412-5 dudit code : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire () ". Enfin, aux termes de l'article L. 432-1 de ce code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire () peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".
8. M. B se prévaut de la durée de sa présence en France, de son parcours scolaire et de sa formation professionnelle dans le secteur de l'hôtellerie et de la restauration, dans le cadre de laquelle il a bénéficié, de septembre 2015 à juin 2017, d'un contrat d'apprentissage, et de ce qu'il aurait obtenu, sans toutefois en apporter la preuve, le certificat d'aptitude professionnelle (CAP) " hôtellerie ". En outre, si M. B se prévaut également d'une situation de concubinage avec une ressortissante française, avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité le 16 février 2022, enregistré par la commune de Bayonne le 24 mars 2022, il n'établit pas la réalité et l'ancienneté de la vie commune avec cette dernière par la seule production d'une attestation en date du 7 avril 2022 relative à la souscription d'un contrat de fourniture d'énergie à leurs deux noms à compter du 21 janvier 2022. Il est, en outre, constant qu'il n'a pas d'enfant. Il ressort également du procès-verbal dressé le 8 avril 2022 par l'officier de police judiciaire ayant procédé à l'audition de M. B, que l'intéressé a déclaré que cette situation de concubinage datait alors de quatre à cinq mois. Enfin, le conseil du requérant se prévalait, par un courriel du 30 septembre 2020 adressé aux services de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques, dans le cadre de la demande de titre de séjour, d'une situation de concubinage avec une autre personne. Par ailleurs, M. B n'établit pas qu'il serait dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Il ressort également des pièces du dossier, ainsi que précisé, notamment du bulletin n° 2 du casier judiciaire de l'intéressé, que M. B a été condamné par le tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan le 21 juillet 2018 à une peine d'un mois d'emprisonnement avec sursis, et par le tribunal correctionnel de Bayonne le 9 janvier 2020 à une peine d'un mois d'emprisonnement, ces condamnations correspondant aux faits exposés au point 6 du présent jugement, mentionnés au fichier du traitement d'antécédents judiciaires (TAJ) et commis respectivement en 2018 et 2019. Le requérant est également connu défavorablement des services de police pour les faits datant de 2017, également exposés précédemment. M. B a encore été interpellé et placé en garde à vue par les services de la police nationale, le 7 avril 2022, pour des faits, au demeurant non contestés, de vol par effraction en réunion. Dès lors, eu égard aux faits dont la matérialité n'est pas contestée, c'est sans erreur de droit ou d'appréciation que le préfet a considéré que le comportement de l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public.
9. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance, par le préfet, des articles L. 412-5, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés. Il en est de même, dans les circonstances de l'espèce, et pour les raisons exposées, du moyen tiré de ce que le refus de titre porterait au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels la décision a été prise, et méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Enfin, et pour les mêmes raisons, le préfet, en prenant la décision de refus de titre, n'a nullement entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle de M. B.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, il résulte de ce qui a été exposé précédemment que le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français devrait être annulée en raison de l'illégalité de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, sur laquelle elle se fonde, doit être écarté.
11. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 8 et 9 du présent jugement, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas, dans les circonstances de l'espèce, porté au respect de la vie privée et familiale du requérant une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise, et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Enfin, le préfet, en obligeant M. B à quitter le territoire français, n'a nullement entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
12. Il résulte de ce qui a été exposé précédemment que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande de verser à son conseil, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Me Pather et au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 1er mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
Mme Corthier, conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2023.
Le rapporteur,
Signé : F. ALa présidente,
Signé : S. PERDULa greffière,
Signé : M. C
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
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